26/11/2014

Des enseignants à côté de la plaque...

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"Ne flinguez pas les directeurs des écoles primaires genevoises! C'est le message que quelques instituteurs de l'école des Pâquis a fait passer dans une lettre adressée au Grand Conseil et au Conseil d'Etat.

Voilà qui est complètement farfelu et déplacé lorsque l'on sait que cette école, en raison des difficultés liées au quartier dans lequel elle se situe, fait partie du réseau prioritaire (REP) et que, bien naturellement elle fait l'objet de conditions particulières. Bien que la motion qui réclame que les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps à des heures d'enseignement ne le mentionne pas, il est évident que le cas de ces écoles en REP doit être considéré à part et que cette motion doit donc être adaptée à leur situation.

Le député Jean Romain ne manque d'ailleurs pas de le mentionner lorsqu'il déclare:" Hormis dans les quartiers difficiles, ces postes de directeurs sont des placards dorés".

Je m'étonne donc singulièrement de la réaction de ces enseignants...

Tout comme de la déclaration de Monsieur Laurent Vité, Président de la Société Pédagogique Genevois (SPG) qui mélange tout et rien: "Ils flinguent les directeurs pour récupérer les 150 postes dus à l'introduction du mercredi matin". A défaut d'arguments intelligents, on donne un peu facilement des explications bidons qui ne tiennent pas la route... Le problème du surnombre des postes de directeurs d'établissement a été dénoncé dès leur mise en place en 2008, donc bien antérieurement à celui posé par l'introduction du mercredi matin.

Tout aussi ridicules les propos de Madame Teresa Skibinska, secrétaire générale adjointe au DIP, qui ne trouve pas mieux que de prétendre que "les attaques qui sont portées depuis des années contre les fonctions des directeurs d'établissement sont infondées". Oui, depuis des années! Sans que JAMAIS, au DIP, PERSONNE n'ait été capable de nous prouver le contraire...

Il est vrai qu'il est difficile de justifier du vide! Un vide qui a un prix tout de même...plus de 12 millions par année!

A l'heure où le MCG, complètement à côté de la plaque, se trompe de cible en voulant faire des économies sur le dos des enseignants du primaire en réduisant drastiquement le nombre de leurs postes...

Du grand n'importe quoi!

S'il faut faire des économies au DIP, ce n'est surtout pas en sabordant les enseignants. Je le disais déjà en 2011 dans mon billet "De Genève, tous les chemins mènent à Athènes", commençons par:

Diminuer drastiquement les postes inutiles comme

-ceux des directeurs d’établissement nommés en surnombre

-ceux de l’ensemble de la direction de l’enseignement primaire engorgée de directeurs, d’adjoints, de chefs de service, d’assistants, de coordinateurs, etc. (voir l’organigramme hiérarchique qui se trouve dans le billet, agrandir en cliquant dessus)

-Cesser de renouveler le parc informatique des classes tous les 2 ou 3 ans alors que les ordinateurs sont encore pratiquement neufs et tout à fait adéquats pour l’utilisation qui en est faite en classe.

            -Doter les enseignants d’un bon matériel didactique afin d’éviter les frais énormes de photocopies destinées à combler les lacunes gigantesques des manuels actuels

 -Confier les remplacements d’enseignants (non payés)aux étudiants de l’IUFE à titre de stage, d’expérience du terrain à acquérir

            -Achat du matériel scolaire de base par les parents comme cela se fait en Valais…hormis l’économie budgétaire, cette mesure pousserait très probablement les élèves à en prendre soin !

 

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18/11/2014

C'était le moment

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Oui, il était temps, les députés du Grand Conseil veulent que "les directeurs d'établissement du primaire enseignent"...

Eh bien, il en aura fallu des coups de marteau pour enfoncer le clou! Plus de 50 billets à leur sujet postés sur ce blog depuis la création aberrante de ces postes de directeurs.

A titre d'exemple en voici deux, pour mémoire et en guise de sourire...

"Tintin à l'AEG des dirlos" et "De l'utilité et de l'importance des postes de directeur d'établissement".

Et certains directeurs de se lamenter, déjà aujourd'hui, auprès des enseignants de devoir bientôt "enseigner"...

Les députés du Grand Conseil ont donc pris une sage décision comme je le relatais dans mon billet précédent (Bonne nouvelle). Ce qui, bien entendu, n'a pas manqué de susciter de nombreuses réactions sur les différents murs facebook ainsi que sur le blog de Monsieur Bugnion, ardent défenseur de ces directeurs et rapporteur de majorité lors du débat qui a eu lieu lors de la dernière session du GC...

"Les directeurs primaires au boulot"...s'est-il rendu compte de l'énormité du titre de son billet? Tellement juste! Tellement approprié! C'était en effet, pour tous ces directeurs, le moment d'y aller...au boulot!

Dans ce billet, Monsieur Bugnion démontre à quel point il ne connaît pas grand chose à ce dossier...

A le lire, avant l'arrivée de ces directeurs chéris, dotés des pouvoirs illusoires qu'il leur attribue, l'école primaire était en plein naufrage, rien n'y fonctionnait, il y régnait l'anarchie la plus totale au point de "ressembler à une auberge espagnole"... Le corps enseignant et les ex-inspecteurs apprécieront!

L'occasion pour Madame Ariane Denonfoux, elle-même directrice d'établissement scolaire (!), de laisser entendre que ce sont d'eux, les directeurs, que dépend " la meilleure formation des élèves dans leur globalité"... On aura tout entendu! Il fallait oser une telle prétention...là aussi les enseignants apprécieront!

Trêve de jérémiades de mauvais perdants, il faudra rester néanmoins vigilants et prudents. Car, je suis curieux de voir de quelle manière Madame Anne Emery Torracinta va louvoyer, à l'image de Monsieur Beer à son époque (Beer sur la défensive). La Présidente du DIP qui déjà avance que " Si les directeurs se mettent à enseigner, on devra supprimer des prestations, dans le lien avec les parents ou dans la mise en place de mesures pour les enfants ayant des difficultés, handicapés, dyslexiques.»

On se demande en quoi!

Quelle dérobade, quel stratagème va-t-elle encore inventer pour se soustraire aux obligations auxquelles elle est aujourd'hui confrontée?

 

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15/11/2014

Bonne nouvelle

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Vous vous souvenez certainement de la pétition qui demandait la suppression des doublons au DIP ainsi que de la plus récente motion 2100 qui allait dans le même sens. En effet, elle réclamait au conseil d'Etat de modifier les attributions des directeurs d'établissement scolaire primaire aux fins qu'ils consacrent une partie de leur temps de travail à enseigner dans le ou les établissements qu'ils dirigent.

Eh bien, bonne nouvelle, ces deux objets ont été adoptés, à une large majorité, en plénière, lors de la dernière session du Grand Conseil et ceci malgré les gesticulations maladroites de certains députés dépassés par les événements...

Ce message du Parlement est très clair.

Ou bien le DIP l'entend désormais et alors il agit en conséquence, rapidement... ou bien il se trouve face à la menace du dépôt d'un projet de loi contraignant, sur la même base, projet que différents partis politiques agitent déjà s'ils n'obtiennent pas satisfaction dans de brefs délais.

Le communiqué de presse qui a suivi relève très justement qu'un directeur d'établissement enseignant n'est pas atypique. Plusieurs cantons procèdent de cette manière sans que cela ne pose problème. Au contraire, le fait de rester en contact avec les élèves et les membres du personnel enseignant vient renforcer leur autorité et leur respectabilité tout en permettant de garder un oeil sur la qualité des processus d'enseignement.

La Présidente du DIP, Madame Anne Emery Torracinta a bien entendu pris la parole en fin de débat...

Elle a dû sentir venir le “danger” qui la guettait et s'est donc empressée d'en appeler au bon sens des députés et surtout de demander leur confiance! Et de prétendre qu'elle travaille déjà à trouver les bonnes solutions pour le DIP.

Cela n'a pas suffi...

Les députés l'ont bien compris et le lui ont fait savoir :

La confiance se mérite, elle se gagne sur le terrain et se vérifie dans les actes.

A elle maintenant de faire en sorte de le prouver...

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10/11/2014

DIP, le royaume des copains-copains?

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Il y a quand même des bizarreries au DIP.

Il ne fait pas toujours bon être un enseignant au sein de ce Département...peut-être même que, dans certains cas, c'est une tare!

On sait à quel point l'organigramme du DIP ressemble à une usine à gaz mais on connaît moins les personnalités qui la dirigent et surtout comment ils sont arrivés aux postes-clés qu'ils occupent...

Ainsi, il est des nominations qui laissent pensifs pour ne pas dire pantois.

Il est vrai que certaines pratiques pour le moins obscures et douteuses deviennent habituelles au DIP tant ils sont nombreux ces postes de directeurs attribués à des gens issus de tous les horizons, sans qu'ils aient les compétences requises.

A l'image de telle directrice qui n'a jamais mis les pieds dans une classe mais qui, après un passage au service du Service de la coordination pédagogique (SCoP), a été nommée tout soudainement Directrice des RH à la Direction Générale de l'Enseignement Obligatoire (DGEO)...

Ou encore cette autre Directrice qui, toute fraîche émoulue de l'université, sans aucune expérience, s'est vu offrir le poste de directrice de l'enseignement et de la scolarité primaire...

Ou encore cette diplômée en psychologie du travail qui occupe le poste de Directrice Générale adjointe de la DGEO.

Tout dernièrement, après un processus de candidatures particulièrement riche en candidats intéressants, on a nommé un directeur de l'enseignement, de l'évaluation et du suivi des élèves (DEESE).

Pour des raisons incompréhensibles qui ressemblent plus à du copinage qu'à une logique de compétences, le choix s'est porté sur un monsieur qui n'a aucune expérience du métier d'enseignant. On a préféré choisir pour ce poste cadre une personne, éducateur dans un centre pour jeunes en difficulté scolaire et/ou sociale, qui ne connaît rien à l'enseignement et n'a jamais mis les pieds dans une école plutôt que, par exemple, cet homme issu du sérail enseignant dont on a astucieusement et soigneusement occulté le parcours professionnel.

Celui-ci est pourtant au bénéfice d'un cursus autrement plus adapté: enseignant au primaire pendant plusieurs années, il a ensuite intégré pour un temps la Direction Générale de l'enseignement primaire avant de rejoindre l'office médico-pédagogique (OMP). Des compétences acquises au fil des ans qui n'ont eu pourtant aucun poids. Une décision qui a probablement un goût bien amer pour celui qui, désormais, restera le subalterne qu'on a méprisé.

 

Ce choix mystérieux restera sans explication; il lance surtout un très mauvais signal tant pour l'enseignement spécialisé que l'enseignement ordinaire.

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09/11/2014

Un dilemme cornélien

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- Hé, Cyprien, bonzo, alors, comment?

- Ben, m'en parle pas, j't'ai pas dit?

- Non, quoi donc?


- Au mois de mai, j'ai fait une embolie pulmonaire...un caillot de sang qui s'est formé derrière le genou et qui a migré jusqu'au poumon en passant par je ne sais quel trajet dans mon corps!

- Quoi! Heu... c'est un peu "hard" ce truc, non?

- J'ai pas mal dégusté! En principe, y a une cause, une explication claire à la survenue de ces caillots, par exemple une chirurgie, un plâtre, une longue immobilité, un long voyage en avion, mais pour moi, rien, aucune explication! Les médecins ont diagnostiqué mon cas de "non déterminé".

- Et ça se soigne comment alors?

- Y a pas 36 mille moyens. Ca fait six mois que je porte une espèce de bas de "grand-mère", un bas de contention et que, surtout, je dois prendre des pilules pour fluidifier mon sang, des anticoagulants. Ainsi, avec ce traitement, le risque de refaire un caillot est très faible.

- Ben, alors, tout va bien! Tu m'as pourtant l'air soucieux...

- C'est que je sors à l'instant de chez l'angiologue, joli nom n'est-il pas?

- Oui, c'est assez....réjouissant! Et alors?

- Et bien je pensais que comme je me porte bien et que ces six derniers mois s'étaient bien passés, tout serait OK, que je pourrais cesser de prendre ces sacrés anticoagulants. Tu comprends, ils posent quand même un léger problème...en cas de blessure par exemple...tu pisses le sang sans discontinuité.

- Oui, mais bon, on peut faire avec... pas de quoi en faire un fromage.

- Cause toujours! Le problème est plus important qu'on peut se l'imaginer. Ce cher angiologue m'a mis face à un dilemme cornélien. Soit je continue à ingurgiter les anticoagulants, soit je stoppe. Mais, tu comprends, si tu arrêtes le traitement, il existe un risque certain de refaire un caillot, ce d'autant plus lorsqu'il est de cause indéterminée, comme dans mon cas. Je dois donc prendre une décision, faire un choix dont je suis le seul maître. Alors, ce médecin m'a expliqué que j'avais besoin de peser les avantages et les inconvénients de poursuivre le traitement ou pas. Oui, les anticoagulants évitent le risque de récidive, mais, par contre, comme ils fluidifient le sang, ils augmentent singulièrement le risque de saigner et de faire des hémorragies....cérébrales par exemple!!!

- Super!

- Donc, je dois me résoudre à mettre dans la balance le risque de mourir d'une nouvelle embolie pulmonaire ou celui d'une hémorragie cérébrale... Tu ferais quoi, toi? Tu arrêtes les anticoagulants ou tu continues à les prendre? Hein?

- Heu... tu me poses une sacrée colle, franchement j'en sais rien. Mais toi, tu as décidé quoi?

- Ben, j'hésite. Pose voir la question à tes lecteurs...

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07/11/2014

Le doute n'est plus permis, y en a marre des mensonges!

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Dans mon billet du 14 octobre "Tarfuffe chez Décaillet", je dénonçais les propos fallacieux tenus par l'ex directeur de l'IUFE, Monsieur Schneuwly:

Selon lui, le canton de Genève formerait, en 4 ans, des instituteurs plus généralistes que ceux issus des HEP romandes. Ainsi, des études de 3 ans limiteraient les possibilités d'enseigner à tous les degrés.

C'est tout simplement faux!

Les sites Internet des HEP spécifient clairement que le diplôme qu'elles délivrent permet indéniablement aux étudiants d'enseigner de la 1P à la 8P.

Seuls 20 crédits sur les 180 sont destinés à approfondir la formation pour l'un des deux cycles, mais cela n'empêche absolument pas que les diplômés peuvent enseigner dans tous les degrés HarmoS.

On trouve les références dans mon billet du 14 mai "l'IUFE, pa pétition et Pinocchio"

Un constat qui n'a pas suffi puisque l'argument est toujours repris en coeur par la Direction actuelle de l'institut genevois et même au sein du DIP jusqu'à sa Présidente, Madame Anne Emery Torracinta. Pour elle, il n'y a pas lieu de changer quoi que ce soit à la formation des enseignant du primaire...et de prétendre que l'IUFE genevois forme de vrais généralistes alors que ce ne serait pas le cas des HEP qui, elles, ne formeraient que des demis-généralistes, contraints de se limiter à enseigner soit dans les degrés 1P à 4P ou 5P à 8P Harmos.

Un argument qui ne tient pas la route! Car Aujourd'hui, c'est de source sûre que j'ai la confirmation qu'il est complètement erroné!

Ce sont les étudiants de la HEP du canton de Vaud qui le disent très clairement, haut et fort.

Oui, le diplôme délivré par les HEP après 3 ans d'études, approuvé par la  CDIP, permet sans aucun doute d'enseigner dans TOUS les degrés Harmos, de la 1P à la 8P, sans restriction aucune!

D'ailleurs, selon leur témoignage, de nombreux étudiants genevois ont quitté l'IUFE genevois, non pas en raison d'un échec, mais, parce qu'ils estiment que la première année à l'IUFE genevois, beaucoup trop théorique, est inutile. Fort logiquement, ils ont donc préféré raccourcir leurs études pour atteindre plus vite leur but, en trois ans plutôt qu'en quatre!

De deux choses l'une...soit tous ces gens, à la tête de l'IUFE comme à celle du DIP, ne connaissent pas grand chose au dossier et font preuve d'une incompétence étonnante soit, tout aussi grave, elles mentent.

Alors, de grâce, Madame Anne Emery Torracinta, cessez donc d'avancer des arguments mensongers, qui, je n'en doute pas, vous sont soufflés par un entourage dont vous devriez peut-être vous méfier.

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03/11/2014

Comment formait-on de bons instituteurs?

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Suite au commentaire fort intéressant que Calendula a posté à la suite de mon précédent billet, il me semble important de décrire au mieux ce qui se faisait avant l'IUFE: les "Etudes Pédagogiques" (EP) qui duraient 3 ans, organisées selon le modèle suivant:

1ère année  1/2 de remplacements et 1/2 de cours

A) Des remplacements (seul en classe) sous contrôle d'une part de l'inspecteur de circonscription et d'autre part des inspecteurs des EP qui débarquaient de manière complètement inopinée dans la classe pour contrôler vos compétences. L'étudiant avait l'obligation de préparer par écrit les leçons qu'il avait prévues pour chaque journée. Il devait être prêt à les présenter aux inspecteurs qui surgissaient on ne savait quand. A la suite de chaque visite ils établissaient un rapport détaillé, noté, sur ce qu'ils avaient constaté. Ensuite, après en avoir pris connaissance et après discussion avec les inspecteurs, l'étudiant devait signer ce rapport.

Ces remplacements pouvaient être de courte comme de longue durée. En ce qui me concerne, je me souviens avoir, entre autre, fait un remplacement de 3 mois à Meyrin, la titulaire étant en congé maternité.

B)L'autre moitié de l'année était consacrée à des cours de didactique que suivaient les futurs enseignants. Ainsi, il apprenaient ou perfectionnaient leurs connaissances dans toutes les branches qu'ils auraient à enseigner plus tard. Français, math, géographie, histoire, dessin, travaux manuels (si si) tout y passait jusqu'à l'écriture au tableau noir.

Je crois pouvoir dire qu'à la fin de cette première année, l'étudiant avait déjà une assez bonne idée de ce qui l'attendait en embrassant cette carrière d'instituteur...il était donc très vite amené à se poser la question de savoir s'il était fait pour ça ou pas.

2ème année à l'université

Les étudiants suivaient les cours de la faculté afin d'obtenir une demi-licence en pédagogie. Une fois nommé à la tête de sa classe, chacun pouvait, s'il le désirait, par la suite, continuer le cursus afin d'obtenir sa licence.

Durant les longues vacances universitaires qui, à l'époque, ne correspondaient pas à celles de l'école primaire, les étudiants étaient astreints à faire des remplacements dans les écoles du canton sous le contrôle de l'inspecteur de circonscription.

3ème année

Pendant cette dernière année, scindée en tranches de 3 semaines, l'étudiant alternait entre

A) Après quelques leçons données en exemple par un prof de didactique, passages en groupe de 5 ou 6 étudiants dans des classes d'écoles primaires. A chacun leur tour, pendant les 3 semaines, les étudiants donnaient telles ou telles leçons qu'ils avaient dû préparer, le tout sous le contrôle du prof de didactique et ses camarades de groupe qui se tenaient au fond de la salle de classe... Suivaient ensuite, bien entendu, l'analyse et la critique de la prestation de l'étudiant.

B) L'étudiant suivait un stage de 3 semaines, accueilli par un titulaire de classe. La première semaine se limitait à de l'observation. Pendant la deuxième semaine, le titulaire et l'étudiant se partageaient les différentes tâches qui incombent à la tenue de la classe. Enfin, en troisième semaine, l'étudiant était chargé de la totale responsabilité de la classe tandis que, cette fois, c'était le titulaire qui l'observait. Chaque journée était ponctuée par un entretien, le titulaire rédigeait son rapport à la fin du stage.

A noter, et ce n'est pas anodin, que les étudiants aux EP touchaient un léger salaire. Ce qui les liait contractuellement et obligatoirement au DIP pour leurs trois premières années d'enseignement. Ce qui permettait aussi à tout un chacun, quelque soit son milieu social, de devenir instituteur.

 

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02/11/2014

La formation "bidon" des futurs instituteurs

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A Genève, la formation à l'IUFE (institut universitaire de formation des enseignants) des futurs enseignants du primaire dure quatre ans, contrairement à ce qui se fait dans les HEP de tous les autres cantons en trois ans.

Il y a quelques années, le député Pierre Weiss avait défendu de toutes ses forces la création de cet institut, occultant l'aspect qualitatif de la formation pour préférer mettre en avant l'aspect financier de l'opération...bénéficier des subventions fédérales qui sont offertes aux universités.

Aujourd'hui, on doit se poser quelques questions au sujet de cet IUFE. Par exemple ce point essentiel : durant leur cursus de 4 ans, dans quelle mesure les futurs instituteurs ont-ils l'occasion de se frotter à une véritable pratique du terrain, seul moyen de réaliser ce que représente exactement cette profession? Dans quelle mesure sont-ils réellement confrontés à la "vraie vie" d'instit? Savent-ils seulement ce qu'implique réellement la tenue d'une classe ? Sont-ils vraiment armés pour le faire?

Au vu des différents stages qui leur sont proposés, permettez-moi d'en douter...Jugez plutôt :

Durant ces 4 années d'études, ce sont, en tout et pour tout, 10 stages, soit 30 à 34 semaines, qui sont prévus. Ce qui peut sembler assez conséquent.

Mais voilà, il y a stage et stage...

En l'occurrence, à la lecture du guide/programme fourni par l'IUFE, la plupart de ces stages se résument à des temps d' "observation", d' "observation participante", de "coopération et d'intervention" ou en "responsabilité partielle".

Comprenez bien que, lors de tous ces stages, l'étudiant est toujours accompagné du titulaire de la classe et que jamais il n'est confronté à l'ensemble de ce qu'implique la tenue d'une classe.

A ce sujet, le guide de l'IUFE est très clair: "Le travail en classe est défini d’entente avec le(s) formateur(s) de terrain. En principe, l’étudiant, durant la première année du deuxième cycle, aura rarement la pleine responsabilité de l’enseignement, mais les formateurs de terrain, selon les unités et modules dans le cadre desquels ils travaillent, peuvent lui confier la conduite de certaines activités".

Quand donc l'étudiant est-il en charge d'une classe d'élèves, en TOTALE responsabilité, entièrement livré à lui-même, sans aucune autre présence à ses côtés, confronté à TOUTES LES TACHES qui incombent à un enseignant, (mise en place des programmes,  préparation des leçons, enseignement, évaluations formatives et certificatives, corrections, rédaction des carnets, rapports avec les parents, nombreuses séances avec les directeurs, organisation des sorties et des camps, etc., j'en passe et des meilleurs).

Bref, quand assume-t-il l'entier du cahier des charges d'un enseignant du primaire?

On pourrait croire que les stages prévus, hélas seulement en 4ème et dernière année du cursus, sont là pour enfin mettre les étudiants face à "la vraie vie" qui les attend. Qu'enfin, durant ces 4 stages intitulés pompeusement en "responsabilité complète" ils seront mis en situation de responsabilité que je qualifierais de TOTALE, un élément qui devrait pourtant être essentiel dans la formation d'un enseignant.

Mais, là encore, il n'en est rien! Car, qu'en est-il de ces stages en prétendue "responsabilité complète"?

En fait, cette prétendue "responsabilité complète", encore une fois, ne porte que sur certains aspects de la profession mais jamais sur son ensemble. Ainsi, tantôt l'accent de responsabilité sera porté sur la gestion de classe, tantôt sur la planification de l'enseignement, tantôt sur la conduite de l'enseignement.

Cerise sur le gâteau, tous ces stages se font toujours en présence du titulaire. JAMAIS l'étudiant ne se retrouve vraiment tout seul, confronté à devoir assumer COMPLETEMENT la conduite de sa classe!

Une exception, il est vrai ! En cas d’absence du titulaire (co-formation, maladie, formation continue, etc.), l’étudiant peut alors le remplacer. Mais à des conditions bien définies: au maximum durant 9 jours sur l'ensemble de son cursus! Oui, vous avez bien lu, 9 jours!

On est ici à des années lumières de ce qui se faisait avant la création de cet IUFE, à l'époque de feues les Etudes Pédagogiques. Un cursus de trois ans qui permettait véritablement de se confronter à la réalité du terrain tant les étudiants se retrouvaient face à leur responsabilité, seuls maîtres à bord en charge d'une classe que le DIP leur confiait durant des remplacements de longues semaines, voire de longs mois.


 

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