25/06/2014

Les pédagogos en deviendraient-ils verts...

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On se souvient qu'en 2006, le peuple genevois a accepté massivement (76%) l'initiative de l'Arle qui demandait le maintien des notes à l'école primaire.

A Genève, on a alors assisté à une véritable "guerre des notes". La bataille avait été rude et les attaques souvent violentes. Que n'avions-nous entendu de la part de nos opposants et de leurs gourous pédagogos de service.

Ces pédagogos, dont la plupart sont d'ailleurs encore en service dans notre République, n'avaient de cesse de prendre en exemple les systèmes pédagogiques de la Finlande, de la Suède ou du Danemark. A les écouter, ces pays nordiques avaient, eux, tout compris en optant pour un système d'évaluation "formatrice" sans aucune note, basé sur des commentaires uniquement. Et, selon eux, Genève devait s'en inspirer en introduisant au plus vite cette fameuse Rénovation de l'enseignement primaire tant soutenue par Madame Brunschwig Graf (qu'on n'a plus jamais entendue sur le sujet...) et ensuite par Charles Beer.

Eh bien, aujourd'hui, tous ces gens doivent en contracter une sacrée jaunisse!

Un article du Figaro du jour nous apprend en effet que, "après avoir réformé la notation, plusieurs pays européens font machine arrière".

Tant la Suède, le Danemark et la Finlande sont revenus sur leur décision et "ont abandonné l'idée de supprimer l'évaluation chiffrée à l'école, compte tenu des questions qu'une telle réforme soulevait".

Les Finlandais vont plus loin. Ils ont opté pour un système de notes basé sur une échelle de 10 points. "Les notes vont de 4/10 (note la plus faible) à 10/10. Il n'existe ainsi qu'une seule note (4/10) pour indiquer à l'élève qu'il a échoué à l'exercice. L'intérêt de la notation finlandaise est d'une part de permettre à l'élève qui a échoué à un exercice (4/10) de conserver toutes ses chances d'avoir la moyenne (il lui suffit d'avoir un 6/10) ; d'autre part, de valoriser la réussite. Le principe général des notes finlandaises est ainsi de récompenser davantage les bonnes copies et de réduire la démotivation liée aux notes basses".

La Finlande se serait-elle inspirée du système genevois que notre initiative de 2006 a permis d'introduire? Car, en effet, à Genève aussi, il est très rare d'attribuer une note plus basse qu'un 2/6 à nos écoliers qui fréquentent l'école primaire.

Aujourd'hui, certains de nos détracteurs feraient bien de revoir la copie qu'ils avaient présentée et à laquelle ils continuent de croire, au point d'en gaver les étudiants futurs enseignants au primaire jusqu'à l'endoctrinement...


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Commentaires

La crapule pédagogo ne cèdera que lorsqu'on l'aura virée des postes à responsabilité.

Écrit par : Jean Romain | 25/06/2014

La roue tourne, les théories évoluent. Je ne me fais aucun souci pour les pédagogues en place, ce sont eux qui demain expliqueront pourquoi il faut éradiquer le socio-constructivisme, redonner une place à l'apprentissage vrai, valoriser les bons travaux et si parmi leurs disciples d'aujourd'hui quelques uns résistent au nom de la liberté académique, gare à eux.

Écrit par : Guy LE COMTE | 25/06/2014

Tiens on revient au vocable si cher aux Scientologue comme le mot socio-constructivisme
Cependant l'article dont il est question a un temps de retard car déjà lu il y a déjà un bout de temps dans un autre journal
Depuis l'arrivée du groupe ABBA on s'est tous plus on moins rendu compte que les pays Nordiques comme le Canada lancent des modes attendent surtout que tout le monde soit monté à bord pour faire demi-tour et laisser les visiteurs de la croisière des illusions redescendre à quai pour constater les échecs
le Système Plaisir pour les soins en fut un triste exemple alors qu'il était déjà abandonné depuis longtemps par les Canadiens car trop couteux
Depuis trente ans on le sait notre pays a la fâcheuse manie de vouloir imiter d'autres pays qui eux n'appliquent plus ce qu'ils recommandent à d'autres

Écrit par : lovsmeralda | 25/06/2014

A l'école nous étions notés de 1 à 10 et comprenions exactement ce qu'il y avait à entendre (nos parents de même¨)! Parfois, une remarque: bien, bien! ou "pourrait si elle/il voulait! Sans omettre le "1 de présence"!!

L'apprentissage de la lecture ne posait aucun problème aux enfants non handicapés.

On aimerait savoir à combien se monte le coût pédagogo de ces dernières années?

Juste pour dire: d'après Dolto l'enfant apprend de façon digestive. Les stades freudiens oral et anal donnent un enfant qui apprend, certes, mais sans amour du savoir ou de la connaissance. Pour cet amour cognitif il faut le stade génital.

Bientôt bonnes vacances, Monsieur Duval.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/06/2014

"La Finlande se serait-elle inspirée du système genevois que notre initiative de 2006 a permis d'introduire?" Franchement, cet système été déjà en place quand
j'ai fait mon école en Finlande il y a 40 ans et également pour mes parents...

Écrit par : Kati Lassila-Perini | 25/06/2014

@Kati
Oui, sûrement que les notes existaient en Finlande il y 40 ans...mais ce système avait été abandonné pour le remplacer, pendant des années, par une évaluation "formative". Les finlandais y sont donc revenu tout récemment.

Écrit par : Duval | 25/06/2014

En creusant le sujet, certes rapidement, j'ai pu avoir quelques informations supplémentaires.
La notation de 4 à 10 date de 1958 ( le dossier genevois de 2006 n'a donc pas été la source d'inspiration principale ;-))).
La "nouveauté "évoquée par Le Figaro serait en réalité une clarification récente des critères de l'attribution de la note 8. (quel % de réussite dans un test donné)

www.hs.fi/kotimaa/a1394612436128

Ce qui présuppose donc que les notes étaient bien là, mais que les autorités scolaires ont trouvé qu'elles étaient distribuées de façon trop peu précise.

Écrit par : Calendula | 26/06/2014

@MDAS
Je vous donnerai la preuve (document du DIP) que vous avez tout faux si vous voulez bien me contacter via mon adresse e-mail

@Calendula
Rappel:je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

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Écrit par : Duval | 26/06/2014

Calendula, en Finlande, les notes avaient été supprimées, mais je ne sais pas exactement quand. A Genève, les pédagogos voulaient instaurer la Rénovation en s'inspirant du système finlandais qu'ils citaient toujours en exemple. Les finlandais sont donc revenus maintenant à un système vieux de plus de 40 ans...comme quoi!
Merci pour ces renseignements.

Écrit par : Duval | 27/06/2014

Je connais une MDAS qui perd les nerfs et qui devrait prendre des cours de calcul car pour elle 26+2 ne font pas 28. Du coup, courageuse, elle n'ose pas débattre à visage découvert.

Écrit par : Duval | 27/06/2014

Je vais essayer d'avoir des précisions de première main concernant la politique des notes en Finlande et de leur histoire abrégée, en passant des coups de fil. La recherche sur internet ne donne pas l'historique, car il semblerait que pour les finlandais, cet aspect n'est pas très intéressant ou alors trop évident.
Comme vous, j'ai lu beaucoup de choses dans la presse européenne, mais cela m'a toujours semblé flou. J'ai pu interroger une élève de 12 ans il y a 6 mois environ, et elle m'a assuré qu'elle avait des notes, mais qu'on tenait compte de la progression et j'ai cru comprendre qu'il n'y avait pas de moyennes comme chez nous. Elle avait de la peine à m'expliquer tout le dispositif.
La situation est différente selon l'âge des enfants et il me semble qu'au niveau secondaire, les notes n'ont jamais été abolies.

Il y a une dizaine d'années, une maman finlandaise, de passage à Genève et que je ne connaissais pas particulièrement bien, m'a présenté les bulletins de notes de ses enfants qui étaient en Primaire, juste après les 3 premières phrases de politesses d'usage.
J'étais estomaquée de constater que cela se faisait encore de nos jours. Je connaissais cette "tradition" de ma jeunesse. Cela signifie que les bulletins ont une importante sociale très grande et que l'évaluation est une réalité acceptée. Sachant qu'un parent va exhiber votre bulletin à ses connaissances, cela vous met une certaine pression.

La notation au gymnase n'a certainement jamais été abolie, car l'examen de matu est une chose très sérieuse, le but étant d'obtenir 6 fois la note L (comme Laudatur), c'est à dire le maximum. Si vous avez les 6 L, vous pouvez vous présenter aux examens d'entrée à toutes les universités et hautes écoles.
Le fait que les places d'étude soient contingentées et qu'il y ait le numerus clausus rend la situation assez tendue. Lorsque j'ai annoncé à la parenté finlandaise que nos enfants avaient obtenu leur matu, la réaction angoissée était : "C'est bien, mais maintenant vous aurez le souci de leur trouver une place pour les études." Quelle ne fut pas leur surprise d'apprendre que ce n'était pas du tout un souci ici.
Lorsqu'on veut s'inspirer d'un système scolaire, il faut regarder la totalité du parcours et prendre en considération la réalité sociale dans laquelle ce système fonctionne. Se focaliser sur les seules notes ou leur absence ne mène pas très loin.
L'élève finlandais et ses parents savent que le parcours de l'élève et du futur étudiant est un marathon et pas du tout une promenade dans un jardin enchanté.

Écrit par : Calendula | 27/06/2014

En Finlande les Finlandais parlent évidemment avant tout le finlandais. Lorsque j'écris les Finlandais j'entends non seulement les personnes de nationalité finlandaise, mais de manière plus générale tout ceux dont la langue maternelle est le finlandais, qu'ils soient des Finlandais de souche ou des Finlandais de par le choix culturel qu'ils ont fait.
On peut évidemment dire la même chose des Français, des Italiens, des Suisses, des Américains et ainsi de suite. La seule différence entre eux, du point de vue de la langue, est que les Français parlent français, les Italiens, italiens, alors que les Suisses parlent plusieurs langues dont les origines et les dénominations viennent d'autres origines nationales.
Quant aux Américains ils parlent soit anglais soit américains, soit mid-atlantic, sans oublier toutes les langues des immigrants restés attachés à celles de leur pays d'origine. N'oublions pas, pour terminer le bon mot de Bernard Shaw "We (the British and Americans) are two countries separated by a common language."

Écrit par : Mère-Grand | 27/06/2014

Bonjour Mère-Grand,

Mea culpa ! J'ai encore des problèmes avec l'orthographe française. Toujours peur de mettre trop de majuscules à cause de l'allemand. C'est le prix à payer pour le pluri-linguisme : difficile d'être excellent partout et on agace les personnes qui le sont dans leur domaine.

Sachez que le finnois s'écrit de façon phonétique et il n'y a pas de règles compliquées concernant les majuscules-minuscules.
Cette simplicité orthographique est très certainement la raison des excellents résultats dans les tests de lecture de PISA. De plus, tout le temps gagné sur l'enseignement de l'orthographe et de la lecture peut être utilisé pour des activités d'acquisition du savoir.
Le finnois est une langue très logique, mais synthétique et compliquée. En tant que langue maternelle, elle permet d'apprendre une certaine démarche mentale.
Les Finlandais sont très conscients de leur marginalité et ils ne s'attendent pas à ce qu'on apprenne leur "sabir" et lorsqu'un étranger le fait, c'est à chaque fois l'émerveillement.
A l'école, tout est fait pour que les enfants migrants apprennent la langue du pays.
Avec l'arrivée récente de requérants d'asile en provenance d'Afrique et d'Irak et du "Kurdistan", on fait de plus en plus souvent l'expérience de se trouver en face de locuteurs improbables, mais parfaitement à l'aise en finnois. Mon accent est désormais plus exotique que le leur - comble de l'ironie.

Écrit par : Calendula | 28/06/2014

Ayant poursuivi mes recherches concernant l'historique de la présence des notes en Primaire en Finlande, je suis tombée sur des forums de discussion et j'en ai conclu que les notes ont effectivement existé en Primaire avant 2014.

Décembre 2010 : kaksplus.fi › Foorumi › Plussalaiset › Mitäs nyt
Un parent est perplexe en recevant le bulletin chiffré de son enfant en 4ème année ( = 6è harmos). C'est le premier bulletin avec des notes chiffrées. Le parent ne comprend pas la moyenne, en ayant vu les tests écrits notés. On apprend que la participation en classe est prise en compte.

Février 2010 :www.vauva.fi/.../alaasteen_arvosanoista_opettajille_ja..
Le parent ne comprend pas pourquoi ses enfants très sportifs n'ont que 8 sur 10 à l'école.

2007 :www.meidanperhe.fi/.../_ala_asteen_arvosanat
Un parent d'un élève de Primaire est perplexe de constater que les devoirs non faits aient pu baisser les notes finales de son enfant dans le bulletin scolaire.

août 2013: www.hel.fi/hki/toola/fi/Opetus/Arviointi
Sur le site d'une école de Helsinki, c'est très explicite : années scolaires 1-2 : évaluation avec commentaires, années 3-6 :chiffrée ( de 10 à 4). Il y a des bulletins intermédiaires et en fin d'année.

Il se pourrait que les divergences entre l'article du Figaro, et plus généralement les articles de la presse non-finlandaise, et la réalité du terrain provienne d'une absence de centralisation stricte du système scolaire. En effet, il y a des écoles avec une évaluation chiffrée dès la 3ème, d'autres l'ont dès la 4ème.
Peut-être la nouveauté est-elle que les notes chiffrées commenceraient désormais en 1ère Primaire ?

Écrit par : Calendula | 29/06/2014

Si, en Finlande, les notes étaient utilisées avant 2006, on nous a bien mené en bateau lors de la campagne de votation sur l'initiative de l'Arle. Les pédagogos auraient alors menti effrontément en prônant l'exemple de la Finlande.

Écrit par : Duval | 29/06/2014

@Calendula
A l'époque, nous avions fait pas mal de recherches, je vous invite à jeter un oeil sur les liens que vous trouverez sur cette page:

http://www.arle.ch/pedagogie-pisa/pisa/157-pisa-pays-bien-classes

Écrit par : Duval | 29/06/2014

J'ai lu les deux documents concernant la Finlande et ils sont vraiment intéressants et donnent une bonne idée du grand cadre.
Les conditions géographiques, historiques, sociales diffèrent beaucoup de celles de la Suisse et pourraient être compris, de prime abord, comme des handicaps.
En définitive, ces conditions difficiles ont été stimulantes, en ce qui concerne l'envie de formation. (Le revers de la médaille étant une forte propension à la mélancolie et à l'alcoolisme, mais ce n'est pas le sujet du jour...)

Aussitôt qu'on se lance dans une analyse nuancée, on trouve des facteurs de réussite intéressantes : ce sont des filles vivant en milieu rural qui permettent de remonter le niveau général des résultats PISA.
Il n'est nulle part question de l'évaluation chiffrée dans les deux documents datant de 2005. Comme si ce n'était pas déterminant.
Si quelqu'un a dit qu'il n'y avait "pas du tout de notes en Finlande", c'était soit par ignorance, soit par idéologie. Même l'article du Figaro, dont il est question ici n'est pas archi-précis.
Les exemples que j'ai trouvés hier dans les forums, montrent que les notes chiffrées commençaient en 3è ou 4ème année Primaire, selon les endroits et les écoles, en 2007-2010, mais également en 2013.

Venant à Genève de l'extérieur, à l'âge de 11 ans, j'ai été frappée par deux particularismes, qui n'ont pas beaucoup changé depuis 1967:

Tout le monde veut de bonnes notes, mais cela n'implique pas qu'il soit bien vu de travailler pour cela. Le plus valorisé socialement est celui qui dit ne pas avoir travaillé pour obtenir le 6. D'où est-ce que cela peut bien venir ? Cela induit en tout cas l'idée qu'il y aurait une sorte de hasard qui fait mal les choses, et que le travail est un truc inutile.

Par ailleurs, lorsque ça sonne en fin de matinée ou après-midi, tous ici quittent les lieux le plus rapidement possible, comme s'il y avait le feu. Je le percevais comme un rejet de l'école, probablement à tort. Je ne connaissais pas cela, car jusqu'à là, l'école représentait un lieu familier et sympa, comme c'est bien décrit dans le texte en anglais de E. Gautschi. A mon avis, le fait qu'on termine vers 13-14h y est pour beaucoup (il y a un repas chaud gratuit à l'école vers 11.30h).

A mes yeux, la valeur centrale de l'école devrait être le travail. Si on arrivait à accepter que c'est une notion centrale, incontournable et noble,
on avancerait à pas de géant et on perdrait moins de temps. Je suis un peu pessimiste, parce que par les temps qui courent, cette conviction est certainement perçue comme ringarde.

Écrit par : Calendula | 30/06/2014

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