30/01/2015

L'école inclusive

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C'est, selon Jean Romain, la nouvelle "marotte" à la mode dont Madame Anne Emery Torracinta veut faire l'une de ses priorités.

Soit, pourquoi pas. Encore, selon moi, faut-il s'entendre sur ce que le concept signifie...

Est-ce à dire qu'il faut intégrer dans les classes d'école TOUS les élèves, quelle que soit leur problématique? Handicapés physiques comme délinquants en puissance?

En attendant, je vous livre ci-dessous la réflexion à laquelle s'est livré Jean Romain dans un "Invité" paru dans la TdG du 29 janvier.

L’école inclusive est la nouvelle marotte scolaire; elle va faire l’objet d’une nouvelle loi sur l’Instruction publique, celle que le Grand Conseil étudie actuellement. Comme toujours, théoriquement, cela semble une bonne idée de refuser de séparer les élèves à problèmes divers des autres élèves réguliers. On ne les mettra donc plus dans des établissements spécialisés (école séparative), ni dans des classes spécialisées (école intégrative) mais on les mélangera avec les autres élèves de toutes les classes, dans la mesure du possible (école inclusive).

La première conséquence est évidente: l’abolition de la distinction entre école régulière et école spécialisée, et vraisemblablement de l’efficacité des deux régimes d’enseignement puisque les professeurs ne suivent pas la même formation.

La deuxième conséquence est donc la modification radicale de la formation des professeurs dont la plupart ne connaissent rien à ce qui ressortit à la prise en charge des élèves différents. Certains cas sont assez lourds.

Il faudra faire appel à des spécialistes de sorte qu’aux moments décisifs ceux-ci puissent sortir temporairement tel élève de la classe pour le suivre individuellement. Mais alors, quelle est la place de l’enseignant lorsque les difficultés scolaires sont traitées par d’autres spécialistes?

La troisième est évidemment une modification du rôle de l’école publique car une médicalisation de cette école va être nécessaire puisqu’on impute l’échec scolaire à des dysfonctionnements individuels, des troubles du comportement, ou à divers «dys» qu’il faut soigner. En effet, ce type d’interprétations médico-psychologiques de l’échec scolaire précoce, qui impute les difficultés de l’enfant à un déficit individuel, n’incite pas à s’interroger sur la construction des difficultés d’apprentissage au sein même des classes.

Or, de nombreux travaux sociologiques, comme ceux de Rochex ou Lahire, montrent que les inégalités d’apprentissage se construisent aussi au sein des dispositifs d’enseignement. Si la faute incombe à un trouble individuel, toute remise en cause des méthodes ou du climat scolaire est reléguée au second plan.

La quatrième conséquence, moindre, est la diabolisation de ceux qui vont seulement douter de cette façon de voir. Ils seront à choix: conservateurs, insensibles, élitistes ou simplement grognons.

Depuis quelques années, on parle abondamment de l’école inclusive. C’est la prochaine problématique importante de notre école, qui va demander d’ailleurs pas mal de moyens supplémentaires. Les obtiendra-t-on? Je ne suis pas certain qu’en voulant réduire une difficulté on n’en crée pas une autre plus dommageable encore.

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Commentaires

"L’école inclusive est la nouvelle marotte scolaire"
C'est beaucoup moins cher que de faire construire une "Grande Bibliothèque" ou un "Musée des Arts Premiers", d'autant plus qu'à Genève les moyens d'une réforme quelque peu sérieuse, au sens de approfondie, ne sont jamais donnés au DIP, ou alors seulement aux nouveaux cadres et à leurs spécialistes, et ne profitent jamais aux élèves qui en auraient besoin.

Écrit par : Mère-Grand | 30/01/2015

Ce projet d'école inclusive me pose 3 problèmes.

Le 1er est qu'ayant été à l'école en France (à l'époque où elle avait encore une certaine valeur), je l'ai vue se dégrader peu à peu pour ne plus être qu'une usine "inclusive" à fabriquer des cancres et où les plus doués ne s'en sortaient qu'à grand peine.
La preuve : à mon époque on ne pouvait s'inscrire au Poly de Zürich qu'avec un baccalauréat mention "bien".
Et aujourd'hui on ne peut s'inscrire que si l'on a fait Maths-Sup PUIS Maths Spéciales. Soit 2 ans après le bac.

Le 2ème est que ma petite fille habitant Genève sera donc scolarisée à Genève. Alors Bonjour les dégâts !
Je me demande s'il ne faudrait pas que ses parents viennent habiter en Valais. Je vais leur en parler.

Enfin le 3ème réside dans le fait qu'en lisant beaucoup de textes sur ce blog, je suis sidéré par les fautes d'orthographe et de syntaxe. A croire que la plupart des bloggeurs sont des étrangers. Or la Tribune étant Genevoise, il est plus probable que ce sont des "proches de Genève". Et donc qu'ils ont pour la plupart été à l'école à Genève.

Décidément la France est trop proche de Genève !

Écrit par : Lambert | 01/02/2015

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