12/01/2013

L'école du fric

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Suite à l'affaire de l'école primaire de la Gradelle, le député Jean Romain réagit et dépose une question urgente écrite au secrétariat du Grand Conseil.

 

 

Qu’en est-il du système dit de « Fr. él. » (= francs élève) institué à l’école primaire de la Gradelle pour contenir le comportement disciplinaire des élèves ?

 

On apprend par les journaux locaux que la directrice de l’école primaire de la Gradelle a institué ou a persisté avec un usage récemment mis en œuvre, celui qui consiste à créditer les élèves d’une somme d’argent fictive et de les faire payer chaque indiscipline selon un tarif connu. Une fois la somme dépensée, il y a convocation des parents.

 

Cette « méthode pédagogique » importée du Canada, qui remplace blâmes, reproches et autres punitions aux mauvais comportements par des amendes, va directement à fin contraire de ce que doit faire une école qui aurait encore pour ambition d’instruire et d’éduquer les élèves à la vie en commun. En effet, ce qui fait grandir l’élève c’est ce qu’il apprend pas à pas dans des limites, des interdits. Ce sont les cadres qu’on lui impose qui lui donnent une chance de grandir. Dans ce contexte, il a des devoirs envers les autres lorsqu’il agit : répondre de ce qu’on fait, c’est cela même la responsabilité. Or un des buts de notre école est justement de former à la responsabilité et à l’autonomie. La présente mesure dite de « Fr. él. » (« francs élève »), curieusement, va à fin contraire puisqu’elle entend tracer des limites grâce à des amendes prélevées sur un argent que l’élève n’a rien fait pour obtenir, sur un argent gratuit.

 

Au fond, le message pour l’élève est très exactement le suivant :

  1. Tu as le droit de faire tout ce que tu veux dès lors que tu peux te racheter avec de l’argent.
  2. Or ce que tu dois payer pour te racheter ne te coûte rien puisqu’on te donne cet argent.
  3. Donc, on t’apprend l’impunité.

 

On peut, tout naturellement, se demander si tel élève ayant éclusé tout son avoir et afin d’éviter la convocation de ses parents peut emprunter des sommes à un camarade moins turbulent, et à quel taux cet emprunt pourra se conclure.

 

Ma question est la suivante :

 

Pourquoi le DIP autorise-t-il une méthode coercitive qui ne l’est pas en fait, et qui se place à mille lieues des valeurs que normalement une école obligatoire et publique doit défendre ?

 

 

Que le Conseil d’État soit vivement remercié par avance pour la réponse qu’il apportera à la présente question.

 

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Commentaires

c'est une méthode sectaire des plus abjectes.Beaucoup l'on connue mais lors de séparation des parents.Avant d'être séparé de ces géniteurs fautifs il va de soi l'enfant était couvé ,étouffé ensuite on lui demandait et ce très jeune qui il préférait pour ensuite le temps du divorce être caché voire séquestré auprès même de membres d'une des deux famille.L'enfant était le fruit de la honte et en lisant ce qui est écrit cela fait froid dans le dos.
C'est vraiment triste en 2013 de lire pareil traitement de quoi fausser tout l'avenir de l'enfant.Le monde des adulte ensuite il ne le verra plus jamais de la même manière,ils resteront des ennemis à vie.Quelle décadence!

Écrit par : lovsmeralda | 12/01/2013

"importée du Canada"
"Tu m'étonnes!" comme disent certrains. Dans le domaine de l'éducation et du comportement humain en général, le Canada est devenu une référence "incontournable". Je soupçonne évidemment qu'il s'agit du Canada francophone, car on peut y puiser tout ce que l'on veut tout en se donnant la bonne conscience que l'on fait un pied de nez aux vilains Américains. Et de plus, il n'y a pas besoin de savoir l'anglais pour s'approvisionner en sources. C'est le "Rêve canadien"!

Écrit par : Mère-Grand | 13/01/2013

Je signale aux observateurs des résultats acquis par les élèves aux du programme PISA, que l'hébdomadaire scientifique New Science de la semaine passée mentionne, dans un article consacré aux performances des étudiants dans le monde "réel", celui de l'innovation et des avancées technologiques en particulier, un certain nombre d'études qui réfutent tout lien entre les succès dans le premier domaine et le second.

Écrit par : Mère-Grand | 13/01/2013

Rien de surprenant. Les notes de comportement ont été supprimées et donc chaque enseignant fait sa petite cuisine dans son coin. L'enfant d'une amie m'a rapporté le système suivant. En début de semaine tous les élèves représentés par des punaises(!) sont sur une même ligne. Suivant des critères dont la plupart me sont restés inconnus les punaises avancent ou reculent. Avec des zones de couleurs différentes, verte, orange, rouge. Un oubli ferait reculer par exemple. J'écris "ferait", car cette amie n'a reçu aucune information officielle sur cette manière de réglementer le comportement des élèves. Il semblerait qu'à certaines occasions une bonne réponse puisse faire avancer. Quand? Mystère. Conséquences de cette gestion du comportement des élèves? Re-mystère. Information aux parents? Aucune. Il semblerait que soient mélangés ici attitude sociale, application au travail, connaissances, oublis, etc. Bref un fourre-tout arbitraire. Est-il trop demandé que les pratiques de gestion du comportement soient cohérentes et unifiées et non pas laissé à l'arbitraire des enseignants? Qui visiblement cherchent à combler un vide laissé par la note de comportement, qui elle était une information claire TRANSMISES AUX PARENTS. Maintenant il y a la mascarade des conseils d'établissement tout juste bons à organiser des fêtes, comme si c'était le but de l'école.

Écrit par : Mystère | 13/01/2013

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