07/11/2014

Le doute n'est plus permis, y en a marre des mensonges!

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Dans mon billet du 14 octobre "Tarfuffe chez Décaillet", je dénonçais les propos fallacieux tenus par l'ex directeur de l'IUFE, Monsieur Schneuwly:

Selon lui, le canton de Genève formerait, en 4 ans, des instituteurs plus généralistes que ceux issus des HEP romandes. Ainsi, des études de 3 ans limiteraient les possibilités d'enseigner à tous les degrés.

C'est tout simplement faux!

Les sites Internet des HEP spécifient clairement que le diplôme qu'elles délivrent permet indéniablement aux étudiants d'enseigner de la 1P à la 8P.

Seuls 20 crédits sur les 180 sont destinés à approfondir la formation pour l'un des deux cycles, mais cela n'empêche absolument pas que les diplômés peuvent enseigner dans tous les degrés HarmoS.

On trouve les références dans mon billet du 14 mai "l'IUFE, pa pétition et Pinocchio"

Un constat qui n'a pas suffi puisque l'argument est toujours repris en coeur par la Direction actuelle de l'institut genevois et même au sein du DIP jusqu'à sa Présidente, Madame Anne Emery Torracinta. Pour elle, il n'y a pas lieu de changer quoi que ce soit à la formation des enseignant du primaire...et de prétendre que l'IUFE genevois forme de vrais généralistes alors que ce ne serait pas le cas des HEP qui, elles, ne formeraient que des demis-généralistes, contraints de se limiter à enseigner soit dans les degrés 1P à 4P ou 5P à 8P Harmos.

Un argument qui ne tient pas la route! Car Aujourd'hui, c'est de source sûre que j'ai la confirmation qu'il est complètement erroné!

Ce sont les étudiants de la HEP du canton de Vaud qui le disent très clairement, haut et fort.

Oui, le diplôme délivré par les HEP après 3 ans d'études, approuvé par la  CDIP, permet sans aucun doute d'enseigner dans TOUS les degrés Harmos, de la 1P à la 8P, sans restriction aucune!

D'ailleurs, selon leur témoignage, de nombreux étudiants genevois ont quitté l'IUFE genevois, non pas en raison d'un échec, mais, parce qu'ils estiment que la première année à l'IUFE genevois, beaucoup trop théorique, est inutile. Fort logiquement, ils ont donc préféré raccourcir leurs études pour atteindre plus vite leur but, en trois ans plutôt qu'en quatre!

De deux choses l'une...soit tous ces gens, à la tête de l'IUFE comme à celle du DIP, ne connaissent pas grand chose au dossier et font preuve d'une incompétence étonnante soit, tout aussi grave, elles mentent.

Alors, de grâce, Madame Anne Emery Torracinta, cessez donc d'avancer des arguments mensongers, qui, je n'en doute pas, vous sont soufflés par un entourage dont vous devriez peut-être vous méfier.

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Commentaires

En effet, méfiance, méfiance.... j'imagine que quand on reprend un département comme le DIP, il faudrait d'abord pouvoir virer tous les hauts fonctionnaires qui font blocage... les envoyer à la case de départ.... qu'ils aillent à nouveau enseigner, s'ils sont encore capables.

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 07/11/2014

Des noms ?

Écrit par : Jean Romain | 07/11/2014

Oui, bien, là je vous soutiens moralement, mais je n'y comprends rien du tout :-)

Peut-être faudrait-il juste, pour une fois dans ce monde de technocratie, et d'intellectualisme pédant, redevenir simple et humain, pour que les choses fonctionnent, à tous les niveaux de la société.

Écrit par : Jmemêledetout | 07/11/2014

C'est simple : pour former les instituteurs (primaire), à Genève on fait en 4 ans avec un résultat moindre ce que TOUS les autres cantons font en 3 ans.

Écrit par : Jean Romain | 08/11/2014

Vous omettez une troisième possibilité: toutes ces personnes connaissent le dossier dans toute sa complexité, mais vous n'y comprenez pas grand chose.
Dans vos différents articles vous revenez sans cesse, avec des arguments franchement simplistes, sur le fait qu'au fond, c'était mieux avant, c'est mieux ailleurs. À vous lire, on comprend que la formation des maîtres est une catastrophe. Eh bien certes, comme toute organisation elle peut et doit être améliorée, mais cracher dans la soupe avec mépris comme vous le faites à longueur d'articles n'apporte rien de constructif.
La réalité de l'enseignement a changé et est toujours plus difficile à appréhender. Non pas seulement à cause de l'administratif ou des directeurs, mais parce qu'aujourd'hui les élèves vivent dans un monde plus complexe, compétitif, et que les enseignants ont besoin de faire appel à des compétences bien plus larges que celle d'écrire correctement au tableau.
Vos jeunes collègues qui commencent dans le métier ont besoin de soutien, de longues années d'études pour comprendre, avant d'y être confronté, la violence de la réalité à laquelle ils seront confrontés.
Ce soutien commence par un arrêt du dénigrement systématique de leur formation, qui ne sert qu'à embrayer la dévalorisation sociale du métier si courante: finalement, pour être en vacances tout le temps pas besoin de longues études, dites-vous.
Cette pression sociale lourde sur le corps enseignant, à laquelle vous ajouter régulièrement votre contribution, en surplus de la pénibilité importante de notre métier, contribue jour après jour à décourager les collègues qui sont, doit-on le rappeler, un tiers à souffrir de fatigue au travail.

Alors faut-il réduire le soutien et la préparation des futurs collègues d'une année pour les lâcher moins préparés dans la fosse aux lions, comme vous le proposer, ou plutôt ajouter des années de formation pour permettre aux enseignants d'être correctement outillés et d'apporter une aide efficace aux élèves, qui ne soit pas au dépens de leur propre santé?

Écrit par : Frédéric Hiltbrand | 08/11/2014

@Frédéric Hiltbrand
Bien que votre commentaire ne traite pas directement du sujet de ce billet (les mensonges proférés tant à l'IUFE qu'au DIP) mais, d'une manière plus générale, de certains points de vue émis sur ce blog, je tiens néanmoins à vous répondre sur certains de vos propos.
1. Je vous retourne vos "compliments" en posant le simple constat qu'à vous lire, TOUS les étudiants des HEP, soit l'immense majorité, tous les futurs instituteurs de Suisse hormis Genève, suivent des études (en 3 ans) qui sont incomplètes et insuffisantes pour leur permettre de tenir correctement une classe. Ou alors, dans les autres cantons, les élèves, vivraient dans "un monde moins complexe et moins compétitif" qu'à Genève.
Ainsi, il n'y aurait qu'à Genève que "la réalité de l'enseignement a changé et est toujours plus difficile à appréhender". Seuls donc les étudiants qui suivent les cours de l'IUFE genevois seraient bien armés.
2. Contrairement à ce que vous vous permettez d'avancer, c'est justement parce que je veux soutenir les jeunes futurs enseignants en leur offrant une meilleure formation que je continue à me battre.
3. Je ne sais pas où vous avez lu que soi-disant j'aurais dit "finalement, pour être en vacances tout le temps pas besoin de longues études".

Écrit par : Duval | 08/11/2014

Il existe dans tous les métiers des jocrisses qui pensent qu’en complexifiant à l’envi les dossiers, on a l’air plus intelligent. Plus c’est complexe, plus on justifie le règne des spécialistes, et plus on écarte les autres, ceux qui ne comprennent rien, ceux qui n’ont pas saisi notamment que le « monde bouge et l’école aussi », qu’on ne peut plus faire comme avant précisément parce que ce n’est plus comme avant, etc.

L’enseignement n’échappe pas à cette tendance, dispendieuse et passablement inefficace, cette tendance qui consacre le règne bureaucratique de ceux qui savent et tiennent les autres pour des béotiens que Noé appelait déjà antédiluviens.

Résultats ? L’école ne fait pas ce qu’elle doit, à savoir apprendre à tous, c’est-à-dire à chaque élève, à compter, à lire et à écrire. Oui, bien sûr, il y a autre chose encore à faire et personne ne le nie, mais les fondamentaux ont été noyés dans une somme hallucinante de théories, passablement éculées d’ailleurs, et qui ne parviennent pas à faire en sorte qu’à la fin de l’école obligatoire, Genève ne compte plus ces 17 % d’illettrés.

Le déni de réalité est la stratégie structurelle du DIP de Genève et de cet IUFE. Ailleurs, lorsqu’on se trompe, on l’admet et on rectifie le tir ; ici, on ne se trompe jamais parce que les experts sont les héritiers de droit divin de la vérité pédagogique. Et on bourre le crâne des futurs instituteurs que, puisqu’on fait le cursus en 4 ans (mais qu’on souhaiterait le faire en 5 voire 6 ans, c’est dit et protocolé) ils sont les meilleurs.

C’est tellement faux !

M. Hiltbrand, on va donc laisser l’IUFE dans le giron de l’université (qui, soit dit en passant, ne tient pas plus que ça à l'IUFE), mais on va la faire passer de 4 à 3 ans parce que ce qui compte d’abord c’est la pratique. Pas vos pourcentages qui ne font que faire saliver les pontes de la CDIP, mais ce qui permet à un jeune instituteur de se former : le face à face seul avec une classe, des programmes, des parents, des carnets, etc. L’enseignement n’est pas une science mais un art, celui qui a permis à l’humanité de faire transiter d’une génération à une autre l’héritage humain. Juste le contraire de ce que fait l’IUFE globalement.

Écrit par : Jean Romain | 08/11/2014

"Plus c’est complexe, plus on justifie le règne des spécialistes, et plus on écarte les autres, ceux qui ne comprennent rien"
C'est une maladie qui règne presque partout et à tous les niveaux et qui a commencé à sévir il y a pas mal de temps. Dès "lettres de motivation" exigées pour des emplois manuels jusqu'au recours à des "spécialistes" privés souvent formés à l'extérieur. A ceux-là il est ainsi demandé de régler des problèmes (ou des pseudo-problèmes ayant pour origine les nosologies définies par ces spécialistes eux-mêmes) que le pouvoir politique et ses instruments ne peuvent ou ne veulent pas traiter, si même ils ne tirent pas bénéfice de cette délégation elle-même.

Écrit par : Mère-Grand | 09/11/2014

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