09/01/2014

Et "BOUM"...Des directeurs mis face à la réalité...

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C'est à maintes reprises, qu'avec l'Arle ou via ce blog, j'ai dénoncé le scandale de la mise en place d'un grand nombre de directeurs d'établissement à l'école primaire. Certains politiques ont bien senti l'ampleur de cette supercherie, ce qui a notamment donné lieu à cette motion 2100 qui demande que les directeurs d'établissement primaire consacrent une partie de leur temps à enseigner.

Combien de fois  n'ai je pas dénoncé les dysfonctionnements que ces postes engendrent. Combien de fois n'ai je pas décrié ces placards dorés dont ces directeurs bénéficient. Combien de témoignages édifiants sur leurs pratiques n'ai-je pas rapportés...

Et pendant tout ce temps, le DIP continuait à proclamer que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes!

Il aura fallu quelques années pour qu'enfin d'autres osent monter aux créneaux...

Car cette fois, ce n'est pas moi qui le dit mais le Syndicat des services publics (SSP) via une étude alarmante qui, selon le GHI de ce jour, "jette un pavé dans la mare".

"De manière générale, l’introduction de directeurs en 2008 par Charles Beer, en remplacement des inspecteurs dans l’enseignement primaire, a été mal vécue par le corps enseignant et explique ce malaise grandissant au sein de l’institution. De nombreux témoignages font état de brimades et de mobbing pilotés par certains directeurs et directrice. La FEG Fédération des Enseignants Genevois) a estimé qu’il manquait près de 150 enseignants dans l’enseignement primaire genevois. Selon elle, au lieu d’engager 76 directeurs en classe 24, il vaudrait mieux engager une centaine d’enseignants supplémentaires en classe 18 pour faire face aux défis du domaine de l’éducation".

Mais que se passe-t-il donc? Voilà qu'on ouvre les yeux? Un soudain réveil étonnant tout de même...pourquoi donc le SSP se manifeste-t-il juste après le départ de Charles Beer?

Mais bon, mieux vaut tard que jamais!

Dois-je m'en réjouir?

- Non, pas forcément, parce que cette étude semble enfin corroborer TOUT ce que j'ai dit depuis bien longtemps pour dénoncer cette situation qui reste bien dommageable.

- Oui, parce qu'enfin les nombreuses critiques émises à l'égard de cette déplorable organisation de l'école primaire trouvent un écho qui, peut-être, permettra d'y remédier.

Espérons maintenant que cela sera suffisant pour que Madame Anne Emery Torracinta saisisse la balle au bond et corrige les graves erreurs que son prédécesseur a cru bon de commettre....et ce n'était pas faute d'avertissements!

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Commentaires

Il faut saluer cette déclaration. L'ennui, c'est que dans l'Administration en général et l'Instruction publique en particulier, il est impossible de revenir sur le statut des personnes nommées en classe 24 et sur leur fonction spécifique - même si l'on pouvait muter les directeurs dans des classes, ils
conserveraient leurs avantages "de classe", leur salaire etc. Alors la différence avec les instituteurs -trices serait peu supportable... Je suis titulaire d'une classe en classe 18; à côté, mon, ma collègue
se pavane en classe 24... D'autre part, on sait qu'une partie d'entre eux ne sont pas formés pour enseigner... Tout cela, c'est dans le pétrin.

Écrit par : E.tienne | 10/01/2014

@E.tienne
Erreur E.tienne! Ces gens ne seraient pas en charge d'une classe . On leur demande simplement de prendre quelques heures hebdomadaires pour faire de l'appui par exemple. Alors, oui, surpayés en classe 24, mais mieux vaut ça que de les payer à ne rien faire!
Par ailleurs, vous devez savoir que seuls 4 d'entre eux ne sont pas au bénéfice d'une formation d'enseignant!!! Oui, quatre...ce n'est donc pas un problème, pratiquement tous peuvent enseigner!
Pas de pétrin donc....

Écrit par : Duval | 10/01/2014

Monsieur Bonny est un directeur qui ne sait pas lire...
Sur son blog, il cherche, pour des raisons évidentes, à brouiller les pistes et à faire croire que l'article du GHI ne serait pas clair.
Pourtant, il est limpide et passe en revue l'ensemble du système, en partant du malaise général dans l'enseignement, puis en citant le secondaire pour lequel il mentionne une liste d'établissements et ensuite très clairement des directeurs du PRIMAIRE. Il suffit de lire objectivement, ce que M. Bonny est incapable de faire en l'occurrence.
Chacun peut s'en assurer sur ce lien:
http://www.ghi.ch/le-journal/geneve/liste-noire-des-etablissements-scolaires-probleme

Écrit par : Duval | 10/01/2014

Je crois savoir qu’il y a moins de 4 directeurs primaires qui n’ont jamais enseigné. M. Beer m’avait dit « deux seulement ».

L’article du GHI mélange les ordres d’enseignement, et il est dommage que la personne qui l’a écrit ne soit pas assez précise sur ce sujet. Reste le fond du problème : notre école ne va pas bien du tout.

On peut effectivement se cantonner dans un déni de réalité, admettre quelques difficultés mais affirmer que tout cela s’améliore, masquer derrière un enfumage les problèmes, on peut prétendre qu’on exagère l’ampleur de la catastrophe qu’est devenue notre école, il reste malgré tout un immense malaise. Ce malaise est dû évidemment à de multiples raisons et pas seulement à la stupide instauration des directeurs du primaire. Ce malaise est même dû à des causes qui sont étrangères à l’école en elle-même puisqu’on demande à l’école de pallier la démission de parents qui n’en peuvent plus avec leurs adolescents.

De mon point de vue les 6 points centraux sont les suivants en ce qui concerne le métier de prof qui a changé en profondeur :

- D’abord, il ne s’agit plus de transmettre un savoir, ni de se faire le passeur de l’héritage culturel mais d’animer les classes. Aux exercices répétitifs, on a préféré les activités ; au travail, le jeu ; à la règle, l’option. Le mode « cool » est branché en permanence sur l’école, qui est devenue une sorte de gardiennage dans lequel le prof est réduit à tenter de maintenir un ordre sans cesse vacillant. Peu soutenue par sa hiérarchie, son autorité est partout contestée : par ses élèves (ce qui est de bonne guerre), mais par les parents qui entendent participer à la co-gestion des cours, reformuler les barèmes, s’exprimer sur le contenu et la méthode ; par les directions enfin qui ne défendent plus leurs maîtres et les laissent seuls exposés à la critique externe.

- Ensuite, l’enseignement est un art, et ceux qui sont incapables de l’exercer en ont fait une science. Un des facteurs centraux de la péjoration du métier provient directement des HEP et de l’IUFE, carcans idéologiques et passablement indigents, qui se prétendent les garants des « sciences de l’éducation ».

- De plus, la difficulté éducative que rencontrent bien des parents, le laxisme ambiant, le désarroi, l’interrogation permanente sur les valeurs à promouvoir, les a poussés à demander à l’école de faire ce qu’elle n’a pas vocation de faire au premier chef : éduquer. L’école doit instruire, l’éducation est d’abord l’affaire des familles. Ce glissement progressif de l’instruction vers l’éducation a transformé le professeur en éducateur, ce qu’il n’est pas, et ce qu’il ne veut pas être. Et le stress est démultiplié.

- En outre, la dévalorisation sociale des professeurs (des fonctionnaires planqués qui ont trop de vacances) a fait de ce métier un métier trop exposé à toutes les critiques. Le professeur, ordinaire serviteur de l’état républicain, est devenu celui qui doit mettre de bonnes notes parce que le droit aux études est devenu, dans l’esprit de tous, un droit aux résultats. Et la pression sur lui est énorme, pression parentale mais aussi pression hiérarchique.

- A cela s’ajoute l’inflation bureaucratique qui a transformé le métier. L’Etat a tellement peur des recours, des plaintes, des réactions diverses, qu’il se blinde ; et les profs doivent sans cesse remplir des formulaires, justifier par écrit leurs moindres démarches, écrire des lettres, faire des statistiques, qui s’ajoutent à la réunionnite, aux animations diverses, aux sorties infinies, aux préparations festives, pour rendre l’école ludique.

- Enfin, l’école est l’objet de toutes les réformes, en rafales. Les nouveautés à peine intégrées sont rendues obsolètes par de nouvelles réformes absurdes, et cette danse incessante contribue à l’instabilité du métier.

Écrit par : Jean Romain | 10/01/2014

Pour en revenir aux enfants, comment vivent-ils, côté ambiance, principalement brimades et mobbing en cette dèplorable organisation de l'école primaire?

A-t-on,aur la pédagogie, tranché "différenciation" ou "individualisation? (sachant que si nous sommes dits "égaux devant la loi", égaux, génétiquement parlant, et, de naissance, nous ne le sommes nullement?!
Meilleurs voeux pour 2014.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/01/2014

Monsieur Duval, permettez-moi un bref P.S.
Si les enfants, indiscutablement, ne sont, génétiquement parlant et de naissance pas égaux, en revanche, les programmes les concernant sont communs ce qui fait qu'un enfant, selon son statut, comme expliqué, sera mieux armé, un autre, moins. Il y a donc "différenciation" mais en approchant les enfants moins doués, scolairement parlant, en essayant de les comprendre, en apprenant à les connaître, tels des précepteurs en privé, n'y a-t-il pas "individuation"? L'organisation des classes permettrait-elle une telle démarche où les mieux doués pourraient travailler en groupe avec tous les éléments nécessaires, et recours à l'instit si et quand nécessaire,instits et profs se chargeant eux-mêmes et "sur le moment" de l'appui parce que, de cette façon, disposant de plus de temps?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/01/2014

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