21/12/2014

L'école se meurt

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A quelques jours de Noël, je me pose la question. Combien sont-elles les écoles primaires genevoises qui, à l'occasion de ces fêtes, ont pris la peine de "monter" un spectacle pour le présenter à la population environnante.



Je crains fort qu'elles soient peu nombreuses...Y en a-t-il eu au moins une seule? Je me demande même si cette pratique n'est pas proscrite par le DIP...

Il fut un temps pourtant, pas si lointain que ça, où ces spectacles de Noël, préparés avec tant de passion par toute l'école, dans de nombreuses communes, de nombreux quartiers, étaient une tradition que pour rien au monde on aurait voulu manquer.

Un partage, une fête populaire qui nécessitait de la part de tous ses acteurs, une sacrée préparation . Il fallait trouver une idée, un sujet de pièce de théâtre qui collait à la situation particulière de ces fêtes, la mettre en scène, distribuer les rôles aux élèves qui comme jamais s'appliquaient à les "jouer", construire les décors, apprendre les nombreux chants qu'on s'efforçait de placer au détour de telle ou telle scène. Des heures et des heures de travail où personne ne comptait son temps...

Pour les élèves, comme pour les enseignants, cette période, malgré quelques coups de gueule inévitables, était source d'immenses joies et d'une intense fierté lorsque, le soir de l'apothéose venu, on présentait à des centaines de parents émus et villageois enchantés le fruit de ce magnifique travail.

Tous ceux qui ont eu la chance de vivre une telle expérience s'en souviennent, à coup sûr ils en gardent les meilleurs souvenirs.

Mais voilà!

Tout récemment, un éminent syndicaliste de la SPG m'a confié que les écoles mouraient: "Il ne se passe plus rien dans les écoles" m'a-t-il dit!

Quelle tristesse! Instits, réveillez-vous donc! Où est donc passée cette flamme, cet enthousiasme qui devraient vous animer, tout ce qui fait la beauté de votre profession!

Un cri du cœur que je vous adresse. En vain j'en ai peur tant je crains que ce ne soit plus dans cette optique que vous êtes formés, pardon formatés, à l'IUFE...

 

Je viens d'en terminer la lecture et je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager cet extrait du livre dont, je n'en doute pas, vous n'aurez aucune peine à trouver l'auteur.

..."La question n'est pas de savoir si Noël est une fête chrétienne. Il ne l'est plus. De sorte qu'il est assez pathétique de voir certaines municipalités débaptiser les "marchés de Noël" pour en faire des "marchés d'hiver". La laïcité n'en demande pas tant. Mais il serait possible pour des parents de refuser la litanie des listes au Père Noël et de l'avidité organisée des enfants. Il serait possible que, même athées, ils jouent leur rôle de passeurs en racontant à leurs enfants ce que fut cette fête dans un monde où le christianisme modelait les consciences - souvent pour le pire, mais aussi pour quelques moments de grâce - et quel en était le sens symbolique...."

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Commentaires

Le christianisme a modelé les consciences: est-ce terminé. Un homme a dit de le suivre. Il fera de Pierre un pêcheur d'hommes. Du temps se passe. Cet homme, Pierre, sera condamné à être crucifié tête en bas (condamné politique). Un autre, Jean, sera torturé dans de l'huile bouillante.
Que pense (temps biblique atemporel) Jésus, qu'en pense-t-il ou, au conditionnel, s'il était, présent, mis au courant, lui-même, qu'en penserait-il?

Se demanderait-il s'il était forcément toujours bien inspiré?

Si oui qu'en penserait Dieu lui-même?

Arrivait-il que l'on remette Jésus lui-même en question? Oui: Jésus insulte un Pharisien qui l'a invité. Le Pharisien lui fait remarquer que l'insultant comme il vient de le faire il n'est pas, lui, Jésus, conforme à son propre enseignement. Jésus tient-il compte de la remarque du Pharisien? que nenni il l'insulte plus encore.
Jésus nous serait-il comme un miroir tendu nous renvoyant à nous-même en nous posant la question si et ou en quoi, en cet épisode évangélique, nous pourrions être un "Jésus tout craché" pratiquant l'insulte et... réitérant?
Au vu de l'état de la planète le retour sur soi-même, tous, pas que les dirigeants, ne s'impose-t-il pas d'urgence... (Pardon pour ces caractères énormes mais il me faut attendre une prochaine visite pour savoir quoi faire)! L'idée que Jésus nous est comme un miroir tendu pour notre salut, en l'occurrence cet exemple avec le Pharisien. Miroir tendu comme moyen pour améliorer l'aspect relationnel les uns avec les autres. Idée qui nous vient de l'Inde reprise par le dalaï lama qui a écrit que Jésus fut un bodhidarma c'est-à-dire une personne qui a fait vœu de revenir parmi nous tant qu'il y aura de la souffrance. de la souffrance.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/12/2014

tu rêves. ..il est révolu le temps où l'instituteur était tout à la fois animateur socio-culturel, chef scout, directeur de chorale, secrétaire de Mairie, organisateur de fête, conseiller de paroisse et metteur en scène. Aujourdhui, il doit être performant et connaître par coeur ses devoirs afin d'administrer sans broncher à ses élèves les doses prescrites par le PER et les MER. Ainsi, le super instituteur n'a de compte à rendre qu'à une seule personne: son/sa directeur-trice, qui pourrait même lui reprocher de se disperser dans des activités non prévues dans son cahier des charges.
Ce soir, je tiens à remercier ce collègue instituteur qui a dirigé la chorale des élèves lors des repas des aînés jusqu'à l'année dernière. Personne n'a pris le relai cette année. Nous voilà bien punis et un peu tristes.

Écrit par : J-F Girardet | 21/12/2014

Mais, moi qui croyais qu'il y avait des projets d'établissement...
Cette école est asceptisée. C'est le prix de la vacuité culturelle : quand on n'a plus rien à transmettre, c'est qu'on est déjà mort.

Écrit par : Jean Romain | 21/12/2014

André Duval très joli rappel du passé .En effet ces soirées mémorables même si souvent elles se passaient dans une église car deux en un existait déjà à cette époque ,sont des souvenirs auxquels on aime rester attachés surtout quand on voit tous les copains d'école mourir les uns après les autres ce qui dément déjà de nombreuses statistiques qui elles prétendent à une surpopulation de personnes âgées
Cependant et malgré tout de notre temps oui je sais cela fait un peu ringard ,rire et se donner le main en chantant ne nuisait pas à l'environnement
Ce qui de nos jours fait rouspéter de nombreux parents en voyant leurs enfants polluer eux-mêmes l'atmosphère grâce aux virtuel social imposé dans les classes et tous reliés aux Data Center
Très belles fêtes de fin d'année pour Vous Monsieur et merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 22/12/2014

Les bras ballants on doit assister à ce remodelage généralisé de la "mondialisation à la petite échelle" de tout; nos écoles, nos administrations, le commerce, les traditions, et j'en passe!

Tout ça pour -ingérer- cette immigration qui nous est imposée par la force et par nos dirigeants à tous les échelons, cela afin de nous modeler, NOUS, pour mieux infiltrer les nouveaux arrivants!

Qui disait qu'il fallait diviser pour mieux régner?!?

Joyeux Noël! Profitons-en car bientôt cela s'apparentera à du racisme que de le dire!

Écrit par : Corélande | 22/12/2014

Monter une pièce de théâtre ou un spectacle de fin d'année n'est pas donné à tout le monde. Les cours de travaux manuels non-plus d'ailleurs. Je n'ai pas souvenir d'avoir pu profiter de ces activités à l'école primaire en Suisse.
En revanche, les écoles anglo-saxonnes ne pourraient s'envisager sans ces shows qui sont non seulement des ciments entre les élèves et avec les maitres, mais surtout qui enseignent quantité de qualités absentes des disciplines habituelles. L'improvisation, l'initiative, le courage, le vivre ensemble, la prise de risque, l'humour et j'en passe.
Mais dites-nous, qui devrait s'occuper de ça, les directeurs ? Les profs semblent dire qu'ils sont sous pression, qu'ils n'arrivent pas à suivre, qu'ils ont plus de 25 élèves par classes, etc.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/12/2014

@Pierre Jenni
Il fut un temps où les instits avaient toutes les compétences pour le faire. Ils savaient apprendre à jouer un rôle, à chanter, à dessiner et à travailler de ses mains. Ils avaient encore cette flamme qui leur donnait l'envie d'entreprendre, d'imaginer, l'école avait une vie. Pour "monter" un spectacle, il suffisait donc de le vouloir, d'en avoir l'envie. Mais voilà, depuis, les fossoyeurs sont passés!
Ils ont "désacralisé" l'école, ils ont robotisé les instits désormais formatés à la sauce d'une nouvelle formation...
A force de les dénigrer sans cesse, de les réduire à leur seul rôle de fonctionnaire, on leur a enlevé toute leur âme.

Écrit par : Duval | 22/12/2014

Monsieur Duval osez le dire! Comment trouver un sujet rassembleur quand on a une classe de 25 élèves avec 2 suisses et 15 langues différentes.

"A force de les dénigrer sans cesse, de les réduire à leur seul rôle de fonctionnaire, on leur a enlevé toute leur âme."

Mais c'est voulu tout ça! En perdant leur âme de chrétien, voire de potentiel xénophobe ou raciste on conditionne bien fort le corps enseignants, puisqu'il a en son sein une forte tendance de gauche dont on sait parfaitement quels sont les objectifs quant à la multiculturalité dès le plus jeune âge, en noyant tout le monde dedans.

Écrit par : Corélande | 22/12/2014

Bonjour,

N'en déplaise à certains nostalgiques qui publient ici des propos défaitistes quant aux compétences pluridisciplinaires des instituteurs en poste actuellement, sachez que notre école a organisé une fois de plus sa fête de Noël.
Les parents sont venus nombreux écouter notre chorale, laquelle a interprété une dizaine de chants préparés sans l'aide des maîtres spécialistes. Clarinette et guitare étaient de la partie pour accompagner divers chants traditionnels.
Messieurs, mesdames, comment pouvez-vous tenir des propos si catégoriques sans avoir une vue d'ensemble de ce qui se fait dans les écoles ?

Écrit par : Neksavo | 22/12/2014

@Neksavo
Je ne puis que me réjouir de votre commentaire! En espérant que votre école ne soit pas la seule... Mais,vous qui, si j'en crois vos propos, avez "une vue d'ensemble de ce qui se fait dans les écoles" vous pourrez donc nous en dire plus?
Je remarque par ailleurs que votre école est en division élémentaire et que je parle essentiellement du primaire. Quant aux "compétences pluridisciplinaires" que vous accordez aux instits en poste actuellement, permettez-moi quand même d'émettre quelques doutes quant à ce qui est enseigné (ou pas), en matière de chant, dessin, travaux manuels dans le cadre de la formation à l'IUFE.
Ce qui n'enlève rien aux félicitations que je vous adresse, à vous et à vos collègues qui avez donc fait l'effort d'organiser une fête de Noël, Voilà qui est tout à votre honneur car je reste persuadé, jusqu'à preuve du contraire, que vous êtes bien seuls. Croyez-moi, je suis très heureux d'apprendre qu'il reste quelques enseignants qui ont gardé le sens de la profession.

Écrit par : Duval | 22/12/2014

@Duval
Vous m'avez mal compris ; je n'ai jamais prétendu "avoir une vue d'ensemble de ce qui se fait dans les écoles" ; tout comme vous, je ne dispose pas de ces statistiques qui n'existent certainement pas. J'ai par contre critiqué le fait que plusieurs personnes tenaient des propos catégoriques sans avoir de vue d'ensemble.
Je n'ai cité que l'exemple de mon école. Et il y en a d'autres : dans mon réseau professionnel, je ne connais pas moins de 3 écoles qui ont célébré la fête de Noël. J'encourage les enseignants qui nous lisent et qui auraient organisé une fête de Noël de se manifester, pour donner du poids à mes propos.
Par contre, je constate comme vous que la fête de Noël est de moins en moins fêtée dans les écoles, supplantée par les festivités de l'Escalade. Dans l'agenda du mois de décembre, ces deux événements (Escalade/Noël) étant très proches, il est difficile d'organiser deux fêtes à une semaine d'intervalle (sans compter qu'il faut solliciter les parents).
Je profite de l'occasion pour vous remercier de vous investir dans ce blog que je lis régulièrement depuis sa création. La profession enseignante a en effet besoin de débats pour évoluer. Même si je ne partage pas systématiquement vos points de vue, je reconnais la valeur de vos idées.
Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de Noël.

Écrit par : Neksavo | 22/12/2014

Noël... ailleurs...

Article en lien avec notre discussion de l'autre jour...

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Des-eleves-interdits-de-celebrer-No-l-23262355

Écrit par : Neksavo | 25/12/2014

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