23/05/2014

Le monde s'informatise

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Chacun en est conscient. Désormais plus rien ne se fait sans l'aide de l'informatique. Dans tous les domaines on y est confronté. Que ce soit à la poste, à la banque, dans toutes les administrations, partout, impossible d'y échapper.

Et tout naturellement cela entraine quantité d'avantages comme son lot de problèmes. Efficacité accrue ou perte du contact humain à l'exemple de la fermeture massive des bureaux de poste. C'est le prix à payer.

Je viens de découvrir que cette "informaticomania" engendrait également de grosses rigolades!

Ainsi, suite à un petit séjour inattendu aux HUG, j'ai eu l'occasion de faire connaissance avec le tout nouveau logiciel dont ils se sont dotés depuis quelques jours. Dorénavant, tous les renseignements médicaux du patient sont quotidiennement récoltés et introduits directement dans l'ordinateur dont l'infirmière ne se sépare plus. Poussant son petit chariot, support de son désormais indispensable bagage, elle passe d'un lit à l'autre pour mettre constamment à jour votre dossier informatisé. Votre niveau de tension, votre température, l'échelle (de 1 à 10!) à laquelle vous évaluez votre douleur, etc.

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Je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire lorsqu'on en est arrivé à la question délicate et saugrenue des selles!

Imaginez-vous dans la situation de devoir répondre au questionnaire QCM qui vous demande...

Consistance des selles?

- non précisées/- dures/- liquides/- moulées (sic!)/- fausse diarrhée/ -fécalome

Suivi du meilleur...

Volume?

- millilitres?/- kilos?/- grammes?

Heu, oui....Bref, je vous passe les détails, mais, au moins, la cure de rigolade était au rendez-vous.

Paradoxalement, à l'inverse de ce monde virtuel, déshumanisé, auquel vous vous trouvez confronté, il existe aux HUG, tout un autre univers que j'ai découvert. Et je me sens un devoir de vous le dévoiler.

Durant tout mon séjour là-bas, des urgences au secteur semi-privé en passant par une chambre commune à 8 lits, je n'ai rencontré que des gens qui méritent notre plus profond respect. Des brancardiers, des aide-soignants, des infirmières, des "transporteurs" aux médecins stagiaires, aux internes, au professeur, que des gens compétents qui vous accueillent si gentiment que, même lorsque vous vous sentez au fond du trou, ils réveillent en vous ce rayon de soleil qui vous remonte le moral. Toujours de bonne humeur, charmants, ils sont aux petits soins avec vous et savent trouver le bon mot en fonction du patient et de son état. J'en ai même entendu fredonner telle ou telle chanson tout en faisant le ménage autour de vous... Comme Rosa, une Martiniquaise pleine de vie, qui a réussi à me réveiller ce matin au rythme de Stromay "Je suis forrrrrmidable, forrrrrmidable..."

Alors, merci à vous tous que j'ai eu l'occasion de croiser ces derniers jours et un tout grand bravo à vous parce que, en effet, vous êtes forrrrrmidables!

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14/05/2014

L’IUFE, la pétition et Pinocchio

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Comment récolter plus de 775 signatures pour une pétition fondée sur un mensonge éhonté ?

On se souvient de la motion (lien) signée par un tiers du Grand Conseil et visant à réduire d'un an le temps de formation des futurs instituteurs du primaire afin de ne pas prétériter les Genevois par rapport à TOUS les étudiants des autres cantons romands.

La TdG du 6 mai nous apprend que suite à cette motion, des étudiants de l'IUFE ont lancé une pétition qui s'y oppose (lien). Celle-ci a obtenu plus de 775 signatures. Pour ce faire, dans leurs considérants, les pétitionnaires avancent que pour préserver aux instituteurs leur statut de généraliste et pouvoir enseigner dans TOUS les degrés du primaire (de la 2P à la 8P Harmos) il est indispensable pour les futurs enseignants genevois de suivre une formation de 4 ans. Et d'argumenter que seul leur IUFE offre cette possibilité, que seuls les diplômés genevois pourraient donc enseigner dans tous les degrés Harmos (considérant 5). Au contraire, selon eux, une formation de 3 ans telles que celle délivrée dans les HEP romandes ne le permettrait pas et obligerait donc les diplômés HEP à choisir entre les degrés 2P à 4P (cycle 1) ou 5P à 8P (cycle 2).

Une différence importante entre ces deux formations, un argument choc qui pourrait être pris en compte... mais voilà... il est... fallacieux ! Un mensonge tellement énorme qu'on est même en droit de se demander si les pétitionnaires ont pris le soin de se renseigner.

Il suffit pourtant de se rendre sur le site des différentes HEP Romandes pour en avoir le cœur net.

Voilà ce qu'on y lit :

BEJUNE (Berne, Jura, Neuchâtel) (Lien)

Titre obtenu

Diplôme d’enseignement au degré primaire (degrés 1 à 8 selon HarmoS)
Bachelor of Arts in Primary Education
Ce titre étant reconnu par la CDIP, il est valable dans toute la Suisse.

Cette formation débouche sur une habilitation à l’enseignement pour les degrés 1 à 8 selon HarmoS.

HEP Vaud (Lien)

Diplôme d’enseignement pour les degrés préscolaire et primaire: En choisissant cette formation, les futurs enseignants participeront à terme à l’instruction et à l’éducation des élèves de 4 à 12 ans (soit des degrés 1P à 8P)

HEP Valais (Lien)

.... Au terme de leur cursus de 3 ans, les étudiants doivent avoir acquis l'ensemble des crédits prévus dans le plan d'études, à savoir 180.  

  Les diplômes délivrés :

- Le Diplôme d'enseignement aux degrés préscolaire et primaire ou un diplôme bilingue d'enseignement aux degrés préscolaire et primaire.

Ce diplôme est reconnu dans toute la Suisse (décision de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique du 29 juin 2004).

 

Voilà qui est très clair.

Dès lors, que penser d’une pétition qui s’autorise de pareils mensonges et de ceux qui en sont responsables, eux qui ont mené une récolte de signatures en trompant les signataires?

Contrairement aux fausses affirmations délivrées par l'association des étudiants de l'IUFE, la formation en 3 ans délivrée par les HEP permet bien aux diplômés d'enseigner dans TOUS les degrés, qu'ils soient préscolaires ou primaires (cycle 1 et 2). Preuve est faite que ce temps de formation est amplement suffisant... à moins que certains utilisent ce chemin détourné, pour, par la suite, à tort ou à raison, demander à "égaliser" les salaires des instituteurs sur celui des profs du secondaire...

C’est une autre question. Pour l'heure, une fois de plus, en réclamant une formation universitaire de 4 ans, Genève se voudrait différente de tous les autres cantons. Elle persiste à être à côté de la plaque.


 

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07/05/2014

Le Gripen, 18 mai, bof, quelques millions, quelques milliards

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J'ai regardé l'émission "Infrarouge" diffusée hier soir par la RTS, "Gripen, indispensable à notre sécurité".

J'ai adoré les interventions des différents invités sur le plateau ainsi que les expressions chocs que certains ont utilisées.

Morceaux choisis...

- Denis Froidevaux, Président de la Société des officiers n'a de cesse de réduire le débat à un affrontement entre les partis de Gauche et ceux de Droite. D'un côté ceux qui n'y comprennent rien, de l'autre ceux qui détiennent la seule Vérité.

Arborant un air très sérieux, voire menaçant, cherchant indubitablement à faire  peur au bon peuple suisse: "On ne sait pas ce qui nous attend, la Suisse pourrait bien se retrouver empêtrée dans un conflit armé et, si nous n'y somme pas préparés, ça risque de coûter bien plus cher à ceux qui votent non aux Gripen"...

Et de s'en référer au conflit ukrainien, comme si d'ailleurs on y assistait à des combats aériens.

Et d'ajouter une petite perle, merveille du genre, s'adressant à ses opposants, "Vous êtes hors jeu au départ du shoot" (sic).

- Christian Von Singer, conseiller national vert, qui prétend à l'absurdité d'acheter aujourd'hui 22 avions de combat, des avions inutiles si ce n'est, comme l'aurait dit la commission fédérale, pour bombarder les hordes de réfugiés qui attaqueraient la Suisse...

- Joseph Henrotin, rédacteur en chef de la revue "Défense et Sécurité internationales" qui nous annonce avec fracas que pour assurer la sécurité du ciel suisse 24 heures sur 24 il faudrait pas moins de...70 appareils.

Celui-ci, face à l'étonnement de Isabelle Chevalley, conseillère nationale vert'libérale, qui lui rappelle que, précédemment, il avait parlé de 6 appareils, ose affirmer que la Suisse n'est pas comparable avec l'Autriche dont les forces aériennes n'ont qu'une seule mission, celle d'assurer la sécurité du ciel.

S'en suit une grande découverte!

Ce n'est pas le cas de la Suisse dont les forces aériennes sont également dévolues à l'attaque air/sol !!! Voilà qui est totalement nouveau pour moi..

- De son côté, Philippe Cordonier, responsable de Swissmem Romandie assure que l'achat du Gripen sera couvert à 100% par des "affaires compensatoires". Ce qui permet à Paolo Gilardi d'asséner que "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Et de rappeler que déjà en 1993 lors de l'achat des FA 18, des promesses semblables avaient été faites et tenues mais seulement à hauteur de 40%.

Accusé d'hystérie intellectuelle, Paolo Gilardi estime encore bon de demander à Monsieur Froidevaux s'il pense attaquer Monsieur Poutine avec ses 22 Gripen...

Enfin, cerise sur le gâteau, il y avait Monsieur Ueli Maurer, notre conseiller fédéral qui n'a de cesse de répéter à l'envi son argument majeur. Dans le budget de la Confédération, l'achat du Gripen ne représenterait que 14 centimes pour chaque 100 frs dépensés.

Une broutille donc selon lui.

jet.pngUne façon de présenter les choses; car tout de même, dans ce genre de débat, à force de jongler avec les millions par ci, les milliards par là, on en oublie leur réelle valeur. Savez-vous ce que représentent les milliards dont on parle?


Sachant que un million en billets de 1000 frs, c'est une pile de billets d'une hauteur de 15 cm environ...3,1 milliards pour les uns, 13 milliards pour les autres (c'est le prix de ce petit joujou), ça fait une pile de billets de 1000 frs de 450 à 1400 mètres de hauteur. Soit 4 à 12 fois la hauteur du jet d'eau!

Presque rien!

Un débat qui m'a bien fait rire mais qui, en ce qui me concerne, n'a servi qu'à me conforter dans ma position.

Bref, c'est fait, j'ai voté!



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04/05/2014

Enfin on en sait plus sur le rôle des directeurs d'école!

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"Ce samedi après-midi, l'école primaire Liotard a inauguré la première "troc party" de Genève. Le but de l'initiative est de favoriser les échanges d'objets dans les cours d'écoles". Une initiative qui ne manque pas d'intérêt. Pour ma part, je me suis plutôt concentré sur les propos que Madame Esther Berthiaud, directrice de cet établissement, a tenu à cette occasion.

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La TdG lui a demandé ce qu'elle pensait de cette expérience. Sa réponse est éloquente car, enfin, on apprend ce à quoi servent ces directeurs d'établissement...

Je la cite:

"Je trouve que c'est une idée magnifique puisque depuis que je suis en place dans ce quartier, une grande partie de mon temps a été dévolue au "réseautage", c'est à dire à faire découvrir aux parents toutes les associations qui gravitent autour de l'école".

Hormis qu'on a de la peine à saisir l'importance de la démarche, on se demande bien de quelles associations (au pluriel) il s'agit et en quoi cela nécessiterait des postes de cadres supérieurs à plein temps.

Quand je vous disais que ces postes ne sont que des placards dorés et qu'il est grand temps que Madame Anne Emery Torracinta y mette de l'ordre.

Au fait, voilà maintenant plus de 170 jours qu'elle est à la tête du DIP et...on ne voit toujours rien venir. Le DIP ne répond plus, il a dû se perdre dans le triangle des Bermudes...


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02/05/2014

Ecole laïque et religionS

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Je me suis rendu aujourd'hui au Salon du livre pour y assister à un débat organisé sur le stand de la CICAD sur le thème Religion&laïcité. Michel Danthe, rédacteur en chef adjoint au Temps, officiait en tant que modérateur autour de la table ronde à laquelle étaient conviés Ghaleb Bencheikh, Président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, Jacques Ehrenfreund, professeur à l'université de Lausanne, Patrick Schmied, Président du groupe citoyen "Culture religieuse et humaniste à l'école laïque", Sabine Simkhovitch-Dreyfus, Vice-Présidente de la Fédération Suisse des Communautés Israélites ainsi que le pasteur Patrick Baud.

Un débat fort intéressant durant lequel plusieurs thèmes furent abordés, notamment celui du problème que peut poser la circoncision, du port du voile ou des menus des cantines scolaires.

Et toujours la même idée mise en évidence, apprendre à vivre ensemble, à se connaître pour éviter les peurs qui conduisent à la méfiance, au rejet pour finalement engendrer la haine. Une évidence bien évidemment.

Tout naturellement, on en vient au rôle que l'école doit donc jouer.

Selon Madame Sabine Simkhovitch-Dreyfus, le DIP offrirait maintenant la possibilité d'aborder la connaissance de différentes religions via l'étude de "Grands Textes".

Au terme du débat, enfin est venu le temps de donner la parole au public.

"A Genève, toutes les vacances scolaires sont fixées selon le calendrier des fêtes chrétiennes; Noël est, dans de nombreuses écoles, l'occasion d'une célébration. L'école genevoise se veut laïque et pourtant on ne peut nier qu'elle est fortement influencée par le christianisme. On y trouve des élèves de confessions multiples. Pouvez-vous alors me dire comment, très concrètement, on pourrait préserver cette soi-disant laïcité et garder sur un pied d'égalité l'étude de quantité d'autres religions, à l'école primaire spécialement"?

Les réponses qui m'ont été données sont restées vagues et ne m'ont bien sûr pas vraiment satisfait. Normal, puisque, selon l'un des invités même, il n'y pas de solution possible. Il faut se contenter d'une approche de solution adéquate. Offrir à tous les élèves, par exemple, durant l'année scolaire, un jour de congé symbolique en commémoration des religions autres que le christianisme.

Très vite, des questions pour le moins fort complexes, voire non sans arrière-pensées, ont fusé. Notamment sur les raisons de la circoncision ou sur le rôle politique mené actuellement par l'Etat d'Israël. Toutes ayant trait d'ailleurs au judaïsme! J'ai cru alors ressentir un certain malaise parcourir les invités participant à la table ronde.

Ces différentes interventions qui ont occupé tout le débat de la part du public m'ont conforté dans mon sentiment tant elles ont démontré la complexité et même le danger qu'engendre la mise en place d'un tel enseignement à l'école primaire.

Je vois mal comment des instituteurs qui n'ont aucune formation en la matière pourrait s'acquitter objectivement d'une telle mission.

Dès lors, il n'y a pas 36 solutions.

- Soit on s'en tient au statu quo et on admet que l'école genevoise fait preuve d'une toute relative laïcité même si elle s'applique à ne pas rentrer en matière sur un quelconque débat au sujet du christianisme.

- Soit on entre en matière sur un enseignement des religions à l'école et on s'expose alors à de gros problèmes...

Hormis qu'il faudra prévoir la mise en place d'une formation très pointue pour les enseignants, il faudra également penser à revoir entièrement le calendrier scolaire de façon à tenir compte uniquement du rythme scolaire des élèves plutôt que de quelques fêtes religieuses.

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