03/07/2014

On aurait aimé une Présidente du DIP courageuse et responsable

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230 jours après avoir pris la tête du DIP, on apprend enfin ,via la TdG du jour, quelle est sa "version de l'école"...

Et le moins qu'on puisse dire c'est que Madame Anne Emery Torracinta y va à petits pas. Pas de révolution en effet mais un remaniement de la loi sur l'instruction publique qui ressemble plus à un "relooking" cosmétique qu'à des prises de position courageuses.

Ainsi, plutôt que de prendre le risque de se trouver confrontée à des situations délicates, la Présidente du DIP préfère supprimer l'interdiction de porter à l'école des signes religieux distinctifs. Et tant pis pour la soi-disant laïcité de l'école. Je ne suis pas certain que sur ce coup de poker elle ait fait le bon choix. Je suis même prêt à parier que cette mesure lui causera plutôt de gros soucis que la tranquillité recherchée.

Si elle ne prend aucun risque sur l'ajout dans la loi de "la formation obligatoire jusqu'à 18 ans", sur "l'intégration des élèves handicapés" et sur "un meilleur contrôle sur les établissements privés" tant ces trois points ne portent pratiquement pas à contestation, il n'en va pas de même, à mon sens, pour ce qu'il en est de la suppression de l'obligation des conseils d'établissement au primaire.

On se souvient que cet organe de communication avait été créé par son prédécesseur Charles Beer. Une aberration sans nom qui n'a aucune utilité sérieuse si ce n'est de justifier de manière scandaleuse les trop nombreux postes de directeurs d'établissement. Un moyen chronophage pour eux de se donner une légitimité!

(Ces postes de directeurs sont-ils vraiment utiles?))

Dès lors, j'aurais pu applaudir des deux mains si Madame AET, plutôt que d'y aller du bout des lèvres, avait eu le courage d'aller au bout de sa démarche en admettant, une bonne fois pour toutes, la non-pertinence de ces conseils. Elle sait pourtant très bien combien cette pratique est de la poudre aux yeux.

(Une députée sur le fil)

Mais non, là encore, elle préfère ménager la chèvre et le chou. C'est donc avec une maladroite prudence qu'elle avoue ..."Les retours d'un établissement à l'autre sont très différents et à certains endroits, ces conseils ne fonctionnent pas très bien"

Le courage, Madame, aurait été alors d'abolir tout simplement ces conseils d'établissement...avec toutes les conséquences qui s'en suivent....à savoir diminuer drastiquement le nombre des directeurs d'établissement qui dès lors, se seraient retrouvés sans plus aucun alibi pour défendre leurs postes soi-disant surbookés.

(Bienvenue à Pédagoland))

Non, Madame AET ne prend pas ses responsabilités et préfère laisser aux écoles la liberté de constituer un système à géométrie variable.

Mais, c'est exactement la situation actuelle, blanc bonnet, bonnet blanc quoi!

Dès lors, je parie que les directeurs d'école sauront saisir cette opportunité pour s'engouffrer dans cette porte laissée lâchement ouverte.

Vous verrez que, dans tous les établissements scolaires, chacun de ces cadres supérieurs, aux abois, saura  trouver la nécessité absolue de maintenir des conseils d'établissement et ainsi préserver son placard doré.

Et je parie encore que très peu d'enseignants oseront s'y opposer en criant haut et fort ce que beaucoup d'entre eux chuchotent en catimimi...

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Commentaires

que ne parlez-vous de la décision d'A. Torracinta d'annuler la décision de son prédécesseur (Ch. Beer) interdisant tous signes religieux dans les Ecoles?

décision de cette députée allant ET CE N'EST PAS RIEN à l'encontre de l'art. 3 (principe de laïcité) de notre constitution


Comment une telle décision de la resp du DIP a-t-elle pu passer la rampe?

Écrit par : pierre à feu | 03/07/2014

@pierre à feu
Oui, voilà qui mériterait d'être traité dans un prochain billet...mais je pense que ce sera fait lors de sacrés débats au sein du Grand Conseil...

Écrit par : Duval | 03/07/2014

on-je se le tiennent pour dire.
mais je me demande... qui peut proposer un soutien perso à Mme Torracinta qui ici se fourvoie à grandes eaux,

sachant que le public connaît sa sensibilité en relation avec son enfant autiste,
l'autisme n'étant ni rejeté ni inconnu: courage donc à A.T: pour qu'elle profite du gap des vacances, à revoir ses positions.

Écrit par : pierre à feu | 03/07/2014

Bonjour, nous sommes plusieurs familles qui dénonçons des fautes professionnelles de la part d'enseignantes (fumer devant les élèves, parler mal de famille devant d'autres familles, ne pas intervenir quand un parent menace de s'en prendre à un enfant de 6 ans, sortir changer son disque bleu pendant les heures de cours, surveillance des récrés aléatoire: des enfants mettent le feu à des feuilles ou font du racket..). Forcément que nous sommes David contre le Goliath-dip. Le souci est que les représentants des parents au COE de l'établissement scolaire de nos enfants ont pris partis pour les enseignantes sans même nous écouter. Ils ont voulu organiser une soupe populaire de soutien pour les enseignantes. Ces dernières ont posé des plaintes pénales contre une maman, elles ont été déboutées par le procureur. Bref tout cela n'est pas fini mais quand on aurait besoin du soutien ou déjà juste d'écoute de la part des membres du conseil d'établissement.... silence radio...

Écrit par : christel | 08/07/2014

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