06/12/2012

Honnêteté et crédibilité ou théâtre Guignol

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La commission des droits politiques s'est penchée hier sur le cas de la compatibilité ou non de siéger au Grand Conseil lorsqu'on est un cadre supérieur de la fonction publique.

La question n'est pas anodine, il convient de ne pas se tromper sur l'importance de l'enjeu. Ce n'est plus de Monsieur Bonny dont il s'agit mais de l'honnêteté de nos élus et de la crédibilité que l'on peut accorder à nos institutions.

 

"Afin d’avoir tous les éléments pour se déterminer", on apprend aujourd'hui que cette commission est "en attente d'informations complémentaires".

 

Voilà qui est pour le moins inquiétant...car on se demande bien de quelles informations complémentaires il s'agit.

 

La commission a en effet tous les éléments en main pour se prononcer et je ne vois pas où est le problème.

 

La loi est très claire sur ce sujet, il suffit très simplement de l'appliquer!

Selon le point d de l'article 21, il y a, pour un cadre supérieur de la fonction publique, clairement incompatibilité avec le mandat de député!

 

 

Mais voilà que la rumeur court...le DIP ergoterait sur le statut de cadre supérieur...

 

Là encore, on se demande pourquoi?! Il existe un règlement qui n'a pas à être interprété:

 

Art. 2 Définition
Sont nommés en qualité de cadres supérieurs les fonctionnaires appelés, par leurs responsabilités hiérarchiques ou fonctionnelles, à préparer, proposer ou prendre toute mesure ou décision propre à l’élaboration et à l’exécution des tâches fondamentales de pouvoir exécutif. Leur fonction se situe à compter de la classe 23 de l’échelle fixée par la loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du personnel de l’Etat, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers, du 21 décembre 1973.

 

M. Bonny lui même n'est pas dupe.

 

Se rend-il compte de l'énormité de ces propos lorsqu'il écrit sur son blog:

 

"J’imagine que, d’un côté, il y a les députés qui veulent appliquer la loi strictu sensu et, d’un autre côté, les députés qui sont partisans d’une application moins restrictive de cette dernière, comme cela a été le cas lors de la précédente législature,..."

 

???!!!

 

Ainsi, il y aurait deux lois, l'officielle et celle que l'on adapte, que l'on interprète!

Et d'avouer que c'est grâce à cette dernière option qu'il a eu l'autorisation de siéger lors de son dernier mandat, que c' était le fruit d'une interprétation de la loi, une magouille politicienne.

 

Alors, pourquoi la commission des droits politiques est-elle embarrassée au point de reporter une décision pourtant facile à prendre?

 

            -Aurait-elle peur de se désavouer?

 

On dit que faute avouée est à moitié pardonnée.

En corrigeant la décision prise en 2008 et en respectant la loi, notre institution en ressortirait grandie!

 

            -Manœuvre politicienne? Faire fi de la loi et préférer jouer le sale jeu des intérêts partisans?

 

En effet, certains partis, c'est selon, ont tout intérêt à ce que M. Bonny siège ou ne siège pas au GC...

D'autres s'amuseraient volontiers de nuire un peu au PDC...

 

La commission des droits politiques n'a pas à entrer dans de telles considérations. Elle a pour fonction de faire respecter la loi et elle seule!

Les membres de la commission sauront-ils résister aux pressions ainsi exercées? Auront-ils le courage et la sagesse de prendre la seule décision qui permette aux citoyens de préserver la confiance qu'ils accordent à leurs élus?

 

J'attends avec impatience le verdict.

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Commentaires

Je pense que la commission a demandé un avis de droit, histoire de se garantir d'un recours.

Écrit par : Jean Romain | 06/12/2012

Je vous approuve complètement!
Il faut rappeler que M. Beer a placé les directeurs des écoles (fonctions créées sous son magistère) en classe 24, précisément pour leur donner un statut de cadre supérieur ! Car, cette fonction exige un devoir de soumission complet envers son magistrat : « Les fonctions de cadre supérieur exigent de leurs titulaires, outre la préoccupation constante des intérêts de l’Etat et l’accomplissement des devoirs généraux liés à l’exercice de la fonction publique… » (RCSAC, Art. 3, alinéa 1).

C’est donc bien pour séparer les pouvoirs législatifs et exécutifs que la République genevoise, en toute sagesse, ne permet pas à ses cadres supérieurs d’être députés au Grand Conseil.

Que les intérêts de la Cité priment sur les petits calculs politiques !

Écrit par : Michèle Roullet | 06/12/2012

Nous sommes en pleine république bananière!!! Et dire que le Président du DIP est le nouveau Président du Conseil d'Etat, c'est à pleurer. Qui donc va nous permettre de faire table rase de ces (faux) serviteurs de la République?

Écrit par : schneeberger rolland | 09/12/2012

C'est la fuite en avant, car le passé et le présent est figé au DIP. Lorsque la Division inférieure du Collège à cédé la place au Cycle d'orientation, le cursus normal des enseignants du secondaire a été brisé: celui-ci faisait presque automatiquement passer les maîtres de cette division et ceux du Collège moderne en division supérieure, ce qui représentait une promotion et justifiait l'égalité de salaire entre les deux niveaux d'enseignement.
Avec la création du Cycle, à quoi s'est ajouté la multiplication des Collèges (regroupés sous la dénomination "Collège de Genève), ce système de promotion s'est enrayé pour devenir presque exceptionnelle. Il aurait été justifié de former alors les maîtres dans une Ecole normale, comme c'est le cas dans les autres cantons, et de réserver la formation uniquement universitaire aux maîtres des Collèges, dont le salaire aurait en conséquence pu être différencié de ceux des premiers, comme dans les autres cantons (romands en tout cas).
Au lieu de de cela l'égalité des formations et de salaires entre les deux niveaux (ou ordres) d'enseignement ont abouti à un développement exagéré du système de formation, de l'école primaire jusqu'au Collège, avec la mise en place d'une faculté spécialisée, dont l'aboutissement est celui que nous pouvons constater: les maîtres de tous les ordres d'enseignement croulent sous l'exigence des diplômes de formation, unique (pour le rappeler une fois de plus) dans nos cantons romands, la théorie l'emporte largement dans cette formation sur la pratique des moyens les plus simples et les plus efficaces d'enseigner et de contrôler le travail fait en classe et à la maison, les enseignements du Cycle ont les salaires les plus élevés de Suisse romande et ceux du Collège, les plus bas, il vaut mieux se former dans d'autres cantons ou en France pour obtenir un poste chez nous, surtout lorsqu'il y a pénurie, et cette pénurie est accentuée par le système en place. Enfin, devant la lourdeur du système, la hiérarchie se sent obligée de multiplier les échelons du pouvoir pour se sentir un semblant de capacité de contrôler le travail qui se fait dans les écoles, sans y parvenir réellement d'une part, et sans avoir même disposer à tous les échelons d'un corps enseignant formé selon un idéal théorique chimérique et discutable.

Écrit par : Mère-Grand | 11/12/2012

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