03/12/2012

Pends un jambon à ta porte

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Depuis quelques années, on a voulu, au DIP, ouvrir toutes grandes les portes de l'école à tout un chacun.

Ainsi, à force de démagogie dégoulinante, on a introduit, par exemple, les conseils d'établissement pour donner aux parents la possibilité de s'exprimer sur un certain nombre de sujets. La plupart anodins, histoire de donner l'illusion de leur participation active.

Soit.

Mais voilà, certains parents ne l'entendent pas de cette oreille et dépassent allégrement les limites fixées, sans que le DIP ne réagisse vraiment.

Et petit à petit, l'autorité, de plus en plus bafouée, s'est délitée.

On en a eu l'illustration récemment encore avec l'affaire du "pipi caca" de l'école des Grottes.

Je connais un instituteur qui, il y a peu, a dû faire face à des parents qui lui demandaient des comptes. Celui-ci, excédé par le mauvais comportement répétitif de leur marmot, avait osé lui dire "ça suffit maintenant, tu m'énerves!"

Pensez donc, le crime de lèse-majesté! Expliquez-vous Monsieur l'instituteur!

 

La question écrite qui vient d'être déposée au Grand Conseil par le député Jean Romain tombe donc fort à propos.

Malheureusement, je ne me fais aucune illusion sur la réponse qui lui sera donnée et j'imagine déjà de quelle manière les instances du DIP vont botter en touche.

 

Question écrite de Jean Romain au DIP

Comment définir institutionnellement le rôle des parents ainsi que la place de la concertation dans la gestion des établissements scolaires ?

 

L’école, contrairement à ce que d’aucuns pensent, est une institution  assez fragile. A l’école primaire, plus particulièrement que dans les ordres secondaires, en raison de son enracinement dans le terrain local, de la proximité des enseignants et de la population, on assiste à une pression parentale. En effet, les parents entendent dépasser la fonction que leur assigne le Conseil d’établissement et participer à une sorte de co-gestion de l’école.

Il n’y a pas si longtemps encore, parce qu’ils émanaient naturellement du terrain et d’une construction commune, des projets d’école prenaient forme. Mais la mise en place des Conseils d’établissement, en institutionnalisant la concertation, a fait changer des rapports jadis assez naturels et a cristallisé des idées : dans une sorte de surenchère de revendication de responsabilité, les parents entendent se prononcer sur les devoirs, les cours, les méthodes ou les notes. Ils sont très rapidement devant la porte du maître, et la nécessaire relation entre les familles et l’école évolue vers des désirs de co-gestion de l’établissement.

Pour renforcer le côté institutionnel de l’école primaire, il s’agit, après certaines affaires retentissantes, de recadrer les rôles respectifs des directions, des enseignants et des parents. A ce propos, le discours du DIP n’est pas assez clair. Bien sûr, le Règlement des Conseils d’établissement apporte un élément de réponse. Mais il est insatisfaisant parce qu’il se cantonne à la lettre. Or c’est sur l’esprit que je voudrais entendre le Département de l’Instruction Publique.

Je lui demande donc de répondre à ma question avec précision, et l’en remercie d’avance.

 

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