11/03/2014

En France comme à Genève, même combat

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Je viens de prendre connaissance d'un article de Jean Paul Brighelli, paru le 8 mars dans le journal Le Point.

En France, les problèmes liés à l'enseignement sont nombreux. Ils présentent des similitudes flagrantes avec ce que nous vivons à Genève, raison pour laquelle je ne résiste pas à vous livrer ici quelques extraits de ce texte éloquent.


...

Un institut féru de statistiques nous apprend qu'enseignant est le métier qui fait le plus horreur aux demandeurs d'emploi.

Comment ? Malgré les vacances, malgré tout ce que le café du commerce dit de l'attractivité de ce métier de feignasses, malgré les salaires faramineux !

... Les chômeurs préfèrent, de loin, être conducteurs de locomotive...

Ils ne rêvent pas sur les classes surchargées ni sur les programmes simultanément ambitieux et incohérents, et que l'on n'est pas près de réécrire, alors que c'était la priorité des priorités.

Ils ne rêvent pas sur ce qui était le cœur du métier, la transmission des savoirs, parce qu'on a vidé ce cœur et que l'on envisage très sérieusement de le remplacer par une mécanique "curriculaire" (sic !) qui mettra les "compétences" de l'élève au centre du système. Non, ils ne rêvent plus sur "le plus beau métier du monde", parce que les apprentis sorciers de la pédagogie en ont fait un repoussoir, à force d'imposer aux futurs enseignants leurs lubies et leurs propres incompétences.

Et Brighelli d'avancer quelques suggestions:

... c'est dans les programmes et dans la pédagogie qu'il faut sévir. Redonner aux enfants le goût de l'étude, c'est parler à leurs passions - et non à leur raison, qui est encore en construction. Un pédagogue doit fasciner, ou il n'est bon à rien. Dans quelque matière que ce soit. Et il fascinera d'abord par sa maîtrise de ce qu'il enseigne. La formation des maîtres ne peut se résumer à trois recettes de pédagogie assénées par des pseudo-spécialistes en "sciences de l'éducation", qui ont imposé aux étudiants de passer sous les fourches caudines des masters "professionnels" au lieu de chercher à approfondir leurs savoirs fondamentaux.

... il est urgent de confier la formation pratique des enseignants, après leur recrutement, à leurs pairs, et aux meilleurs d'entre eux, et non à des administratifs ou à des obsédés de schémas pédagogiques collés arbitrairement sur des élèves qui ne leur ont rien fait. Le problème n'est pas les rythmes scolaires, mais le contenu de la scolarité.

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