06/06/2014

Un syndicat des enseignants à côté de la plaque

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J'apprends par la TdG du jour que, par mesure d'économie, dès la rentrée scolaire prochaine, le DIP a décidé que les maîtres spécialisés (MS) de dessin, gym et musique (MDAS) perdront leurs deux heures hebdomadaires dévolues jusqu'alors à l'organisation d'activités comme les journées sportives, les tournois, les concerts,etc. Dorénavant, ils devront consacrer ces heures à l'enseignement.

Serait-ce enfin le début d'une louable prise de conscience de Madame Anne Emery Torracinta?

Et la Société pédagogique genevoise (SPG) de s'offusquer et de pousser des cris d'orfraie par l'intermédiaire de son Président Laurent Vité. qui en appelle au boycott des activités sportives.

On croit rêver...

Les maîtres spécialisés sont déjà libérés de leur enseignement durant la première semaine de la rentrée afin, soi-disant, de mettre au point leur horaire, voilà que j'apprends que, en plus, ils bénéficiaient d'un privilège pour le moins scandaleux.

Car le scandale n'est pas où la SPG le voudrait mais bien dans cet état de fait.

En ce qui concerne le dessin et la musique, on se demande bien quelles organisations d'activités justifieraient plus de 50 heures durant l'année scolaire? J'attends avec intérêt une réponse...

Quant à la question de la gymnastique, on reste bouche bée.

Comment ne pas penser que l'organisation de la journée sportive annuelle ne fait pas partie du cahier des charges des profs de gym? Comment imaginer qu'ils puissent bénéficier d'une telle somme de temps pour cette organisation. Ce d'autant plus que, une fois cette activité organisée sur le papier, elle l'est pour les années suivantes; en effet, le plus souvent, le modèle en est repris. Sans compter que l'ensemble du corps enseignant est mis à contribution. Ce sont les enseignants titulaires qui, en général, sont chargés de créer les différents tableaux récapitulatifs des résultats, les fiches d'élèves, de toute la logistique administrative, de la mise en place et de la tenue des différents postes, etc. En définitive, en ce qui concerne la journée sportive, le rôle du prof de gym est plus que secondaire. J'en veux pour preuve que de nombreuses écoles ne comptent pas forcément sur lui et organisent cette activité sans sa contribution ni sa présence.

Dans ces conditions, comment ne pas comprendre la réaction que peuvent avoir les lecteurs de cet article de la TdG?

J'ose cependant espérer que cet appel au boycott est une réaction du seul Président de la SPG et non de l'ensemble des maîtres spécialisés. Je ne peux croire qu'ils accepteraient de ternir de la sorte l'image de leur corporation. La profession d'enseignant est déjà trop souvent dénigrée à tort, ce serait bien dommage de donner encore un peu plus d'eau au moulin de ses détracteurs.

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Commentaires

Un titulaire enseigne 28 périodes par semaine...il lui reste donc plus de 12 heures à disposition pour toutes les tâches imposées par son cahier des charges. Pourquoi les maitres spécialisés devraient-ils conserver des heures blanches dans leur horaire d'enseignement ? Rien ne peut le justifier à l'heure où toutes les économies devraient profiter aux élèves en priorité.

Écrit par : J-F Girardet | 06/06/2014

MDAS, avez-vous lu la petite note qui suit mon billet? Acceptez-la et je pourrai alors publier votre commentaire et...y répondre.

Écrit par : Duval | 06/06/2014

Je reste complètement perplexe de lire dans les commentaires de Girardet que les économies doivent profiter aux élèves; est-ce que les suppressions de postes profitent aux élèves? Parce qu'en réalité, l'augmentation de deux périodes permet au DIP d'économiser 10 postes, malgré ceux accordés par la commission des finances récemment.
Les deux périodes d'augmentation ne sont pas des heures en plus aux élèves, ce sont en réalité des prestations en moins; parce que ces "heures blanches" permettaient de réaliser des dossiers, d'organiser pour des manifestations importantes qui faisaient (doit-on le laisser au passé?) la richesse de l'offre aux écoliers de ce canton. Ce que les collègues MDAS sont appelés à faire, c'est à faire leurs heures sans plus. 28 périodes demandent du temps en dehors de l'enseignement pour préparer notamment et donc cela remplit un horaire d'une personne à plein temps. Nous n'acceptons plus simplement de faire des heures supplémentaires pour des manifestations d'envergure qui exigent beaucoup de temps de préparation, de coordination, etc.
Pour info, ce mouvement a été voté en Assemblée générale ordinaire par quelque 400 collègues, MDAS, titulaires, ECSP etc. et n'est donc pas une lubie du seul président.

Écrit par : Vité Laurent | 09/06/2014

Laurent, peux-tu me dire de quelles manifestations d'envergure tu parles?

Écrit par : Duval | 09/06/2014

Une personne qui refuse de se plier à la règle que j'ai fixée et donc de se faire connaître m'a envoyé un commentaire que je ne publierai pas. Mais, par souci d'honnêteté, je me dois d'apporter une précision à mon billet.
Cette personne prétend que les MDAS ont été engagés, à l'époque, sur une base de 26 périodes d'enseignement et non 28, ce qui justifierait leur salaire inférieur à celui des enseignants titulaires de classe (classe 16 au lieu de 18). En adaptant à 28 périodes leur temps de travail à celui des titulaires, le DIP leur ferait une entourloupe car il omettrait d'adapter leur salaire en conséquence. Cette augmentation de temps de travail ne serait qu'un prétexte, le but de l'opération serait de faire croire à des économies alors que le DIP s'en servirait pour renoncer à la création de 10 postes d'enseignants.
Je veux bien le croire mais, à mon avis, le sujet de mon billet n'est simplement pas celui-là. Hormis ces questions de salaire, le fait est que prétendre que les MDAS ont "besoin" de deux heures hebdomadaires pour "préparer" je ne sais quelles manifestations d'envergure, comme l'écrit Laurent Vité dans son commentaire ci-dessus (et de qui j'attends toujours la réponse...), est une aberration totale, un "foutage de gueule".
Quant à la question de la différence de classe salariale entre un MDAS et un titulaire de classe à laquelle s'accroche mon commentateur anonyme, il se trompe également. Si cette différence existe, c'est peut-être en partie à cause de cette différence de temps de travail mais aussi parce que, et j'en suis désolé tant c'est ridicule, les études faites ne sont pas les mêmes; tout comme pour un prof au CO ou au collège qui sont eux aussi mieux payés qu'un instit. Mais la raison de cette différence tient surtout, au primaire, au fait qu'un titulaire a, hors temps d'enseignement, un travail et une responsabilité bien plus conséquents que celui d'un MDAS. Le titulaire a des préparations plus importantes me semble-t-il que celle d'un MDAS à faire, des corrections plus que nombreuses, des bulletins scolaires à rédiger et des rapports étroits à tenir avec les parents, une responsabilité énorme à assumer, tâche que les MDAS n'ont pas.
Pour en terminer, suite au commentaire de Laurent Vité, je prends donc note que le boycott envisagé n'est pas dû à la seule réaction du Président de la SPG mais bien des représentants des MDAS qui se sont faits entendre lors de l'Assemblée Générale. Voilà qui est fort regrettable pour l'image que ces personnes propagent en agissant de la sorte.

Écrit par : Duval | 10/06/2014

Manifestations d'envergure: elles peuvent prendre différentes formes. Un projet d'école qui mobilise toutes les classes, qui nécessite des demandes à la commune; les tournois sportifs pour tout le canton ou pour une commune, montage d'une comédie musicale où il faut reprendre toutes les partitions pour les adapter aux tessitures des élèves, expositions à préparer pour que les élèves en profite au maximum, cuisson des pièces de toute une région, etc. Je pense que tu pourras compléter la liste, étant donné ton expérience d'enseignant...

Écrit par : Vité | 10/06/2014

Laurent, serais-tu déconnecté de la réalité? Comme tu le dis, mon expérience d'enseignant me permet d'affirmer que les tournois sportifs (foot, basket, etc.) ne sont pas organisés par l'ensemble des profs de gym et que les journées sportives encore moins, relis ce que je dis dans mon billet. De même, pour avoir monté quantité de spectacles, musicaux en bonne partie, je sais que, le plus souvent, ce sont les enseignants titulaires qui s'en chargent, le MS musique apportant son soutien apprécié j'en conviens. De même pour les expos. Encore de même quant à la cuisson des pièces de poterie, je m'en suis chargé pendant 30 ans! De toutes façons, il me paraît évident que toutes ses tâches, bien moins conséquentes que tu ne le prétends, sont comprises dans le cahier des charges des MDAS, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas. Que je sache, les titulaires ne revendiquent pas des heures pour effectuer les tâches hors enseignement qui leur incombent, il en va de même pour les MDAS.

Écrit par : Duval | 10/06/2014

Je me permets encore de signaler à une certaine MS de musique que pendant de nombreuses années j'ai pris en charge l'enseignement de la musique pour pratiquement l'ensemble des classes de l'école où j'enseignais. Je n'en ai pas fait le plat qu'elle me décrit! Au contraire, j'en ai retiré un plaisir énorme.Je la prie de prendre note que si elle veut poursuivre ce débat, ce sera à visage découvert, même hors blog si elle le désire...elle connaît mon adresse e-mail.

Écrit par : Duval | 10/06/2014

Mon e-mail:
duval.andre@infomaniak.ch

Écrit par : Duval | 10/06/2014

La supression des heures spécifiques au profit d'heures devant les élèves est clairement un stratégie du DIP pour engager moins de MDAS, d'autre part ces heures spécifiques permettaient de réaliser des mandats pour le secteur (musique en l'occurence) qui étaient une resource riche en documents divers réalisés par les MDAS. Ces resources vont disparaître tranquillement à moins que de nouvelles personnes soient engagées pour continuer ce travail. Dans de grands établissements, seuls les MDAS sont à même de réaliser des projets artistiques de grande envergure qui sont souvent créés et répéter hors temps rémunéré, ceci prendra aussi rapidement fin.

Écrit par : jordan | 15/06/2014

@Jordan
Au risque de me répéter (voir mon commentaire précédent) toutes ces tâches qui ne sont pas des heures d'enseignement, sont COMPRISES dans le cahier des charges des MDAS! Il n'y a aucune raison donc d'octroyer ces deux heures hebdomadaires.

Écrit par : Duval | 16/06/2014

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