01/03/2014

Facebook a du bon et Zora sourit

facebook.png

J'ai reçu, il y a quelques jours une invitation à rejoindre un groupe sur Facebook.

Une ancienne élève me disait qu'on y parlait entre autre de moi...

Je me suis donc exécuté et oh, quelle bonne surprise.

D'anciens élèves de l'école dans laquelle j'ai exercé pendant un certain nombre d'années ont créé ce groupe et ils sont nombreux à l'avoir rejoint.

Tout y revient à la surface, telle la madeleine de Proust. Voilà que tous, ils se déchaînent et ça n'arrête pas. Photos, vidéos, petits secrets, grosses "déconnades", tout y passe.

Si tu as fréquenté l'école...tu te souviens de

- la descente de la rampe de Choully dans le gros container à ordures, au péril de sa vie

- des robinets des WC qu'on ouvrait tout grands pour inonder le local en croyant que l'école allait fermer quelque temps

- des séances de "bécotage" derrière l'école

- des talons aiguilles de cette maîtresse

- des gros sabots du maître

- la chanson Stewball d'Hugues Aufray dans laquelle il est question de l'accident d'un merveilleux cheval blanc...mais qui finissait en steak frites selon les paroles modifiées du maître qui adorait faire mousser les petits chanteurs

- la fouille de la benne à papier à la sortie de l'école...pour y trouver des lectures peu recommandables

- les sorties à vélo, les batailles de boules de neige

- Et encore, et encore, et encore...

Curieusement, de cours de français, de math, etc., il n'en est pratiquement pas question! A croire qu'on n'enseignait jamais dans cette école, on n'y faisait que des pitreries.

Que du bonheur! Merci, merci, merci à vous, chers "élèves" que je retrouve aujourd'hui.

Dans ma tête, vous n'avez pas pu grandir, vous avez toujours ce petit minois dont je me souviens. Et je regarde les photos qui figurent sur vos différents "murs" facebook. Comment est-ce possible! Vous êtes des ADULTES, vous avez une vie en tant que telle, vous êtes mariés, vous bossez, vous avez des enfants!

Et soudain, je me souviens de l'une de vous...

A l'époque, j'avais appris quelques accords de guitare afin de pouvoir gratouiller un peu pour accompagner nos chants. Quelle idée m'avait saisi le jour où j'avais pris le risque de vous apprendre une chanson de Céline Dion, "Zora sourit". Vu le sujet abordé dans cette chanson, c'était un peu osé et je ne suis pas certain d'ailleurs que ça passerait aujourd'hui...

Une rue, les gens passent, les gens comme on les voit
Juste un flux, une masse, sans visage, sans voix
Quel étrange aujourd´hui, quelque chose -mais quoi?-
Désobéit, désobéit
...

Zora sourit aux trottoirs, aux voitures, aux passants
Au vacarme, aux murs, au mauvais temps
A son visage nu sous le vent
A ses jambes qui dansent en marchant
A tout ce qui nous semble évident
Elle avance et bénit chaque instant
Zora sourit, Zora sourit
...
Zora sourit pour elle, elle sourit d´être là
Mais elle sourit pour celles, celles qui sont là-bas
Pour ces femmes, ses sœurs qui ne savent plus sourire
Alors des larmes plein le cœur, des larmes plein la vie
Zora sourit, Zora sourit

Je m'adressais à de jeunes enfants, afin de m'assurer de la compréhension du texte et de savoir s'il valait la peine d'aller plus loin et de l'apprendre, j'avais donc dans un premier temps "interprété" cette chanson à mon auditoire de petites têtes blondes.

J'avais ressenti une grande attention et je me souviens avoir été étonné de voir plein d'yeux tout écarquillés qui me fixaient.

Ensuite, tout naturellement, j'ai demandé: "Alors, c'est qui Zora"?

Grand naïf que j'étais! C'est alors, qu'une petiote, assise par terre, juste devant moi, m'a regardé l'air stupéfait. Je pouvais lire dans ses yeux..."Mais, il en est où Duval, il est bobet ou quoi"? Et de me répondre le plus simplement du monde avec le vif désir de m'éclairer:

"Mais, M'sieur, Zora, c'est une souris"!

12:00 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Ben Oui ! Quoi ! Evident ! On dirait presque que tu n'avais pas fait les études pède avec Gibert..."vous voyez les enfants? Qu'est-ce que j'ai dans les mains? ...un casque de moto? NON, c'est un.... pot de fleurs!"! Grand naïf!

Tout à l'heure, je me retrouvais comme toi en 1977-78 avec mes anciens élèves de Champs-Fréchets qui surfaient sur la page FB... "Tu es de Meyrin si...." avec tout plein d'images et de souvenirs qui remontent comme des instants magiques de bonheur partagé.
On vieillit Dudu... Mais cela fait du bien de savoir qu'on a semé quelques bons moments dans le coeur de nos chers petits, qui à leur tour ont fait des petits et ils s'en souviennent. C'est pas beau la vie ?

Écrit par : J-F Girardet | 01/03/2014

Qu'il est doux quand on est vieux d'avoir des souvenirs attendris de bons profs de notre enfance, ceux qui nous ont fait presque oublier les très mauvais et méchants.

Moi je n'ai qu'un seul bon souvenir de prof, il enseignait le français, l'histoire et l'anglais au progymnase de Bienne. Il s'appelait M. Sauter. Il racontait l'histoire comme personne, théâtral à souhait et même les dessous des dessous de l'histoire, de France surtout :-) J'étais son élève préférée de français, il lisait à voix haute toutes mes rédactions dans la classe, celles que je faisais pour moi et pour mes deux copines en n'étant pas dupe du stratagème, sauf celles qui révélaient des émotions trop intimes à mes conditions d'existence, il avait du respect et de la pudeur. Il m'a défendue à fond, auprès des inspecteurs, lorsqu'on a voulu me faire redoubler parce que j'étais nulle en maths sauf l'algèbre, et en géographie. Il ne m'a pas oubliée lorsque je me suis mariée en 1969 et m'a envoyé un magnifique livre avec illustrations de Jean Cocteau.

Je le garderai dans mon coeur à vie.

Je me souviens de ce prof de musique, même endroit, qui jouait si divinement bien du violon dans sa salle de classe lorsqu'il était seul, que je restais assise dans les escaliers pour l'écouter encore et encore jusqu'à ce qu'il s'arrête, ratant le train qui m'amènerait dans cet endroit dit chez moi dans lequel je n'avais aucune envie de rentrer. Il avait des cheveux longs, une vieille 2CV avec des rideaux rouges qui faisait hurler les recteurs. Il a voulu que j'accompagne au piano sa petite chorale de classe pour la fête de fin d'année dans "Nathalie" de Gilbert Bécaud. J'étais morte de peur, mais je l'ai fait.

Je tente d'oublier ce prof de géographique et de maths, qui tapait la paume des mains de ses élèves avec une règle en fer, lorsqu'ils répondaient mal à une question. Il voulait nous faire apprendre par coeur les affluents des affluents d'Afrique ! Il n'a jamais osé de lever sa règle sur moi, mais je n'arrive pas à oublier celui-là. Je tente d'oublier quelques autres aussi, ailleurs, dans d'autres villes, d'autres circonstances. Mais je n'y arrive pas non plus. Les blessures de l'enfance ne s'effacent jamais.

Merci à ceux qui nous ont aimés, aidés à grandir, défendus dans nos différences. Et merde aux autres, sadiques, dénués d'humanité, prétentieux, qui s'en sont allés rejoindre comme tous la cendre ou la terre.

Écrit par : Jmemêledetout | 01/03/2014

Je suis tombée, par hasard, sur le groupe de discussion en question, mon mari depuis plus de 30 ans, est originaire de Satigny, il y a d'ailleurs fait toute sa scolarité, mais bien avant tous ces "jeunes".
Quel délice de lire tous ces souvenirs d'enfants. Je connais les parents (grands-parents ?) de la plupart d'entre-eux.
Mais les commentaires les plus émouvants sont ceux qui ont été faits sur les bêtises de mon neveu, Stéphane S., qui peut-être ne le savez vous pas, est décédé en 1988.
Dans ma famille, on dit que seuls meurent les personnes qu'on oublie. Et là, 25 ans après, vous l'avez fait revivre ! Alors, merci. Merci à vous, et merci également à Sylvie et Corinne pour leurs commentaires pleins d'amour et de nostalgie !

Écrit par : Rubis Chantal | 03/03/2014

Madame, merci pour votre message.
Sachez que Stephane a toujours été présent dans nos pensées....
Certains d'entre-nous sommes toujours en contacts, nos enfants sont scolarisés à Satigny et souvent quand nous nous voyons nous parlons de lui. Personnellement j'avais été très choquée en apprenant son décès en 88. C'est vrai qu'après l'école primaire nous étions tous séparés et j'avais des nouvelles de lui par les uns ou les autres. Mon frère Stephane (aussi) a eu plus ou moins le même parcours que lui...
Stephane (le vôtre), était craint par les garçons de l'école, il était plus grand et plus fort que tous.
Mais avec nous les filles, il était adorable et protecteur, très doux. Je vois encore son visage comme si c'était hier. Finalement il a donné du fil à retordre à sa famille et aux profs, mais pour nous c'était juste notre copain d'école qui nous faisait souvent rire avec les âneries qu'il faisait car il n'avait peur de rien ! Et comme je le disais sur FB, je crois que nous les filles, étions toutes secrètement amoureuses de lui et de sa bouille à la Dany Brillant.
Il terrorisait mon frère de deux ans mon cadet. Je me souviens que mon papa était venu à l'école et l'avait attrapé sur le parking. A partir de ce jour, il avait prit mon frère sous son aile et plus personne n'osait rien lui faire.
Finalement c'était un dur au grand cœur.

A propos des gros sabots du maître Monsieur Duval, Je crois me souvenir à qui ils appartenaient - suivez mon regard - Les filles ne les voyaient jamais de près et ils n'étaient heureusement pas assez rapides pour les fesses des garçons. Quelle belle époque.

Écrit par : corinne strohheker | 03/03/2014

Les commentaires sont fermés.