11/11/2012

Les crétins procéduriers

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Texte de Jean Romain

Il risque d’y avoir en 2013 bien des départs à la retraite anticipée, départs que la monumentale sottise de l’extrême gauche aura provoqués avec son référendum contre la fusion des caisses de pension. Référendum soutenu aussi par une certaine droite d’ailleurs.

 

Il va donc falloir trouver, pour la rentrée de septembre, des professeurs dans diverses disciplines, dont certaines (maths, physique, allemand) souffrent de pénurie. Faudra-t-il faire appel aux frontaliers… ? Aux étrangers ? J’entends déjà les hauts cris de certains habitués de cette communication non-verbale qu’est espéranto décibélique.

 

Mais un autre problème surgit. « Les jeunes profs ne veulent plus travailler », me confie un responsable au sein du DIP. Ils veulent bien « tenir » la classe, mais ne sont pas assez présents : absentéisme, arrivées approximatives à l’heure, goût de l’à-peu-près, retards dans la reddition des documents et des épreuves, etc. A telle enseigne qu'il faut cravacher. Mais faut-il s’en étonner ?

 

Ces profs sortent de l’école actuelle, qui a fait du laxisme, de la loi du moindre effort, du tout-m’est-dû quoi que je fasse, et du manque d’exigence généralisé ses jouets favoris. « Le monde change » me dit-on ; comme toute notre formidable société, l’école change aussi. Mais ce qui est à proprement ahurissant, sidérant, ce n’est pas que le monde change, qu’il est en mutation, qu’il se libère de tout devoir en réclamant ses droits, qu’il veut du passé faire table rase, qu’il confonde la culture et la fête, ce qui est surprenant c’est qu’on présente ce changement comme désirable.

 

L’école forme des crétins procéduriers ; pas étonnant que ceux qui viennent par la suite y travailler s’inscrivent dans le moule.

 

 

 

 

 

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Commentaires

J'en connais qui vont être tout heureux de l'aubaine: engager à moindre frais des enseignants sans diplômes officiels.

Écrit par : prof | 11/11/2012

Absolument d'accord avec Jean Romain !
Le DIP, les directions générales des différentes ordres d'enseignement sont totalement incapables de prendre des mesures quant au laxisme:

1) des élèves, qui s'absentent comme bon leur semble, peuvent être renvoyés des dizaines voir centaines de fois des cours ponctuellement pour mauvais comportement sans risquer le renvoi définitif (par exemple au PO), peuvent présenter des CM antidatés etc.....

2) de certains enseignants qui ne se présentent pas aux convocations pour des supervisions de semestriels, à tel point qu'il faut organiser "2 profs de piquets" pour chaque surveillance ce qui rend l'organisation administrative lourde.... et c'est juste inadmissible

L'application des lois fédérales que Genève ne respecte pas depuis des années, par exemple pour les enseignants des écoles professionnelles à tel point que maintenant des enseignants expérimentés depuis 30 ans, nommés, ayant fait les études pédagogiques, l'IFmes ou l'Iufe doivent encore faire une formation..... ces formateurs sont payés 2500.- Frs par jour, viennent d'autres cantons et ne connaissent pas les plans d'étude en vigueur etc....et font juste du remplissage...

Personne du DIP vient vérifier que ces formations aient le niveau requis..... on dépense l'argent dans ce canton dune façon aveugle.... on le jette par la fenêtre !

Je l'ai déjà dit x-fois, le DIP doit être mis sous tutelle...

L'espoir est mince pour que quelqu'un reprenne ce département en main et renvoie tous les fonctionnaires haut placés qui ne servent à rien et qui commencerait par imposer des manuels digne de ce nom au primaire ainsi qu'au CO et qui décide de cesser avec le laxisme généralisé quant aux comportements de certains élèves et de certains profs.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 11/11/2012

Ci-dessous un message de l'UCAG (union des cadres de l'administration cantonale) qui promet de belles manifestations dans la rue:

Le 20 octobre 2012, le PLR a déposé un projet de loi visant à abroger la loi instaurant des mesures d'encouragement à la retraite anticipée (cf. infra PL 11037). Ce projet contient une disposition transitoire qui soumet à la loi actuelle toutes les demandes déposées avant son entrée en vigueur.

Toutefois, les rédacteurs du projet souhaitent prendre de vitesse les collaborateurs qui ont jusqu'au 28 février 2013 pour déposer leur demande de PLEND. Ainsi prévoient-ils un vote rapide, vraisemblablement lors des sessions de novembre ou décembre 2012, l'objectif déclaré étant d'éviter que le contribuable ne finance l'avalanche de demande PLEND prévue d'ici fin 2013.

Dès lors, l'UCA encourage-t-elle les collaborateurs qui souhaiteraient prendre leur PLEND prochainement d'en faire la demande sans délai (cf. procédure et formulaire ci-dessous). Bien que le formulaire fait référence à l'année 2012, c'est bien celui-ci qu'il faut utiliser, en biffant 2012 pour le remplacer par 2013. En effet, compte tenu du projet de loi PLR, l'OPE n'a pas (encore ?) reçu l'instruction de lancer la procédure PLEND 2013.

Écrit par : Prof | 11/11/2012

le monde change tous les jours qu'on le désire ou pas .Pendant plus de 60 ans l'école a formé des humains capables de relever bien des défis ,donc mettre les excuses simplistes sur le dos du changement n'a pas de sens.Ensuite on ose demander aux plus âgés de s'adapter,décidément tout fout le camp de plus en plus c'est carrément le monde à l'envers depuis quand les plus âgés doivent se courber devant les plus jeunes devenus roitelets grâce au système anglo -saxon?

Écrit par : lovsmeralda | 12/11/2012

Des profs frontaliers.... y'en a un paquet! Suffit d'aller sur le parking d'un établissement scolaire. Même pour des poste de profs de gym on va dégoter des profs qui habitent à plus de 150 Km de nos frontières! Un jour un ami enseignant m'avait confié que les profs français sont bien gentils, mais ne donnent leur cours qu'aux trois premiers rangs, question d'habitude. Il est certain que quand on est habitué à gérer des classes de 28 élèves dans une ZEP, on ne fait pas dans le détail.

Et puis les jeunes profs du coin ne sont que des produits issus de la Génération Y. Des individualistes et opportunistes qui ne vont pas se gêner de grailler le peu d'avantage que va leur laisser P. Weiss and CO.

Écrit par : Riro | 12/11/2012

« Les jeunes profs ne veulent plus travailler », me confie un responsable au sein du DIP.

Couler tous les jeunes profs dans le même moule me paraît dangereusement réducteur ! Ce n'est pas avec ce genre d'affirmation que l'on fait évoluer les choses.

Il ne s'agit pas de s'agiter et d'accuser les autres pour que l'enseignement change. L'affrontement n'a jamais rien amené de positif.
Il serait peut-être aussi temps que l'on renvoie les parents à leurs responsabilités de parents. Et quand on parle de laxisme, il conviendrait d'être plus objectif et de constater que ce n'est pas l'école qui est laxiste, mais le monde dans lequel on vit. L'école n'en constitue qu'un des pôles éclairants.

...Et M. Jean Romain doit être très fâché avec le DIP pour qu'il nous mélange avec une surprenante inattention le subjonctif et l'indicatif dans la même phrase !

"Mais ce qui est à proprement ahurissant, sidérant, ce n’est pas que le monde change, qu’il est en mutation, qu’il se libère de tout devoir en réclamant ses droits, qu’il veut du passé faire table rase, qu’il confonde la culture et la fête, ce qui est surprenant c’est qu’on présente ce changement comme désirable."

Bien cordialement

Écrit par : Michel Sommer | 12/11/2012

Vous avez raison, M. Sommer. « Ce n’est pas que » demande le subjectif ou l’indicatif (je viens de consulter Grévisse, Le bon Usage) avec une infinité de nuances qui portent sur la causalité - problématique ou assurée - de ce qu’on entend mettre en rapport. Bien qu’on puisse ergoter à l’envi sur l’usage d’un mode ou de l’autre au milieu de la même phrase, le mieux aurait été que je supprime le « e » de confonde.

Voilà pour la forme d’un billet écrit sur un blog d’un journal local.

Mais sur le fond, vous ne dites pas grand-chose à part qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Argument certes pertinent mais multi-fonctionnel, à telle enseigne qu’il dispense de s’attaquer au problème réel. C’est évident que tous les professeurs ainsi que tous les élèves ou que tous les directeurs d’établissement ne sont pas entachés de la même tare. Les êtres excellents sont toujours là. Ceux qui font leur travail aussi.

Mais le problème est que par, un effet d’imitation, lorsque les laxistes finissent par dépasser un certain seuil (ce qui est le cas à Genève), les autres sont touchés malgré eux. Il n’est plus possible d’enseigner dans une classe si, par exemple, la moitié de la classe s’en fiche et n’a pas ses affaires. Les meilleurs, certes, sont là, mais l’attitude négligente des autres les désavantage.

On leur a appris l’impunité.

Bien à vous.

Écrit par : Jean Romain | 12/11/2012

Et oui, on a probablement pas encore mesuré toutes les conséquences et effets collatéraux consécutifs au lancement de ce référendum contre la fusion des caisses de pension.

Certains ne se contentent même pas d'être dépourvus de sens politique, le sens même des responsabilités leur est totalement étranger.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 12/11/2012

A M. Jean Romain,

Je vous remercie de votre réponse.
Je persiste quand même dans mon opinion, à savoir que si le laxisme n'était présent qu'à l'école publique, il y a probablement longtemps qu'on aurait pu y trouver remède.

Vous conviendrez en outre que l'enseignement genevois n'a pas le monopole du laxisme ! Ma comparaison est peut-être audacieuse, mais quand je vois nombre de cyclistes se contrefoutrent allégrement des règles élémentaires de la circulation sans qu'ils subissent la moindre réprobation ni punition, je me dis que le laxisme a encore de beaux jours dans notre belle république.

Mais vous avez peut-être finalement raison : tous les cyclistes écervelés que je mentionne ci-dessus sont - qui sait ? - des jeunes (et quelques moins jeunes) qui ont suivi "l'enseignement" public genevois...

Écrit par : Michel Sommer | 13/11/2012

Cher Monsieur Sommer,

Encore un curieux raisonnement : « Je persiste quand même dans mon opinion, à savoir que si le laxisme n'était présent qu'à l'école publique, il y a probablement longtemps qu'on aurait pu y trouver remède. »

Donc, si je vous comprends bien, c’est parce que le laxisme est aussi présent ailleurs que l’école publique se trouverait dédouanée de le combattre. Ou pour le dire autrement : lorsque tout le monde se trompe, on a bien raison de ne pas résister à l’erreur.

Je n’ai pas fait mes écoles à Genève, Dieu merci, et mes excellents professeurs m’ont appris très jeunes à me méfier de ces sophismes.

Écrit par : Jean Romain | 13/11/2012

A M. Jean Romain

"Donc, si je vous comprend bien, c’est parce que le laxisme est aussi présent ailleurs que l’école publique se trouverait dédouanée de le combattre. Ou pour le dire autrement : lorsque tout le monde se trompe, on a bien raison de ne pas résister à l’erreur."

Non, Cher Monsieur, vous ne me comprenez pas bien ! Mais peut-être me suis-je mal exprimé, raison pour laquellle vous ne me comprenez pas !

Quand j'affirme que le laxisme est présent quasiment partout, il n'est pas étonnant de le trouver aussi à l'école. Je ne dis rien de plus. Rien n'indique dans mon propos qu'il faille laisser aller les choses. J'ai suivi toute ma scolarité à Genève - du primaire à l'université - et les profs ne ressemblaient en rien à ceux décrits par le responsable du DIP que vous citez. Il est vrai que mon école primaire remonte à une soixantaine d'années...

Et vous, qui sauf erreur de ma part, êtes enseignant, devez avoir de toute évidence des avis sur le sujet et des propositions à formuler. Je peux imaginer que vous n'êtes pas suivi - ni même écouté - par votre hiérarchie. C'est dans ce genre de situation que je (me) répète alors volontiers la devise de Guillaume le Taciturne : "il n'est point nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer."

Bien cordialement.

Écrit par : Michel Sommer | 13/11/2012

Soixante ans ! C'était une tout autre école, un autre univers.
Vous ne parlez pas de la même école.

Écrit par : Jean Romain | 13/11/2012

Cher Ancien Professeur,
avec tout le respect que je vous dois, j'ose vous dire que l'école que vous critiquez est celle-là même que vous contribuez à inventer et réinventer, chaque jour que vous avez la bonté, et l'honneur de la servir. Si vraiment elle vous semble si contestable, cela signifierait-il que vous vous considérez comme impuissants? À vous lire répandre des jugements exagérément généralistes et négatifs sur ceux qui sont aussi vos propres élèves, on pourrait aussi être porté à croire que vous avez vous-même renoncé à la mission dont d'autres que vous précédez dans la carrière d'enseignant, à votre avis à tort, ne se prévalent pas. Se pourrait-il donc qu'il n'y ait pas pire coupable que celui qui jette la première pierre?

Quant à la relève, qu'elle vienne. Attendons ensuite soixante ans, et observons les résultats; dans un autre monde que celui que vous avez initialement connu, qui pour le meilleur et pour le pire s'écroule effectivement tous les jour un peu plus, elle fera des erreurs, certes. Ayons la générosité de croire de celles que vous, vos pairs et moi avons faites et qui nous ont menées, et eux avec nous, au point où nous en sommes.
Considérons par ailleurs cette plus jeune génération encore (constituées d'élèves et d'étudiants) qui doit lutter contre le doute, le mécontentement, l'incohérence, l'insouciance ambiants tout en se construisant. Et prenons garde de ne pas leur donner l'exemple de la lâcheté qui souvent s'y associe.
Je crains que le contenu de ce blog malheureusement n'aille pas dans le sens de ce contre-exemple, bien au contraire. Pour autant que vous l'admettiez, saurez-vous trouver le moyen de vous en excusez, ou de vous rattraper? Je vous le souhaite.

Bien à vous.

Écrit par : Dora Kiss | 20/11/2012

@Dora Kiss
Pouvez-vous me dire à qui vous vous adressez dans votre commentaire?
Le texte de ce billet est de Jean Romain, est-ce donc à lui?

Écrit par : Duval | 20/11/2012

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