19/01/2013

Un témoignage édifiant

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Il fallait s'y attendre, le débat, organisé ce jeudi par la TdG, intitulé "Acheter sa conduite: bonne idée ou scandale", a tourné court. Rien de plus normal au vu des intervenants.

Du gâteau pour le DIP. Car on imagine mal Monsieur Laurent Vité, Président de la SPG, se mouiller un tant soit peu. Aucune opposition réelle puisque pour le syndicaliste "monnayer son comportement n'est ni une bonne idée ni un scandale". Et de se contenter de ce constat.

Pourtant il y aurait eu bien des choses à dire, bien des questions à soulever.

Ainsi, que dire de ce témoignage que je reçois aujourd'hui.

Une enseignante qui m'informe que la pratique des francs/élève, mise en place à l'école de la Gradelle, est scandaleuse mais pas vraiment étonnante.

Selon elle, cette méthode émane des théories du pédagogue Fernand Oury (1920/1998)...c'est dire qu'il n'y a là aucune nouveauté, aucune innovation.

Pour les pédagogistes qui pullulent dans nos instituts de formation des enseignants, ce genre de théories représente une véritable profession de foi... la seule et unique Vérité!

C'est bien là le problème!

Au point que, tant à l'IUFE genevoise qu'à la HEP de Lausanne, il semble, toujours selon cette enseignante, que l'on ne cesse de faire l'éloge des pédagogies dites nouvelles ou actives. Ainsi, on demande aux étudiants de les suivre aveuglément tel un évangile et de les appliquer dans leurs classes.

"Le système de la "Monnaie" a été imaginé par Fernand Oury, pédagogue extrêmement mis en exergue lors de cette formation à la HEP. Ces pédagogies nous sont présentées comme les seules efficaces et valides. Et il nous est clairement indiqué que nous serions fort mal perçus si nous souhaitions pratiquer dans nos classes des pédagogies plus traditionnelles ou faisant usage d'un autre type de cadre".

 

Qu'en est-il de cette pédagogie:

La pédagogie institutionnelle élaborée par Fernand Oury fixe et fait respecter des règles de vie dans l'école, en impliquant les élèves dans le quotidien de la classe. La vie scolaire fait l’objet d’une gestion participative par le biais d’un "conseil" qui se réunit régulièrement. Le conseil est un lieu de parole où chacun peut proposer des projets ou des sorties et où l’on règle par la négociation les conflits entre élèves.

D’autres "lieux de paroles" sont mis en place dans les classes, notamment le "quoi de neuf ?", un temps de parole prévu chaque matin où l’élève peut dire à la classe ce qu’il a envie de lui faire partager.

Les élèves sont évalués par des ceintures de couleur inspirées du judo : ces ceintures permettent aux enfants d'évaluer leur réussite dans tel ou tel domaine (comportement et compétences). Grâce au tableau des ceintures affiché en permanence dans la classe, les enfants savent toujours où ils en sont.

Par ailleurs, chaque classe possède sa monnaie interne, qui se gagne en participant à certaines taches quotidiennes (effacer le tableau…) et peut se perdre en cas de sanction (sous forme d’amende à payer).

Certes, tout n'est pas à rejeter mais, selon cette enseignante, "le problème vient bel et bien de la formation que reçoivent les enseignants, dispensée par la HEP, dont la mainmise dans ce domaine est absolue.

Durant mes 4 ans de formation, je suis ainsi contrainte de trouver "formidables" des systèmes pareils à celui mis en place à la Gradelle. Je dois me formater totalement aux Pédagogies encensées par la HEP, me soumettant ainsi, contre mon gré, à l'omerta de cette école. Hors réalité, hors contexte empirique, voire dangereuses pour les élèves qui y sont confrontés, ces méthodes vont hélas se généraliser puisque c'est ce qu'on attend de nous, enseignants contraints de suivre ces formations".

 

Les pédagogos ont encore de beaux jours devant eux...

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Commentaires

@Monsieur Duval en vous lisant on en est presque à supposer qu'il existe aussi un Giec au niveau scolaire.Cependant il est rassurant d'entendre des parents intelligents avouer ,nous on élève nos enfants d'après notre instinct grâce aussi aux récits de nos anciens et rien ni personne surtout pas l'école ne se mélera de leur éducation.L'école a pour but d'instruire et non celui de recruter pour une quelconque société occulte

Écrit par : gavroche | 20/01/2013

Pour enseigner, il faut trois qualités principales :
- le sens du contact humain
- une maîtrise de la discipline enseignée
- du plaisir à faire comprendre

Or les pédagogos, ces gourous des « sciences de l’éducation » n’ont pas intérêt à détruire l’école comme ils le font sans vergogne, ni à terroriser les étudiants comme le témoignage de M. Duval le montre ; leur intérêt est de pouvoir manger le plus longtemps possible l’immense formage dans lequel ils se sont installés et ainsi de conserver leur misérable pouvoir. Ce sont des gens dispendieux et parfaitement inutiles à ceux qui ambitionnent d’instruire.

Fermons l'IUFE ! L'école du coup s'en portera mieux.

Écrit par : Jean Romain | 20/01/2013

"Enseigner est un art, et ceux qui ne le maîtrisent pas, veulent en faire une science" disait un professeur de grec du canton de Fribourg.

Et je rajouterai, et ainsi ces pseudo-scientifiques détruisent l'école.

D'accord avec Jean Romain, fermons l'IUFE ! Et vite !

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 20/01/2013

"chaque classe possède sa monnaie interne, qui se gagne en participant à certaines taches quotidiennes [...] et peut se perdre en cas de sanction [...]"

Mais j'y songe: Si le but de cette monétarisation des tâches scolaires est d'apprendre aux enfants comment fonctionne la société réelle, ne devrait-on pas donner aux élèves un capital proportionnel à la fortune des parents ? Cela serait plus démonstratif que de les payer en fonction de leur travail en classe.

Bien entendu, pour plus de réalisme, il faudrait aussi s'assurer que les garçons reçoivent davantage que les filles, et que le pécule soit corrélé à la couleur de peau: plus on l'a claire, plus on gagne...

Écrit par : Dirait-on pas la grande palmeraie de Tizi-Ouzou ? | 20/01/2013

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