24/08/2013

IUFE: une situation ubuesque

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Imaginez une entreprise qui engage nombre de collaborateurs.

Au bout d'un certain temps, les actionnaires et les clients de la dite entreprise se rendent compte qu'ils n'obtiennent pas satisfaction de la part de ces collaborateurs. Pire encore, il sont conscients que ceux-ci ne font que de la m... et sabotent l'entreprise.

Que faire alors?

Chacun, bien évidemment, penserait à licencier ces personnes incompétentes.

Eh bien non!

Il existe, à Genève, un exemple où ça ne peut marcher comme ça...

Ainsi, l'Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE)!

Dans son billet ("IUFE: quelques précisions pour éviter de faux espoirs") Monsieur Weiss l'explique fort bien: "...le statut de la fonction publique protège les profs nommés au sein de l'IUFE par les facultés. Il ne suffit pas de supprimer les fonctions pour les supprimer eux, il faut attendre la fin de leur mandat de 7 ans".

C'est ainsi.

Une fois en poste, même incompétents, saboteurs, on ne peut RIEN faire contre eux! Ils sont couverts et bénéficient de l'immunité parfaite!

Aucune solution?

Si, mais elle a un coût et il est élevé.

Il suffirait, comme dans tous les autres cantons, de créer une HEP (Haute Ecole Pédagogique) qui, elle, serait en charge de la formation des enseignants tout en gardant, en parallèle, pendant 7 ans, un IUFE devenu inutile puisque cette charge de formation lui aurait été retirée...

Continuer donc à payer grassement ces gens incompétents durant cette longue période transitoire pour des postes devenus alors superflus.

Comme le dit M. Weiss, une situation ubuesque!

En fait, c'est devenu une question de gros sous.

Vaut-il la peine de dépenser autant d'argent pour sauver la formation de nos futurs enseignants?

A chacun de répondre à cette question...

Pour ma part, j'estime que la qualité de l'enseignement n'a pas de prix, elle est primordiale, Genève ne peut accepter de continuer de la sorte.

Il est fort dommage qu'à l'époque de la création de l'IUFE, en 2009, les députés du Grand Conseil n'aient pas été attentifs aux nombreux avertissements qui leur ont été faits (Malheureusement le mal est fait) et qu'ils se soient laissés berner de la sorte, notamment par Charles Beer qui a alors réussi son coup!

Mais, comme le dit le dicton, il n'est jamais trop tard pour bien faire...même s'il faut payer le prix des erreurs commises.

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Commentaires

J'avais mis sur le billet de M. Weiss le commentaire suivant que je vous fais parvenir puisque vous pensez qu’ : « Il suffirait, comme dans tous les autres cantons, de créer une HEP (Haute Ecole Pédagogique)… ».
Comme le rappelle M. Weiss « changer de structures ne signifie pas encore trouver d'autres têtes pour enseigner ».
Si bien que l’on peut fort bien penser que créer une HEP pour remplacer l’IUFE risque d’être, “pédagogiquement” parlant, blanc bonnet ou bonnet blanc !
Les professeurs et chargés de cours de l’IUFE seront transvasés dans une HEP qui elle, par contre, ne serait financée que par le canton sans subvention fédérale comme le sont les facultés universitaires.
Donc s’il ne s’agit que de changer l’enveloppe tout en conservant le même contenu englué d’une idéologie “collectiviste”, mieux vaudrait avoir une pensée pour le contribuable genevois !
Maintenant reste à résoudre cette situation ubuesque d’une formation genevoise, prétendument plus exigeante, car universitaire (IUFE), et qui ne donne un titre reconnu nulle part, sauf à Genève !

Écrit par : Michèle Roullet | 24/08/2013

@mme Roullet
Et pourquoi donc? Je ne suis pas certain que vous avez compris le sens de mon billet.
Je ne vois pas ce qui empêcherait la création d'une HEP pour laquelle de nouveaux professeurs seraient engagés. Ceux de l'IUFE y resteraient et confinueraient à y patauger pendant 7 ans puisqu'il faut attendre la fin de leur mandat pour avoir le droit de ne pas le renouveler.
Donc, pendant 7 ans, deux stuctures, l'une inutile, l'IUFE et une autre en charge de la formation des enseignants, une HEP.
Alors, oui, ça a un coût...
Sinon quoi? On décide de ne pas payer le prix d'une grave erreur et on continue à foncer dans le mur?

Écrit par : Duval | 25/08/2013

Mais à votre avis qui nommerait ces “nouveaux” professeurs de la HEP? Des économistes? Des mathématiciens? Non, certainement des pédagogues. On retrouve le serpent qui se mord la queue!

Écrit par : Michèle Roullet | 25/08/2013

Probablement le DIP.
Mais, comment diable faisait-on pour engager des méthodologues à l'époque de feu les "Etudes pédagogiques"?
Pourquoi faudrait-il aller puiser dans le réservoir vicié de l'IUFE? A Genève, il n'y pas que ces gens là qui sont capables d'enseigner! On a bien réussi, il y a quelques dizaines d'années, à se passer du "fameux" Perlan...et le vignoble genevois est devenu excellent!

Écrit par : Duval | 25/08/2013

Mais aujourd'hui au DIP, on est au Beerland, très proche de l'IUFE !

Écrit par : Michèle Roullet | 25/08/2013

Beer n'est pas éternel! Et les élections sont proches! C'est ce que j'ai dit dans un billet récent, il faut espérer que le DIP passe entre d'autres mains. Lorsqu'un paquebot (IUFE) sombre parce que saboté par l'équipage, on le laisse couler et on change de navire pour le confier à un autre équipage, en espérant qu'il saura changer de cap! Pour ça, il faut bien sûr un capitaine compétent...

Écrit par : Duval | 25/08/2013

@ Duval

Vous rêvez ou êtes amnésique ! Vous savez que la bisbille de l’IUFE est liée à la FAPSE, qui, elle, a été, il y a quelques années, sous le contrôle d’un gourou qui y a placé un grand nombre de ses disciples.
Un mauvais régime laisse longtemps des plaies … (les exemples dans l’histoire ne manquent pas !).
Il est trop facile de croire que, lorsqu’un capitaine quitte un paquebot, les règles de la navigation évoluent.
Vous oubliez que les Seconds, les officiers supérieurs, les lieutenants et les maîtres d’équipage, la plupart choisis par le capitaine, sont encore jeunes et suffisamment formatés pour soutenir l’IUFE et sa pédagogie. Le nouveau capitaine devra être très fort pour redresser la barre !

Écrit par : Michèle Roullet | 25/08/2013

Mais!!!! Puisque je vous dis que justement, on laisse à leur sort, pendant 7 ans, TOUT l'équipage du navire qui sombre (IUFE). Et on crée un nouveau navire (HEP) avec un nouvel équipage dans son ENTIER! Sous les ordres d'un capitaine déterminé à changer de cap donc....de politique!
Sinon quoi? Que proposez-vous? Continuer de la sorte et foncer dans le mur?

Écrit par : Duval | 26/08/2013

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