16/06/2014

Coup de bluff de Madame Anne Emery-Torracinta?

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La Présidente du DIP joue-t-elle au poker?

Serait-elle la femme maligne, l'habile politicienne que je soupçonne?

Je lis aujourd'hui dans le journal "Le Courrier" que cinq postes de directeurs d'établissement du primaire qui partent à la retraite ne seront pas reconduits et qu'ainsi ils ne seront "plus que" 73 à la prochaine rentrée scolaire.

Une opération réalisable grâce au regroupement de quelques écoles à l'exemple de celles de St.-Jean et Devin-du-Village qui rejoignent l'établissement Seujet-Necker. A noter que le même genre d'opération avait déjà été effectué précédemment à Meyrin...ce qui prouve bien que ces postes de directeurs sont surfaits, que la charge de travail n'est pas adaptée à leur nombre.

Il y bien longtemps que je l'ai dit et redit à maintes reprises, y compris lors de mon audition par la Commission de l'Enseignement au sujet de la motion 2100 (page 6, point 3) demandant que les directeurs d’établissement scolaire consacrent une partie de leur temps de travail à l’enseignement: "le nombre de directeurs (par ailleurs assistés par des maîtres adjoints) a été largement surestimé par rapport à la charge de travail effective".

Les cris d'orfraie de Messieurs Stocco et Vité n'y changeront rien. Comment accorder un quelconque crédit aux propos de Monsieur Stocco qui affirme que "les directeurs sont plutôt submergés par la tâche". Le président de l’Association des cadres de l’enseignement primaire est, bien entendu, d'une objectivité à toute épreuve...!

Monsieur Vité, Président de la SPG craint lui "un affaiblissement du soutien de proximité et un surcroît de paperasserie". De quoi faire sourire alors qu'il est de notoriété publique que jamais les enseignants n'ont autant croulés sous les charges administratives imposées par ces mêmes directeurs d'établissement qui ne reculent devant rien pour justifier leurs postes. Quant à l’objectif de proximité, Monsieur Vité devrait aisément comprendre qu'il est pratiquement impossible à satisfaire dès lors que les directeurs sont chargés de plusieurs bâtiments pour chaque établissement scolaire et que certains d'entre eux sont même au bénéfice d'un temps partiel.

 

Ainsi, Madame Anne Emery-Torracinta a pris une décision qui semble corriger les bêtises mises en place par son prédécesseur. Elle réduit le nombre de directeurs et se rapproche du nombre de 50, soit le nombre de postes que j'ai prôné depuis 2008, date de l'introduction de cette nouvelle organisation du primaire.

Mais voilà, elle ne fait que de s'en rapprocher un tant soit peu. Juste ce qu'il faut pour démontrer une volonté, un signe. Une stratégie pourtant boiteuse à mon sens, d'autant plus qu'elle ne fait que prendre d'une main pour redonner de l'autre puisque, selon le Courrier, "les économies effectuées seront en partie réallouées en postes de secrétaires ou maîtres adjoints pour étoffer les directions des établissements devenus plus gros".

 

En passant de 30 postes d'inspecteurs de l'époque à 73 directeurs demain, il ne faudrait pas oublier malgré tout, que cette augmentation est encore de l'ordre de plus de 140% alors que depuis 1990, la hausse d'effectif à l'école primaire est de 26%. Il y a là indubitablement un déséquilibre impressionnant et inadmissible.

 

La Présidente du DIP le sait, nos députés au Grand Conseil risquent fort de faire bon accueil à cette motion 2100 qui doit être traitée tout prochainement en plénière. Alors, ne tenterait-elle pas de les amadouer? Leur tendre un sucre et leur faire miroiter, au conditionnel bien entendu, que "le nombre de directeurs, à terme, pourrait descendre à une soixantaine".

 

Je le répète, on ne pourrait se satisfaire d'une telle mesure.

Le coup de bluff de Madame Anne Emery-Torracinta réussira-t-il? Les députés du GC se laisseront-ils naïvement berner par le piège tendu, ce leurre habilement présenté par la Présidente du DIP ou suivront-ils le député Jean Romain lorsqu'il avance: «Cinquante directeurs serait le bon nombre, soit le double des inspecteurs qu’il y avait avant 2008. Personne n’arrive à montrer que le cahier de charges des directeurs est aussi important pour justifier leur poste. Si l’opération minceur ne se fait pas, je passerai en force avec un projet de loi".

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Commentaires

Je précise deux choses :

- La motion qui demande aux dirlos d'enseigner à temps partielle émane de l'UDC et non de moi.

- Dans la canton de Zurich, c'est la gauche qui conteste les dirlos du primaire. A Genève, cette même gauche - sotte à souhait - les défend.

Écrit par : Jean Romain | 16/06/2014

Je n'ai sollicité qu'une fois le directeur de l'école de ma fille.
La réponse de sa secrétaire semblait suggérer qu'on ne dérange pas un directeur pour des questions aussi triviales. (présentation des options complémentaires)
Il était mis en copie.
Le prof de classe de ma fille a pris le relai. Indirectement, via ma fille. Ma question, qui semble avoir fait des remous, peut se résoudre en aval.
Super, j'en suis ravi. Mais alors, il sert à quoi le directeur ?

PS: je tiens à votre disposition les échanges que je conserve. Le directeur était prêt à me recevoir, mais deux semaines après le choix des options complémentaires... Il devait être terriblement chargé le pauvre.
Je n'ai jamais eu de contact direct avec le directeur. Sa secrétaire filtrait. Il faudrait donc parler de 73 postes plus les secrétaires !

Écrit par : Pierre Jenni | 16/06/2014

C'est ça la proximité, Monsieur Jenni...

Écrit par : Duval | 16/06/2014

Je me suis toujours (et je persiste) demandé, pourquoi à la tête de ce Département, il n'y a pas un représentant émanant du corps professoral.

Je ne crois absolument pas qu'un professeur élu par ses pairs ne fait pas l'affaire.

Pourquoi est-ce qu'un politicien est mieux pour gérer l'éducation ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 17/06/2014

@Victor-Liviu Dumitrescu
Madame Emery-Torracinta est une représentante du corps professoral, elle était prof d'histoire.

Écrit par : Duval | 17/06/2014

Autant pour moi ,je ne le savais pas ... donc elle est bel et bien à sa place.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 17/06/2014

Oui, encore faut-il qu'elle s'en souvienne et qu'elle ne se laisse pas bouffer par ce qu'est la politique... Des actes....qu'on attend.

Écrit par : Duval | 17/06/2014

Bonjour,

Merci pour l'info, j'ai pris la peine de lire la fiche Wikipédia de la dame.

Il y a pour moi un aspect qui me semble peu exploité.
Je suis d'accord de parler finances, mais j'aurais aimé voir une goutte, une touche d'écologie.

L'informatique semblait être le moyen efficace pour lutter contre la déforestation, à une époque.

Passer du crayon au clavier est un signe évident de progrès, mais les efforts contre le gaspillage de papier doivent continuer.

Cela et je suis convaincu, ne me semble pas être le cas.

Pour passer au sujet plus politique de la question, il me semble évident qu'il y a une tentative de détricoter ce qui a été fait par son prédécesseur, son collègue de parti, Charles Beer.

Une action qu'il faut saluer et même encourager, tant sa politique fût mauvaise.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 18/06/2014

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