04/10/2013

Ces postes de directeurs sont-ils vraiment utiles?

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Texte paru aujourd'hui dans la rubrique de "L'Invité" de la TdG.


Le DIP n'a de cesse de le répéter. La justification de la mise en place des postes de directeurs d'établissement est basée sur deux arguments qui se veulent primordiaux.


 

1. La prétendue "proximité" immédiate et constante que ces directeurs sont censés apporter aux enseignants, aux parents. Un argument fallacieux qui ne tient pas la route.

- Les directeurs sont en charge de plusieurs écoles ce qui rend le contact direct immédiat impossible à moins de posséder un don de dédoublement.

- Les maîtres adjoints dont ils bénéficient sont, selon leur mandat, les personnes de référence pour les parents ... les substituts du directeur qui perd donc ce statut de contact proche!

- Certains directeurs travaillent à temps partiel d'où une proximité et des contacts limités à ce temps partiel aussi.

On est d'ailleurs en droit de se poser la question... n'y a-t-il pas incompatibilité entre un poste de directeur et un travail à temps partiel...?

 

2. Les projets d'établissement sont censés, dans un contexte de plus grande autonomie des établissements, être un des éléments qui assure la qualité de la mission de l'école et l'équité de traitement des élèves.

A en croire l'association genevoise des cadres de l'enseignement primaire (AGCEP), la mise en place de ces projets seraient l'une des tâches importantes dont les directeurs ont la charge. Elle représenterait une grande partie de leur travail et leur prendrait énormément de temps.

 

Des projets d'établissement qui ne sont pourtant que des alibis justifiant honteusement ces nombreux postes de directeurs.

 A ce sujet, j'ai rencontré tout récemment, à deux jours d'intervalle, deux amis qui sont enseignants dans deux écoles différentes.

 Je leur ai demandé de me dire en quoi consistait leur projet d'établissement.

Leur réaction est significative, éloquente et surtout très inquiétante.

 La première personne, a tout d'abord éclaté de rire.

Puis elle m'a répondu qu'elle n'en savait rien. Sur ce, elle a téléphoné à sa collègue pour se renseigner.

Celle-ci a été très vague et a fini par lui dire qu'elle croyait bien qu'il s'agissait, pour tous les enseignants de l'école, en vue d'améliorer l'apprentissage de la lecture, d'étudier des contes en relation avec la mythologie grecque. Et qu'éventuellement on pouvait aboutir à "monter" un spectacle...

Et que "dans son école, ça cassait les pieds à tout le monde".

 

J'ai posé la même question à la deuxième personne qui m'a répondu qu'elle n'en savait pas grand chose. "Ca nous rase et tout le monde s'en tape mais notre directeur est cool" a-t-elle précisé.

 

Sur ce, par "curiosité", je lui ai demandé ce que faisait au juste ce dernier...

Elle m'a avoué qu'elle ne le savait pas et qu'elle ignorait même s'il avait un cahier des charges.

 

Bref, à part les directeurs eux-mêmes, personne ne sait ce que font ces directeurs, à quoi ils servent réellement.

 

Oui, bien sûr, il y a quelques tâches administratives évidentes qu'ils assument.

Mais pour le reste...la justification de ces postes ne repose que sur du flou, du présupposé, en tout cas sur rien de concret, sur rien de clair.

 

En réalité, ces directeurs bénéficient d'un chèque en blanc sans que personne ne réagisse pour clarifier cette situation scandaleuse et inadmissible, une immense arnaque.

 

Je vous invite, lecteurs, à poser cette question autour de vous. Aux enseignants que vous croisez, aux parents que vous connaissez.

Je mets ma main au feu que vous en resterez estomaqués autant que moi!

 

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Commentaires

je vais poser la question à l'enseignante de mon fils qui est en 6P à Satigny. Je vous tiendrai au courant. En ce qui me concerne mon opinion est faite !

Écrit par : corinne strohheker | 04/10/2013

Il est déjà étonnant que vous ayez besoin de poser la question! Comment comprendre que les parents ne soient pas au courant du projet de l'école de leur enfant???

Écrit par : Duval | 04/10/2013

Alors les parents qui ne voient pas pourquoi il faut des dirlos le disent clairement au GAPP dont la présidente, inféodée au DIP et faisant d'ailleurs partie des cadres de ce même DIP, ne cesse de répéter combien c'est formidable !

Mais vous n'en avez pas assez de cette politique des petits copains qui se couvrent les uns les autres ?

Écrit par : Jean Romain | 04/10/2013

Cher Monsieur Duval, poser cette question n'est-ce pas déjà y répondre?

Après 12 longues années de "gouvernance camembert Baer" faite de découpages en quartiers qui n'ont d'autre but que de diviser le corps enseignants pour mieux régner par le haut de l'édifice, il est à souhaiter que le peuple de Genève remettra les pendules à l'heure.

Le seul problème c'est que personne dans la foule de candidat ne semble taillé sur mesure pour affronter une remise en ordre du paquebot DIP.

Et pourtant les enjeux de la nouvelles constitution avec l'obligation de suivre une formation va nécessiter un magistrat visionnaire qui sache assurer des formations en phase avec les besoins réels et non les chimères de tel ou tel clan.

La formation telle qu'elle a été envisagée par la constituante doit pouvoir s'appuyer sur des degrés inférieurs qui assurent une culture générale de base qui tienne la route. Lee continuum de la formation nécessite des personnes habituées au terrain et pas des professeurs Tournesol de la dislocation sémantique.

Nous n'avons plus que 72 heures à attendre de voir quel gouvernement se dessinera et surtout sur quelle majorité celui-ci pourra s'appuyer.

Suivant laquelle sort des urnes, la partie n'est pas gagnée d'avance!

cordialement Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 04/10/2013

Il aurait fallu un Jean Romain à la tête du DIP !

Écrit par : corinne strohheker | 04/10/2013

Je connais une école où le jeu d'échecs est à l'honneur, mais l'initiative ne vient pas du directeur, mais d'enseignants. Et s'il y a toujours quelqu'un pour rouspéter, l'activité est plébiscitée. Le rôle du directeur consiste à ne pas mettre son véto. Cette activité se déroule sur deux journées décloisonnées. Pas de quoi en faire un "projet". On peut également se poser la question de "projets" qui partiraient dans tous les sens, sans cohérence au niveau cantonal.

Écrit par : Franchise | 04/10/2013

Monsieur Duval, je vous suggère, pour votre prochain combat, de questionner les "projets d'établissements" qui coûtent des milliers de franc au contribuable et dans lesquels beaucoup d'enseignants s'investissent le couteau sous la gorge.

Ils coûtent en terme de remplaçants pendant l'élaboration du projet (et conduisent à des situations ubuesques où il n'y a QUE des remplaçants dans les classes, et même avec le bon vouloir de ceux-ci, l'ambiance n'est pas vraiment au travail sérieux de la part des élèves)

Mais ces projets d'établissements sont également suivis par toute une hiérarchie (payée elle aussi) qui doit "valider" ce projet.

En sus, il y a tout un système "d'évaluation" d'organisme extérieurs (toujours payés, bien sûr) avec questionnaires à remplir, réunions supplémentaires pour les enseignants et rapports parfois à côté de la plaque.

Alors, la question à poser est: combien coûtent les projets d'établissements? Quelle est leur définition et les supposés retours en terme de bénéfice pour les élèves?

Est-il préférable de dépenser ainsi l'argent du contribuable, tout en clamant qu'on ne peut engager plus d'enseignants?
Les élèves ne profiteraient-ils pas plus d'un meilleur encadrement (classes plus petites) en mettant l'argent là où il est le plus utile?

Vous pensez bien que les écoles n'ont pas attendu les projets d'établissement pour mener des projets communs et monter des spectacles.

Une formule plus légère pour inciter les enseignants à collaborer ne peut-elle être envisagée?

Merci de m'avoir lu!

Et bon w-e

Écrit par : bizarre | 04/10/2013

ouille, j'aurais mieux fait de me relire, quelques pluriels étant passés à la trappe...mais vous aurez déjà corrigé mentalement...

Écrit par : bizarre | 04/10/2013

je n'ai jamais eu connaissance du projet d'établissement, mes deux fils étant pourtant scolarisés en primaire jusqu'en juin dernier (l'aîné est depuis au co). J'ai pourtant assisté à toutes les séances auxquelles nous avons été conviés, que ce soit en classe avec l'enseignante ou lors de la séance d'info pour la réorganisation de l'école avec les doubles degrés. Je viens, à l'instant, de découvrir le projet d'établissement sur le site internet de l'école, et apprends à cette occasion que des cours d'appuis devraient avoir été mis sur pied. Est-ce bien le cas ? Peut-être n'ai-je pas informée car mon fils n'en a pas besoin.....Ce qui est étonnant c'est que les parents n'ont jamais eu vent ni du projet d'établissement, ni des cours d'appui ! A propos des doubles degrés, (rien à voir avec votre billet, pardonnez-moi), j'ai été très étonnée en mai dernier que mon fils, alors en 5p, ait dû remplir en classe un formulaire émanant de la direction, dans lequel il devait indiquer s'il acceptait d'aller en double degré à la rentrée suivante, il devait également mentionner deux amis pour l'y accompagner. Il y a eu un vent de panique parmi les enfants, ils ont tous discuté les uns avec les autres, sans arriver (pour certains) à s'entendre, certaines filles se sont mises à pleurer car se retrouvant seules.... J'ai trouvé scandaleux qu'on pose la question directement aux enfants, sans que les parents en aient été informés, alors qu'ils n'ont pas conscience des enjeux et que le passage en double degré l'année précédente pour certains de la classe a été suivi de promesses non tenues par le directeur. Dans le double degré, 16 enfants en degré 4 et 6 en degrés 5, ces derniers auraient dû avoir les activités et programme du degré 5, il n'en a rien été. Ils ont quasiment refait le programme de la 4p (sauf le français qu'ils allaient suivre dans leur ancienne classe de 5p) et n'ont eu aucune des activités des 5p. Quand les dysfonctionnements partent déjà de la direction, je ne vois pas bien comment cela pourrait fonctionner correctement en primaire.

Écrit par : corinne strohheker | 04/10/2013

APPEL à la personne qui m'a fait parvenir par voie postale une lettre malheureusement anonyme...en espérant qu'elle me lise.
Une lettre dont le contenu est fort intéressant mais que je ne peux poster ici sans, pour le moins, connaître l'identité de l'auteur. Je l'invite donc à se faire connaître en m'envoyant un mail personnel, de mon côté, je lui garantis évidemment son anonymat désiré, je publierai alors sa missive.

Écrit par : Duval | 04/10/2013

@bizarre

- « ... je vous suggère, pour votre prochain combat, de questionner les "projets d'établissements" qui coûtent des milliers de franc au contribuable et dans lesquels beaucoup d'enseignants s'investissent le couteau sous la gorge. »

Je ne sais pas ce que vous appellez "projets d'établissement" mais les projets de "nouveaux bâtiments" et de "rénovation d'anciens bâtiments" que je connais sont reportés jusqu'à 2017. Reste que le budget du ruban adhésif.

L'histoire ci-dessous n'y est certainement pas étrangère:
Il manque 100 millions de francs pour rénover les bâtiments de l’Etat de Genève.
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/manque-100-millions-francs-renover-btiments-etat/story/22525397

Écrit par : Chuck Jones | 04/10/2013

Encore une fois de plus, Eric (Chuck Jones) vous êtes à côté de la plaque. Vous intervenez alors que vous ne savez pas de quoi il s'agit..."Je ne sais pas ce que vous appellez "projets d'établissement" ...alors, renseignez-vous ou abstenez-vous.
Un peu de sérieux mon cher Eric...

Écrit par : Duval | 04/10/2013

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