27/04/2013

Les profs sont des "planqués"

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"Un prof, c'est 6 mois de vacances par an, grassement payé. il bénéficie en plus de la garantie d'emploi"!

Combien de fois ne l'ai-je entendu?

Ils sont nombreux ceux qui pensent que les profs sont des profiteurs et que leur situation est un havre de paix...

Une profession qui ne présente que des avantages.

Si tel est le cas, je me suis souvent demandé pour quelle raison, alors, ceux qui tiennent de tels propos ne choisissent pas de se lancer dans l'enseignement.

Ont-ils vécu l'expérience?

En dépit du simple travail pédagogique que nécessite cette profession, connaissent-ils le revers de la médaille?

Ces gens, savent-ils ce qu'implique la tenue d'une classe? Ont-ils mesuré le stress qu'implique la responsabilité d'une vingtaine d'élèves?

Parallèlement à une hiérarchie complètement dépassée par les événements, trop souvent confrontés à des parents toujours plus demandeurs de tâches qui ne sont pas de leur ressort, ont-ils conscience de la pression constante à laquelle les profs sont soumis?

Peuvent-ils m'expliquer pourquoi le taux de dépression, voire de suicide, est l'un des plus élevé dans cette profession?

Faut-vous dire. Monsieur, que chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas...

Alors, plutôt que de déverser injustement des torrents de boue, justifiez donc vos propos, vous qui vous reconnaissez! Je vous attends de pied ferme...

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Commentaires

Bien payé vous l'êtes, très souvent en première ligne lors de manifestations/cortèges pour soutenir une grève, plus de 3 mois de vacances payées par année, garantie de l'emploi, possibilité de prendre une retraite
anticipée (plend) qui offre d'excellentes conditions, les enseignants n'ont vraiment pas le droit de se plaindre, ils ont de tout temps été des privilégiés.
Pour info, j'ai 76 ans 3 petits enfants et ne suis membre d'aucun parti.
PS : je reconnais volontiers qu'aujourd'hui le métier d'enseignant n'est pas facile, puisque en plus du manque d'éducation des enfants par leurs parents, il n'est pas soutenu par sa hiérarchie ce qui n'est guère motivant.

Écrit par : bidouille | 27/04/2013

Le métier de prof a bien changé :
http://www.jeanromain.net/cariboost1/crbst_87.html

Écrit par : Jean Romain | 27/04/2013

@bidouille
Bien payé, certes, je dirai plutôt une fonction payée à sa juste valeur. A ma connaissance, il n'y a jamais eu de manif concernant le salaire des enseignants. Quand manif il y a, c'est pour dénoncer des conditions de travail qui pourraient nuire aux élèves. Les profs ne sont pas payés pendant leurs vacances (été), leur salaire est celui de 10 mois, réparti sur 12 mois. L'Etat ne manque pas l'occasion lorsqu'il s'agit de retrait de salaire, calculé sur cette base. Les enseignants n'ont pas le monopole de la retraite anticipée qui existe dans de nombreuses autres branches. La garantie de l'emploi n'est plus qu'une illusion.Pour info, pourriez-vous me dire qu'elle était votre profession?
Pour terminer, je ne dis pas que le métier d'enseignants n'a pas de bons côtés, je dis simplement que c'est loin d'être une planque comme certains l'affirment.

Écrit par : Duval | 27/04/2013

Bien payés? Combien gagne un professeur du postobligatoire? En fin de carrière, ce doit être 10'000 ou 11'000 CHF. Ou est-ce que je me trompe? Plus?

Maintenant, combien gagne un avocat, un notaire, un médecin, un chirurgien ou un ingénieur? Ou un directeur de banque ou un trader? Juste pour avoir des éléments de comparaison.

Écrit par : Johann | 27/04/2013

Un enseignant au primaire en fin de carrière (toutes les annuités) = 10.000 frs brut.

Écrit par : Duval | 27/04/2013

Bonjour à tous,

Le salaire des enseignants est un sujet de controverse depuis longtemps.
On pourrait avoir le sentiment qu'une partie de la population aimerait que les enseignants soient moins payés, ou disons : le citoyen-contribuable veut avoir son mot à dire sur ce salaire et il se sent qualifié pour en estimer le juste montant.
Grâce au sujet épineux de notre salaire, on peu détecter le maoïste qui sommeille chez nos contemporains ! ;-)))
Un jour, une élève m'a dit : "Mon père a dit, que vous gagnez bien plus qu'une caissière de la Migros!"
Je lui ai répondu : "Et mon père dit, que s'il a investi pendant 4 ans dans mes études universitaires c'est qu'il espère bien que je gagnerai plus qu'une caissière !"

Il faut savoir qu'à la fin des années 1960, lorsque le C.O. a été mis en place, on manquait cruellement d'enseignants. A l'époque, il a fallu trouver des forces partout : au Primaire et dans le privé, p.ex. chez les employés de banque (je cite ce dernier exemple, car j'ai connu un tel cas). Et comment attirer ces personnes ? En proposant un salaire qui en vaille la peine.

Actuellement, devenir prof dans le Sécondaire exige 8 ans d'études de niveau universitaire. Nous, les anciens, nous en avons fait en moyenne 6, je pense.
Personnellement, je pense que toute la formation pédagogique est à revoir, mais c'est un autre débat. Il faut juste que Madame et Monsieur Toulemonde se rende compte que le chemin qui mène à ce métier n'est pas semé de roses et que le quotidien n'est pas un sinécure. Et pourtant, il se trouve encore des dingues pour s'y lancer.

Il faut être cohérent.
Soit on considère que les études sont le gage d'un bon salaire et on assume cela dans tous les domaines.
Soit on décrète : un master = une employée de supermarché. Avec tout le respect que l'on doit à toutes les professions, car notre société a besoin de personnes pour toutes les tâches incontournables.
Il me semble, qu'actuellement, nous ne sommes pas dans une telle mouvance, même s'il est clair que beaucoup de personnes aimeraient gagner beaucoup d'argent en levant le bout du petit doigt.

Une dernière chose : un enseignant (et tout fonctionnaire) paye l'intégralité des impôts qu'il doit à l'Etat. Pas moyen de cacher une partie de ses revenus.
J'entends déjà : Ben, c'est la moindre !
Et je réponds : Oui, c'est tout à fait normal et je suis fière de payer mes impôts, qui ne sont pas au rabais non plus.
Je cotise des sommes conséquentes, par obligation, depuis 34 ans, dans une caisse de retraite que je n'ai pas choisie et je sais qu'on m'envie urbi et orbi pour cela.
Rassurez-vous : on n'est pas sûr de voir la couleur de cet argent, les prestations vont baisser, on ne sera pas des retraités aisés et ça fera le bonheur des foules. Le système est ainsi fait que les millions que les contribuables (dont les fonctionnaires eux-mêmes) versent pour sauver les caisses ne vont pas dans la poche des retraités, et partant, aux commerçants et prestataires de service de Genève. Si j'ai bien compris, cet argent va dormir dans des banques, car c'est de la "réserve".

Écrit par : Calendula | 28/04/2013

Ce qui est étonnant, tout de même, c'est qu'on ait de plus en plus de peine à trouver des candidats pour ce métier, surpayé, merveilleux, fait sur mesure pour des planqués...

Etrange. Bizarre. Paradoxal.

Bémol : depuis qu'on sait ce que gagnent nos Vasella, je crois pouvoir dire à ceux qui n'ont de cesse de repasser depuis des décennies le disque néolibéral rayé du "fonctionnaire parasite" qu'ils auraient tout avantage à aller se rhabiller. Ils sont devenus ringards.

Depuis que la superbe crise économique dans laquelle l'immense stupidité de leurs théories nous a tous plongés est en train, je crois même qu'on arrive de moins en moins à les entendre... Mais s'en rendent-ils seulement compte.

Faut croire que ça rend sourd.

Écrit par : yves SCHELLER | 28/04/2013

Mr Duval
Je n'ai connu qu'un seul employeur, une multinationale américaine installée
à Genève. J'y ai appris à travailler à l'américaine, càd dur et sans compter
les heures de présence, souvent week-end ou jours fériés compris soit en
moyenne 50/55 heures par semaine.J'ai décidé de prendre ma retraite à 62 ans
avec une pension confortable et pour profiter des quelques bonnes années qui
me restent. Je suis un privilégié mais j'ai beaucoup bossé pour en arriver là.
Bien à vous

Écrit par : bidouille | 28/04/2013

Quitte à répéter certaines choses, j'ajoute aux commentaires ci-dessus, notamment ceux de Calendula, qui a l'air de savoir de quoi il ou elle parle, que les fonctionnaires, dont les enseignants font partie, ont toujours fait l'objet d'attaques de la part de la droite en général. Largement mieux payés, mais pas mieux formés que ceux-ci, surtout ceux qui font partie des professions libérales se savent à l'abri des méfaits qu'engendrent les systèmes politiques dont les fonctionnaires dépendent de pots-de-vin pour survivre et sont aux ordres de ceux qui gouvernent, directement ou indirectement. Ils n'ont, par ailleurs, pas besoin d'écoles publiques de qualité, puisque leurs rejetons fréquentent soit des écoles privées hors de prix situées dans leur propre pays ou plus fréquemment encore, à l'étranger. Ils défendent donc tout normalement la politique du "moins d'Etat".
Lorsque j'étais collégien dans les années '50, seuls quelques élèves issus de la classe ouvrière, qui représentait à l'époque environs 2% des étudiants à l'Université, et généralement boursiers, se destinaient à l'enseignement. Tous les autres, en majorité futurs juristes, médecins ou descendants de grands entrepreneurs, n'auraient jamais envisagé de devenir fonctionnaires, ni en particulier enseignants, que leur souvenirs de la civilisation gréco-romaine devaient probablement assimiler aux esclaves chargés de cette tâche à l'époque.
Faisaient exception quelques personnages hors norme, généralement profs à l'Université, comme Olivier Reverdin, ou au niveau secondaire, Aldo Raviola (dont l'enseignement semble avoir profondément marqué Me Bonnant et dont on rapportait les propos selon lesquels son salaire d'enseignant lui payait ses cigarettes).
Toujours est-il que régulièrement on manque d'enseignants, surtout dans certaines disciplines, malgré les avantages (avant tout fictifs et fantasmés) toujours mis en avant par les adversaires du fonctionnariat. Il serait intéressant de savoir, d'ailleurs, quel pourcentage d'enseignants actuellement en fonction proviennent de Genève ou de Suisse, les importations massives de profs (accompagnées de régularisations d'enseignants non spécifiquement formés pour leur tâche n'ayant pas eu lieu que dans la période à laquelle on a fait allusion plus haut.
Il semblerait donc que les mirifiques avantages de la profession ne suffisent pas à convaincre assez d'étudiants à se consacrer à la profession, ni à motiver des non étudiants à se former pour en bénéficier. La jalousie ou l'envie d'une vie meilleure n'est pas un motif déshonorant en soi, pour en venir aux autres critiques, surtout à celles qui proviennent de personnes mal rémunérées par rapport à la dureté de leurs conditions de travail. Comme on l'a également dit plus haut cependant, nous vivons, dans tous les pays et à des degrés divers, dans des systèmes qui favorisent les personnes qui ont fait de longues études et cela d'autant plus si elles sont peu nombreuses à exercer leur activité (pensons à l'exemple des notaires) et plus encore si l'accès à l'une ou l'autre de ces activités ne peut se faire que par le truchement d'un système de relations entre les mains des "élites" traditionnelles ou financières.
Pour ce qui est des enseignants on peut dire sans se tromper que l'on trouvera parmi eux bien plus de personnes prêtes à défendre les intérêts de ceux que les systèmes ne favorisent pas que parmi les adversaires qui en bénéficient le plus.
Ce n'est que pour mémoire que je me permets de rappeler que les salaires des fonctionnaires ne peuvent d'aucune façon échapper totalement à l'impôt, ce qui est loin d'être le cas de beaucoup de leurs critiques. A l'époque où nombre de nos concitoyens sont obligés de trouver logement au-delà de nos frontières, il vaut aussi la peine de rappeler que les enseignants étaient jusqu'à une époque relativement récente obligés de d'habiter sur le territoire du canton de Genève, ce qui a privé nombre d'entre eux d'acquérir à l'époque déjà un logement, une maison ou du terrain à bâtir tout à fait accessible aux à ceux qui ne faisaient pas partie de cette classe de fonctionnaires.

Écrit par : Mère-Grand | 28/04/2013

Bonjour, bidouille,

Nous avons dû répertorier, il y a quelques années de cela, notre nombre d'heures hebdomadaire, dans le cadre de la réévaluation des fonctions.
C'était un gros choc : j'ai compris combien le boulot m'envahissait en-dehors du bâtiment scolaire. Simplement la charge de maître de classe est quasi impossible à quantifier : les heures passées au téléphone avec les parents d'élève, à la rédaction des bulletins de quinzaine, des commentaires, des pv d'entretien. Pour peu qu'il y ait un problème, ça demande une réactivité et une disponibilité immédiate. Nous avons des formations obligatoires, pendant lesquelles nous sommes remplacés et il faut préparer le travail pour cela.
Je ne parle pas des camps de ski, des échanges linguistiques.

Mon père a travaillé plus de 40 ans dans une célèbre multinationale, dont on dit que sigle signifie en réalité I've been moved". ;-)))
Un beau jour, il a été forcé à prendre sa retraite à 58 ans, parce que la boîte allait mal.
Une retraite véritablement dorée, car toutes ces années, où il avait été expat', il avait non seulement bénéficié d'un excellent salaire, mais également de soutiens divers (prise en charge de la majorité du loyer , p.ex.).
Certes, il a tout sacrifié à la boîte, mais sa déception d'être ainsi "jeté" a été immense. Il ne s'en est jamais vraiment remis.

Ces deux statuts professionnels sont difficiles à comparer.
Je crois que le vrai privilège consiste à faire un job qui a du sens pour nous.
Mon père pensait que je faisais un boulot inutile, parce que soit un enfant est intelligent et il réussit à l'école, soit il est bête et ça ne sert à rien de se donner du mal à expliquer des choses. Il était déçu que je ne devienne "que prof".
Je voyais bien qu'il adorait son job, mais sa vie ne me faisait pas envie. Tant pis pour l'argent, j'aurais été malheureuse.

Notre pays est-il vraiment trop pauvre pour avoir des enseignants bien formés et bien payés ?

Écrit par : Calendula | 28/04/2013

On peut retourner la question: les profs savent-ils ce que c'est qu'un boulot "normal" (semaines de 40 heures, 4 semaines de vacances par an, travail le mercredi, pas de sécurité de l'emploi...) Le seul prof que j'ai connu à avoir bossé dans le privé avant d'être prof (deux ans comme consultant) me disait justement que sa qualité de vie en tant que prof était incomparable et qu'il bénissait le jour où il avait décidé de changer, justement pour avoir une vie plus tranquille. Je connais deux autres profs, il se plaignent par principe mais dans le fond il sont parfaitement conscients que dans quelques semaines il partent 2 mois en Australie alors que je vais rester à mon bureau, donc ils ont la décence de ne pas se plaindre trop fort... Alors oui c'est sans doute dur parfois, mais dans l'ensemble il faut arrrêter: les conditions sont extraordinaires!

Écrit par : QueFaire | 29/04/2013

Personnellement je dirige un département de 350 adultes, tous universitaires et certains avec des egos sur-dimensionnés. Alors, gérer des enfants, quand vous voulez mon cher!

Écrit par : Jean Robert | 29/04/2013

Personne ne dit que les profs ne foutent rien. Personne ne dit que c'est facile. Ce que tout le monde dit c'est que vos semaines sont plus courtes (c'est un fait), vos vacances plus longues (c'est un fait), votre emploi assuré (c'est un fait), vous n'êtes jamais évalués (c'est un fait), vos syndicats sont très revendicatifs (c'est un fait), vous êtes très bien payés dont plusieurs mois de vacances (c'est un fait). Alors, certes, vos chefs sont peut-être nuls (croyez-vous VRAIMENT que dans le privé cela n'arrive pas?), vous avez du stress (croyez-vous VRAIMENT que dans le privé cela n'arrive pas?), vos "clients" vous mettent de la pression (croyez-vous VRAIMENT que dans le privé cela n'arrive pas?), vos subordonnés sont parfois durs à tenir (croyez-vous VRAIMENT que dans le privé cela n'arrive pas?), vous en avez parfois marre de votre boulot et vous sentez déprimés (croyez-vous VRAIMENT que dans le privé cela n'arrive pas?). En clair, vos problèmes sont les mêmes que TOUS les métiers du monde mais vous avez des avantages que PERSONNE d'autre n'a! Alors, profitez-en chanceux que vous êtes! Oui, comme tout le monde je vous envie je le reconnais sans peine, je REVERAIS d'avoir vos conditions de travail! Alors pourquoi je ne le fais pas? Mais simplement parce que ce travail ne M'INTERESSE PAS et que je ne vais pas faire un travail que je n'aime pas uniquement pour les conditions de travail! Comprenez-moi bien: les gens ne contestent pas vos conditions, ils sont justes agacés de voir que ce sont toujours ceux qui ont LE PLUS qui se plaignent le plus fort. Vous ne tiendriez pas une semaine sur un chantier, je vous mets au défi d'essayer! A votre tour, je serais très curieux d'avoir vos arguments à cela?! Mais je n'y crois pas trop...

Écrit par : Hugo G. | 29/04/2013

Sincèrement, vous n'avez pas honte de ce que vous dites? Enseigner et donc avoir une classe est le travail de l'enseignant: c'est le travail pour lequel vous avez été engagés et pour lequel vous êtes payés. Mais selon vous, même pour faire ce travail qui est pourtant le vôtre il faudrait applaudir? Vous voulez quoi? Plus de classe du tout pour limiter votre stress? Vous êtes payé pour enseigner, alors arrêtez de vous plaindre de devoir le faire ou changez de métier!

Écrit par : Pas d'accord | 29/04/2013

Alors tenir un classe c'est du stress? Et on est sensé être admiratifs? Il est vrai que vous êtes les seuls: un pilote d'avion, un chauffeur de car, un pompier, un médecin, un conseiller financier, un officier à l'armée, un chef de département, un patron de PME, un avocat pénaliste, un gardien de prison, un contremaître de chantier, un capitaine de bateau, tous ces gens ne connaissent ni stress, ni difficultés, ni responsabilités. Seuls les profs connaissent ce que cela veut dire.

Écrit par : ... | 29/04/2013

En réponse à certains des derniers commentateurs
Je leur conseille de relire le commentaire que j'ai posté à la suite de ce billet...ainsi que de lire le texte qui se trouve sur le lien qu'a posté Jean Romain.
Je leur prie de prendre note de ce que je dis, particulièrement: "Bien payé, certes, je dirai plutôt une fonction payée à sa juste valeur".
Ceci dit, je constate que, comme prévu, l'utilisation de clichés reste l'apanage des grands "jaloux".
Soyons clairs, il n'est pas question de se plaindre (ce n'est pas le sens de mon billet), mais simplement de dire que le métier d'enseignant n'est pas aussi simple et facile que ce que certains prétendent et clament au bistrot du coin!
Il s'agit simplement de ne pas tomber dans les clichés extrêmes et prétendre que ce métier est un métier de planqués. Il a ses avantages comme ses désagréments, comme la plupart des professions.
A noter enfin que certains des commentaires les plus symptomatiques ont été postés ce matin, entre 8h et 9h... ce qui démontre que dans certains métiers on peut, un lundi matin, s'adonner à internet et prendre le temps d'écrire des commentaires....ce qui est impossible pour un enseignant qui, lui, face à sa classe n'a pas le loisir de s'arrêter pour boire un café ou même assouvir un besoin urgent...

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Rassurez-vous, avec 18 heures de cours par semaine et 3 mois de vacances par an, les profs trouvent sans doute le temps de lire internet. Ceci mis à part, je constate que vous n'avez répondu à aucun de ces billets que vous critiquez... A ce qui me semble, moi et les autres posteurs nous avons l'air de partager un point de vue: ce ne sont pas tant vos privilèges réels (il n'y a que vous pour oser le nier) qui nous dérangent que le fait que vous ne vouliez pas l'admettre! Mais tant mieux pour vous si votre travail vous donne du temps libre! Mais bien sûr que moi je voudrais vos horaires! J'ai simplement choisi une autre voie mais je suis énervé (au minimum) chaque fois que je vous vois/lis/entends vous plaindre. Vous n'êtes pas à plaindre! Ca ne veut pas dire que je dise que vous ne faites rien! Vous faites un beau et dur métier, soit, mais beaucoup moins dur et stressant que la majorité des métiers où les conditions sont bien moins avantageuses! A vous entendre les profs devraient avoir un travail sans aucun stress, sans soucis, sans exigences... On se demande bien pourquoi? Honnêtement, je crois que vous ne vous rendez pas compte ce que c'est que de travailler dans le privé... Dans mon travail, je fais des fois du 70 heures par semaine, c'est un choix, mais ne venez pas me dire que vous travaillez comme des fous ce n'est pas vrai! Encore une fois TANT MIEUX POUR VOUS! Je ne DIS PAS QUE VOUS NE FAITES RIEN! Mais ARRETEZ DE VOUS PLAINDRE!! Et puis d'ailleurs j'ai une question: sincèrement, vous êtes les seuls au monde à avoir 3 mois de vacances: pourquoi? Ne pourrait-on pas demander au profs de faire du travail administraitf au DIP durant les vacances pour économiser? Vous allez me dire que vous préparez les cours durant les vacances: j'ai des amis profs, je sais donc que ceci est un mensonge (de leur propre aveu, deux semaines tout au plus si le programme change càd pas chaque année, et ils préparent souvent depuis un transat...). Sincèrement, je pense parfois lancer une initiative populaire sur le sujet, pour vous mettre au travail durant l'été, on est en crise, il n'y a pas de raison, et je suis sûr que je gagnerais haut la main...

Écrit par : QueFaire | 29/04/2013

"Peuvent-ils m'expliquer pourquoi le taux de dépression, voire de suicide, est l'un des plus élevé dans cette profession?"

C'est probablement là l'essentiel. Au passage, vous oubliez la pratique de l'alcoolisme et de la toxicomanie médicamenteuse, si répandues dans le corps enseignant. Ah, quand je repense à mon prof d'allemand, qui sentait le houblon jusqu'au dernier rang dès le matin... que de souvenirs, quelle nostalgie de mon enfance...

On se demandera toujours s'il est vraiment si utile de confier nos chères têtes blondes et moins blondes à une pareille brochette de poivrots syndiqués, de dépressifs en chandails informes et de suicidaires mal rasés. Le plus étrange n'est-ce pas que nous soyons tous passés par-là ? que nous ayons tous consacré tant d'heures de notre enfance à nous ennuyer sous la houlette d'institutrices nunuches ou frigides ou dépressives, de prof d'histoire ou de math déguisés en clodos, de surveillants sadiques, de prof de gym obtus, bref de toute cette cours des miracles qui fait le charme de l'instruction obligatoire, et que nous ayons tout de même survécu ? N'y a-t-il pas là comme une preuve éclatante de la résilience humaine ?

Écrit par : plouf | 29/04/2013

@Quefaire
Je ne sais pas si c'est l'énervement qui vous rend aveugle pour me lire si mal! Qui parle de se plaindre?! Ce n'est pas ce que je fais. Je ne nie pas les bons côtés du métier. Je dis simplement que le métier de prof a ses qualités et ses défauts mais que certains ne veulent pas le voir. Ces gens, sans connaître, s'évertuent à dénigrer bêtement cette profession en prétendant qu'elle se résume à une planque. Ce n'est pas votre cas me semble-t-il?
Quant au temps de vacances, je vous rappelle qu'il n'est pas payé! (Salaire de 10 mois réparti sur 12 mois). Maintenant, si vous pensez que ce salaire n'est pas mérité, c'est votre droit. Moi, je prétend simplement que c'est un bon salaire mais qu'il est justifié.

Écrit par : Duval | 29/04/2013

@plouf
Excellent! Seriez-vous auteur de BD ? Si ce n'est pas le cas, vous devriez.

Écrit par : Duval | 29/04/2013

"Un enseignant au primaire en fin de carrière (toutes les annuités) = 10.000 frs brut."

Bon, on enlève 8% pour l'avs, on enlève je suppose 8% pour le 2me pilier, on enlève les impôts, il doit rester qqch comme 7500 CHF nets. A comparer à durée de formation équivalente aux salaires des médecins, chirurgiens, avocats, notaires, ingénieurs, banquiers, traders qui sont un multiples de ces 7'500 CHF, sans compter qu'un enseignant ne peut pas dissimuler une partie de ses revenus. Alors que certaines professions... Est-ce compliqué de tenir une double comptabilité quand on exerce une profession libérale? Et vous trouvez que les enseignants sont bien payés? Moi pas. Et je sera partisan de limiter l'échelle des salaires de 1 à 4. Cela résoudrait définitivement par exemple la hausse continuelle des primes d'assurances...


"Mais simplement parce que ce travail ne M'INTERESSE PAS"

Alors arrêtez de gémir. Assumez votre choix. Vous faites sans doute partie de ceux qui préfèrent saboter l'école publique pour mieux la privatiser. Je suis très satisfait de la formation que j'ai reçue. Je ne suis pas persuadé qu'actuellement cette formation soit de la même qualité après certaines réformes, même si certaines initiatives ont contribué à freiner la dérive.

Écrit par : Johann | 29/04/2013

Bonjour, je suis surprise de lire que les enseignants ont un salaire de 10 mois réparti sur 12! En effet, si l'on en croit les documents publiés sur le site de l'Etat les enseignants sont payés 13 fois dans l'année, selon l'échelle des traitements de l'Etat en classe 18.
Voir l'extrait ci-dessous:

"L’échelle des traitements de l’Etat de Genève est disponible via l’adresse internet
http://ge.ch/etatemployeur/system/files/common/echelle-traitements-2012.pdf. Les montants indiqués sur cette échelle correspondent au salaire annuel brut, versé en 13 mensualités, pour un taux d’activité de 100%.
Les enseignant-e-s généralistes détenteurs/détentrices des titres requis pour enseigner dans la division ordinaire sont rémunéré-e-s en classe 18.
Des expériences professionnelles utiles au poste d’enseignement et les années consacrées
exclusivement à l'éducation des enfants peuvent donner droit à des annuités supplémentaires. Celles-ci sont, le cas échéant, calculées au moment de l’engagement."

En prenant l'exemple d'un jeune enseignant fraichement sorti de l'Uni qui n'aurait aucune annuité, il aurait tout même un salaire mensuel (reçu 13X) de 7'462.-- brut. Il n'est nulle part question d'un salaire de 10 mois réparti sur 12, cela a existé mais n'est plus en vigueur selon moi, raison pour laquelle nous attendons des enseignants qu'ils "fassent" les 1'800 heures annuelles dues à l'Etat comme tout fonctionnaire employé et payé à plein temps.

Écrit par : Surprise | 29/04/2013

"Peuvent-ils m'expliquer pourquoi le taux de dépression, voire de suicide, est l'un des plus élevé dans cette profession?"
Phrase redoutable, certes mais qui ne correspond à aucune valeur numérique avérée ! bien mieux, le taux de "sinistres" assurances (invalidité, décès, etc...) est pour les enseignants nettement inférieur à la moyenne et surtout nettement inférieur aux membres de l'administration (personnel non-enseignant).
Oui, les clichés ont la vie dure, mais des deux côtés.

Écrit par : uranus2011 | 29/04/2013

@Surprise
Bonjour,
Sauf erreur, il n'y pas de 13ème mensualité mais une "prime de fidélité" recalculée chaque année. Il est vrai qu'elle équivaut en général au même montant que le salaire mensuel.
Par contre, je ne crois pas que le système ait changé. Le salaire annuel est bien de 10 mois réparti sur 12 (ou 13). J'en veux pour preuve que lorsqu'un enseignant demande un congé exceptionnel (ou pour raison de grève!), le retrait de salaire qui est opéré est fait d'après un calcul sur 10 mois. Autrement dit, le retrait est beaucoup plus conséquent que s'il était le résultat de la simple division du montant mensuel divisé par le nombre de jours de travail.
Mais, je le répète, je ne prétend pas que les enseignants sont mal payés. Par contre, vous, pensez-vous qu'ils le sont trop et que leur fonction ne justifie pas une telle rémunération?

Écrit par : Duval | 29/04/2013

@uranus
Pourtant de nombreuses études attestent d'un taux très élevé de "burn out" chez les enseignants

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Non, le salaire correspond au niveau de formation (même s'il faut relever que les enseignants se sont battus en invoquant tout un tas de prétextes pour imposer le master obligatoire ceci afin de pour pouvoir demander plus d'argent ensuite...). Et il est clair que le prof est l'otage d'intérêts contradictoires qui doivent être usants. Mais vu que vous avez l'air sensé, vous devriez peut-être toucher un mot aux gens de votre syndicat ou de la SPG qui ruinent tout le crédit accordé à votre profession. par leurs jérémiades continuelles... Vous devriez aussi admettre certains faits: les profs partent souvent en vacances avant même la fin de l'année scolaire officielle pour payer moins chers leurs billets d'avion par exemple, confiant les élèves à des pions ou à personne. Une à deux semaines avant la fin des cours les écoles sont déjà désertes: pourquoi? C'est injustifiables et c'était déjà comme ça de mon temps!

Écrit par : QueFaire | 29/04/2013

Le taux de burn out peut aussi avoir une autre explication: les gens qui font enseignants le font souvent plus pour les conditions de travail que par amour du métier. En clair, ce ne sont pas vraiment les plus bosseurs, donc ils sont plus vite en arrêt professionnel. Je sais, c'est un peu malveuillant mais pas dénué de faits: je me souviens des gens que j'ai connu en Sciences de l'Education: tous ou presque se vantaient bien fort de se lever à midi, de ne jamais travailler, de faire la fête... La faculté était connu sous le nom "Science Touristique", ce n'était pas pour rien. Quant au salaire en 10 fois, l'argument est idiot: ils sont payés 10 fois oui mais l'Etat garanti le montant final, donc que 100.- soient payés en 10, 12 ou 78 fois, tout le monde s'en fiche: ce qui compte c'est le total de 100.-

Écrit par : Pas d'accord | 29/04/2013

@QueFaire
"vous devriez peut-être toucher un mot aux gens de votre syndicat ou de la SPG qui ruinent tout le crédit accordé à votre profession. par leurs jérémiades continuelles..."
Avez-vous noté que je ne suis plus enseignant et que surtout, lorsque j'étais encore en activité, je ne faisais pas partie du syndicat (SPG) qu'au contraire j'ai souvent combattu?!
Quant à votre dernière affirmation, permettez-moi de m'étonner! Je n'en crois pas un mot. Vos propos ne sont là que purement gratuits. J'aurais même tendance à dire qu'ils vous démasquent...

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Je ne suis pas anti-prof et j'ai conscience des difficultés de ce travail. Toutefois, je pense que l'image médiocre de la profession vient avant tout des quelques allumés "rouges" de vos syndicats. A force de vouloir toujours plus, de se plaindre et d'invoquer ad nauseam le "bien de l'enfant" pour justifier leurs propres privilèges (on pense à la navrante campagne contre le mercredi matin), ils ont fini par lasser la population. Je pense que vous devriez parfois vous dissocier de ces gens pour que le peuple sache qu'ils ne représentent souvent qu'eux-mêmes.

Bien à vous

Écrit par : Bernard Nouls | 29/04/2013

De quelle affirmation parlez-vous?

Écrit par : QueFaire | 29/04/2013

@Pas d'accord
Je vous rejoins sur l'IUFE et la motivation de peut-être beaucoup de jeunes enseignants...qui vont d'ailleurs assez vite déchanter.
Par contre, sur le mode de versement du salaire, oui, ce qui compte c'est bien le montant annuel total, mais je me permets de répéter que le versement en 10 fois n'est pas si anodin...le retrait effectué lors d'une demande de congé ne l'est en tout cas pas.
Et encore une fois, ce salaire annuel est-il justifié ou pas? Voilà la question essentielle!

Écrit par : Duval | 29/04/2013

@QueFaire
"les profs partent souvent en vacances avant même la fin de l'année scolaire officielle pour payer moins chers leurs billets d'avion par exemple, confiant les élèves à des pions ou à personne. Une à deux semaines avant la fin des cours les écoles sont déjà désertes"
@Bernard Nouls
Réponse ci-dessus, à QueFaire
"Avez-vous noté que je ne suis plus enseignant et que surtout, lorsque j'étais encore en activité, je ne faisais pas partie du syndicat (SPG) qu'au contraire j'ai souvent combattu"
Je rajoute qu'"ils"ne doivent pas me porter dans leur coeur...

Écrit par : Duval | 29/04/2013

A part les longues vacances vous oubliez les fameuses "années sabbatiques" qui sont intégralement payées si le bénéficiaire livre un rapport ou un film sur ce qu'il a entreprit mais la plupart "oublie" de rendre ces documents et le sujet est clos ! N'oublions pas non plus que leurs "heures" d'enseignement durent 45 minutes ! Leurs seules" journées d'actions" sont celles consacrées aux manifs ! Les autres sont des journées d'inaction !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 29/04/2013

"(on pense à la navrante campagne contre le mercredi matin)"

Le fait navrant a été d'avoir introduit ce mercredi matin. Je connais des enfants qui font déjà 40 heures d'école en une semaine, de 8 heures à 18h00 chaque jour d'école. Et on a voulu en rajouter le mercredi de 8h00 à 11h30... Plus fort que la durée hebdomadaire normale du travail en Suisse. Au détriment de toutes les autres activités organisées le mercredi. On retire aux parents des possibilités d'éducation et de formation. Tout ce qui se fait grâce au mercredi libre ne pourra plus se faire en une demi-journée. Veut-on étatiser l'éducation qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Et bien sûr dans le même temps ceux qui ont été favorables au mercredi matin veulent réduire l'Etat. Bravo la cohérence.

Car si j'ai bien compris lors de la votation - M. Duval confirmera s'il le faut - ces heures du mercredi matin seront couvertes non par les enseignants, mais par des personnes recrutées spécialement.

Tellement de mensonges ont été débités par ceux qui ont voulu le mercredi matin que c'est à vomir.

Bien sûr je suis persuadé que ce qui a emporté la décision a été l'offre de garderie étendue au mercredi matin. Pas le bien de l'enfant.

J'ai écrit que les enseignants étaient mal payés comparativement aux professions que j'ai citées. Je constate que personne ne me contredit. Merci.

Confier l'instruction de son enfant à une personne compétente, ça n'a pas de prix. Les enseignants que je connais - certes je n'en connais pas beaucoup - font plus que leur travail.

Si qqn connaît des tire-au-flanc, des noms! Ou taisez-vous.

Écrit par : Johann | 29/04/2013

Alors là, Yvan, vous atteignez des sommets de mauvaise foi! Du grand n'importe quoi...

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Je confirme! Les heures supplémentaires du mercredi matin ne seront pas ajoutées à celles des enseignants. Seuls les élèves augmentent leur horaire mais en aucune manière les enseignants qui auront le même nombre d'heures d'enseignement mais réparties différemment. Ce surplus sera pris en charge par de nouveaux enseignants...à engager!

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Problème intéressant soulevé par Johann: celui du mercredi matin. Aucun égard est porté à la santé de nos enfants par les responsables de l'enseignement. Ainsi les adolescents, dont le cycle de sommeil est décalé de 2 heures jusque vers 18 ans pour les filles et vers 21 pour les garçons, commencent en fait (du point de vue de leurs besoins en sommeil) l'école à 6 heures du matin, avec les dégâts que l'on connaît, si l'on veut bien y prêter garde.
Le dernier numéro de l'hebdomadaire scientifique britannique "New Science" donne des explications plus approfondies sur le sujet et note, avec approbation, qu'un certain mouvement se dessine pour décaler l'horaire des adolescents en tenant compte de leurs besoins. Je doute fort que nos autorités soient prêtes à prendre ce problème en compte, comme elles n'ont d'ailleurs jamais pris en compte d'autres mises en garde de la part des pédiatres.

Écrit par : Mère-Grand | 29/04/2013

En ce qui concerne le mercredi matin d'école, vous trouverez plusieurs billets sur le sujet en allant dans les archives de ce blog, en mars et avril 2011

Écrit par : Duval | 29/04/2013

Les professeurs, se sont les premiers contact de nos enfants avec le monde scolaire. Ils se battent pour nous.... Pas pour Eux! Une vingtaine d'élèves par classe c'est déjà beaucoup!
Ils ne se planquent pas justement, ils tirent les sonnettes d'alarme, ils veulent que en Suisse nous puissions garder un une école publique a la hauteur et pour tous les quartiers!
Ils sont ceux qui enseignent a nos enfants, les générations futurs!
Ils ont tous mon respect et mon soutien!

Écrit par : Kat | 01/05/2013

Voilà le genre d'écoles que certains veulent promouvoir en sabotant l'école genevoise, notamment en dénigrant les enseignants :

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-this-is-england-34-another-brick-in-the-wall-sur-les-bancs-de-l-ecole-2013-05

Non merci.

Écrit par : Johann | 01/05/2013

Mon voisin qui est enseignant s'est beaucoup battu contre le mercredi matin, et pour cause: tous les mercredis matin il fait trois heures de tennis, ce qui est impossible un autre jour de la semaine vu l'affluence, mais qui est possible aux très rares chanceux qui ont congé! Avec la modification des horaires, certes il ferait le même nombre d'heures au total, mais il suffira qu'il ait une heure le mercredi matin (ce qui va arriver) pour ne plus pouvoir jouer au tennis! Il devra alors trouver une heure le soir ou l'après-midi, mais trois heures de suite, aucune chance. Alors, évidemment, pour le bien des enfants et pour la sauvegarde des activités culturelles, il se bat contre le changement de façon TOTALEMENT désintéressée. Je l'admire, comme c'est beau....

Écrit par : Foutaises | 02/05/2013

Concernant les sabbatiques, l'ex-copain de ma soeur, enseignant, a 36 ans mais il a déjà pu partir 6 mois de congé sabbatique plusieurs fois (pas un an certes, mais 6 mois c'est déjà magique!), il est parti faire le tour du monde (sans même avoir dû prétendre aller faire un projet pédagogique quelconque) retrouvant sans problème son emploi à son retour, et étant de plus payé une partie de son salaire! Allez voir dans le privé si votre employeur vous propose ça, vous verrez... Alors, oui, c'est vraiment une planque l'enseignement. Tant mieux pour vous, mais de grâce, admettez-le que Diable!!!

Écrit par : Yann | 02/05/2013

Il y a cependant un point sur lequel je vous rejoins: l'enseignant n'est pas à la fête, obligé de mettre en oeuvre des réformes absurdes décidées par les gens parmi les moins intelligents et les plus inutiles de notre société: les pédagogues des Sciences de l'Education et du DIP. Ce sont eux les fossoyeurs de l'école, qui font que tous les bons élèves (ou les gens aisés) à Genève vont en école privée et tous les mauvais dans l'enseignement public, dont le niveau est de facto lamentable (car il récolte les nuls et/ou les étrangers allophones qui ne peuvent évidemment pas faire de miracles vu qu'ils doivent apaprendre la langue). Tout le contraire du Valais en somme, où le privé est réservé à ceux qui ne peuvent pas suivre dans le public. Et comme par hasard, le Valais, où on "apprend" à l'école pas comme ici où on "apprend à apprendre" ou autres fadaises, nous écrase en comparaison internationale...

Écrit par : QueFaire | 02/05/2013

"@Yvan devenu Yann Vous dites des âneries! Je n'en crois pas un mot. Un enseignant qui prend une année sabbatique n'est pas payé. @Foutaises 3 heures de tennis...Il a la santé votre voisin! Mais....qui est donc son partenaire? Le banquier privé du coin?"

Écrit par : Duval | 02/05/2013

Année sabbatique
Il règne beaucoup de confusion sur ce sujet. Je pense pouvoir dissiper une partie des mal-entendus, mais pas tous. D'autres interviendront sans doute pour compléter les données sur un de ces sujets qui alimentent visiblement les commérages:
Il faudrait, en premier lieu distinguer les ordres d'enseignement.
Pour l'Université: je crois que l'année dite "sabbatique" existait autrefois, sous forme de congés payés de 6 mois renouvelables tous les x ans, dont le but n'était pas d'offrir des vacances mais de permettre aux enseignants de renouveler leur expérience de terrain ou de se former ailleurs à des pratiques nouvelles. Est-ce correct et qu'en est-il maintenant?
Pour le secondaire: il a existé, jusqu'au début des années 1990, non pas une "année sabbatique", mais un congé d'une années payé dit "Congé scientifique", accord assez parcimonieusement après une douzaine d'années d'enseignement au moins sur la base d'un projet de travail qui liait généralement séjour à l'étranger, étude dans une institution ou travail sur le terrain et qui se terminait par la présentation d'un rapport autrefois entreposé et disponible à la lecture à la Bibliothèque des Etudes pédagogiques situé à côté du Collège Rousseau. Le but de ce congé était également la possibilité de renouveler son enseignement au contact de pratiques nouvelles ou étrangères, ou encore de permettre un rapprochement entre théorie et pratique.
Pour le primaire: je ne crois pas que cet ordre d'enseignement ait jamais été concerné par une pratique de ce genre.

Écrit par : Mère-Grand | 02/05/2013

Merci Mère-Grand pour ces précisions. Il est vrai que je ne connais pas bien les pratiques du post-obligatoire et que, lorsque je m'exprime, c'est en général toujours en ce qui concerne le primaire. Et dans cet ordre d'enseignement, les congés dont parlent Yann n'existent pas. Par ailleurs, si cette pratique existe au post-obligatoire, je ne crois pas que les congés sabbatiques soient octroyés si facilement comme le prétend Yann.

Écrit par : Duval | 02/05/2013

Congé sabbatique : En 34 ans de carrière au C.O. je n'ai jamais vu des collègues partir en congé payé de 6 mois. Une personne célibataire sans enfants a pris à deux reprises une année à ses frais.
Je ne perdrais pas trop de temps à m'étouffer de colère au sujet de tels congés.

Ecoles privées : cette année, j'ai par hasard cinq élèves en provenance d'écoles privées diverses. Ils sont terriblement à la peine.
Non seulement ne sont-ils pas à niveau quant aux contenus, mais de plus, trois sur cinq sont incapables d'écouter une consigne et d'agir en conséquence. Comme s'ils n'avaient pas été habitués à fonctionner en groupe, comme si tout était en quelque sorte facultatif.
Je me suis demandée si l'un ou l'autre des écoles en question se séparait d'élèves trop peu performants ou si les parents n'étaient plus d'accord de payer de grosses sommes pour que leurs enfants ne progressent pas. Nous ne connaissons jamais toute l'histoire.
Quant aux élèves, après des débuts très difficiles, ils sont contents de se trouver dans l'école considérée comme "normale".

Depuis cet automne, j'ai perdu les complexes qu'on essaye de m'imposer, avec des slogans vantant l'excellence des écoles privées.
Il ne suffit pas d'affirmer des choses en les écrivant avec des majuscules pour qu'elles soient vraies.

N.B. : Je ne me plains pas du tout de mon travail, ni des mes conditions salariales, ni de mes horaires et j'aimerais que tous puissent avoir autant de vacances que moi.
Le manque de considération de certains pour le travail effectué au quotidien fait partie du multi-pack. C'est une spécificité genevoise et les gens d'ici auraient probablement l'impression de renier leur identité s'ils arrêtaient de râler contre l'école et les enseignants ;-))) C'est le genevois-style.

Je rends des comptes aux parents de mes élèves, à mes supérieurs hiérarchiques, à mes collègues et aux élèves eux-mêmes, car s'ils sont facilement critiques, ils savent bien ce qui a été fait et dit.
Pour éviter la contestation trop facile, il faut travailler de telle sorte qu'on puisse prouver que tout à été fait dans les règles de l'art. Je dis souvent aux classes que j'aimerais être filmée, simplement pour que la population sache comment ça se passe vraiment. Cette perspective rend les élèves toujours très silencieux ... pour un petit moment, en tout cas !

Écrit par : Calendula | 02/05/2013

A Duval.
Désolé mais le problème de la fameuse année sabbatique est exact. Je connais un prof qui est, maintenant, retraité et qui officiait au Cycle des Voirets, a pris son année sabbatique, n'a pas rendu de travail sur son voyage aux USA, a été intégralement payé et, en plus, un remplaçant a été payé pendant l'année d'absence. Le seul document, incomplet, a été un petit reportage sur la fabrication de vitraux avec des photos prises dans une sablière en France et au Musée du vitrail à Romont.

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 02/05/2013

@Yvan
Je doute franchement que vos informations soient complètes. Quoi qu'il en soit, si cette histoire est correcte, votre connaissance a alors dû bénéficier d'une combine intolérable car je vous assure que ce genre de pratiques n'est pas d'usage. Ce serait donc un cas unique dont vous ne pouvez pas faire une généralité comme si c'était des avantages acquis, des faveurs institutionnalisées dont tous les enseignants bénéficieraient.

Écrit par : Duval | 02/05/2013

@Yvan Descloux-Rouiller
Je ne sais pas si vous avez lu mon intervention. Si les règles appliquées à ce qui n'a jamais été officiellement nomme "année sabbatique" au secondaire sont les mêmes au Cycle que dans les Collèges, le DIP a mis fin aux "Congés sccientifiques" ou "Congés d'études" depuis bientôt vingt ans.
Il est vrai que dans les premières années du système, des abus ont été commis, certains enseignants profitant du flou de l'innovation pour en prendre à leurs aises; il est vrai aussi que c'était plus facile de manipuler le système dans certaines disciplines que dans d'autres.
Ces cas sont cependant restés exceptionnels et ont rapidement cessé avec la mise en place d'un contrôle plus strict. Comme l'attestent les documents auxquels j'ai fait référence plus haut et dont je ne sais pas s'ils restent disponibles, de grandes différences dans l'engagement personnel et même parfois financier des enseignants concernés ont cependant continué à exister. L'exemple que vous citez me semble faire part des exemples que je mentionne un peu plus haut et ne permet certainement pas de considérer que le système a permis à beaucoup d'enseignants de d'en profiter de manière malhonnête.
Je viens de vérifier ce qu'il en est de l'Université de Genève, le seul ordre d'enseignement où le congé existe effectivement sous la dénomination de "Congé sabbatique": il est accordé après 6 ans d'enseignement pour une durée possible d'une année, dont seul 6 mois sont payés. Il doit aussi répondre à certaines conditions et ne peut pas être pris moins de trois ans avant la retraite.

Écrit par : Mère-Grand | 02/05/2013

@Mère-Grand.
Vous avez peut-être raison mais, quelque soit la durée, c'est simplement inadmisible d'obtenir 6 mois ou 1 année de congé sans perte de salaire. Dans le privé cela n'existe pas et, donc, cela prouve les privilèges des enseignants-fonctionnaires ! Ne dites pas le contraire

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 03/05/2013

@Yvan
Lisez correctement!!! "...le DIP a mis fin aux "Congés sccientifiques" ou "Congés d'études" depuis bientôt vingt ans...Ces cas sont cependant restés exceptionnels et ont rapidement cessé avec la mise en place d'un contrôle plus strict". N'en faites donc pas une généralité et cessez de prétendre que"cela prouve les privilèges des enseignants-fonctionnaires".

Écrit par : Duval | 03/05/2013

@Yvan
J'ai raison quant aux faits, mais cela vous laisse entièrement libre de votre opinion. Si vous avez bien lu ma réponse, il reste actuellement les congés des professeurs d'Université. Sans trop m'avancer je crois pouvoir affirmer que les congés universitaires dits "sabbatiques" existent dans la plupart des pays. Sont-ils pour autant justifiés? Je n'ai actuellement qu'un seul ami qui est retraité de cette fonction, et je puis vous affirmer que c'est quelqu'un qui n'a pas volé ce qui pour lui du moins, était une manière de travailler tout autant (et j'entends par là énormément) mais das des conditions et dans des lieux différents.
Je pense que vous n'avez pas l'occasion de discuter avec des profs d'Universités de leur fonction et des exigences qu'elle impose, qui sont certainement dans l'ensemble aussi grandes que celles de la plupart des responsables d'entreprises privées. Qu'il y ait de grandes différences entre, que certains sont plus méritants que d'autres et que certains même abusent du système, cela me semble aller de soi, dans l'une ou l'autre des fonctions dont nous nous préoccupons. Point n'est besoin de vous rappeler le nom d'un certains Monsieur Madoff, qui était peut-être un grand travailleur, qui sait, mais dont la force de travail a fait le malheur de milliers de gens honnêtes.
Quant à votre dernière remarque sur ce qui n'existe pas dans le privé, je pourrais vous rétorquer que dans le fonctionnariat il n'existe pas, contrairement au privé, un grand nombre d'avantages, notamment de dissimulation fiscale, dont tous ne bénéficient ou n'abusent certes pas, mais qui devraient mettre quelques nuances dans votre jugement, rendu si virulent, d'après ce que vous rapportez, par un cas particulier appartenant au passé, même si je n'en nie pas la réalité.
Ne croyez pas cependant que mon opinion soit celle d'un privilégié élevé avec une culière d'or dans la bouche. J'ai été élevé dans un milieu ouvrier comme il n'en existe plus tant chez nous (ce qui explique indirectement certaines des mes critiques de la gauche d'ailleurs) et j'ai fréquenté de très près le milieu des fonctionnaires enseignants, dont je connais assez bien aussi bien les qualités que les défauts. Je ne le défends donc pas à tout prix et sur tous les points, et je peste comme tout le monde contre certains profs lorsque mes enfants rapportent certains faits ou que j'en constate d'autres. J'essaie cependant de les mettre en perspective et je ne critique pas systématiquement et en vrac les entrepreneurs ou autres chefs d'entreprises privées, dont je connais pas de près le milieu..

Écrit par : Mère-Grand | 04/05/2013

"Mère-Grand
Je ne comprend pas votre allusion à Madoff car ce voyou n'était pas payé par un Etat alors que les profs, même en année sabbatique, émargent dans les comptes de l'Etat ! Par rapport aux contribuables, c'est de l'argent gaspillé. Au fait, je suis également issu d'une famille d'ouvrier mais, pourtant, je ne vote jamais pour un parti de gauche et, de plus, sans son électorat de la fonction publique, le PS n'existerait pratiquement plus.
Bon dimanche.

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 04/05/2013

J'aimerais signaler que les sabbatiques ne sont pas le seul fait des enseignants: tous les fonctionnaires peuvent y prétendre et ils ne se gênent pas pour le faire (de trois à 12 mois). Oh, bien sûr, officiellement vous n'en entendrez jamais parler et cela n'existe pas. Mais si vous avez des amis fonctionnaires, là par contre vous en entendrez souvent parler...

Écrit par : Roger | 07/05/2013

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