11/02/2014

La Matu au rabais?

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Ils sont nombreux ces étudiants qui rêvent de l'obtenir. Mais, au fait, pourquoi donc? A quoi sert-elle cette fameuse "Maturité"? A rien si l'on s'en tient là. Un diplôme totalement inutile si ce n'est qu'il est le sésame plus ou moins indispensable à l'accès à l'université.

Sa matu en poche, enfin, l'étudiant pourra alors décider plus distinctement de son avenir professionnel, des études auxquels il veut se consacrer. Sciences, commerce, lettres, droit, de nombreuses voies s'ouvrent alors à lui.

 

On peut pourtant se poser la question. Est-ce vraiment nécessaire d'atteindre dans tous les domaines le niveau exigé par la Matu? En quoi le programme de math ou en physique est-il utile à celui qui se voue à la faculté de Droit ou celle des Lettres?

La Matu est en fait un diplôme de connaissances générales et toute la question est de savoir à quelle hauteur il faut placer la barre...

 

Chacun prêchera pour sa paroisse et s'appliquera à maintenir sa discipline à un niveau d'excellence. Aujourd'hui, ce sont les profs de math qui montent au créneau.

Ils estiment que le système des options permet trop facilement de compenser une mauvaise note dans les branches essentielles telles les mathématiques. Ils demandent donc à la Commission suisse de maturité de durcir le système qui permet par exemple de compenser une faible note de math pas deux bonnes notes en sport et en musique.

 

A Genève, afin de contourner cette possibilité, souvent utilisée par de nombreux étudiants, on a pris les devants et instauré un système de points à obtenir. Il faut au minimum 16 points pour 4 disciplines, dont obligatoirement le Français et les Maths.

On assiste alors à une petite bataille politique puisque le PLR a proposé dans son programme de législature d’abord, puis dans la Motion PLR sur la Matu que les députés viennent de renvoyer au DIP pour cause de réponse insuffisante, le principe des options-liées.

Ce principe contraignant se heurte à l’opposition des directeurs, et on peut présager que Madame Anne Emery Torracinta va tout faire pour contourner ce principe. Ce qui nous promet de belles empoignades...

 

Le problème soulevé par les profs de maths suisses est réel. Pourtant, ce n’est pas un drame en soi. Il est vrai que la matu ne doit pas être bradée au rabais mais qu'elle doit rester un diplôme de "haut" niveau. Pourtant, en ce qui me concerne, j'aurais tendance à donner raison à Beat Zemp, Président de l'organisation faîtière des enseignants suisses qui estime que ce débat doit avoir lieu mais qui pense que la solution à trouver doit être suffisamment nuancée pour éviter que des élèves doués mais mauvais dans une seule branche se voient fermer les portes de l'université.

 

J'ajouterais que le problème est peut-être ailleurs et d'une autre importance, ceci d'autant plus au lendemain de la votation sur l'immigration massive.

Il est en effet urgent d'en finir avec ces préjugés imbéciles qui font croire que pour réussir dans la vie, il faut à tout prix faire des études. Il est grand temps de se pencher sérieusement sur la formation des jeunes suisses et de revaloriser les filières d'apprentissages que certains se sont évertués à dénigrer depuis des décennies.

 

 

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Commentaires

Il y a également un autre problème: Le bac français avec la mention (12/20 points) permet à tous les élèves l'ayant en poche d'accéder aux universités en Suisse.
J'ai récemment donné un petit cours d'appui d'allemand et d'anglais à un élève suisse d'une école privée passant le bac.
Il m'a montré ce qu'il devait préparer pour passer son bac dans ces 2 langues. Pour chaque branche il avait 4 petits textes (environ 1 page A) avec des questions. Il pouvait donc TOUT apprendre par coeur. Il avait répondu à plusieurs questions dans un allemand qui m'a fait dresser les cheveux. J'ai donc corrigé les textes avec lui. Il a eu la chance re tomber sur un texte qu'il avait appris par coeur, et il a obtenu 17/20.
Finalement il n'avait pas obtenu le bac (il n'avait même pas les 10/20), mais avait le droit de se présenter à une séance de rattrapage, dans 2 disciplines, 2 oraux, mais pas dans les branches qu'il n'avait pas réussi. Dans 2 branches dans lesquelles il n'avait pas eu d'examen. Finalement il a passé son bac avec 15/20, donc après le rattrapage.
Voilà des conditions qui ne ressemblent en rien à celles de la maturité gymnasiale suisse.
J'estime également que notre maturité doit avoir un niveau très élevé, mais si les gens ayant les moyens financiers et qui peuvent donc passer par le bac français (bcp plus simple même avec la mention) dans les écoles privées ont la possibilité d'accéder à nos universités, et qu'en même temps on durcit les conditions de nos maturités, il y a un gros souci !

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 11/02/2014

Dommage, vous faites un peu trop dans la nuance sur ce coup.
Soit les préoccupations des profs de maths sont fondées et il faut répondre adéquatement avec le risque que les profs des autres disciplines en fassent autant, soit il faut soutenir la position de M. Zemp et ne pas hypothéquer un avenir prometteur.
Si la matu ne sert à rien en tant que tel, alors de grâce ne durcissez pas artificiellement certaines branches sous prétexte que les parents ne favorisent pas suffisamment les filières de l'apprentissage.
A moins que vos considérations rejoignent celles de notre ministre de finances et que vous vouliez soulager les universités qui sont obligées de filtrer en première année.
Comment se fait-il que les profs ne soient pas capables de déceler les qualités de leurs élèves et que le système ne leur permette pas de les pousser dans la direction pour laquelle ils semblent destinés, indépendamment des notes, des moyennes ou des points sur plusieurs disciplines qui ne leur serviront à rien par la suite ?

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2014

@Pierre Jenni
Il me semble avoir été assez clair quant à ma position...
"Pourtant, en ce qui me concerne, j'aurais tendance à donner raison à Beat Zemp..."

Écrit par : Duval | 11/02/2014

Presque tous les profs de math du Collège de Genève (et du Cycle d'Orientation qui le précède) agissent comme si leur discipline avait un droit particulier à poser des exigences élevées. Au Cycle ils sont souvent à l'origine d'une surcharge de travail que leurs collègues doivent encaisser plus ou moins silencieusement par égard pour les élèves. Au Collège ils ont tendance à penser qu'ils ont le droit d'exiger de tous leurs élèves un niveau qui leur permettrait de réussir dans des filières universitaires qui exigent ce niveau élevé, alors que pratiquement aucune prof d'allemand ou d'anglais ne fait de même.

Écrit par : Mère-Grand | 12/02/2014

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