02/05/2014

Ecole laïque et religionS

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Je me suis rendu aujourd'hui au Salon du livre pour y assister à un débat organisé sur le stand de la CICAD sur le thème Religion&laïcité. Michel Danthe, rédacteur en chef adjoint au Temps, officiait en tant que modérateur autour de la table ronde à laquelle étaient conviés Ghaleb Bencheikh, Président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, Jacques Ehrenfreund, professeur à l'université de Lausanne, Patrick Schmied, Président du groupe citoyen "Culture religieuse et humaniste à l'école laïque", Sabine Simkhovitch-Dreyfus, Vice-Présidente de la Fédération Suisse des Communautés Israélites ainsi que le pasteur Patrick Baud.

Un débat fort intéressant durant lequel plusieurs thèmes furent abordés, notamment celui du problème que peut poser la circoncision, du port du voile ou des menus des cantines scolaires.

Et toujours la même idée mise en évidence, apprendre à vivre ensemble, à se connaître pour éviter les peurs qui conduisent à la méfiance, au rejet pour finalement engendrer la haine. Une évidence bien évidemment.

Tout naturellement, on en vient au rôle que l'école doit donc jouer.

Selon Madame Sabine Simkhovitch-Dreyfus, le DIP offrirait maintenant la possibilité d'aborder la connaissance de différentes religions via l'étude de "Grands Textes".

Au terme du débat, enfin est venu le temps de donner la parole au public.

"A Genève, toutes les vacances scolaires sont fixées selon le calendrier des fêtes chrétiennes; Noël est, dans de nombreuses écoles, l'occasion d'une célébration. L'école genevoise se veut laïque et pourtant on ne peut nier qu'elle est fortement influencée par le christianisme. On y trouve des élèves de confessions multiples. Pouvez-vous alors me dire comment, très concrètement, on pourrait préserver cette soi-disant laïcité et garder sur un pied d'égalité l'étude de quantité d'autres religions, à l'école primaire spécialement"?

Les réponses qui m'ont été données sont restées vagues et ne m'ont bien sûr pas vraiment satisfait. Normal, puisque, selon l'un des invités même, il n'y pas de solution possible. Il faut se contenter d'une approche de solution adéquate. Offrir à tous les élèves, par exemple, durant l'année scolaire, un jour de congé symbolique en commémoration des religions autres que le christianisme.

Très vite, des questions pour le moins fort complexes, voire non sans arrière-pensées, ont fusé. Notamment sur les raisons de la circoncision ou sur le rôle politique mené actuellement par l'Etat d'Israël. Toutes ayant trait d'ailleurs au judaïsme! J'ai cru alors ressentir un certain malaise parcourir les invités participant à la table ronde.

Ces différentes interventions qui ont occupé tout le débat de la part du public m'ont conforté dans mon sentiment tant elles ont démontré la complexité et même le danger qu'engendre la mise en place d'un tel enseignement à l'école primaire.

Je vois mal comment des instituteurs qui n'ont aucune formation en la matière pourrait s'acquitter objectivement d'une telle mission.

Dès lors, il n'y a pas 36 solutions.

- Soit on s'en tient au statu quo et on admet que l'école genevoise fait preuve d'une toute relative laïcité même si elle s'applique à ne pas rentrer en matière sur un quelconque débat au sujet du christianisme.

- Soit on entre en matière sur un enseignement des religions à l'école et on s'expose alors à de gros problèmes...

Hormis qu'il faudra prévoir la mise en place d'une formation très pointue pour les enseignants, il faudra également penser à revoir entièrement le calendrier scolaire de façon à tenir compte uniquement du rythme scolaire des élèves plutôt que de quelques fêtes religieuses.

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Commentaires

Les enseignants ont déjà assez de peine à enseigner les branches classiques pour qu'on ne leur demande pas de s'occuper des religions. D'ailleurs ces dernières n'ont rien à faire à l'école. Peu importe comment l'horaire, les jours de congés et les vacances ont été instaurés, il faut continuer avec ce qui existe. Les défis que rencontre l'enseignement se suffisent à eux même sans qu'en plus les religions viennent compliquer la situation.

Écrit par : norbertmaendly | 03/05/2014

De tout temps les religions, quelques qu'elles soient, ont cru qu'elles détenaient La seule Vérité, la leur! Elles ont essayé de l'imposer aux autres. Alors venir aujourd'hui nous faire croire que l'enseignement des religions à l'école va nous apprendre à se connaître et ainsi à nous réunir, laissez moi rigoler. Tout ça c'est de la poudre aux yeux. On ne vit pas chez les bisounours. Toutes les religions sont ce qu'elles sont et le resteront, elles ont été créées dans le seul but d'avilir l'homme, d'avoir la main mise sur ses adeptes...au profit des puissants. Cet enseignement n'a donc RIEN à faire à l'école, surtout pas!

Écrit par : Incrédule | 03/05/2014

Tout est bon pour faire de la propagande religieuse pour les uns, et pour affaiblir le sentiment d'appartenance pour les autres, qui négligent de rappeler qu'aucune des autres religions, en tout cas pas l'Islam ou le Judaïsme, se sentent mal à l'aise pour célébrer leurs fêtes respectives, et cela sans contre-partie pour ceux croyants qui ne partagent pas leur foi.

Écrit par : Mère-Grand | 03/05/2014

Etant donné que nous sommes en pays chrétien, quelles difficultès? Respecter les "autres", les autres religions tant que respectables (Droits de l'homme, de la femme, de l'enfant, de l'animal, de la biodiversité. Fin de la peine de mort, des tortures, mariages forcés, etc.!) quels problèmes?! Un point de vue personnel, et pourquoi pas? de l'instit sur la circoncision (mon poinr de vue d'éducatrice de formation donné aux enfants serait "non aux circoncisions et excisions d'enfants"! "Libre choix dès l'âge adulte" à toute personne détentrice de la capacité de discernement, autrement non à ces pratiques d'autres temps sauf, circoncisions, pour raisons médicales"! ce que les enfants comprendraient bien. Les personnes venues d'ailleurs pratiquant d'autres religions devraient s'assouplir... et nous autres "tâcher de comprendre" quand faire se peut (coran, charia tels qu'aujourd'hui aux passages inchangés, non. L'Ecole étant la
Maison des enfants,n'importe quel sujet devrait pouvoir être abordé en toute connaissance de cause, avec impartialité, sans prosélytisme! En priant les parents de cesser de chercher la petite bête en tout et pour tout (les jeunes qui deviennent instits ou profs ont étudié et susceptibles, à force de lassitude vu les exigences des uns et des autres parents ou Directeurs de renoncer à faire carrière dans l'enseignement.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/05/2014

@ Incrédule


Comment comprenez-vous de Jésus cette parole s'adressant à tout homme à commencer par ses disciples: "Vous êtes des princes"... et s'adressant à Pierre, à propos d'une femme, Marie, partant "des" femmes: "N'écarte pas Marie de la communauté car tout commme toi elle a une âme"! Ces paroles dites pour "avilir" l'homme, la femme? Educatrice stagiaire, autrefois, j'ai rencontré des religieuses donnant aux jeune filles dont nous avions en charge l'éducation le sens de leur beauté (mais oui! enseigné par des religieuses) et de leur "dignité" (Soeurs de Jeanne-Antide Thouret)! Incrédule, vous allez trop loin... L'abbé Pierre avilissait-il ses "les compagnons"?! Martin Luther King? Soeur Emmanuelle et les chiffoniers. St Vincent de Paul, les galériens. Guy Gilbert, les loubards. Le Dr Tournier n'imaginant pas soigner le corps sans l'âme: vécu et ressenti de chacun, Genève. Et mille autres... Père de Foucault...? Hildegarde de Bingen...

Franchement...

Écrit par : Alix | 03/05/2014

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