20/03/2013

Où sont donc passés les Waldstätten?

Suisse-Bataille-Sempach-9juillet1386-1.jpg

Suite à la lecture du billet "Où est l'histoire suisse à l'école?" posté récemment par Jérémy Seydoux, je me suis posé une question.

Qu'en est-il de l'histoire suisse à l'école primaire?

Voyons ce que nous apprend le PER (plan d'études romand) ?

Difficile de s'y retrouver dans ce labyrinthe...

Premier constat, dorénavant, on ne parle plus d'histoire mais de "sciences humaines et sociales".

Ensuite, j'ai eu beau chercher, je n'y trouve aucune trace d'histoire suisse....RIEN sur le passé de notre pays!

On se perd dans des formules plus redondantes les unes que les autres, dans de flous et incompréhensibles "objectifs" :

- Se situer dans son contexte temporelle, s'approprier, en situation, des outils pertinents

- Identifier la manière dont les Hommes ont organisé leur vie collective à travers le temps, ici et ailleurs

- Observation et mise en relation de documents iconographiques et de textes décrivant le mode de vie et l'organisation sociale à certaines périodes, ainsi que le territoire concerné

- Identification des changements intervenus, de la permanence de certains éléments.

- Questionnement et formulation d'hypothèses concernant l'évolution des modes de vie (les situations de la vie actuelle auxquelles cela correspond, ce qui a changé, ce qui est resté et pourquoi).

- Création et utilisation expérimentale de divers objets ou techniques (poterie, peinture, armes, outils, cuisine, jeux)

- Situation dans le temps et mise en relation d'événements constituant des moments de rupture (inventions, révolutions, réformes, découvertes,..)

- Questionnement sur ce qui reste d'une période, d'un événement, sur les éléments (traces ou documents) qui permettent de les comprendre, sur ce qui a été conservé et pourquoi (esthétique, mémoire, valeur réelle ou sentimentale,…)

- Observation de traces du passé (objets, monuments, aménagement de l'espace,…) : matière, provenance, situation, condition, lieu et raison de leur conservation. Identification des renseignements qu'elles donnent

- Identification des héritages du passé, des conséquences sur la vie actuelle (répartition linguistique, religieuse, organisation sociale, politique, manifestation culturelle,…), et des commémorations

- Etc.

 

Où sont passés ces moments magiques pendant lesquels l'instituteur faisait revivre le passé de nos ancêtres en racontant avec ferveur les exploits de nos vaillants Waldstätten?

Disparus!

 

Résultat...plus d'histoire suisse pendant tout le cursus scolaire obligatoire des élèves romands.

Consternant!

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Commentaires

Consternant, certes, mais vraiment pas étonnant. Y aurait comme un projet de déculturation que cela ne m'étonnerait pas. Je ricane, mais les socialistes sont complétement ouverts sur ce jeu-là. Pour eux, la Suisse en elle-même est un mythe qu'il faut oublier le plus vite possible.

Écrit par : Géo | 20/03/2013

Effectivement, il semble qu’au DIP, on ne connaisse pas le précepte religieux : « Aime ton prochain comme toi même ! », (précepte moral si familier, qu’il s’est laïcisé !).

A part le concept stupide d’« autorité de proximité », (qui a entraîné la nomination d’une centaine de directeurs dans les écoles primaires), tout ce qui serait proche, pour le DIP, serait à bannir et à condamner au nom d’un exotisme de mauvais aloi.

A cet égard, je vous renvoie à l’excellent billet de Monsieur Pierre Weiss « Pour le DIP, le Nouveau Testament n’est qu’un “petit texte” ». L’auteur dénonce avec humour que :
Si « Ra’aroa », le chant tahitien de la création, a certainement sa place (au titre de l’exotisme relativiste ?) dans ce recueil de « Grands Textes » […il n’y a] pas une page, pas une ligne, pas un mot en revanche issu du Nouveau Testament ».

Billet à relire absolument sous :
http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2011/10/15/pour-le-dip-le-nouveau-testament-n-est-qu-un-petit-texte.html

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2013

A noter qu'en ce qui concerne la géographie, il en va de même... on ne parle plus de régions naturelles, de canton ou même de Suisse mais:


Observation, questionnement et hypothèses concernant l'organisation et l'aménagement de l'espace par l'homme pour répondre aux besoins fondamentaux

Identification et catégorisation des besoins vitaux et secondaires (se protéger, s'alimenter, respirer / communiquer, vivre en communauté, se déplacer, apprendre,…)

Identification, dans l'espace étudié, de lieux répondant plus spécifiquement à l'un ou l'autre de ces besoins (habitation/zones de population, commerce/filière de production, centre sportif/région touristique, aéroport/nœud autoroutier,…)



Différencier questions et hypothèses :

questions : l'élève s'interroge, il ne formule pas de réponse ; les données, les ressources mises à disposition lui permettront d'en apporter une
hypothèses : l'élève formule une réponse à une question qu'il se pose ou qui lui est posée. Il examine cette hypothèse et en établit la validité (ou non) en consultant les documents à disposition

Sélectionner pour les élèves les ressources permettant le questionnement et la formulation d'hypothèses

Écrit par : Duval | 20/03/2013

c'est bien de déculturisation dont il s'agit - mais ces choix sont mis en place par quelles volontés?

de toute évidence aucun suisse n'est l'auteur de ces ouvrages, tout droit droit sortis d'une ligne d'intellectualistes bobo franco-européens

mais l'important est de savoir ce qu'il en est des responsables DIP !
dont les salaires sont bien trop importants pour continuer de les payer,
au vu de leurs faveurs pour un enseignement nettoyé de tout helvétisme

faut virer ces faux-suisses des postes décideurs du DIP

Écrit par : Pierre à feu | 20/03/2013

c'est tout simplement honteux!Alors grands parents tous à vos plumes et écrivez vos mémoires pour vos petits enfants ,avec dates,nom des gens et lieux et vie culturelle en remontant jusqu'à celle des arrière grands parents si possible.Si vous saviez le nombre de témoignages écrits par des personnes âgées qui de rage ont tout jeté au feu suite aux immondes menaces lancées par des socialistes si elles ne triaîent pas convenablement leus sacs poubelles.Tout un partimoine disparu ! on peut dire que les socialistes dans l'abject ont gagné la palme de la bétise humaine

Écrit par : lovsmeralda | 20/03/2013

En meme temps, ca n'occupe pas trois heures de raconter qu'à l'époque y avait un gars qui s'est permis de tirer sur son fils facon l'américain de base et que sinon toujours attirer par le pognon les suisses se faisaient mercenaires et qu'enfin ils se frittaient avec les bernois et que cela n'a pas changé.

Par contre il y a vraiment à dire sur l'organisation de l'école. Il n'y a pas besoin de parler à la Bonnant pour dire que le corps professoral est à la dérive complète et ne se sent pas redevable d'une certaine productivité en matière d'éducation. 30% d'échec en 3ieme année du collège avec une année coutant 17'000 CHF par élève, certaines entreprises mettraient la clé sous la porte avec ces chiffres. C'est la honte absolue, heureusement qu'il y a des crétins qui payent des impots pour faire vivre cette racaille.

Je ne reviendrais pas sur ces politiques qui conservent des postes alimentaires au DIP en assumant tout à fait lacunairement leurs obligations. Que penser de ces artistes, profs de collège sans cesse absents. Certains enseignants mériteraient un audit sur leur méthode.

Je comprends la déception de Beer ce jour, le DIP est à la mesure du grand Geneve un grand dépotoire dont les enseignants sont nommés à vie sans controle et meme pour un mec élu le bilan est faible.

Écrit par : Va y ma poule | 20/03/2013

comme elle a raison lovsmeralda! et c'est si joliment dit

Écrit par : Pierre à feu | 20/03/2013

Les quoi? Les Waldstätten, autrement dit les cantons primitifs? Un conte pour enfants à l'image des Gaulois pour les Français. Si l'histoire se doit d'être enseignée avec objectivité et clairvoyance alors attendons effectivement que les enfants que nous avons aussi été grandissent un peu. A vous lire vous avez retenu le bagage scolaire enseigné dans les année 70 à 90 tout comme moi. Seulement depuis le rapport Bergier et la chute de certains mythes fondateurs, vous n'avez semble t-il pas revisé l'histoire sous un angle objectivement critique. Bonsoir.

Écrit par : Grivelou | 20/03/2013

Techniquement... Les Waldstätten, ce n'est pas notre histoire. Genève est Suisse depuis 200 ans. Sans compter que l'essentiel de l'histoire de l'époque (le pacte, Guillaume Tell, Winkelried et compagnie) est légendaire, avec des protagonistes dont l'existence n'est pas prouvée. Donc ok pour l'histoire suisse, mais il y a sans doute plus important que ces jolies légendes qui sont surtout du folklore. Un poil d'histoire genevoise ça ne ferait pas de mal non plus et ce ne serait pas moins sensé.

Écrit par : Yanch | 20/03/2013

Ah bon! Les Waldstätten n'appartiennent pas à l'histoire suisse! Et la "légende" de Guillaume Tell n'illustre pas du tout la lutte que nos ancêtres ont menée pour les libertés dont nous jouissons aujourd'hui.
Il n'y a jamais eu de Morgarten ni de Sempach! Et la Confédération des 8 cantons n'est que poudre aux yeux, tout comme la guerre du Sonderbund. La Confédération est née dans un chou!

Écrit par : Duval | 20/03/2013

Morgarten et Sempach sont bien des batailles de confédérés, mais nos historiens pilotés par les politiques de l'époque leur on donné des significations symboliques qui caressent dans le sens du poil les bons sentiments patriotiques. Pas de naissance dans un chou, mais sous les lambris d'un palais fédéral qui à l'époque était flambant neuf. Pour le reste, oui il y a un peu de folklore, mais si cela fait du bien à nos égo, pourquoi se priver de ces belles histoires qui nous ont été enseignées en toute bonne foi. Personnellement j'en suis revenu, ne vous déplaise.

Écrit par : Grivelou | 20/03/2013

@Grivelou
Bien sûr, vous avez raison! Et le Moyen Age c'est des sornettes, des histoires de chevaliers pour faire plaisir aux petits garçons. Les Habsbourg étaient des bisounours.

Écrit par : Duval | 20/03/2013

Il me semblait, ne déplaise à ce cher Carlos Maiblairos que les premières ébauches de la constitution Suisse avait été rédigés au chateau de la Malmaison a Reuil. Comme dirait le cultive Stauffer, c'est ou ce patelin. Dans le Jura???
Il faudrait rappeler a tout ces secundos que l'histoire de la Suisse est intimement liée à celles de ses voisins depuis plusieurs siècles.
Un petit rappel à certain qu'une politique très protectionniste est assez prometteuse en feu d'artifice. Mais ces mecs la rase gratis. Promettent des abonnements téléphonique à 20 francs et un mois après s'excusent de ne pas pouvoir tenir leur promesse.

Écrit par : Va y ma poule | 20/03/2013

Ben y a comme un problème... faut pas tout confondre... Les gentils suisses, les méchants habsburgs... oui, bon les habsburgs sont d'origine argovienne... ah bon l'Argovie n'était pas suisse à l'époque.... Et puis Neuchâtel c'est prussien, mais pas seulement... En fait la plupart des cantons suisses étaient vassal du Saint-Empire, ahh mais alors l'indépendance.... A Sempach la bataille opposa surtout alsacien et argovien contre waldstatten, les bernois ayant refusé de se joindre à la bataille.... Il est difficile de parler d'histoire suisse avant la création de la Suisse moderne au début du XIXe siècle (plus ou moins imposée par le traité de Vienne), alors c'est très bien d'expliquer les histoires régionales mais il ne faut pas faire croire à une histoire commune mythifiée. Genève n'a rien à voir avec les Waldstatten et la plupart des futurs cantons suisses étaient dans le camp des Habsburgs à l'époque... Parler par contre du climat social, qui provoqua notamment la révolte des waldstatten, ou de l'organisation de la société au Moyen-Age fait plus de sens dans la mesure où ce sont des données communes à l'ensemble des Suisses.

Écrit par : J-D | 21/03/2013

@J-D
Ben voilà, l'histoire suisse est bien réelle et intéressante en plus...mais elle a disparu des cours à l'école primaire! Remplacée par l'histoire des trous de tabouret à travers les âges...

Écrit par : Duval | 21/03/2013

Histoire suisse ou histoire genevoise (qui sont imbriquées), de toute façon ni l'une ni l'autre ne semble être enseignée dans le cadre de ce programme commun sur lequel on n'a jamais voté...

Et Beer en est responsable. Combien de temps il est resté au CE? 12 ans?

Écrit par : perlysien | 21/03/2013

Et il y a clairement eu une histoire suisse depuis le pacte de 1291 avec une suite d'alliances ininterrompues jusqu'à Napoléon, puis l'histoire moderne de la Suisse. Nous faire croire que la Suisse est née en 1815, c'est vraiment montrer son ignorance. C'est comme affirmer que la France est née en 1789...

Écrit par : perlysien | 21/03/2013

Merci perlysien pour cet excellent commentaire ...il répond parfaitement à certains autres qui ont une facheuse tendance à réduire l'histoire du pays à un simple mythe sans importance...

Écrit par : Duval | 21/03/2013

En passant en revue rapidement la page wikipedia "Mythe fondateurs de la Suisse", il est bien entendu répétés à de nombreuses reprises que Guillaume Tell, Arnold von Winkelried, le serment du Grütli "seraient des mythes" selon les professionnels autorisés, mais on en déduit en réalité qu'ils n'en savent pas plus que nous et que faute de preuve de l'existence de ces événements, les qualifient de mythes.

A ce que je sache, ce n'est pas parce que quelque chose n'est pas prouvé qu'il n'existe pas (cf. Dieu).

En plus, il est fait mention d'une chapelle consacrée à Guillaume Tell et érigée en 1388 !! Quand on laisse trop parler son idéologie, on en vient à qualifier de mythe tout ce qui n'est pas (ou n'a pas encore pu être) strictement démontré...

Né en 1981, je ne me rappelle avoir eu des cours sur ces événements (et/ou mythes). Il semble que cela devrait faire partie de la culture générale des écoliers.

Écrit par : Perlysien | 21/03/2013

Que du bon sens!
Peu importe en fait, que ces hommes soient des mythes ou pas. Ce qui compte, c'est ce qu'ils représentent. La Suisse n'est pas née comme ça d'un coup de baguette magique, il est important que nos écoliers le sachent.

Écrit par : Duval | 21/03/2013

Étonnamment, personne n'a pris la peine de vérifier votre assertion. Or, en déployant les "propositions de thèmes 7P-8P" dans le PER, (http://www.plandetudes.ch/web/guest/SHS_22/), on trouve par exemple et en vrac:
- Morcellement de l'empire romain/empire carolingien/monde féodal/vers les états actuels (Confédération helvétique)
- Naissance de la Confédération : contexte, événements, personnages, récits et représentations selon les périodes
- Récits de la fondation de villes suisses ou d'événements d'importance locale, commémorations nationales ou locales
- Différenciation territoriale et linguistique
- Ressources locales (vestiges et monuments, archives, musées)
- Construction de la Confédération (vers la Constitution de 1848)
-Commémorations en lien avec les événements de l'histoire locale et nationale (lesquels, comment, pourquoi ?)

Donc oui, le PER prend en compte l'histoire nationale... pour autant que ce terme ait un sens réel, tant la conception de la "nation suisse" a elle-même évolué dans le temps. Il n'est évidemment pas question de transmettre sous forme de catéchisme les mythes fondateurs tels qu'ils ont été inventés au XIXe siècle (Rappelons-nous que c'est à ce moment que l'on a exhumé le pacte de 1291 qui ne peut objectivement être considéré comme un élément fondateur de la Confédration, ne serait-ce que parce qu'il s'agit de la reconduction d'une alliance.)
En revanche, faire la différence entre le mythe et la réalité, se poser la question des desseins sous-jacents à l'élaboration de ces mythes sont des questions essentielles pour comprendre une Suisse, héritière des Waldstätten (un peu), et de 1848 (beaucoup !).
Je suis donc plutôt heureux de ne pas devoir employer les manuels de mon père qui racontaient le récit de Guillaume Tell comme des faits avérés et fondateurs du caractère indépendant et courageux du Suisse...

Écrit par : Julien Nicolet | 21/03/2013

Merci M. Nicolet pour votre commentaire.Il faut vraiment aller fouiner pour tomber sur les thèmes que vous évoquez....perdu dans la masse d'autres sujets tels:
• défrichement, meilleurs rendements de l'agriculture / famines
• entre chrétiens et musulmans, échanges (produits, sciences et techniques)/affrontements (croisades)
• élan intellectuel, culturel et artistique, construction de grands édifices (châteaux, cathédrales)/peurs : épidémies, famines, guerres
• monde essentiellement rural sans grands changements/développement des villes, centres d'une intense activité, diversification des métiers
Activités rythmées par les saisons, le temps religieux (chrétien)
Etc.
Franchement, comment voulez vous que les enseignants s'y retrouvent dans le flou d'une telle abondance de variété de sujets.
Avez-vous consulté les moyens didactiques dont ils disposent? Vous constaterez qu'îl n'y a pratiquement rien au sujet des thèmes que vous relevez.

Écrit par : Duval | 21/03/2013

- En ce qui concerne les moyens d'enseignement, il est incontestable que la CIIP a mis la charrue avant les boeufs, vu qu'ils sont loin d'être publiés alors que le PER est déjà entré en force...
- Sinon, je n'ai pas dû particulièrement "fouiner", mais simplement parcourir le plan d'études, ce qui est la moindre des choses que l'on peut attendre d'un enseignant, non ? S'il s'agit de critiquer le caractère touffu ou peu maniable du PER, je vous rejoins, mais ce n'est pas la question que vous avez posée.
- Pour le reste, vous aurez de la peine à contester que les éléments que vous relevez, tout flous que vous les jugiez, permettent aux élèves de se forger une représentation des permanences et des changements qui ont fait le monde dans lequel ils vivent. D'ailleurs, la plupart sont transversaux et concerne autant le territoire suisse actuel que le reste de l'Europe, du bassin méditerranéen et même du monde...

Écrit par : Julien Nicolet | 21/03/2013

Je vous accorde qu'il existe en effet une possibilité de traiter un tant soit peu d'"histoire suisse". Mais le problème reste que les thèmes que vous relevez ne sont que des....propositions ...parmi une multitude d'autres thèmes.
Les enseignants, de plus dépourvus de moyens didactiques sérieux, sont livrés à eux-mêmes. Ils ont le choix, il n'y a pas de programme imposé. Pour une quantité d'élèves, le risque est grand de passer à côté de ce qui a construit le pays.
D'autre part, au vu des thèmes proposés, je reste perplexe. A-t-on pensé à l'âge des élèves dont on parle....10/11 ans! J'ai plutôt l'impression que ce PER s'adresse à des élèves du secondaire, voire des étudiants à l'université.
Par ailleurs,je serais heureux de débattre avec vous sur l'enseignement de ce qu'on appelait la géographie.

Écrit par : Duval | 21/03/2013

A Perlysien et Duval, quand je dis qu'il est difficile de parler d'histoire suisse avant le XIXe, il faut entendre d'histoire commune. L'histoire des alliances "ininterrompues" ne concerne guère que quelques cantons suisses, trois originellement. Et la première alliance est antérieure à 1291 du reste. Que Guillaume Tell aie existé ou non n'a pas beaucoup d'importance non plus, son symbole et son utilisation à partir du XIXe est beaucoup plus significative. D'autre part les genevois n'ont pas grand chose en commun avec lui de toute façon. Ils n'ont jamais été vassal des Habsburgs et le lien de Genève avec le Saint Empire était plutôt purement formel, sans parler des liens entre genève et les waldstattent quasi inexistant avant, en tout cas, le XVIe.

D'autre part le concept même d'unité suisse est inexistant avant le XIXe (plusieurs cantons n'en faisaient même pas encore partie), on en veut pour preuve qu'au congrès de Vienne qui va modeler l'Europe post-napoléonienne plusieurs cantons ou futurs cantons envoient leurs propres représentant qui ont la plupart du temps pas les mêmes objectifs que les représentants de la Diète fédérale. Même les jurassiens, futurs bernois, envoient des représentants pour essayer, déjà, d'obtenir leur indépendance ce qui échouera car le Jura représentait la compensation donnée à Berne pour la perte de ses territoires de Vaud et d'Argovie. Au final la Suisse qui en ressortira est assez proche de celle que Napoléon avait modelée en 1803 avec l'acte de médiation (ce qui n'a pas grand chose à voir avec une suite d'alliance ininterrompue).

On le voit cette histoire est beaucoup plus complexe qu'une suite d'alliance ininterrompue. Ces alliances sont du reste rompues plusieurs fois et entrecoupées de nombreuses guerres intercantonales (du reste allez parler d'alliance aux vaudois, savoyards auparavant, occupés de force par les bernois et "libérés" par les troupes françaises en 1798, vaudois qui iront ensuite joyeusement massacrer bernois et valaisans avec l'armée française; et c'est Napoléon qui créera le canton de Vaud).

Tout ça pour dire que si je pense qu'étudier et connaître l'histoire est une chose primordiale, il ne faut pour autant ne pas en perdre son regard critique et ne pas se contenter d'une historiographie créée parfois de toutes pièces. Je ne suis pas capable de juger de la pertinence du PER mais je pense qu'il vaut mieux ne pas enseigner une histoire du type "nos ancêtres les waldstatten" à Genève car elle ne correspond à rien pour les genevois dont les premières combourgeoisies avec un canton confédéré (Berne) datent du XVIe siècle me semble-t-il.

Écrit par : J-D | 21/03/2013

Consternant!

Normal, c'est socialiste!

"Nos" socialistes penchent plus sur "«La diversité, une valeur suisse» que sur son histoire. "Je pense notamment à la mise en place d’un projet d'éducation à la diversité.." Dixit Sandrine Salerno
- billet "Semaine genevoise contre le racisme : «Voile et dévoilement. Le voile dans tous ses états»" blog: Demir SÖNMEZ qui a rejeté mon commentaire par trop dérangeant que, si vous m'y autorisez, je poste ici. Je vous en remercie.

Je n'ai pas vu de kippa? À moins que demain il est prévu une semaine contre l'antisémitisme......

Cerise sur le gâteau, ce fait-divers........

Lyon : braquage en voile intégral

Stéphane Sellami | Publié le 15.03.2013, 22h06 | Mise à jour : 22h15

C’est un vol à main armée au mode opératoire peu banal qui a été commis, ce mercredi 13 mars, dans un établissement financier spécialisé dans le transfert d’argent vers l’étranger, implanté à Lyon (Rhône).


Le jour des faits, vers 18h30, une femme, vêtue d'un voile intégral, s’est présentée devant la porte d’entrée de l’enseigne RIA, située rue de la Guillotière dans le VIIe arrondissement de la capitale des Gaules.

Un employé des lieux a alors déverrouillé la porte, avant de voir surgir un homme, muni d’une arme de poing. Sa complice a exhibé, à son tour, une arme, dissimulée sous son voile avant d’exiger le contenu des coffres.

Les deux braqueurs ont pris la fuite après s’être emparés d’un butin estimé à près de 170 000 €. Les enquêteurs de la police judiciaire de Lyon ont été chargés des investigations.


LeParisien.fr

Écrit par : Patoucha | 21/03/2013

le plus consternant à côté de l'absurdité des choix de programme, c'est la pauvreté didactique, l'absence de connaissances approfondies des enseignants romands: z'ont quand même appris à apprendre, à faire des recherches et à continuer de se cultiver, ou bien?

Alain Finkielkraut parmi d'autres, souligne que l'histoire est l'un des 3 fondamentaux de l'enseignement humaniste: quelle place lui est-elle accordée ici?

encore plus inquiétant, c'est l'absence voire blocage obtus de compréhension de notre histoire dont certains font preuve ici, basant leurs croyances (en guise de connaissances) sur du made-in-wikipedia! espérons qu'ils ne soient pas prof

à les lire, les yanch et grivelou n'ont pas de racines suisses et montrent aucun intérêt à en savoir plus que du made-in-wikipedia

cette pauvreté de l'enseignement en suisse romande me choque au point qu'il faut considérer ne pas laisser ses enfants à un enseignement à ce point détourné de nos racines culturelles, enseignement qui au contraire européise les enfants, aux mains d'enseignants soucieux de ne pas choquer des fils & filles issus de familles non suisses mais riches

les suisses sont devenus minoritaires à Genève. et voilà l'une des conséquences!

notre histoire familiale remonte à avant 1200, nos enfants ont ces histoires dans les veines, des batailles de la March de nos ancêtres d'Einsiedeln & alentours, en passant par l'histoire des 3 premiers cantons à l'évolution du fédéralisme, et savent consulter les archives de Schwyz etc, ce que tout prof d'histoire peut faire.

n'est pas été prof d'histoire mais ai enseigné à des adultes, rattrapages de déscolarisés, soit du boulot et de la motiv. me serait jamais contenté de tels programmes!

Écrit par : Pierre à feu | 21/03/2013

grivelou peut sans peine faire remonter ses origines locales depuis 1345 sans être un noble, (merci les mormons). Je dis "origines locales" car le canton de Vaud n'existait pas encore. Je suis ravi de constater que cela déclenche les passions de remettre en question l'histoire telle qu'elle nous a été enseignée car au 21ème siècle le manichéisme n'est plus de mise et l'enseignement de l'histoire est devenu politiquement délicat. Fort de ce constat, le DIP n'a manifestement pas les outils pour enseigner sans heurter ni déranger, c'est fort dommage mais c'est ainsi. Pas de récupération aux relents nationalistes et tout va bien dans le meilleure des mondes. J'ai fait mes propres recherches en me basant sur les ACV et notre histoire de famille est resté très locale avec malheureusement quelques inconnues. Personnellement lorsque j'ai pris connaissance de l'histoire suisse dans toute sa complexité, j'ai vraiment eu la sensation que les enseignants m'avaient trompés. Avouons que le DIP n'a pas la tâche facile.

Écrit par : grivelou | 22/03/2013

grivelou, c'est quand grivelou se demande "Les quoi? Les Waldstätten, autrement dit les cantons primitifs? Un conte pour enfants à l'image des Gaulois pour les Français."

que ça frise.

Écrit par : Pierre à feu | 22/03/2013

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