28/03/2013

Tu sens bon la terre, ma terre

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Qui donc reprendra le département de l'instruction publique en Valais?

Sera-t-il alors suffisamment fort pour résister aux chants des sirènes pédagogos?

Saura-t-il déjouer les pièges tendus par le PER (Plan d'études romand), instrument armé de leurs gourous?

Parviendra-t-il à maintenir le niveau de l'école valaisanne en tête des tests PISA et éviter le naufrage auquel Genève a succombé?

Quel manuel de français imposera-t-il à l'école primaire valaisanne? Le désastreux MMF (Mon manuel de français) ou l'excellent "L'île aux mots"?

Saura-t-il rétablir un véritable enseignement de l'histoire et de la géographie de notre pays?

Entendra-t-il le bon sens du texte que Jean Romain publie ce jour dans le Nouvelliste?


Tu sens bon la terre, ma terre

 J’avais onze ans, et de mon école primaire en Valais, je conserve de vifs souvenirs, non seulement ceux qui gravitent autour de l’écriture, de la lecture et du calcul, mais encore ceux qui se mêlent de géographie, ce temps long de l’histoire. Mon pays de fortes pierres, je l’ai parcouru comme mes petits copains d’alors sur nos jambes de bambins. Ah ! les promenades printanières le long du Rhône où l’instituteur nous expliquait le grand fleuve, la vallée en U, la formation des Alpes ! On est d’un pays avec ses odeurs et ses couleurs avant d’être un hypothétique citoyen du monde ! C’est parce qu’on connaît ses frontières qu’on peut, plus tard, non les supprimer – quelle sottise ! - mais les enjamber ! Le mur interdit le passage, la frontière le régule, il faut donc connaître et reconnaître ses limites. Puis, par analogie, nous apprenions le plateau suisse, les grandes plaines, les contreforts des Alpes.

 

Le plan d’étude romand de nos écoliers d’aujourd’hui n’a que faire de la géographie physique qui sent bon la terre et l’eau des glaciers ; il a été concocté par des fonctionnaires universitaires très calés, mais ignorants des choses de la vie enfantine. Voyez plutôt ce qu’il propose :

- découvrir des cultures et des modes de pensée différents à travers l’espace et le temps ;

- identifier et analyser le système de relation qui unit chaque individu et chaque groupe social au monde et aux autres ;

- développer des compétences civiques et culturelles qui conduisent à exercer une citoyenneté active et responsable par la compréhension de la façon dont les sociétés se sont organisées et ont organisé leur espace, leur milieu, à différents moments.

 

Développer des compétences ! Identifier ! Le charabia pédagogo, la haute vacuité intellectuelle des HEP, en ligne directe ! Et toujours la même idéologie : l’humanitarisme pieux par l’éducation à la « citoyenneté ». Le culte des nouveaux moyens de communication, associé à la négation de la spécificité des disciplines enseignées, semble répondre à une attente des industriels qui ont bien compris que l’éducation est devenue un enjeu économique mondial. Mais c’est à une démission que l’on assiste : en même temps que la langue abandonnée au profit du traitement de textes, l’oubli géographique et historique de sa propre région se répand parce qu’il est programmé.

 

Mais n’est-il pas paradoxal de vouloir éduquer les jeunes élèves à la grammaire citoyenne en les privant de la grammaire littéraire ? A la connaissance de la Terre en les privant de la connaissance de leur terre ? A la sensibilité de l’histoire du monde en les amputant de l’histoire de leur pays ? Parce qu’en fait, « celui qui n’a point de veille, comment lui ferait-on un lendemain ? » (Péguy).

 

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22/03/2013

Où sont passées les Alpes?

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Nos écoliers savent-ils que la Suisse est une Confédération? De combien de cantons? Savent-ils que son territoire est partagé en "régions naturelles"? Connaissent-ils les bassins fluviaux qui l'arrosent?

Bref, ont-ils eu droit à l'enseignement basique de la géographie du pays dans lequel ils vivent?

Que nenni!

Tout comme pour nos braves Waldstätten, cet enseignement a disparu des cours dispensés à l'école primaire (PER, plan d'études romand)

N'oublions pas qu'il s'agit d'enfants de 10/11 ans...

Dorénavant, la géographie physique du pays a vécu. Les visées prioritaires du PER se bornent à

- découvrir des cultures et des modes de pensée différents à travers l'espace et le temps;

- identifier et analyser le système de relation qui unit chaque individu et chaque groupe social au monde et aux autres.

- développer des compétences civiques et culturelles qui conduisent à exercer une citoyenneté active et responsable par la compréhension de la façon dont les sociétés se sont organisées et ont organisé leur espace, leur milieu, à différents moments.

 

Adieu cantons, Alpes, Plateau, Jura, Rhône, Rhin, Gothard, etc.

Place aux thèmes à choix, à la recherche et l'observation, au questionnement, à l'analyse de

- Lieux d'habitation en Suisse, évolution de la répartition de la population, raisons qui dictent les choix, aménagements nécessaires

- Schématisation d'un espace régional en lien avec les lieux étudiés (zones d'immeubles, de maisons individuelles, noyau ancien/quartier récent, milieu urbain/périphérique/rural,…)

- Identification des principaux éléments liés à l'habitation (densité, type de constructions,…)

- Identification de phénomènes (mouvements pendulaires, évolution du peuplement, densité de peuplement)

- Catégories de facteurs influençant le choix d'un lieu : naturel, social, économique, culturel

 

On se croirait à l'université...

Autant d'objectifs qui me semblent complètement aberrants tant ils sont décalés et inappropriés aux élèves de l'école primaire!

Après l'enseignement du français, des maths, de l'"histoire", encore une fois, le DIP met la charrue avant les bœufs.

Et en oublie l'enseignement des bases, du b.a.-ba!

 

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20/03/2013

Où sont donc passés les Waldstätten?

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Suite à la lecture du billet "Où est l'histoire suisse à l'école?" posté récemment par Jérémy Seydoux, je me suis posé une question.

Qu'en est-il de l'histoire suisse à l'école primaire?

Voyons ce que nous apprend le PER (plan d'études romand) ?

Difficile de s'y retrouver dans ce labyrinthe...

Premier constat, dorénavant, on ne parle plus d'histoire mais de "sciences humaines et sociales".

Ensuite, j'ai eu beau chercher, je n'y trouve aucune trace d'histoire suisse....RIEN sur le passé de notre pays!

On se perd dans des formules plus redondantes les unes que les autres, dans de flous et incompréhensibles "objectifs" :

- Se situer dans son contexte temporelle, s'approprier, en situation, des outils pertinents

- Identifier la manière dont les Hommes ont organisé leur vie collective à travers le temps, ici et ailleurs

- Observation et mise en relation de documents iconographiques et de textes décrivant le mode de vie et l'organisation sociale à certaines périodes, ainsi que le territoire concerné

- Identification des changements intervenus, de la permanence de certains éléments.

- Questionnement et formulation d'hypothèses concernant l'évolution des modes de vie (les situations de la vie actuelle auxquelles cela correspond, ce qui a changé, ce qui est resté et pourquoi).

- Création et utilisation expérimentale de divers objets ou techniques (poterie, peinture, armes, outils, cuisine, jeux)

- Situation dans le temps et mise en relation d'événements constituant des moments de rupture (inventions, révolutions, réformes, découvertes,..)

- Questionnement sur ce qui reste d'une période, d'un événement, sur les éléments (traces ou documents) qui permettent de les comprendre, sur ce qui a été conservé et pourquoi (esthétique, mémoire, valeur réelle ou sentimentale,…)

- Observation de traces du passé (objets, monuments, aménagement de l'espace,…) : matière, provenance, situation, condition, lieu et raison de leur conservation. Identification des renseignements qu'elles donnent

- Identification des héritages du passé, des conséquences sur la vie actuelle (répartition linguistique, religieuse, organisation sociale, politique, manifestation culturelle,…), et des commémorations

- Etc.

 

Où sont passés ces moments magiques pendant lesquels l'instituteur faisait revivre le passé de nos ancêtres en racontant avec ferveur les exploits de nos vaillants Waldstätten?

Disparus!

 

Résultat...plus d'histoire suisse pendant tout le cursus scolaire obligatoire des élèves romands.

Consternant!

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15/03/2013

Affaire des "francs élèves", réponse du Conseil d'Etat

 

En date du 12 janvier je vous faisais part de la question urgente écrite que le député Jean Romain avait déposée au secrétariat du Grand Conseil.

Il s'agissait de ce système de "francs élèves" introduit dans une classe primaire de l'école de la Gradelle.

L'affaire avait fait grand bruit et j'en avais fait l'objet de quelques billets.

Du grand n'importe quoi

Mise en situation mathématique

Les anguilles du DIP


Aujourd'hui, la réponse du Conseil d'Etat est tombée...

Et, comme d'habitude, on ne peut qu'admirer la façon dont celui-ci (pour ne pas dire Monsieur Beer) parvient à noyer le poisson.

Rien quant au fond de la question posée, à savoir le message pernicieux véhiculé par la méthode en question.

Non, tout est réduit à une simple..."maladresse de langage"!

Jugez plutôt:

 

RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

 

Le Conseil d’Etat relève que le département de l’instruction publique de la culture et du sport (DIP) en tant qu’institution n’a pas autorisé la méthode des « francs élèves » mise en place à la rentrée 2011 dans une seule classe de 7P de l'école de la Gradelle.

Une telle décision ne relève pas du niveau départemental, elle provient d’une initiative d’enseignantes qui ont pour obligation de se conformer aux directives en vigueur. Le projet à l’origine de cette interpellation concerne une classe du canton de Genève. La direction de l’établissement, en lien avec les enseignantes concernées, a adapté, depuis, certains aspects de la méthode qui relèvent effectivement de la maladresse de langage et de symbole. L’utilisation d’une référence monétaire est peu appropriée à l’environnement pédagogique. Etant donné l’écho suscité par cette initiative, le DIP a décidé de procéder à une évaluation de cette méthode; cette évaluation sera prochainement transmise au Grand Conseil. Etant donné, toujours, l’écho suscité par cette initiative qui a placé ces jeunes enfants et ces enseignantes sous les feux de l’actualité nationale, voire internationale, pendant plusieurs semaines, le chef du DIP s’est rendu dans cette école. Cette visite a permis de constater que le climat dans la classe était resté tout à fait propice au travail scolaire, malgré la polémique. Cette information est sans doute la plus importante pour toutes celles et tous ceux qui se sont intéressés de très près à cette classe.

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02/03/2013

Fonctionnaires, le Plan d'encouragement au départ à la retraite (PLEND) est maintenu!

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Le budget du canton de Genève n'est pas encore voté, il fait l'objet d'un débat nourri au Grand Conseil.

Ainsi, j'ai cru comprendre qu'en ce qui concerne le PLEND pour les fonctionnaires, RIEN n'était encore décidé.

Les bruits couraient néanmoins que celui-ci serait supprimé et que les derniers à en bénéficier seront ceux qui décident de partir en retraite anticipée en 2013 encore. D'où la crainte pour le DIP, d'une énorme hémorragie d'enseignants!

En effet, ils sont nombreux les députés a vouloir faire disparaître ce soi-disant dispendieux privilège, Monsieur Pierre Weiss en tête.

C'est dans ce contexte, à la veille de la votation sur la fusion des caisses de la CIA et de la CEH que je prends connaissance du texte, intitulé "Pourquoi il faut voter oui le 3 mars", paru dans la revue du syndicat des enseignants romands, "L'Educateur", sous la plume de Monsieur Laurent Vité, président de la SPG :

"... Enfin, cerise sur le gâteau pour les enseignants primaires, ils pourront bénéficier en 2013 de 5 ans de Plan d'Encouragement au départ à la retraite (PLEND), ce qui n'était plus possible depuis quelques années. L'effet couperet de l'âge légal à 62 ans est supprimé dans la nouvelle loi. Cela veut dire que le payement du PLEND ne s'arrêtera pas à cet âge pour les personnes concernées, mais se poursuivra jusqu'au moment de toucher l'AVS, mais de toute façon sur une durée maximale de cinq ans en respect de la loi. Ce principe prévaudra également par la suite, mais sur trois ans seulement à la place de cinq, avec toutefois la possibilité d'étaler la somme totale sur une plus longue période que trois ans, en acceptant d'avoir une rente moins importante. C'est donc sans réserve que la SPG s'est prononcée pour le OUI dans les urnes le 3 mars".

 

Je me pose alors des questions.

Est-ce une information vraie, vérifiée? Le PLEND est-il réellement et certainement maintenu?

Parce que cette question est extrêmement importante. Pour des centaines d'enseignants, la décision de voter OUI à la fusion des caisses CIA et CEH en dépend. Si, en effet, le PLEND est maintenu, ils seront nombreux à renoncer à un départ anticipé.

Le gouvernement a-t-il fait à la SPG, des promesses ?

Est-ce plutôt un coup d'esbroufe mijoté par nos politiciens afin de justement faire passer la loi de la fusion? Une fois votée, les belles promesses pourront alors se transformer en fumée...

Je le répète, le Grand Conseil n'a encore RIEN décidé au sujet du PLEND! Au contraire, cette décision fait l'objet de sombres négociations politiciennes.

Alors, comment Monsieur Vité et la SPG peuvent-ils prendre le risque de tenir de tels propos?

Se sont-ils rendus compte de l'impact qu'une telle affirmation peut avoir...

Et si cette promesse n'était pas tenue, ce sont-ils rendus compte de la situation désastreuse dans laquelle ils mettaient de nombreux enseignants qui auraient misé sur ce PLEND maintenu?

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