22/03/2013

Où sont passées les Alpes?

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Nos écoliers savent-ils que la Suisse est une Confédération? De combien de cantons? Savent-ils que son territoire est partagé en "régions naturelles"? Connaissent-ils les bassins fluviaux qui l'arrosent?

Bref, ont-ils eu droit à l'enseignement basique de la géographie du pays dans lequel ils vivent?

Que nenni!

Tout comme pour nos braves Waldstätten, cet enseignement a disparu des cours dispensés à l'école primaire (PER, plan d'études romand)

N'oublions pas qu'il s'agit d'enfants de 10/11 ans...

Dorénavant, la géographie physique du pays a vécu. Les visées prioritaires du PER se bornent à

- découvrir des cultures et des modes de pensée différents à travers l'espace et le temps;

- identifier et analyser le système de relation qui unit chaque individu et chaque groupe social au monde et aux autres.

- développer des compétences civiques et culturelles qui conduisent à exercer une citoyenneté active et responsable par la compréhension de la façon dont les sociétés se sont organisées et ont organisé leur espace, leur milieu, à différents moments.

 

Adieu cantons, Alpes, Plateau, Jura, Rhône, Rhin, Gothard, etc.

Place aux thèmes à choix, à la recherche et l'observation, au questionnement, à l'analyse de

- Lieux d'habitation en Suisse, évolution de la répartition de la population, raisons qui dictent les choix, aménagements nécessaires

- Schématisation d'un espace régional en lien avec les lieux étudiés (zones d'immeubles, de maisons individuelles, noyau ancien/quartier récent, milieu urbain/périphérique/rural,…)

- Identification des principaux éléments liés à l'habitation (densité, type de constructions,…)

- Identification de phénomènes (mouvements pendulaires, évolution du peuplement, densité de peuplement)

- Catégories de facteurs influençant le choix d'un lieu : naturel, social, économique, culturel

 

On se croirait à l'université...

Autant d'objectifs qui me semblent complètement aberrants tant ils sont décalés et inappropriés aux élèves de l'école primaire!

Après l'enseignement du français, des maths, de l'"histoire", encore une fois, le DIP met la charrue avant les bœufs.

Et en oublie l'enseignement des bases, du b.a.-ba!

 

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Commentaires

La gauche applaudit parce qu'on met l'élève au centre, et la droite approuve au nom de l'ouverture. On a perdu la bataille! et cette école arrive au bout de ce qu'elle peut faire. Times, they're a changin' , chantait Dylan. C'est fait !

Écrit par : Jean Romain | 22/03/2013

Ahah! Le socio-constructivisme triomphant!
Donc on veut faire des cours de niveau universitaire à l'école primaire! Quels sont les responsables de cette stupidité? Ou alors ce ne sont que des mots, un alibi. Ou j'espère que des profs font de la résistance. Car pratiquement je suis persuadé que les "concepts" énumérés ci-dessus sont incompréhensibles pour des jeunes de moins de 12 ans. Et résultent pour le moins d'une idéologie dangereuse.

"- découvrir des cultures et des modes de pensée différents à travers l'espace et le temps;"

N'est-ce pas faire du prosélytisme pour le multiculturalisme? Va-t-on parler de culture islamique? Dans ce cas, ce serait introduire une idéologie politique et qui plus est totalitaire à l'école primaire, opposée aux valeurs des Lumières. Demandez donc aux Ramadan, ils vomissent les Lumières.

Parce que finalement, découvrir la culture et les valeurs issues des Lumières, les socio-constructivistes n'en ont rien à battre. C'est grave. Qui va lancer une initiative pour combattre cette dérive?

Autre exemple :

"- Lieux d'habitation en Suisse, évolution de la répartition de la population, raisons qui dictent les choix, aménagements nécessaires"

Raisons qui dictent les choix? Le fric et rien d'autre. On exproprie dans les quartiers pauvres, pas à Cologny, Vandoeuvres ou au bord du lac... Veut-on transformer des gamins et de gamines en promoteurs et en aménageurs? Un an n'y suffirait pas. Que peuvent-ils savoir des rapports de pouvoir et d'argent? Sans passer par la case "économie"?

C'est de la foutaise.

Écrit par : Johann | 22/03/2013

Blog de qualité où l'on apprend beaucoup sur l'école.
Ainsi je découvre avec joie les nouvelles matières enseignées au primaire.
Enfin on considère un peu ces étudiants en leur suggérant des sujets intéressants et combien plus utiles que d'apprendre par coeur le nom des rivières de Suisse.
J'ai détesté l'appris par coeur. Les humains ne sont pas des oies gavées de matières à ressortir aux épreuves sans lien avec le quotidien, si ce n'est pour certains d'étaler leurs science. Tout le monde connait des gens qui vous sortent le nom de chaque fleur ou chaque arbre sur le chemin, le drame c'est qu'ils ne voient même pas l'arbre, ils voient le bouquin scolaire dans lequel ils ont mémorisé le nom.
Mais il y aura toujours les nostalgiques de l'école à papa.
Jean Romain n'imagine pas encore à quel point les temps changent. Avec l'avènement des réseaux sociaux, c'est tout simplement l'école obligatoire qui est en sursis. Bientôt, très bientôt, n'importe qui pourra accéder aux connaissances qui l'intéressent, quel que soit son âge, ses moyens ou le lieu où il vit sur la planète.
Enfin on va commencer à faire confiance dans l'homme et son génie créatif. Enfin nos sociétés seront à même de profiter du potentiel unique de chaque individu, non pas parce qu'on avait besoin de le former pour répondre à une demande momentanée, mais parce qu'on aura su accompagner et développer des aptitudes déjà présentes, depuis le début.
Enfin, les élèves auront du plaisir à apprendre parce qu'ils se sentiront valorisés et non pas utilisés pour mieux produire et se faire jeter lorsque le marché n'a plus besoin d'eux.
Les diplômes n'ont déjà presque plus leur raison d'être. Il n'y a pas une semaine où je ne reçoive une proposition de faux certificat sur le net.
Des cours de l'UNI et des Hautes écoles sont déjà diffusés gratuitement en ligne. Un cursus complet est disponible depuis quelques années en théologie.
Et oui, messieurs de l'ARLE, il faudra vous y faire et renoncer à refaire ce que l'on faisait avant.
Dans les années 70, Ivan Illich, directeur de l'université catholique de Porto Rico proposait déjà une vision de la société déscolarisée. Il ne pouvait alors imaginer que les réseaux qu'il évoquait seraient aussi largement accessibles au plus grand nombre. Yes, times, they are a changin'

Écrit par : Pierre Jenni | 23/03/2013

@Pierre Jenni
Premier ou second degré?

Écrit par : Duval | 23/03/2013

Même les esprits pragmatiques ont besoin de rêver un peu.

Écrit par : Pierre Jenni | 23/03/2013

"Premier ou second degré?"

Degré zéro. C'est très clair.
Sa vision ne tient pas du rêve, mais du cauchemar. Il fait l'impasse sur le problème des ressources et des rapports de pouvoir, sans parler des rapports financiers.

Supprimons l'école et les enfants resterons toute la journée devant leur écran. Pour quoi faire? Télé"réalité" et autres programmes de décervelage quand ce ne sont pas les films pornographiques. Une société à double, triple, quadruple vitesse. Si les faux certificats circulent, c'est bien qu'ils sont considérés comme ouvrant des portes et donc fort utiles.


"Enfin on va commencer à faire confiance dans l'homme et son génie créatif."

Allo la Terre?! Ah oui, très créatif pour inventer des instruments de destruction et d'autodestruction. Alors oui, réfugiez-vous dans le rêve.

Écrit par : Johann | 23/03/2013

"On se croirait à l'université..."
Lorsque des spécialistes de l'enseignement (qu'il s'agisse de profs d'Université ou d'enseignants délégués par leurs pairs) d'énoncer des objectifs, le résultat est toujours le même: texte quelque peu abscons, truffé de termes à la mode chez les pseudo-intellectuels et les politiques qui désirent faire carrière, et dont le but premier est de faire la démonstration de leur niveau intellectuel et de savoir pédagogique supérieur.

Écrit par : Mère-Grand | 24/03/2013

Il est évident pour ces spécialistes, semble-t-il, que la géographie (géologie, topographie et autres savoirs associés) n'ont joué aucun rôle dans l'élaboration et la diffusion des cultures.

Écrit par : Mère-Grand | 24/03/2013

Il faut rappeler que l’enseignement primaire et la formation des enseignants ont été pris en otage par des gens qui se sont autoproclamés “experts” de la science pédagogique.
Ce mouvement s’est propagé insidieusement, depuis des années.
Une de ses priorités a été d’accaparer la parole en matière scolaire (en dépossédant les enseignants de leur savoir professionnel !), en inventant une terminologie d’experts, incompréhensible aux non-initiés.
C’est ainsi que l’on est parvenu à un monde scolaire ubuesque, dirigée par des personnes qui ne connaissent plus du tout le métier, et qui peuvent sans rougir introduire des carnets scolaires pour des enfants de 5 ans (2 P Harmos), dans lesquelles les enseignants et enseignantes doivent évaluer : les « Langues » (au pluriel), les « Mathématiques et Sciences de la nature », les « Sciences humaines et sociales », les « Arts » ainsi que le « Corps et mouvement » !

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

j'adore l'équation carricaturale si simpliste et facile de m. pierre jenni:

arle = l'école d'avant = donc que de l'"appris par coeur" (sous-entendu: de l'hydrographie à mémoriser à haute dose et autres nomenclatures toponymiques en géographie, comme si c'était que ça "l'école à papa" sans mathématiques, sans sciences, sans compétences coginitives plus complexes et réflexives à développer aussi prioritairement dans les cerveaux des élèves, c'est-à-dire des "savoir-faire" et pas seulement des notions factuelles à accumuler de manière provisoire, que l'on pourrait taxer un peu abusivement de "simples" savoirs)...qui peut être d'assez mauvaise foi pour croire ça? vous avez sûrement pas l'excuse de l'âge j'imagine, en plus!

hélas c'est pourtant exactement par cette exagération critique, ainsi que des résultats négatifs faussement aggravés par génération que commence tout discours qui veut nous vendre les nouvelles pédagogies pseudo-révolutionaires: c'est bien tout le début du scandale, mais que le début

"Bientôt, très bientôt, n'importe qui pourra accéder aux connaissances qui l'intéressent, quel que soit son âge, ses moyens ou le lieu où il vit sur la planète."=encore une aberration complètement absurde: qui serait contre?!

et alors si on peut faire un master en théologie par e-correspondance, tout va bien on est sauvés: ouf! quelle misère de contenu cette intervention, aïe

Écrit par : job | 24/03/2013

Ces Messieurs n'avez vous pas compris qu'aujourd'hui il est préférable d'avoir un gosse qui se maquille,qui tient le haut du pavé pour de nombreuses publicités,fin de mois difficile oblige
Tandis qu'ailleurs les plus éveillés en science dès la maternelle nettoyent les rives en faisant la morale aux plus anciens , les regardant courir sac poubelle à la main ,c'est le monde de demain grâce aux nombreux théoriciens internautes du futur qui ne savent même pas ranger leur chambre ,ordonnant à papa maman d'aller chercher à manger autrechose que ce qui se trouve dans le frigo
On connait les chambres d'étudiants universitaires ou un colimaçon par manque de place ne pourrait même pas croiser le regard,faut s'étonner de plus rien. Certains voudraient supprimer l'Armée seul dernier bastion ou leurs addictions de plus en plus importantes et renouvelées grâce au sans cesse renouvellement de gadgets à jeter sitot achetés,faut pas rigoler.L'armée reste l'ultime resssource pour enfin les obliger à mettre le nez dans ce qui leur déplait,obéir et quitter leur statut d'enfant Roi et apprendre pour certains enfin à lacer leurs chaussures
Ils ne savent même pas que la gauche est synonyme de linge sale,premier geste appris dès le berceau en des temps pourtant pas si antédiluviens
toute belle journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 25/03/2013

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