20/12/2012

Et pourquoi pas?

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- Hé! Salut Cyprien! Ca fait un bail...on boit un verre?

- Ouais, un bon moment qu'on s'est pas vu, te voilà de retour.

- Oui, j'ai pris mes quartiers d'hiver... Et toi, quoi de neuf par ici?

- Je t'ai pas dit, tu sais pas pour Nico, mon fiston?

- Non, quoi donc?

- Ben, il a arrêté le collège pour se consacrer à fond pour sa passion.

- Hein? Il a quitté "la ligne rouge" pour le tennis...mais Ca va pas sous le chapeau!

- Ben oui. On a bien réfléchi avec Germaine. On s'est dit que c'était bien comme ça.

- Mais? Vous avez abusé du fendant ou quoi? Les études passent avant tout! Explique-moi...

- Réfléchis un peu...Il ne pensait plus qu'à ça. Et en Suisse, si tu veux avoir une chance de percer un peu dans le sport, t'as pas le choix...maintenant, il tourne un peu partout en Europe et même jusqu'en Argentine...tu imagines la vie, à 15 ans! C'est pas génial?

- Tu prend un gros risque quand même...les élus sont peu nombreux.

- Quoi un risque! Pas du tout. Essaye de comprendre... imagine sa motivation à poursuivre ses études si on l'avait obligé! On a la chance de pouvoir lui offrir de tenter le coup et vivre un rêve. Alors, pourquoi pas?

- Et s'il se casse la figure?

- Ben quoi? Ensemble, on s'est dit qu'on se donnait une année pour atteindre l'objectif fixé. Si c'est pas le cas, c'est pas grave, il retournera au collège. Qu'est-ce qu'on a à perdre? Pas grand chose, une année de scolarité, et pis quoi! Au moins, il n'y aura aucun regret et il aura tenté le coup.

- Sacré nom d'un chien! Tu m'as convaincu. Quoi de plus important que de vivre heureux et de se donner les moyens d'y parvenir. T'as bien raison, c'est quoi une année...qui n'est pas perdue? Et imagine qu'il réussisse?! J'espère qu'un jour, on lui servira de "bagagiste" à Wimbledon !

Chapeau!

Allé, pour le coup, je te paye le verre!

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12/12/2012

Notion de proximité selon Charles Beer

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Soit le président du DIP est un sacré menteur, soit, tout aussi grave, il est totalement déconnecté de la réalité du terrain et ne sait pas du tout ce qu'il s'y passe.

Son interview parue dans le Matin Dimanche (9 décembre 2012) est truffée de mensonges tous plus gros les uns que les autres.

Selon lui, un directeur d'établissement primaire "incarne l'établissement , il est en relation quotidienne avec les enseignants, les élèves et les parents".

Il est vrai qu'en 2008, afin de justifier la mise en place de ces directeurs d'établissement, il avait fait de ce thème son argument principal: le contact direct et immédiat avec les différents acteurs de l'école.

Aujourd'hui, il convient de se rendre à l'évidence, c'est un mensonge digne de Pinocchio!

Comment Charles Beer ose-t-il encore avancer un tel argument?

Il sait pourtant que

            - ces directeurs sont en charge de plusieurs écoles plus ou moins éloignées les unes des autres

            - plusieurs d'entre eux travaillent à temps partiel.

Dès lors, comment pourraient-ils répondre quotidiennement et immédiatement aux demandes des parents, des enseignants?

Ces directeurs seraient-ils des surhommes capables de se dédoubler à volonté?

 

Par ailleurs, Monsieur Beer oublie-t-il qu'il a introduit, tout récemment, des maîtres adjoints qui sont devenus les substituts des dirlos puisque désormais, selon leur cahier des charges, c'est à eux qu'incombe le devoir de relation avec les parents et les différents acteurs de l'école.

Le président du DIP a une bien curieuse vision de la proximité.

Autre mensonge: prétendre que ce système directorial est le même dans les autres cantons et dans les pays voisins!!!

Au contraire, PARTOUT ailleurs les directeurs d'écoles sont en charge d'enseignement en plus de leur charges directoriales.

Mensonge toujours que de prétendre que les anciens inspecteurs souffraient d'un manque de proximité.

Pour le reste de l'interview, pas de surprise, comme prévu et comme d'habitude, Monsieur Beer est passé maître dans l'art de noyer le poisson!

 

Est-ce un scoop?

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06/12/2012

Honnêteté et crédibilité ou théâtre Guignol

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La commission des droits politiques s'est penchée hier sur le cas de la compatibilité ou non de siéger au Grand Conseil lorsqu'on est un cadre supérieur de la fonction publique.

La question n'est pas anodine, il convient de ne pas se tromper sur l'importance de l'enjeu. Ce n'est plus de Monsieur Bonny dont il s'agit mais de l'honnêteté de nos élus et de la crédibilité que l'on peut accorder à nos institutions.

 

"Afin d’avoir tous les éléments pour se déterminer", on apprend aujourd'hui que cette commission est "en attente d'informations complémentaires".

 

Voilà qui est pour le moins inquiétant...car on se demande bien de quelles informations complémentaires il s'agit.

 

La commission a en effet tous les éléments en main pour se prononcer et je ne vois pas où est le problème.

 

La loi est très claire sur ce sujet, il suffit très simplement de l'appliquer!

Selon le point d de l'article 21, il y a, pour un cadre supérieur de la fonction publique, clairement incompatibilité avec le mandat de député!

 

 

Mais voilà que la rumeur court...le DIP ergoterait sur le statut de cadre supérieur...

 

Là encore, on se demande pourquoi?! Il existe un règlement qui n'a pas à être interprété:

 

Art. 2 Définition
Sont nommés en qualité de cadres supérieurs les fonctionnaires appelés, par leurs responsabilités hiérarchiques ou fonctionnelles, à préparer, proposer ou prendre toute mesure ou décision propre à l’élaboration et à l’exécution des tâches fondamentales de pouvoir exécutif. Leur fonction se situe à compter de la classe 23 de l’échelle fixée par la loi concernant le traitement et les diverses prestations alloués aux membres du personnel de l’Etat, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers, du 21 décembre 1973.

 

M. Bonny lui même n'est pas dupe.

 

Se rend-il compte de l'énormité de ces propos lorsqu'il écrit sur son blog:

 

"J’imagine que, d’un côté, il y a les députés qui veulent appliquer la loi strictu sensu et, d’un autre côté, les députés qui sont partisans d’une application moins restrictive de cette dernière, comme cela a été le cas lors de la précédente législature,..."

 

???!!!

 

Ainsi, il y aurait deux lois, l'officielle et celle que l'on adapte, que l'on interprète!

Et d'avouer que c'est grâce à cette dernière option qu'il a eu l'autorisation de siéger lors de son dernier mandat, que c' était le fruit d'une interprétation de la loi, une magouille politicienne.

 

Alors, pourquoi la commission des droits politiques est-elle embarrassée au point de reporter une décision pourtant facile à prendre?

 

            -Aurait-elle peur de se désavouer?

 

On dit que faute avouée est à moitié pardonnée.

En corrigeant la décision prise en 2008 et en respectant la loi, notre institution en ressortirait grandie!

 

            -Manœuvre politicienne? Faire fi de la loi et préférer jouer le sale jeu des intérêts partisans?

 

En effet, certains partis, c'est selon, ont tout intérêt à ce que M. Bonny siège ou ne siège pas au GC...

D'autres s'amuseraient volontiers de nuire un peu au PDC...

 

La commission des droits politiques n'a pas à entrer dans de telles considérations. Elle a pour fonction de faire respecter la loi et elle seule!

Les membres de la commission sauront-ils résister aux pressions ainsi exercées? Auront-ils le courage et la sagesse de prendre la seule décision qui permette aux citoyens de préserver la confiance qu'ils accordent à leurs élus?

 

J'attends avec impatience le verdict.

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04/12/2012

Le long tunnel de la fonction publique

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Jean Romain

 

A Genève, la situation de la fonction publique est très délicate. En effet, plusieurs facteurs convergent sur cette fonction publique et la mettent à mal, à telle enseigne qu’après la modeste démonstration de force de la semaine passée, elle a décidé de faire la grève le 6 décembre pour réagir à ce qu’elle estime des attaques. A mes yeux, elle a tort de faire la grève mais elle est bel et bien en butte à une série de remises en question fortes et dont certaines sont de nature à mettre en péril – en ce qui concerne l’école particulièrement – la vision que nous avons de la république.

 

Retraites

 

Tout d’abord, c’est la fusion des caisses de pension, fusion négociée afin d’honorer l’obligation confédérale de couvrir les assurés, et fusion votée par le Grand Conseil il y a quelques mois, qui diminuera la rente des futurs pensionnés tout en les obligeant à travailler plus d’années. C’est ce vote qui a mis le feu aux poudres. Les parlementaires socialistes se sont battus honnêtement pour défendre leurs idées ; ils ont majoritairement refusé en plénière de soutenir cette fusion sur des points annexes, tout en admettant, avec d’autres députés, que c’était la moins mauvaise solution. On ne choisissait pas entre un bien et un mal, mais entre un mal et un moindre mal. Or ce vote a été contesté par un référendum malvenu provenant de l’extrême gauche et soutenu par une partie de la droite dure. On votera le 3 mars 2013 puisqu’il a abouti. Mais là, les choses ont changé de nature ; et le risque, de degré. En effet, si la fusion est refusée le 3 mars, c’est la Confédération qui viendra, dès 2014, mettre son nez dans nos affaires cantonales, et un scénario catastrophe pourrait bien voir le jour. Ce serait alors la fin de l’école publique telle que nous la concevons actuellement. Le mot d’ordre ne serait plus « Refaire l’école » mais « Sauver l’école » ! Il faut cependant souligner que l’ensemble des députés défend l’école publique même s’ils trouvent qu’elle a souvent oublié sa mission, qu’elle n’est pas assez exigeante ; ces députés, s’ils ne connaissent pas dans le détail le travail des professeurs, savent néanmoins ce que représentent les « hussards noirs de la République » dont parlait Jules Ferry.

 

Économies budgétaires

 

Ensuite, le budget 2013 déficitaire, refusé par le Parlement genevois, nécessite des économies importantes pour être accepté. Des pistes ont été avancées pour diminuer les dépenses de l’État, qui vont toutes dans la même direction : augmenter la productivité de la fonction publique. Derrière les mots, il y a des implications : une diminution des postes de fonctionnaires, donc des salaires à verser. Faut-il les diminuer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ? On va en discuter, mais ce qui est certain c’est que « pas du tout » n’est pas envisageable.

Après les retraites mises à mal, ces mesures d’économie sont une deuxième remise en question de la fonction publique. Elles viennent souffler un vent froid sur des gens qui font correctement leur travail et qui sont, dans leur immense majorité, d’honnêtes serviteurs de l’État.

 

Désamour


De plus, à Genève, est née une sorte de désamour entre le peuple et sa fonction publique. Ce désamour se repère dans des formules du genre « tous des planqués, ces fonctionnaires ». C’est une erreur. L’État ne peut remplir ses missions régaliennes sans la fonction publique, mais il est vrai que les citoyens sont en butte à de consternants constats quotidiens. Bien des gens ont perdu leur confiance en l’État, un État incapable d’assurer la sécurité des citoyens ; un État qui a renoncé à instruire chaque élève avec un peu de rigueur ; un État impuissant à assurer une circulation acceptable ; un État qui ne parvient pas à construire les logements dont il a besoin ; un État dont le système informatique est plus que déficient ; un État dont les prisons débordent ; un État dont la Cour des Comptes est le lieu de règlements de comptes ; un État où son Grand Conseil se jette des verres d’eau à la figure ; un État où le manque de crèches est chronique ; un État où les projets enthousiasmants sont au point mort ; un État dont la dette est faramineuse ; un État qui ne privilégie pas ses propres ressortissants pour les mettre aux postes clés ; un État… Chacun peu ajouter un élément à la liste. Exagéré, ce portrait ? Sans doute. Mais il est des partis politiques qui se nourrissent de cette exagération et qui ont intérêt à ce que le débat vire à la confrontation, qui font tout pour cela, c’est le MCG. Depuis sa création, ce parti fonde sa légitimité sur le malaise politique et social : plus Genève ira mal, plus il aimantera sur lui les voix des mécontents. Et à Genève, il y en a des mécontents. C’est dans ce contexte tendu que tout le monde connaît, que le MCG joue son rôle de catalyseur : il transforme le râleur ordinaire en indigné systématique.

 

Alors les syndicats de la fonction publique se mettent en grève le 6 décembre prochain pour s’opposer à l’austérité qui s’annonce. Ils prennent un risque majeur dans la situation décrite plus haut. C’est celui du résultat du 3 mars 2013. Ce jour-là, devant l’urne, il n’y aura pas de miracle mais seulement des citoyens qui se souviendront. Accepteront-ils, ces contribuables, d’endetter l’État durant des décennies pour sauver les retraites d’une fonction public qui, gréviste, apparaît, à tort ou à raison, sous un jour peu rassurant ?

 

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03/12/2012

Pends un jambon à ta porte

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Depuis quelques années, on a voulu, au DIP, ouvrir toutes grandes les portes de l'école à tout un chacun.

Ainsi, à force de démagogie dégoulinante, on a introduit, par exemple, les conseils d'établissement pour donner aux parents la possibilité de s'exprimer sur un certain nombre de sujets. La plupart anodins, histoire de donner l'illusion de leur participation active.

Soit.

Mais voilà, certains parents ne l'entendent pas de cette oreille et dépassent allégrement les limites fixées, sans que le DIP ne réagisse vraiment.

Et petit à petit, l'autorité, de plus en plus bafouée, s'est délitée.

On en a eu l'illustration récemment encore avec l'affaire du "pipi caca" de l'école des Grottes.

Je connais un instituteur qui, il y a peu, a dû faire face à des parents qui lui demandaient des comptes. Celui-ci, excédé par le mauvais comportement répétitif de leur marmot, avait osé lui dire "ça suffit maintenant, tu m'énerves!"

Pensez donc, le crime de lèse-majesté! Expliquez-vous Monsieur l'instituteur!

 

La question écrite qui vient d'être déposée au Grand Conseil par le député Jean Romain tombe donc fort à propos.

Malheureusement, je ne me fais aucune illusion sur la réponse qui lui sera donnée et j'imagine déjà de quelle manière les instances du DIP vont botter en touche.

 

Question écrite de Jean Romain au DIP

Comment définir institutionnellement le rôle des parents ainsi que la place de la concertation dans la gestion des établissements scolaires ?

 

L’école, contrairement à ce que d’aucuns pensent, est une institution  assez fragile. A l’école primaire, plus particulièrement que dans les ordres secondaires, en raison de son enracinement dans le terrain local, de la proximité des enseignants et de la population, on assiste à une pression parentale. En effet, les parents entendent dépasser la fonction que leur assigne le Conseil d’établissement et participer à une sorte de co-gestion de l’école.

Il n’y a pas si longtemps encore, parce qu’ils émanaient naturellement du terrain et d’une construction commune, des projets d’école prenaient forme. Mais la mise en place des Conseils d’établissement, en institutionnalisant la concertation, a fait changer des rapports jadis assez naturels et a cristallisé des idées : dans une sorte de surenchère de revendication de responsabilité, les parents entendent se prononcer sur les devoirs, les cours, les méthodes ou les notes. Ils sont très rapidement devant la porte du maître, et la nécessaire relation entre les familles et l’école évolue vers des désirs de co-gestion de l’établissement.

Pour renforcer le côté institutionnel de l’école primaire, il s’agit, après certaines affaires retentissantes, de recadrer les rôles respectifs des directions, des enseignants et des parents. A ce propos, le discours du DIP n’est pas assez clair. Bien sûr, le Règlement des Conseils d’établissement apporte un élément de réponse. Mais il est insatisfaisant parce qu’il se cantonne à la lettre. Or c’est sur l’esprit que je voudrais entendre le Département de l’Instruction Publique.

Je lui demande donc de répondre à ma question avec précision, et l’en remercie d’avance.

 

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