04/01/2015

A méditer

En cette veille de rentrée scolaire, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager quelques propos tirés du livre dont je vous ai déjà parlé précédemment. A méditer donc!

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De l'éducation

... L'école ne doit pas inculquer des "valeurs citoyennes" mais transmettre des savoirs qui émancipent les individus. ... Les penseurs de l’école moderne ont donc remplacé cela par un incroyable moralisme qui demande aux élèves d’ânonner quelques platitudes sur le « respect » et la nécessité de « communiquer » davantage. L’éducation n’est pas une illumination, elle est un cheminement. Elle ne relève pas du catéchisme, elle relève du magistère. Elle repose sur la relation de confiance entre les élèves et le maître... C’est pourquoi l’éducation commence tôt, et se construit dès les premières années de classe. Et c’est pourquoi les professeurs ont tant besoin de la confiance de la nation ; parce qu’ils sont condamnés à parler dans le vide si les enfants qu’ils ont en face d’eux ne sont pas convaincus de l’ardente nécessité de ce qu’ils viennent écouter.


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De l'école sanctuaire

Que l’école ait à voir avec le sacré, voilà qui est devenu incompréhensible aux chantres de l’école « lieu de vie » et des « débats citoyens », c’est-à-dire à tous ceux qui, par leur acharnement à banaliser l’acte de transmission en le soumettant à l’impératif d’épanouissement des enfants et de dressage aux messages divers et variés, hygiène, sécurité routière, antiracisme, tri sélectif… ont contribué à faire de l’école à la fois tout et rien.

On le sait, la réussite scolaire d’un enfant dépend moins de son niveau social que de l’attitude de ses parents à l’égard de l’école.

...

Parler d’une école « sanctuaire », ce n’est pas convoquer les blouses et les bonnets d’âne, l’école des années cinquante ou des années trente, c’est comprendre que la société se structure en séparant les espaces. La démocratie repose sur la séparation entre espace public et espace privé. Nous y ajoutons la distinction entre savoirs scolaires et non scolaires, entre ce que l’école doit à tout prix transmettre, et ce qu’elle est incapable de transmettre.

...Nous avons renoncé à l'école sanctuaire parce que nous avons renoncé à l'école lieu d'intégration par le savoir et la culture commune.

...L'école n'est pas un lieu d'exercice de la liberté, elle est un lieu d'apprentissage de la liberté.

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De l'élitisme et des cycles d'apprentissage

Là, vous atteignez le point aveugle de l’idéologie égalitaire, ce trou noir qu’il ne faut surtout pas explorer, car ce qu’on y trouverait serait teinté de mépris de classe et de déterminisme forcené. Les pauvres ne peuvent pas réussir à l’école, ni s’approprier une culture humaniste exigeante. Les pauvres sont condamnés à l’échec, sauf si l’on efface cet échec par un tour de passe-passe, et que l’on supprime cette culture qui ne saurait leur appartenir. Mais puisque tout cela est fort peu reluisant, changeons de sujet :

- De toute façon, avec l’organisation en cycles, nous avons rompu avec ce système des années d’avance. Les enfants ne progressent plus de classe en classe, mais de cycle en cycle ; et vous n’allez pas leur faire sauter tout un cycle.

- Donc on organise dès le départ la cohabitation d’enfants qui n’ont ni les mêmes acquis, ni les mêmes besoins.

- Mais le professeur répond à chacun par une pédagogie différenciée.

Ô merveille de ces quelques phrases qui résument si bien la subtile philosophie de ceux qui ont charge de nos enfants : l’élitisme, c’est Mal. La mixité, c’est Bien. Et par la magie de la « pédagogie différenciée » et des « cycles d’enseignement », une administration folle verrouille le système pour qu’aucune tête ne dépasse.

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De l'enseignement de notre histoire et de nos "mythes"

Se souvenir,parce qu’un pays qui n’a pas de passé construit difficilement son avenir, et que les mythes sont ce qui nous rassemble et nous habite, voilà qui est louable. Mais le serait encore plus la décision de réinvestir ces mythes, à l’école comme dans l’ensemble de l’espace public, plutôt que de les abandonner et de s’étonner ensuite que d’autres s’en saisissent.

Il serait appréciable que la redéfinition d’un roman national qui ne soit pas, certes, le récit simpliste d’autrefois, mais qui nous nourrisse à nouveau de nos épopées communes, soit une des missions d’une institution scolaire qui arrêterait de se gargariser de mots grandiloquents et s’attèlerait à structurer l’esprit des enfants pour préparer leur émancipation future. Les réformes de structure qui transforment depuis plusieurs années l’école républicaine, et que le consensus des penseurs de l’éducation, chantres des compétences et de l’employabilité, rendent inéluctables, semblent furieusement l’ignorer. La constitution d’une communauté nationale apaisée et sûre d’elle -même est le cadet de leurs soucis.

...L'horizon de la vie de ces jeunes gens, c'est leur nombril. Sa raison d'être, c'est la satisfaction de leurs envies les plus dérisoires, nouveau portable ou shopping entre filles.

...la curiosité d'esprit qui pousse à s'intéresser à ce que firent les êtres humains qui nous ont précédés ne les effleure pas. Rien d'étonnant quand on leur donne pour modèle Kate Moss ou Beyoncé.

Toute notre société aboutit donc à ce que nous produisions une jeunesse hors sol - comme on produit des tomates - sans le moindre lien avec la civilisation qui l'a précédée.


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