29/07/2013

Des jetons et des francs

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Jean Romain, revient sur l'affaire des "Frêles". Article paru le 11 juillet dans le Nouvelliste.

 

 

Dans les années 60, des psychologues avaient mis une point une thérapie dont le but était d’influer sur le comportement de patients psychotiques en milieu hospitalier et d’y apporter une correction : l’économie de jetons. Le principe est assez simple : certains comportements déviants sont repérés ; contractuellement, patient et soignant s’entendent pour y remédier, et chaque fois que le patient parvient à résister à son penchant néfaste, on lui donne un jeton (un ticket, un point, etc.) pour le gratifier. Ces jetons peuvent ensuite être échangés contre diverses récompenses ou avantages dans l’institution. Apparentée à une véritable économie monétaire, l’économie de jetons est ainsi un réel système de crédits motivationnels.

 

Figurez-vous que dans une école primaire genevoise, on a adapté ce système au milieu scolaire. En effet, pour faire face à l’indiscipline, le dispositif des « francs élève » consistait à doter chaque élève, en début d’année, de dix « Frêles ». Des « Frêles » étaient prélevés selon un tarif connu en cas de transgression des règles de vie de la classe, ou gagnés lorsque l’élève fournissait un effort comportemental exemplaire. Quand un élève avait épuisé sa réserve de « Frêles », les parents étaient convoqués à un entretien afin de trouver une solution aux problèmes rencontrés. Deux fois par année, un « marché aux Frêles » permettait aux élèves d’échanger le solde de leurs jetons contre diverses récompenses : crayons et gommes fantaisie, verres gravés, etc.

 

Un tollé secoua la République lorsque les journaux eurent éventé l’affaire : articles, protestations, prises de positions définitives, intervention parlementaire… Le Département vient de reculer et de renoncer à cette sottise pour la rentrée 2013. Bravo !

 

Reste la tendance lourde dont ce système est révélateur : la médicalisation de l’école. Depuis deux décennies, l’école est devenue une sorte d’hôpital de jour où l’élève est un patient permanent qu’il faut guérir de tous les maux : la mal-bouffe, la drogue, les caries dentaires, l’égoïsme, le stress, le développement durable, l’habillement, toutes choses utiles dont la liste est infinie, mais qui ont déteint sur une idée de l’échec scolaire : les difficultés d’éducation sont interprétées en termes de difficultés d’instruction, dont la principale est l’échec scolaire. Cet échec est devenu insupportable pour cette vision hygiéniste ; il doit être soigné car l’échec fait partie de l’anormalité. Sa majesté l’élève échouerait ? Un « apprenant », objet de tous les soins des pédagos, ne peut pas faillir, ne doit pas faillir. Il mettrait en cause le merveilleux système de « compétences » qui coûte une fortune et dont les résultats sont consternants.

 

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23/07/2013

Des députés grassement payés?

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Bon d'accord, ils y consacrent du temps et de l'énergie...

Mais voilà que la TdG du jour nous annonce que "suite à l'augmentation du coût de la vie et à la fiscalisation prochaine des jetons de présence, les parlementaires genevois décident d'augmenter leur valeur de 25%".

Faut quand même pas trop pousser Mémé dans les orties. Ils l'ont bien voulu ce siège de député au Grand Conseil...

Par goût du "pouvoir", par gloriole? Par opportunisme?

Combien d'entre eux se servent de leur statut au sein du gouvernement pour y négocier de "juteux" contrats?

J'en connais même qui n'hésitent pas à siéger "illégalement" sans utilité aucune puisque sans parti politique et donc exclu de toutes commissions...

Pourtant, j'ose espérer qu'il en existe encore quelques uns, certes en petit nombre, qui s'investissent par esprit de service, par amour du citoyen. Ce qui devrait rester la seule et unique motivation à cet engagement politique.

C'est en tout cas dans cet esprit de "bénévolat" que notre gouvernement de "milice" est conçu. Point de politiciens professionnels mais des hommes et des femmes qui sont de simples citoyens en communion avec leurs semblables.

Alors, je veux bien accepter que tout travail mérite salaire mais de là à demander une augmentation de 25% sur leur rétribution, ils exagèrent.

D'ailleurs, combien touchent-ils nos braves élus? Entre 20000 et 30000 francs/année...?

Non imposés! Ce qui est déjà difficilement acceptable.

Peut-être plus pour quelques uns puisqu'ils sont rétribués en fonction de leur présence aux sessions du GC ainsi qu'au nombre d'heures qu'ils passent dans les différentes commissions auxquelles ils appartiennent...et certains les cumulent!

Bref, je ne suis pas certain que cette pilule passe facilement auprès des citoyens!

A l'approche des élections d'octobre, je me réjouis de connaître les noms des députés qui oseront s'afficher en soutenant cette augmentation de "salaire"...

Je parie, par contre, qu'il y aura plein de petits malins qui feront semblant de s'en offusquer!

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18/07/2013

Parlons d'essentiel

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Cessons de parler d'école, de sécurité, des Fémen!

En cette période estivale, allons donc à l'essentiel...le rock'n'roll!

Il vient du blues, comme disait l'autre. Ce qui est certain, c'est que cette musique a bercé toute mon adolescence.

 


Pour lire la suite:

lesobservateurs.ch

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16/07/2013

En politique, comment tirer parti du port du voile?

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Interdire ou pas le port du voile dans nos écoles genevoises, tel n'est pas mon propos aujourd'hui. Loin de moi l'idée de "départager" Messieurs Weiss et Beer qui s'entredéchirent sur la question.

Par contre, c'est la démarche de nos deux politiciens que je trouve assez cocasse.

Certes, celle de Monsieur Weiss n'est probablement pas innocente et totalement dépourvue de visées électoralistes. Traiter d'un sujet comme le port du voile est porteur. Il a eu fin nez d'ailleurs à en juger les nombreux commentaires qui fleurissent un peu partout. Ceux-ci ne peuvent que le conforter à poursuivre dans la voie qu'il s'est fixée.

Toute son argumentation est uniquement basée sur sa vision de la laïcité qu'il aimerait voir respectée dans nos écoles.

Jamais je n'ai eu l'impression que Monsieur Weiss aurait utilisé les élèves pour faire valoir son point de vue. A aucun moment je n'ai décelé dans ses propos une quelconque attaque à la liberté ou au bien-être des enfants.

Pourtant, de son côté, Monsieur Beer s'est empressé d'accuser le député: si l'on en croit la TdG, "Le socialiste ne veut pas que l'on se serve des enfants comme un «terrain de jeu politique".

Tel est pris qui croyait prendre!

Qui donc, dans le cas présent, fait preuve de pure démagogie? Celle même dont il accuse Pierre Weiss.

Car, c'est bien le Président du DIP, et lui seul, qui, en l'occurrence, utilise son jardin privé comme terrain de jeu...

Venir jouer le bon père protecteur de nos élèves, voilà qui est un peu fort de la part d'un conseiller d'Etat qui, à peine élu à cette fonction, m'avait déclaré droit dans les yeux "Vous saurez, Monsieur Duval, que je ne suis pas un pédagogue mais un politicien."

Dans le monde de la politique, il n'y a pas de hasard. Tout est calculé par rapport au profit réalisable.

Dans le cas qui nous occupe, entre Monsieur Weiss et Monsieur Beer, c'est blanc bonnet et bonnet blanc!

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09/07/2013

Qu'est-ce que la conscience d'être?

 

Dans son «Petit tour amusé des grandes questions», mon frère Jean-François Duval met

en ligne ses rencontres et grands entretiens. Cette semaine: «Qu'est-ce que la conscience d'être ».

 Avec Daniel C. Dennet.


Pour lire, cliquer sur:       jfduvalblog.blogspot.ch

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04/07/2013

Une valse à trois temps

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Dans la TdG de hier...

1. Comment couvrir l'incompétence d'une directrice d'établissement primaire

Pour le DIP, il suffit de faire la sourde oreille aux nombreuses réactions que le système des francs/élèves (ce système de récompenses et punitions scolaires) avait soulevé en janvier déjà. Puis de faire croire à une expérimentation objectivement évaluée. Et enfin, après 2 ans d'une pratique inacceptable, de décider d'y mettre fin. En prenant soin de laisser croire à une sage décision de la directrice de l'établissement qui aurait, d'elle-même, décidé de ne pas reconduire le système à la rentrée scolaire. 

2. Comment couvrir les deux compères

Pour régler le problème de l'IUFE, il suffit d'introduire un numérus clausus. Faute de rendre transparents les critères de sélection, on donne carte blanche aux deux compères seuls responsables de l'attribution des stages, précieux sésames d'entrée en 2ème année d'étude, unique possibilité pour les étudiants de continuer leur cursus. Comme l'écrit un commentateur suite à l'article paru hier dans la TdG... "l'IUFE évolue: oui, surtout dans ses méthodes soviétiques de recrutement de stagiaires. A part ça c'est pilotage sans instruments, manque de transparence, guerre avec les directions du PO. Du joli"!

Au vu de ce constat, comment ne pas s'inquiéter du commentaire posté par Monsieur Pierre Weiss?

"La régulation du nombre d'étudiants à l'IUFE est une bonne chose, avec des critères objectifs et utiles pour l'enseignement pour s'adapter au nombre de places disponibles. À défaut, c'est le règne du copinage, dans un système qui formerait des chômeurs. ...

Des critères objectifs et utiles et non le règne du copinage! Oui, c'est bien de cela dont il s'agit!

3. Il n'est jamais trop tard pour sortir de son trou

A l'image de Madame Marie-Thérèse Bogensberger qui s'est fendue d'un "Invité" dans la TdG de hier ("DIP: dur constat cinq ans après") dans lequel elle dénonce enfin, 5 ans après, la bureaucratie engendrée par la mise en place des directeurs d'établissement à l'école primaire!

Dommage d'avoir attendu si longtemps pour sortir de sa léthargie, elle qui, inspectrice d'école, avait les deux pieds dans la place! Elle, à qui j'avais, en 2008, fourni quantité de documents et d'arguments qui lui auraient permis de combattre ce qu'elle dénonce aujourd'hui.

A quand la valse à mille temps?

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03/07/2013

D'où vient que nous parlons?

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Dans son «Petit tour amusé des grandes questions», mon frère Jean-François Duval met

en ligne ses rencontres et grands entretiens.










Cette semaine: «D'où vient que nous parlons ». 

Pour lire, cliquer sur:

jfduvalblog.blogspot.ch

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