31/01/2014

Le silence des pédagogistes

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Confirmation de ce que j'avais écrit dans mon billet "Hymne à Pisa"...

Aujourd'hui, l'analyse de Jean Romain:




Le silence des pédagogistes

Jean Romain

 

Nous n’avons pas encore les résultats cantonaux des tests PISA effectués en 2012 - dont les résultats internationaux sont tombés l’an passé - mais la comparaison faite en maths et en lecture par « The Economist » (cf. schéma) entre 2006 à 2012 laisse pantois. La Suisse a encore reculé, après avoir déjà dégringolé lors des années qui ont précédé celles-là. Conclusion : l’affaiblissement de l’assimilation par les élèves d’une culture scolaire traditionnelle ne peut s’expliquer par la seule évolution de la société.

Ce qui surprend le plus à l’annonce de ces résultats, après bien d’autres, c’est le silence pesant de ceux qui depuis deux décennies hurlent dans leur officine (HEP et IUFE) pour réfuter avec aplomb les rabat-joies et les réactionnaires s’inquiétant de la dégradation des performances du système éducatif. Où sont donc passé les chevaliers du vide pédagogique, les plumassiers du concept qui non seulement niaient toute dégradation, mais expliquaient souvent que l’on ne comprenait rien et qu’au contraire le niveau ne cessait de monter. Le niveau monte, nous assuraient les garde-rouges de la sous-culture. La difficulté de l’enseignement s’expliquait par la « lourdeur des programmes », « l’absence de moyens suffisants accordés à l’école », la « violence des notes » à laquelle s’ajoutait « l’obsession du classement qui stigmatise des élèves qu’il enferme dans une spirale d’échec » et provoque la « fissuration de l’estime de soi et la souffrance scolaire ».


Alors que cette baisse du niveau provoqué par trente ans de réformes hallucinantes qui ont obéi à des lubies n’est plus vraiment contestée,  alors qu’elle laisse les Départements passablement impuissants et les professeurs à leurs douloureux bilans d’une profession qui s’est dégradée, nos pédagogos ne disent rien. Silence assourdissant. D’autant que bon nombre d’entre eux se sont livrés en France à de salutaires palinodies : ils ont admis leur erreur, comme Antoine Prost qui vient de reconnaître subitement le désastre scolaire qu’il niait jusqu’ici.
 
On aimerait que chez nous, les thuriféraires du « niveau qui monte » sortent pareillement de leur silence. L’autocritique n’est-elle pas une des bases de la (vraie) pédagogie ?

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Commentaires

Trop fort le JR alias Arle -istote, à peine retiré du buisness DIP , le voilà devenu poly-spécialiste , et que je te donne mon avis sur Baby Plage , et que je te débatte sur la circulation routière , devenu inévitable chez Decaillet , l'auto-philosophe met le turbo sur le Grand Pris de PISA , alors que son pol-pote Oskar truste les pole positions dans le paradis du Dimanche -Matin des genevois bien nés .
J'allais oublié ,condescedant , il m'a diagnostiqué une maladie régénérative" aphasique neuronal" ou l'inverse ce qui revient au même.
JR on attend avec impatience le prochain épisode.

Écrit par : briand | 31/01/2014

Vous êtes, cher briand, un peu comme Bob Dalton... Un rien vous réveille de votre assoupissement intellectuel. Mais le manque de pratique se voit terriblement.

Écrit par : Jean Romain | 31/01/2014

Le test devait être plus difficile cette fois, car 20 pays font un moins bon score, ce qui est quand même étonnant...si seule la Suisse et les pays en guerre avaient baissé, ce serait inquiétant, mais là, les diagrammes sont très bizarres.
Bonne soirée

Écrit par : vieuxschnock | 31/01/2014

Étonnant ? Pas tellement en fait. On annonce en Suisse 17 % d’illettrisme. Mais on n'entend plus tous ceux qui ont organisé l'échec. Où sont donc passé les Perrenoud, Mérieu, Baudelot, Establet, Dubet, Wierviorka, Pennac (dont l’éloge des cancres a ravi les beaux quartiers)?

Écrit par : Jean Romain | 01/02/2014

Voilà qui devrait relativiser votre article: http://www.rts.ch/info/suisse/5425064-les-eleves-suisses-se-distinguent-en-maths-selon-l-enquete-pisa-2012.html
Bonne journée

Écrit par : vieuxschnock | 01/02/2014

Et MBG, et Beer, et la SPG, et tous ces enseignants qui ont laissé faire, qui ont même cautionné?!!!

Écrit par : Duval | 01/02/2014

Oui, ces articles de journaux bobos qui sont victimes d'un puissant effet Larsen, disent tous la même chose. Mais il faut s'écarter des journalistes eux-mêmes issus de cette école light, qui n'arrivent donc pas à imaginer ce que pourrait être l'école, il faut regarder les chiffres, le taux d'insatisfaction des employeurs, des maîtres d'apprentissage, le taux d'illettrisme. Nous avons de braves élèves dans leur immense majorité, élèves massacrés par les réformes psycho-sociales qui ont organisé l'échec.

Écrit par : Jean Romain | 01/02/2014

Puisque PISA confirme la dégringolade, acceptons le verdict ! Faut-il en attribuer l'échec uniquement aux réformes "pédagogiques" ou voir dans l'organisation sociale de notre société les causes de ce que Leprince-Ringuet aurait appelé le "Grand Merdier".

Demeurant en France voisine depuis trente ans, je n'ai pas l'impression que la courbe PISA pour la France soit beaucoup plus "pédagogique" que la nôtre...

Il faut néanmoins rester lucide et modeste. Il ne faut pas trop critiquer les réformateurs. On ne sait pas ce qu'on peut devenir !

Écrit par : Michel Sommer | 01/02/2014

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