27/04/2014

Le Pape préfère béatifier que rappeler

photo (4).JPG

Vous me pardonnerez ce parallèle!

C'est ce mardi 29 avril qu'aura lieu la commémoration de la déportation des juifs de France. "Il y a 70 ans, en 1944, 15 000 Juifs ont été déportés de France en 14 convois, dont deux au départ de Lyon et de Toulouse. Un convoi, le 73, a été dirigé vers la Lituanie et l’Estonie. 70 ans après, des cérémonies sont organisées pour rappeler le départ de chaque convoi et honorer la mémoire des déportés".

J'ai suivi l'info, aujourd'hui, au TJ sur TF1. On y relatait la visite d'Auschwitz par de nombreux étudiants en compagnie d'une des rares rescapées du ghetto de Varsovie. Elle leur expliquait ce qu'était alors la vie dans cet enfer. La faim, la souffrance, la mort. L'émotion qu'elle a suscitée auprès de ces jeunes m'a, tout comme eux, embrouillé les yeux et j'ai dû, je l'avoue, essuyé mes larmes.

103269_la-place-saint-pierre-du-vatican-a-l-occasion-de-la-beatification-de-jean-paul-ii-le-1er-mai-2011.jpg

Puis j'ai senti remonté en moi une certaine colère. Car ce reportage poignant suivait tout juste celui sur L'EVENEMENT du jour, la canonisation des deux papes, Jean XXIII et Jean-Paul II.

Malgré le hasard du calendrier qui fait coïncider les deux événements, ce bon François , suivi par des millions de "brebis naïves", tout à sa seule affaire de canonisation, n'a pas eu un mot à propos des déportations de 1944. Il était bien plus important et surtout plus rentable pour l'Eglise de s'en tenir à cette seule sainteté de deux hommes comme vous et moi tout compte fait. Et toutes les brebis de chanter et de danser...

Voilà deux événements que chacun pourra aborder avec l'importance qu'il voudra bien lui accorder car ils sont unis par le même processus!

nez.jpg

La capacité de mener les hommes par le bout du nez...

D'un côté la folie meurtrière qu'a réussi à générer le culte de la doctrine nazie et de l'autre la non moindre capacité du catholicisme à gérer la pensée de millions de gens.

Je me souviens de mes jeunes années lorsqu'à l'école du dimanche, on nous bassinait avec des histoires incroyables tout en nous distribuant des images pieuses. Je me remémore deux d'entre elles qui représentaient d'une part les marchands du temple et l'autre l'adoration du veau d'or. Et je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec le cirque que nous offre aujourd'hui le Vatican.

Face aux écritures bibliques et confronté à cette double béatification, je me dis que ce monde est bien incohérent.

En ce qui me concerne, le choix est vite fait.

Je me refuse à m'extasier devant cette "farce", fort juteuse produite aujourd'hui par le catholicisme, demain sans doute par une quelconque autre religion.

Afin de ne jamais oublier de quelles manipulations sont capables les hommes, je n'aurai de cesse, par contre, d'honorer le devoir de mémoire que nous propose cette commémoration de la Shoah.

15:28 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

A chacun son business, les chrétiens, les juifs, mais personne n'a eu l'idée d'invité un clodo chez soi à manger aujourd'hui. Moi non plus d'ailleurs. on est tous des pourris.

Écrit par : norbertmaendly | 28/04/2014

Il est vrai les Religieux et les Tout-Puissants sont aux commandes du Monde. Le Peuple vénère sans discuter leurs divinités et se soumet à la valse des Dieux unique ou multiples.
Voyez Henri VIII (1491-1547) roi d'Angleterre fidèle entre les fidèles du Pape et de la Rome catholique jusqu'à partir en guerre contre le réformateur Martin Luther, change de fusil d'épaule.
Henri VIII quitte subitement sa religion. Sa susceptibilité de se voir refuser l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon par le Pape le conduit à abandonner sa foi envers l'Eglise catholique. Il s'autoproclame Chef suprême de l'Eglise anglicane.
L'orgueil les pousse à être versatile. Mieux vaut se fier à son propre jugement.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 01/05/2014

Me choque davantage la canonisation de Karol Wojtyla que le silence du pape François sur Auschwitz ce pape s'étant dès l'emblée déclaré concerné par la pauvreté.

Avec Karol Wojtyla, Lolus pour sa maman, ce furent NON à la contraception, NON à l'avortement et NON à l'avénement des femmes prêtres et diacres en l'Eglise romaine quand bien même nombreuses d'entre elles affirmaient avoir cette vocation (ce qui en langage religieux signifie avoir entendu ou entendre un "appel")! Les papes ont-ils à dire NON à Dieu! Les lectrices et lecteurs de "Fonctionnaires de Dieu" (Drewermann) ne sont pas sans savoir que les deux futurs bons papes Jean Paul II et Benoît XVI compliquèrent la démarche concernant le retour à la vie des prêtres souhaitant se marier parce que le délai, jusqu'alors aisé, rapide de la procédure à suivre se prolongeant la "peau des futures épousées devenant "flasque"! les rendaient moins attirantes"... Comment peut-on accepter quelque chose de pareil et, Femmes, accepter que l'on canonise après avoir premièrement "béatifié"?! En outre, on connaît la sympathie de Karol Wojtyla pour l'OPUS DEI... notamment.

J'avais un ami prêtre dont la mère avait en immense estime le pape Jean XXIII. Adulation fan maternelle qui exaspérait ce prêtre ami qui voyait en ce Jean XXIII dit BON un homme avant tout "MATOIS"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01/05/2014

Les commentaires sont fermés.