03/04/2014

Sauvez l'instit

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Suite au dépôt de la motion qui demande, pour les étudiants futurs instituteurs, de réduire le cursus de leurs études de 4 à 3 ans (voir mon billet "Formation des enseignants genevois, une injustice en voie d'être rectifiée"), voilà que certains étudiants à l'IUFE montent aux créneaux. Je dis bien "certains étudiants" et me garde bien de généraliser comme le fait un peu trop facilement Aurélie Toninato dans son article paru aujourd'hui dans la TdG. Car c'est plutôt du président de l'Association des étudiants en formation Enseignement primaire dont il s'agit. Ce qui est bien différent.

Une association qui avait déjà démontré ses tendances, à l'époque, lors du débat sur le retour des notes à l'école primaire. Les temps ne semblent pas avoir changé...

Lorsqu'on connaît les dessous de cet IUFE, on est en droit de se douter de quelle manière ces étudiants endoctrinés sont téléguidés par les gourous de ce sanctuaire. Je me demande comment la majorité des étudiants va pouvoir échapper à la pression que peut imposer le refus de signer cette pétition. Car la peur des représailles est à coup sûr bien présente et les contestataires pourraient bien se voir sanctionner irrémédiablement. Ainsi leur avenir professionnel serait fortement compromis. J'en veux pour preuve les étudiants qui, la peur au ventre, ont osé nous faire part de leurs témoignages, mais sous garantie absolue de leur anonymat.

Aujourd'hui, l'Association des étudiants, par la voix de son président, vient à nouveau faire parler d'elle. Monsieur Frédéric Hiltbrand prétend donc que "réduire le cursus est une menace pour la qualité de notre formation et celle de l'enseignement". Un argument d'une pauvreté affligeante; comme si c'était la longueur des études et non son contenu qui en faisait la qualité!

Alors que tous les cantons, je dis bien tous, forment leurs instituteurs en 3 ans, Genève, du haut de son arrogance, ferait bien mieux (Instituteur, une profession en voie de disparition). Elle offrirait, elle, une formation soi-disant plus complète qui, au contraire des autres cantons, serait plus "généraliste"!!!

Mais de quelle planète Monsieur Frédéric Hiltbrand débarque-t-il?

A-t-il compris que ce statut de généraliste a disparu depuis le jour où Charles Beer a voulu créer cet IUFE? (Charles Beer a réussi son coup) Que ce sont ceux qui les manipulent aujourd'hui qui se sont ingéniés à détruire cette profession.

Aujourd'hui, les étudiants qui sortent de cet institut ont la tête bourrée de fumeuses théories pédagogos mais ne sont plus capables d'enseigner quantité de branches telles la musique, le dessin, les travaux manuels ou même l'histoire et la géographie suisse car tous ces enseignements ont simplement pratiquement disparu de leur formation.

Il fut pourtant un temps où tout cela fonctionnait parfaitement, et les instituteurs étaient formés alors en trois ans . Cela s'appelait à Genève "Etudes pédagogiques" ou "Ecole Normale" en Valais par exemple. Il est vrai, qu'à cette époque, on misait sur la qualité de la formation et que cette profession d'instituteur était encore une vocation. Celui qui s'y destinait n'éprouvait aucun besoin de revalorisation et faisait peu de cas d'une éventuelle gloriole due à une formation universitaire que certains pédants revendiquent aujourd'hui...

Une année à l'université suffisait amplement pour obtenir une demi licence et parcourir l'ensemble des principales théories d'enseignement. Les deux autres années étaient entièrement vouées à la pratique enseignante. Il s'agissait d'approfondir ses connaissances des matières à enseigner (français, math, géo, gym, etc. et même écriture au TN) et surtout, apprendre à "donner une leçon", apprendre à enseigner, à tenir une classe!

Il est grand temps de remettre de l'ordre dans cet IUFE, et cela passe par le remaniement complet du contenu de cette formation. J'ose espérer que nos députés l'ont bien compris au contraire de quelques étudiants qui, malheureusement, restent sous l'influence néfaste des gourous qui sont encore bien trop présents au sein de l'IUFE.


 

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Commentaires

Très bonne analyse. Les mêmes qui étaient contre les notes et pour de vaseuses évaluations sont aujourd'hui pour cette mélasse que l'IUFE distille en 4 ans.

Écrit par : Jean Romain | 03/04/2014

La seule raison pour ces gens -là de réclamer une formation universitaire en 4 ans et de pouvoir s'en prévaloir lors des exigences de classe salariales. Au lieu de mettre l'accent, non sur l'acquisition des savoirs mais bien sur leur transmission - ce qui est loin d'être anodin - ils mettent en avant tout le poids de cette formation universitaire très "orientée" bien évidemment.

Écrit par : uranus2011 | 03/04/2014

Les instituteurs semblent craindre et une perte de prestige et une perte de salaire.
Pour le premier point, je suis certain que c'est une erreur, pour le deuxième il me semble que Jean Romain a donné une réponse claire la semaine passée sur ce blog.

Écrit par : Mère-Grand | 03/04/2014

Mais la motion demande de réduire d'une année, pas de quitter l'université ! Les salaires restent les mêmes. Comme à l'époque des études de droits en 3ans : c'est ensuite que le métier s'acquiert.

Écrit par : Jean Romain | 03/04/2014

Merci Jean Romain d'avoir repris une proposition que le MCG s'était trouvé bien seul contre tous à défendre en 2009 déjà. En politique, il faut savoir être patient...les bonnes idées finiront toujours par triompher.

Écrit par : J-F Girardet | 03/04/2014

Oui, l'Arle avait posé les bases de ce dossier. Je reviens à ce que nous envisageons alors...

Écrit par : jean romain | 03/04/2014

Méfiez-vous des bonnes idées

Écrit par : Hadrien Dussoix | 05/04/2014

Prise par l'envie de vous adresser un bref commentaire, je me suis laissée entraîner par ma plume (ou mon clavier) et ai rédigé un autre billet sur le sujet que vous trouvez sous "Les inscrits” à :

http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2014/04/08/les-instits-254780.html

Écrit par : Michèle Roullet | 08/04/2014

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