13/12/2014

"Oui-oui au pays du oui" (Jean Romain) et "Des dirlos opportunistes" (Duval)

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Deux textes pour le week-end, une fois n'est pas coutume...


 

Oui-oui au pays du oui

Jean Romain


A Genève, on avait mis en place une école, non pas celle de Chavanne depuis longtemps défunte, mais une école des pédagogistes, celle des réformes en rafales, celle du contenu vide, celle du refus de transmettre, celle de l’élève au centre, celle des méthodes mortifères, celle du peu de contenu, celle du relativisme culturel, celle de la suppression des notes, celle des cycles de 4 ans pour acquérir les bases qu’ailleurs on acquiert en un an. Bref, celle à laquelle il fallait répondre OUI pour être moderne.

A propos de cette école, le NON n’existait pas. On regardait de biais ceux qui osaient s’y opposer, et on les traitait de tous les noms pour tous leurs non. A l’époque, le NON n’était pas seulement absurde ou ridicule, il n’était seulement pas prévu. L’alternative au OUI à cette école délétère, c’était le OUI. La lumière n’avait plus besoin d’ombre ; la contradiction avait disparu sous l’évidence que le bien de la modernité allait enrober tout le monde. C’était oui-oui aux Pays des Merveilles du OUI.

Et soudain, incompréhensiblement d’ailleurs, des gens ont commencé à dire NON. Non, nous ne voulons pas ça, pas cette école, pas cette vacuité, pas cette farine pour pédagos ! Peu nombreux au début, ils prirent corps ensuite et donnèrent de la voix. On les a traités de fous, de réacs, de nostalgiques. Alors sont apparus des comités de soutien comique au Oui-oui, lors de la votation sur les notes. Des notes ? Quelle horreur ! Vous voulez encore évaluer les élèves ? Bande de réacs ! Mais… souvenez-vous ! 76 % des Genevois ont osé s’opposer à cette merveilleuse école, à la barbe d’ailleurs des penseurs de la Fapse d’alors, vedettes cuites aux micro-ondes, ces élites pour Soleil vert qui ont tenté de dissuader le peuple de s’opposer. Chez Oui-oui, on ne peut qu’approuver le monde comme il va.

Mais progressivement les choses se sont compliquées pour Oui-oui. Il y eut plusieurs événements durant ces dix années du NON. On retient les tout derniers :

  1. Demande (Motion) de modification du cursus de la maturité gymnasiale.
  2. Demande de suppression des doublons au DIP (Pétition)- Maîtres adjoints
  3. Demande que les directeurs primaires enseignent à temps partiels, comme ailleurs (Motion)
  4. Deux demandes que la Cours des Comptes évalue l’IUFE
  5. Demande de passer de 4 à 3 ans le cursus primaire de l’IUFE (motion)
  6. Mise en cause l’IUFE secondaire (pétition)
  7. Rapport de la CdC sur le Cycle d’orientation et ses économies possibles (12 millions)
  8. Pétition pour l’enseignement de l’histoire suisse à l’école obligatoire
  9. Demande pour que les classes genevoises travaillent jusqu’au bout des années scolaires.

Voilà. Les choses changent, avec des majorités parlementaires claires. On est en train de refaire l’école… et les nostalgiques de l’école des pédagos s’accrochent à leur passé…

 

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"Des dirlos opportunistes"

André Duval

Cette fois, pour Didier Bonny, pas question, de rappeler ce devoir de réserve auquel il est soumis et derrière lequel il se cache si facilement lorsqu'il est dans l'embarras, incapable de donner des réponses...

Sur son blog, il nous gratifie donc d'un billet qui nous apprend que le Groupement genevois des associations de parents d’élèves du primaire (GAPP), la Société pédagogique genevoise (SPG) et l’Association genevoise des directeurs du primaire (AGDEP) se sont unis pour "défendre l'école primaire" (Sic).

Je l'ai dit dans un précédent billet, les coupes proposées dans le budget du DIP ne doivent, en effet, en aucun cas se faire sur le dos des instituteurs et donc sur celui des élèves.

Je peux donc comprendre l'action de la SPG et du GAPP, malgré leur légitimité restreinte. La SPG a trop souvent perdu sa crédibilité dans la défense de causes insensées, à l'instar tout dernièrement, de sa prise de position pour un boycott des profs de gym. Quant au GAPP, piloté par une poignée d'individus qui ne se soucient pas de consulter la base du groupement, il y longtemps qu'on sait qu'il n'est nullement représentatif des parents d'élèves, que sa présidente, Madame Sandra Capeder, complètement inféodée au parti de Madame Anne Emery Torracinta continue à lui "lécher les bottes" comme elle l'a fait avec Monsieur Charles Beer. On a de la peine à croire à son objectivité, elle qui vient d'être nommée cheffe de service au sein des Services de la Petite Enfance (SDPE)...

J'ai par contre plus de peine à comprendre que ces deux groupements aient accepté que l'ADDEP se joigne à leur communiqué de presse. Les directeurs d'établissement ont en effet assez astucieusement saisi l'occasion qui se présentait pour tenter de sauver les placards dorés dont ils jouissent. Comme si le fait de leur demander de consacrer une partie de leur temps de travail à de l'enseignement avait quelque chose à voir avec les revendications exprimées sur les coupes budgétaires! A moins que ce soit strictement d'un point de vue financier et en vue donc de diminuer ces postes inutiles pour faire de considérables économies...

Mais, bon, puisque l'ADDEP s'est sournoisement immiscé dans l'affaire, on aurait au moins pu espérer en apprendre plus sur le rôle de ces directeurs. Quel est-il clairement?

Que nenni! Rien de nouveau...

On ne sait toujours pas ce que font ces gens sur le terrain, concrètement et quotidiennement.

Une fois de plus on devra se contenter de vagues formules, au contenu insignifiant qui ne signifie rien ou peu de chose:

"Ceux-ci assurent l’accompagnement des enseignants, ils sont des forces d'encadrement du système nécessaires pour tous les acteurs, jouent un rôle indispensable dans le développement des actions pédagogiques, permettent d’assurer le suivi et l’orientation des élèves et sont des interlocuteurs indispensables pour les parents".

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Commentaires

Je vous trouve très dur face aux directeurs d'écoles. La directrice de notre école des pervenches à carouge se consacre à l'école, aux parents et aux enfants de manière irréprochable. Notre association de parents a clairement desapprouvė la grève des profs de gym et ne fait pas dans le leche bottes. 430 enfants sont bien encadrés, malgré des milieux sociaux très différents. Et cela grâce à la directrice qii attache une grande importance au vivre ensemble. Il faudrait affiner votre analyse et ne pas tout mettre dans le même panier

Écrit par : fabienne gaudard | 13/12/2014

@Fabienne Gaudard
Je ne suis pas dur, je suis réaliste. Désolé, mais vous n'apportez aucun élément nouveau quant aux tâches des directeurs... Ce que vous écrivez n'explique absolument pas ce qu'ils font très concrètement sur le terrain, quotidiennement."Se consacrer à l'école, aux parents et aux enfants....ça signifie quoi? Ou alors, il s'agit tout simplement de ce que font les enseignants, avant qui que ce soit, en priorité!
Ceci dit, je vous rappelle ou vous apprends que j'ai toujours dit que des postes hiérarchiques étaient indispensables mais qu'en l'occurrence, ils étaient totalement surfaits tant la charge de travail n'est pas adaptée à leur trop grand nombre.
Par ailleurs, relisez-moi, je parle du soutien de la SPG au boycott des profs de gym et non du GAPP. De même de l'inféodation et l'objectivité douteuse de Madame Capeder et de son comité mais non d'une association en particulier. Encore heureux que certaines fonctionnent correctement...mais....ne semblent donc pas sérieusement représentées par les instances du GAPP...

Écrit par : Duval | 14/12/2014

Mettre en ligne sur mon blog, sans aucun commentaire de ma part, un communiqué de presse du GAPP, de la SPG et de l'AGDEP n'est en aucun cas contraire à mon devoir de réserve. Je relaye une information publique afin que le plus grand nombre sache que l'école primaire, à laquelle je consacre mon temps de travail depuis 25 ans, est en danger, en partie à cause de personnes comme vous qui à force de la crédibiliser mettent en péril jusqu'aux postes d'enseignants. C'est ce qu'on appelle un bel autogoal de la part de quelqu'un qui profite d'une retraite dorée depuis l'âge de 55 ans, privilège d'un autre temps.

Écrit par : didier bonny | 14/12/2014

Si vous le dites...
Par contre, ce qui s'appelle un bel autogoal, c'est votre lapsus : "...à cause de personnes comme vous qui à force de la crédibiliser..." ...Vraiment?!
A moins que ce ne soit ce que vous avez voulu dire...
Quant au problème de cette retraite, je ne vous répète pas ce que j'ai écrit dans mon commentaire à Sarah, sur votre blog... Bénéficier d'une retraite dorée (pas dans le sens financier?)pleinement réfléchie et motivée ou jouer au "faux-cul" grassement payé dans un placard doré, pour moi le choix est vite fait...Et pendant que vous y êtes, réécoutez donc la chanson de Dutronc, histoire de vous regardez dans un miroir.

Écrit par : Duval | 14/12/2014

Cher M. Bonny, ne prenez pas les gens pour des sots ! Recopier tel quel un communiqué de presse n'est pas neutre. Il veut dire, même s'il n'y a aucun commentaire, qu'on le soutient, raison pour laquelle d'ailleurs on répercute l'information. Votre blog dit on ne peut plus clairement : "voyez ce que je pense !" Pas besoin d'un crayon gras pour qu'on le comprenne ! Vous avez un devoir de réserve qui ici n'est pas respecté en l'occurrence.

Se soustraire à cet acte par la suite en prétextant qu'on n'y a rien ajouté est non seulement faux dans l'esprit, mais peu courageux.

Écrit par : Jean Romain | 14/12/2014

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