04/02/2014

L'héritage de Beer, un cadeau empoisonné

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Ca s'est passé en catimini, sans tambour ni trompette. Pas un mot dans la presse, si ce n'est un petit article dans "Le Courrier" dans lequel la députée Salina Moyard tente, tant bien que mal, de minimiser l'affaire. On peut le comprendre tant il est vrai qu'au sein d'une même famille politique, il est difficile de discréditer Le Père.

Car, en effet, l'acte n'est de loin pas anodin. Le Conseil d'Etat a, tout récemment, tout bonnement, retiré le projet de loi proposé à la hâte par l'ex président du DIP Charles Beer (PL 11314, ici pour ceux qui ont le courage de décortiquer ce pavé).

Sa dernière cartouche afin d'imposer ses ultimes marottes qu'il aimerait voir gravées dans le marbre, dans la loi.

Mais voilà, comme pour n'importe quel héritage, on est en droit de le refuser, ce qu'a fait fort heureusement, le nouveau Conseil d'Etat!

Qu'en est-il? Quelques exemples, parmi tant d'autres, qui ont probablement incité le CE à prendre cette décision.

En ce qui concerne le Primaire, inscription dans la loi alors que les sujets sont encore en "traitance"

- Des conseils d'établissement et de toute l'organisation aberrante qui s'ensuit, notamment la mise en place de quantité de directeurs d'établissement...

- De l'instauration d'une commission consultative pour les élèves en difficulté et de vagues "mesures d'accompagnement" sans spécifier de quoi elles retournent, de cours d'appui par exemple. Au contraire, on se contente d'habilement mêler "études surveillées" et "mesures d'accompagnement" alors que ce sont deux entités totalement différentes et indépendantes l'une de l'autre (sujet que j'ai largement développé sur ce blog).

- D'une formation des futurs enseignants genevois discriminatoire par rapport à la formation délivrée dans les autres cantons. Une formation universitaire (IUFE) plus longue qui impose un certificat complémentaire auquel ne sont pas astreints les candidats d'autres cantons (HEP).

Au secondaire, inscription dans la loi

- De l'étude des "Grands textes religieux"...

- Instauration du latin pour tous...

 

Et sur un plan plus général, inscription dans la loi

-De l'existence du SRED (Service en recherche de l'éducation), un organisme pourtant largement contesté.

- De favoriser "les innovations pédagogiques visant à améliorer et à développer la qualité de l'enseignement"; une bonne chose en soi, mais en occultant purement et tout simplement son appartenance totale à la FAPSE (Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education), entre les mains de personnages eux aussi tellement controversés.

 

Autant de sujets que j'ai souvent développés ici qui ne sont de loin pas résolus mais que Charles Beer, à la hâte, juste avant son départ, a tenté de faire passer l'air de rien. Fort heureusement, il semble que le nouveau Conseil d'Etat ne s'est pas laissé abuser et que ce dernier sursaut de Beer ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau.

Est-ce de bon augure? Peut-on y voir là un acte fort qui démontre que Madame Anne Emmery Torracinta veut reprendre la barre en main pour enfin conduire le paquebot à bon port? L'avenir proche nous le dira...Affaire à suivre...

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Commentaires

Pourvu que Maudet en fasse autant avec les taxis !
7 ans d'errances sous Unger...

Écrit par : Pierre Jenni | 04/02/2014

Pourvu que Poggia en fasse autant avec la santé et l'Hôpital
Combien d'années d'errances Unger là ?

:-)

Écrit par : Jmemêledetout | 04/02/2014

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