31/01/2014

Le silence des pédagogistes

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Confirmation de ce que j'avais écrit dans mon billet "Hymne à Pisa"...

Aujourd'hui, l'analyse de Jean Romain:




Le silence des pédagogistes

Jean Romain

 

Nous n’avons pas encore les résultats cantonaux des tests PISA effectués en 2012 - dont les résultats internationaux sont tombés l’an passé - mais la comparaison faite en maths et en lecture par « The Economist » (cf. schéma) entre 2006 à 2012 laisse pantois. La Suisse a encore reculé, après avoir déjà dégringolé lors des années qui ont précédé celles-là. Conclusion : l’affaiblissement de l’assimilation par les élèves d’une culture scolaire traditionnelle ne peut s’expliquer par la seule évolution de la société.

Ce qui surprend le plus à l’annonce de ces résultats, après bien d’autres, c’est le silence pesant de ceux qui depuis deux décennies hurlent dans leur officine (HEP et IUFE) pour réfuter avec aplomb les rabat-joies et les réactionnaires s’inquiétant de la dégradation des performances du système éducatif. Où sont donc passé les chevaliers du vide pédagogique, les plumassiers du concept qui non seulement niaient toute dégradation, mais expliquaient souvent que l’on ne comprenait rien et qu’au contraire le niveau ne cessait de monter. Le niveau monte, nous assuraient les garde-rouges de la sous-culture. La difficulté de l’enseignement s’expliquait par la « lourdeur des programmes », « l’absence de moyens suffisants accordés à l’école », la « violence des notes » à laquelle s’ajoutait « l’obsession du classement qui stigmatise des élèves qu’il enferme dans une spirale d’échec » et provoque la « fissuration de l’estime de soi et la souffrance scolaire ».


Alors que cette baisse du niveau provoqué par trente ans de réformes hallucinantes qui ont obéi à des lubies n’est plus vraiment contestée,  alors qu’elle laisse les Départements passablement impuissants et les professeurs à leurs douloureux bilans d’une profession qui s’est dégradée, nos pédagogos ne disent rien. Silence assourdissant. D’autant que bon nombre d’entre eux se sont livrés en France à de salutaires palinodies : ils ont admis leur erreur, comme Antoine Prost qui vient de reconnaître subitement le désastre scolaire qu’il niait jusqu’ici.
 
On aimerait que chez nous, les thuriféraires du « niveau qui monte » sortent pareillement de leur silence. L’autocritique n’est-elle pas une des bases de la (vraie) pédagogie ?

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30/01/2014

A chacun sa vérité

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Chacun y va de son couplet! Certains nous garantissent les pires catastrophes. D'autres prétendent qu'au contraire, il en va du bien du pays!

Il y en a même qui se fendent de lettres ouvertes aux jeunes citoyens. On leur fait la morale sur un ton paternaliste, on en appelle à leur amour du pays. On leur enjoint de ne pas le laisser "aux mains des autres, plus âgés, plus...roublards, plus réalistes"! Eh bien, moi, je doute fort que ces jeunes citoyens apprécient.

Ainsi, du simple blogeur au Président de la Confédération, chacun y va de Sa Vérité!

- A force de voir dénaturer, détourner le texte de l'initiative...

- A force, au contraire, d'en minimiser l'impact...

Comme d'habitude, on ne sait plus à quel Saint se vouer. Pourquoi l'un plus que l'autre?

Tous ces discours politiciens sont malsains parce qu'ils établissent un climat de défiance et rien ne nous donne, à nous citoyens, l'envie de croire ceux qui nous en abreuvent.

La politique est ainsi faite d'embrouilles. On demande au peuple de voter, de choisir mais, pratiquement jamais, on ne le met clairement au parfum. Et on le flatte, on voudrait voir la participation à la hausse, on aimerait sensibiliser le bon peuple. Chose impossible tant que nos politiciens n'auront pas compris que sans confiance, c'est chose perdue.

A force de multiplier les appels en tout genre, je me demande si ce petit jeu, en définitive, n'est pas contre-productif... Les citoyens n'aiment pas se sentir menés par le bout du nez, d'autant plus lorsque des politiciens croient bon d'unir en chœur leur litanie.

Faute d'être clairement et surtout objectivement informés, les citoyens risquent bien de voter, non pas en fonction du sujet et de son enjeu, mais sur des coups de cœur, des réactions épidermiques face à l'attitude de nos élus.

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27/01/2014

Journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité

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27 janvier 1945! Il y a 69 ans le camp d'Auschwitz était libéré par l'Armée rouge...

A l'occasion de cet anniversaire, permettez-moi de vous rappeler quelques billets que j'avais postés ici:


Auschwitz, voyage au bout de l'enfer (avril 2009)

Gare de Grünewald (novembre 2011)

Westerbork (septembre 2010)

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23/01/2014

le «Christophe Colomb» du rêve

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Michel Jouvet ? Un grand bonhomme. Un neurophysiologiste. Un savant auquel l’on doit l’une des plus grande découverte du siècle : celle du sommeil paradoxal, c’est-à-dire des conditions nécessaires au rêve, chez les humains comme chez les animaux.


Entretien avec Michel Jouvet, le «Christophe Colomb» du rêve, qui découvrit le sommeil paradoxal.

 

www.jfduvalblog.blogspot.ch


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17/01/2014

Pour Alex

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Il y a toujours un bout de tunnel...

Un ami d'enfance vient de perdre un être cher.

Son témoignage m'a énormément touché parce que je pense que, secrètement, il exprime le désir de bien des personnes qui vivent des moments similaires.

C'est avec son autorisation que j'ai donc eu envie de vous faire partager son cri du cœur.

 

Pour Alex

 

Quelques mots à mon être le plus cher, le plus chéri, le plus aimé, mon souffle, ma vie.

Je ne sais pas pourquoi j’éprouve le besoin de dire en public ce que tu sais.  Mais comme une prière, ou plutôt une litanie, cela permettra peut-être de transcender une réalité actuelle que je ne peux pas encore supporter.

Alex, je t’aime plus que tout.

Bien plus que moi-même.

Jamais je ne t’abandonnerai.

Je serai toujours avec toi.

Tu pourras toujours compter sur moi, sans faille, sans calcul, sans arrière pensée.

Je ferai tout pour toi.

Tu restes en moi car nous sommes indivisibles.

Tes problèmes de santé, j’ai toujours pensé pouvoir les surmonter, pour toi et avec toi, tellement mon amour était fort. Je te prie de m’excuser de n’y être pas arrivé. C’est un calvaire pour moi, une faute impardonnable. Je ne sais pas ce que j’ai fait mais je n’y suis pas arrivé.  C’est horrible. J’espère que tu me pardonneras.

J’ai parfois été dur avec toi ces derniers temps. Tu le sais, ce n’était jamais contre toi mais pour ta santé. Tu n’en étais pas responsable. Tu n’en pouvais rien. Je m’en rends compte maintenant.  Je l’avoue, j’ai parfois été pris de panique car je te voyais partir sans moi. Excuse-moi encore, j’aurais dû t’aider davantage que je ne l’ai fait.

On avait toujours espéré partir ensemble, dans un accident par exemple.  L’avion eut été l’idéal. C’est ce que l’on se disait souvent.  La rentabilité économique des compagnies avait ainsi du bon.  Tellement compressés dans des cabines, et ainsi si proches l’un de l’autre, une catastrophe eut été l’idéal : une chute éclair dans l’océan, ou mieux encore, une effroyable explosion en vol,  et Hop ! Ou plutôt Boum ! Raides morts les deux en même temps ! Quel bonheur de réaliser notre souhait de façon si tragique !

Les compagnies devraient se soucier davantage des désirs de leurs clients et aménager des prestations spéciales car un désastre aérien ne nous est jamais arrivé, ou presque.  Quelle satisfaction une fois d’entendre, comme cela s’est passé lors d’un très long vol, que, s’il n’y avait plus d’eau dans les toilettes, c’était qu’elle avait été remplacée par du carburant.  Malgré cela, il n’y avait finalement plus assez d’essence dans l’avion pour atteindre le prochain aéroport, avait dit le pilote dans le haut-parleur.  Pour bien nous donner toute l’information, il avait même rajouté que l’avion n’était en principe pas destiné à faire des trajets aussi longs.

Pas de doute, le pilote, en réalité la Pythie de l’intrigue, nous rendait un oracle. Ce qui était d’autant plus vraisemblable que nous avions bien rituellement offert un sacrifice au Dieu en consentant à manger un plateau repas des plus infects. Le moment fatal était donc bien arrivé. Chouette !

Finalement, rien ! Aéroport de Zürich et chocolats chez Sprüngli. C’est tout !

Une autre aventure nous avait conduit sur une île sauvage, aride et presque déserte, à part le splendide hôtel qui y avait été implanté au milieu d’une luxuriante végétation artificielle. Dès notre arrivée, par chance, un terrible ouragan était annoncé.  Le personnel nous avait prévenu du pire et leur angoisse était palpable lors des préparatifs préventifs.  Nous étions par exemple tous priés de ne sortir de nos bungalows sous aucun prétexte. Une prestation hôtelière catastrophique de bonne augure en somme !

Aux pires moments, quand les tourbillons étaient aux extrêmes, que des vagues immenses menaçaient de nous engloutir, que nous voyions les pavillons environnants se déliter et être emportés par le vent, tu avais pensé que c’étaient nos derniers moments.  Alors que le toit du bungalow voisin volait en éclats devant notre fenêtre, je me souviens combien tu avais ri lorsque j’avais dit que l’on ne risquait probablement rien étant donné que la télévision diffusait encore ses programmes.  Il devait même y avoir le paisible et champêtre « La petite Maison dans la Prairie ».  Sans doute avaient-ils pensé qu’il eut été inconvenant de diffuser « Autant en emporte le vent » !

Deux jours après, nous étions au calme sur la plage. Certes un peu encombrée de déchets, mais sur la plage quand même, au soleil, sains et saufs.

Je ne m’étendrai pas sur notre voyage en Thaïlande. Notre hôtel était situé en plein milieu de la plage au nom prémonitoire de « Cata Beach ». Elle a été le théâtre principal de l’horrible et macabre tsunami.  Mais seulement l’année suivante de notre séjour malheureusement.

Et les quartiers les plus sordides et dangereux de New York, en pleine nuit, où nous nous étions égarés à pied. Des meurtres y avaient lieu dans tous les coins de rues avait-on pourtant appris par la suite. Malgré tes avertissement répétés, mon absence totale d’expérience des voyages et mon obstination m’avaient fait croire en effet que l’on pouvait se balader sans risque un peu partout.  Je pensais que les dangers, assurément relatés de façon exagérée dans les journaux, au sujet de New York, Karachi, Bagdad ou Rio, n’étaient pas plus grands qu’à la rue du Rhône à Genève, à la place Saint-François à Lausanne, ou à la Paradelplazt de Zürich. Il va sans dire que je ne connaissais pas encore la Place Bel-Air de Genève, bien entendu.

Pour New York et pour l’époque, qui pourrait me donner tort finalement puisque, malgré cette prise de risque insensée, il ne nous est malheureusement rien arrivé d’autre que des ampoules aux pieds, tellement les distances étaient grandes pour rejoindre un hôtel que l’on voyait pourtant si proche ?

Je ne vous parle même pas des tours jumelles où, après deux heures d’attente pour monter au sommet, on nous avait dit que l’observatoire était fermé pour cause d’alerte à la bombe. Quels étourdis ces terroristes ! Ils auraient au moins pu mettre la bombe en bas et non pas en haut !

Et nos multiples et magnifiques croisières : pas de naufrage en vue, pas la moindre anicroche ! Aucun capitaine éméché, festoyant avec ses convives au lieu de regarder la mer, pas de coque éventrée, des icebergs, même les plus ténus, totalement inexistants, pas la moindre épidémie ou salmonelle mortelle.  Nul radeau donc à portraiturer pour un peintre célèbre, comme lors du naufrage de La Méduse, aucune perspective suspecte de l’île du Giglio à voir depuis la cabine, ni aucune Céline Dion non plus, il faut le dire, ou plutôt l’entendre.

C’était quand même injuste de n’avoir eu aucune catastrophe maritime. Même le paquebot de  « La croisière s’amuse », interminable série télé américaine, avait pourtant bien fini par couler. On pourrait dire un peu que, pour nous, c’était « La Malchance s’amuse ».

Tous ces voyages, toutes ces découvertes, je te les dois Alex.  Avant de te connaître, je n’étais jamais sorti de mon trou.

Morges, où nous sommes devenus partenaires enregistrés par l’Etat, était déjà Tombouctou pour moi.  Pour ce partenariat, que nous souhaitions depuis longtemps, la dame officielle était très empruntée. Nous étions parmi les tout premiers avait-elle dit.  Elle avait de la peine à lire les parties des documents fraichement reçus qu’elle avait soigneusement soulignés en jaune et qu’elle ne connaissait pas encore par cœur. L’habitude n’était pas encore au rendez-vous mais la dame, hésitante, était visiblement ravie de ce changement de routine.

Il y avait le choix entre différents types de documents, différentes complexités d’écritures, différents emballages colorés et, même, différentes qualités de papier. Un pays de Cocagne donc.

A la fin, on est allés au comptoir où produits et prestations ont été comptabilisés et typés à la grosse caisse enregistreuse. 

— « Une attestation machin chose, vingt trois nonante, un papier i grec, quatre francs soixante, et caetera »

Finalement : Bing ! Le tiroir caisse s’est ouvert et le total nous a été communiqué. Cela devait faire quelque chose comme cent soixante-huit-nonante-cinq.  Alex, peut-être en pensant au Maroc, a alors donné deux cent francs en disant :

— « Gardez la monnaie, c’est pour le personnel ! »

La dame est devenue toute rouge et est allée voir sa cheffe pour savoir si elle pouvait accepter.

Loin de tout cela, nous étions les deux tellement heureux d’être encore davantage unis, aux yeux de tous. Comme dans les contes de Mille et une Nuits, nous étions des « Ali Baba » qui avaient enfin entendu le « Sésame Ouvre-toi ».

C’était en janvier, il faisait froid et nous sommes allés nous offrir un thé de menthe à la Coop d’en face. Tellement heureux !

Alex, tu m’as appris le monde, les autres, le Maroc, la Suisse allemande avec ta famille merveilleuse de tolérance et de bienveillance et, évidemment, bien d’autres choses encore. Ta gentillesse, ton immense affection, toutes les multiples attentions que tu m’as prodiguées, ton amitié, ton incommensurable tendresse, ton amour communicatif pour les animaux, je te dois tout ça et plus encore que je ne sais dire maintenant.

Quelque part, puisque aucune catastrophe ne nous a frappé ensemble, je suis content de te survivre pour que tu n’aies pas à souffrir de mon absence. Mais il faut le dire vite car je souffre atrocement. J’espère avoir la force nécessaire de surpasser ces souffrances car je pense à quel point il te serait difficile de me voir si mal.  Je ferai donc peut-être l’impossible pour être au mieux et que tu sois fier de moi. Mais j’implore ton pardon si je n’y arrive pas néanmoins, tant la tâche me semble actuellement insurmontable.

Alex, je t’aime plus que tout.

Sois à tout instant avec moi, comme toujours.

 

A tout à l’heure et maintenant avec moi au paradis !

 

Ton Gros Mâtou

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15/01/2014

Une députée sur le fil

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Malgré les gesticulations de certains, les réponses données au questionnaire qui a été envoyé en août 2012 à TOUS les enseignants des établissements scolaires genevois sont édifiantes et démontrent clairement, chiffres à l'appui (GHI), à quel point le malaise est profond au sein des directions d'écoles. Notamment en ce qui concerne la nouvelle organisation du primaire, avec ses directeurs d'établissement, voulue par l'ex conseiller d'Etat Charles Beer.

C'est dans ces conditions que les rapports de majorité et de minorité concernant la motion 2100 (lien) sont enfin rendus publics...

Le rapport de minorité est l'œuvre de la députée socialiste Madame Marie Salima Moyard et force est de constater que celui-ci ressemble fort à une démonstration cocasse de funambulisme...

Comment aurait-il pu en être autrement?

Les œillères dont elle est pourvue la privent de toute objectivité et c'est les doigts sur la couture du pantalon qu'elle s'efforce bien naturellement de défendre les décisions prises en son temps par Monsieur Beer, parti politique oblige.

Ce rapport est donc truffé d'énormités et d'âneries, je n'en reprendrai ici que trois.

1. Projet d'établissement (Pédagoland et directeurs )

Un des piliers de la justification des directeurs du primaire est le fameux « projet d’établissement ». Or ces projets d’établissement sont passablement indigents quant à leur contenu. Mais pour leur donner l’apparence d’une épaisseur, la méthode est piquante : on gonfle artificiellement le document, on le complique à l’envi, on le larde de formules vides et redondantes, on joue la complexité, on le truffe de formules alambiquées pour donner à l’ensemble l’apparence du sérieux scientifique. L’apparence seulement ; rien d’autre, car on y organise le vide.

Pourtant, Madame Moyard ne l'entend pas de cette oreille. Elle contre-attaque en prétendant que "Les auditions ont précisé que la gestion du conseil d’établissement (procès-verbal du 18.9.13) n’occupait pas plus de 5% du temps de travail de la direction d’établissement. On est loin du fantasme de la majorité de la commission qui voyait déjà en sa suppression la libération d’un 50% de temps de travail"

 

Mais? A quelle audition se réfère-t-elle pour oser une telle affirmation?

 

Mais...c'est, bien sûr,...celle de M. François Stocco, lui-même directeur d'établissement et président de l’ Association Genevoise des Cadres de l'Enseignement Primaire (AGCEP) !!!

Quelle objectivité voulez-vous alors en attendre...

 

Il en va de même pour la question de la "réunionite" que notre rapporteuse remet également en cause en se fondant sur...la même audition de Monsieur Stocco.

A les suivre tous deux, "le nombre supposé excessif de réunions (à but de concertation ou de travail pédagogique) convoquées depuis l’introduction des directions d’établissement serait de 9 séances par an, soit environ une par mois d’école"... ce qui ne serait, selon elle, "ni excessif, ni abusif"...

 

Pur mensonge! Posez donc la question aux enseignants, vous constaterez alors leur réaction. C'est tout simplement se moquer d'eux que d'oser de tels propos.

(A ce propos, voir le commentaire que j'ai posté à la suite de ce billet:

Madame Moyard et Monsieur Stocco sont deux fieffés menteurs!  Au sujet de la "réunionite", renseignement pris, dans la plupart des écoles, le nombre de séances de travail auxquelles les enseignants sont astreints est de une toutes les deux semaines, soit environ 20 par année scolaire. On est loin du chiffre avancé par M. Stocco, directeur d'établissement. Si l'on peut, à la limite, comprendre ce mensonge de sa part, il est plus difficile de l'admettre de la part de Mme Moyard, élue du peuple!)

Se fier et baser son argumentation sur l'audition de Monsieur Stocco, directeur d'établissement, voilà une belle preuve d'objectivité de la part de notre députée...

 

D'autant plus que, avant de tenter de minimiser l'importance de ces projets d'établissement, elle venait d'affirmer, au début de son rapport, que c'est sur

"ces deux éléments (projet et conseil d'établissement) que s’appuie précisément le nouvel enseignement primaire mis en place depuis quelques années".

Il faudrait savoir! Comment peut-elle à la fois prétendre à une importance minime (5%) de ces éléments et en même temps asséner qu'il s'agit du fondement de cette organisation sous forme de directions?

Notre députée fait preuve d'une sacrée incohérence...

 

2. Double casquette ( texte du 19.9.2013)

 

Madame Moyard prétend, en se référant à nouveau à des auditions de personnes qui sont dans l'impossibilité d'être objectives, qu'il n'est pas judicieux qu'un directeur d'établissement du primaire soit en même temps en charge d'un temps partiel d'enseignement, qu'il est impensable de "juger" du travail des enseignants, d'être leur responsable hiérarchique, tout en étant leur collègue.

Alors que cela relève du bon sens : en enseignant partiellement, les directeurs gagneraient en crédibilité en faisant partie intégrante du corps enseignant. En effet, pour bien diriger une école, il est important d’avoir un pied dans le terrain plutôt que d'en être déconnecté.

 

Outre qu'on a de la peine à comprendre les raisons évoquées dans ce rapport, on ne peut également que constater que Madame Moyard n'a soit rien compris de la problématique, soit fait preuve d'une sacrée mauvaise foi.

Elle écrit en effet: "Imaginons deux cotitulaires de classe au primaire (puisque la direction n’enseignerait jamais, même dans l’idée des motionnaires, à plus de 50%) : le collègue « normal » s’adresse-t-il tous les jours à son collègue ou à son supérieur hiérarchique "?

Madame Moyard parle de deux titulaires! A-t-elle saisi qu'il ne s'agit nullement de cela. Il n'est pas question que ces directeurs soient titulaire à part entière d'une classe, ils n'en auraient pas du tout la charge. Il s'agit pour eux de donner quelques heures d'appui, ou/et éventuellement de langue, aux élèves en difficulté scolaire sans pour cela répondre de toutes les autres tâches qui, bien entendu, incombent, elles, au titulaire de la classe.

Voilà, Madame la députée, une habile manière de présenter la situation?

Ce qui nous amène à mon troisième point.

 

3. L'utilisation aberrante des deniers publics

Faut-il le répéter?

Que ce soit, comme le prétend faussement la rapporteuse, en tant que titulaire ou remplaçant ou en tant qu'enseignant de soutien que ces directeurs seront mis à contribution, peu importe.

De toute évidence et n'en déplaise à Madame Moyard, selon ses propres termes, "le cahier des charges de ces directeurs d'établissement ne remplit pas le 100 % du temps de travail et, en d’autres termes, la majorité de la commission estime que les directions d’établissement actuelles sont payées à ne rien faire pour une partie de leur temps".

 

Dès lors, tout citoyen qui paye ses impôts est en droit d'exiger que ces gens soient mis au travail, même s'ils sont surpayés. Mieux vaut cela plutôt que de les payer à ne rien faire, en effet!

 

Le tout proche débat qui doit se faire en plénière du Grand Conseil promet d'être "chaud". Bien sûr un certain nombre de députés (on se demande de quel bord...) se laissera charmer par le chant des sirènes minoritaires.

Mais voilà, ces sirènes chantent faux!

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09/01/2014

Et "BOUM"...Des directeurs mis face à la réalité...

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C'est à maintes reprises, qu'avec l'Arle ou via ce blog, j'ai dénoncé le scandale de la mise en place d'un grand nombre de directeurs d'établissement à l'école primaire. Certains politiques ont bien senti l'ampleur de cette supercherie, ce qui a notamment donné lieu à cette motion 2100 qui demande que les directeurs d'établissement primaire consacrent une partie de leur temps à enseigner.

Combien de fois  n'ai je pas dénoncé les dysfonctionnements que ces postes engendrent. Combien de fois n'ai je pas décrié ces placards dorés dont ces directeurs bénéficient. Combien de témoignages édifiants sur leurs pratiques n'ai-je pas rapportés...

Et pendant tout ce temps, le DIP continuait à proclamer que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes!

Il aura fallu quelques années pour qu'enfin d'autres osent monter aux créneaux...

Car cette fois, ce n'est pas moi qui le dit mais le Syndicat des services publics (SSP) via une étude alarmante qui, selon le GHI de ce jour, "jette un pavé dans la mare".

"De manière générale, l’introduction de directeurs en 2008 par Charles Beer, en remplacement des inspecteurs dans l’enseignement primaire, a été mal vécue par le corps enseignant et explique ce malaise grandissant au sein de l’institution. De nombreux témoignages font état de brimades et de mobbing pilotés par certains directeurs et directrice. La FEG Fédération des Enseignants Genevois) a estimé qu’il manquait près de 150 enseignants dans l’enseignement primaire genevois. Selon elle, au lieu d’engager 76 directeurs en classe 24, il vaudrait mieux engager une centaine d’enseignants supplémentaires en classe 18 pour faire face aux défis du domaine de l’éducation".

Mais que se passe-t-il donc? Voilà qu'on ouvre les yeux? Un soudain réveil étonnant tout de même...pourquoi donc le SSP se manifeste-t-il juste après le départ de Charles Beer?

Mais bon, mieux vaut tard que jamais!

Dois-je m'en réjouir?

- Non, pas forcément, parce que cette étude semble enfin corroborer TOUT ce que j'ai dit depuis bien longtemps pour dénoncer cette situation qui reste bien dommageable.

- Oui, parce qu'enfin les nombreuses critiques émises à l'égard de cette déplorable organisation de l'école primaire trouvent un écho qui, peut-être, permettra d'y remédier.

Espérons maintenant que cela sera suffisant pour que Madame Anne Emery Torracinta saisisse la balle au bond et corrige les graves erreurs que son prédécesseur a cru bon de commettre....et ce n'était pas faute d'avertissements!

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Sécurité du ciel suisse

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Je lis dans la TdG de hier qu'en prévision du Forum de Davos et de la conférence de Genève 2 c'est le branle-bas de combat et que les capacités de l'aviation militaire sont mises à rude épreuve. Les forces aériennes suisses sont sur les dents...

Tiens, voilà qui tombe à pic à l'heure où l'on parle tant de l'acquisition de ce fameux Gripen....

Voilà donc que notre armée manquerait d'avions de combat pour garantir la sécurité de ces événements.

Je ne suis pas un expert en la matière mais j'avoue ne pas bien comprendre...

En quoi la sécurité des "grosses pointures" attendues pour ces deux manifestations est-elle à ce point dépendante de notre aviation?

Car enfin, comment les éventuels terroristes qui prévoiraient un quelconque attentat pourraient-ils s'y prendre?

Les bâtiments dans lesquels auront lieu les conférences prévues ne sont pas les tours de New-York et ne constituent donc qu'une cible minuscule.

Je ne saisis pas comment ils pourraient faire l'objet d'une attaque aérienne...à moins que nos terroristes ne soient équipés du matériel de guerre le plus sophistiqué, avions de combats armés de missiles ultra précis...

Et dans ce cas, le risque est aussi grand de jour comme de nuit...or les avions suisses ne seront opérationnels que de 8heures à 18heures !!!

Si attentat contre telle ou telle personnalité il devait y avoir, ne viendrait-il pas plutôt du sol et non des airs?

Dès lors, à moins d'un monstre coup de pub en faveur de l'achat du Gripen, je me demande quel est le but de l'article de la TdG...

Un expert de la question sécuritaire apportera peut-être une réponse à ma question.

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07/01/2014

Souvenirs, souvenirs

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Souvenirs, souvenirs
Je vous retrouve dans mon c
œur
Et vous faites refleurir
Tous mes rêves de bonheur

chantait Johnny au début des années 60...

Il m'arrive souvent de me retrouver avec des instituteurs et de discuter de leur profession. A chaque fois je suis étonné et peiné de voir ce que ce beau métier est devenu avec les années.

Pourtant, il fut un temps où le maître était respecté, tant par sa hiérarchie que par les parents des enfants dont il avait la charge. En un mot, on lui faisait CONFIANCE.

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Point besoin alors de rendre des comptes pour tout et rien, de se justifier pour chaque fait et geste. On savait en ces temps assez lointains que cette profession exigeait du tact, du doigté, du feeling. Le maître était une sorte d'artiste.

Il devait sentir comment faire passer son enseignement, parfois user de tactiques habiles pour y parvenir, savoir relâcher la pression, détendre l'atmosphère au besoin, accepter pour ce faire de, pourquoi pas, sortir de son rôle et faire le "pitre" devant ses élèves. Ensuite, au bon moment, être capable alors, d'un claquement de doigts, de reprendre en main cette classe devenue plus réceptive...

Je me souviens de sujets plus ou moins rébarbatifs tels les règles d'accord du participe passé que nous scandions tous en cœur sur un air de rap.

Je me souviens de chansons inventées qui parlaient de choux, de genoux et de cailloux qu'avec les élèves, on entonnait sur un air de guitare.

Le maître savait choisir LE bon moment en fonction de l'état de ses élèves...

Ainsi, de manière inopinée, sans avoir besoin de remplir une multitude de formulaires, sans avertir la terre entière, au gré de l'humeur ou de la météo, on décidait d'une sortie pour ramasser des feuilles mortes en vue d'une leçon de dessin, de profiter d'une grosse chute de neige pour aller construire un igloo ou pour aller luger dans le champs le plus proche.

Il arrivait qu'on s'échappe dans la nature pour aller tourner une scène du film que chaque année on réalisait avec les élèves.

On se retrouvait soudainement au bord de l'Allondon pour y bâtir un barrage hydroélectrique.

On n'hésitait pas à descendre en canoë les marais de la Versoix...

On pouvait se permettre une sortie à vélo.

On choisissait d'interrompre le travail scolaire à tout moment pour élaborer les décors nécessaires à la pièce de théâtre que chaque année on "montait" pour la fête de Noël.

Le maître décidait et on le respectait...

On pouvait....

Autant de souvenirs qui paraissent aujourd'hui impensables. Car gare à celui qui se risquerait à de telles pratiques. Le monde entier lui tomberait dessus; blâmes de la hiérarchie, cris d'orfraie des parents, plaintes, avocats...

 

En définitive, vous avez bien raison instituteurs d'aujourd'hui, restez bien sagement dans votre local de classe, ne vous aventurez pas au dehors, surtout ne prenez plus aucune initiative, vous risquez trop gros.

 

 

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05/01/2014

Au bal, au bal masqué ohé ohé

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C'est la rentrée scolaire! Les élèves et les enseignants ont profité de cette pause de Noël pour recharger leurs batteries tandis que, de leur côté, les directeurs d'établissement ont pu utiliser à leur guise une petite partie de leur 10 semaines de vacances...

Certains de ces directeurs ont dû profiter de cette occasion pour peaufiner la manière dont ils allaient aborder leur nouvelle affectation. Comment vont-ils gérer les nouvelles écoles dont ils auront la charge en cette nouvelle année.

Car le savez-vous ou l'avez-vous remarqué, ils sont en fonction depuis 2008 mais tous les cinq ans, voire moins, dans l'enseignement primaire, on observe un curieux manège, une sorte de bal masqué pendant lequel la valse est à l'honneur. Au DIP, on organise ainsi une multitude de rocades de postes entre directeurs. Pour d'étranges et inexplicables raisons, ils sont régulièrement mutés à la tête d'un nouvel établissement... avec toutes les conséquences qui s'en suivent.

Mais, ne serait-ce pas là une habile tactique? Ne pas rester trop  longtemps en poste au même endroit...Une pratique qui permet d'éviter l'accumulation de mécontentements et les ennuis qui en découleraient...

Y a -t-il une autre explication?

 

Permettez-moi encore de vous raconter cette anecdote qui ne manque pas de croustillant.

Suite à la prise de position de la majorité de la commission de l'enseignement du Grand Conseil à propos de la motion 2100 qui demande que les directeurs scolaires consacrent une partie de leur temps de travail à l'enseignement, l'un d'eux (a-t-il été mandaté par ses collègues?) a pris contact avec l'un des députés de la commission.

Sentent-ils le vent venir? La panique? Pensez-donc, voilà qu'ils devraient se mettre sérieusement au travail...

Toujours est-il que tout soudainement, ce directeur se réveille et invite notre député à venir passer une journée avec lui afin qu'il se rende compte de ce que représente sa charge.

Cette soudaine envie de le rencontrer est assez amusante...car depuis le temps que les critiques à leur égard fusent de toutes parts, notamment via ce blog, jamais un tel intérêt ne s'était manifesté, jamais ces directeurs, du haut de leur tour d'ivoire, n'avaient ressenti le besoin de, peut-être, expliquer clairement quel était leur rôle exact...

Pour ce faire, il aura fallu qu'ils sentent le danger...

Notre député a bien entendu accepté cette proposition. Mais, il s'agissait pour lui de garantir que les dés ne soient pas pipés et donc de fixer quelques règles élémentaires au bon déroulement de l'exercice.

Afin de se faire une idée plus juste, il a donc proposé quelques modifications...

A savoir, non pas un seul jour mais plusieurs jours de visites inopinées, décidées par lui, à son gré, sans avertissement préalable, afin d'éviter tout risque de mise en scène.

Il se réservait en outre, la possibilité de venir accompagné s'il en ressentait le besoin.

J'imagine l'embarras du directeur...

Ne voilà-t-il pas que soudainement, dans ces conditions, il lui fallait une autorisation de sa hiérarchie...

Ce fut les dernières nouvelles données...il y deux mois! Plus rien depuis...Fin de l'histoire!

Vous avez dit bizarre?

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