01/03/2015

In ka oche!

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Je devais avoir 6 ou 7 ans, mes parents avaient loué un chalet à Champéry où nous passions alors les vacances d'été. Une petite ferme avoisinait le chalet et j'avais lié amitié avec le fils du paysan à peine plus âgé que moi. Je me souviens de nos jeux d'enfants, des heures passées à attraper les sauterelles dans les herbes hautes. C'est durant cet été que j'ai découvert, avec effroi, comment une poule peut continuer à courir alors qu'on vient de lui couper la tête à la hache...

Un jour, lors de nos ébats enfantins, je ne sais plus pour quelle raison, voilà que mon camarade me lance dans un immense éclat de rire:

- Le Père Noël, tu y crois encore toi?

Un peu surpris, je lui avais alors immédiatement répondu:

- Ca va pas, bien sûr que non!

Toujours hilare, celui-ci avait alors enchaîné...

-Et au Petit Jésus alors, tu n'y crois plus non plus!

Estomaqué, décontenancé, complètement perdu, de peur de passer pour un imbécile, j'avais tout de suite répliqué:

- Ben non, c'est n'importe quoi, ça fait longtemps que j'y crois plus.

Tout s'écroulait et, pendant tout le reste de cette journée, je suis resté sur cette sale impression de m'être fait avoir, d'avoir été berné toutes mes jeunes années avec cette stupide histoire du gentil petit Jésus.

Lorsque je suis rentré au chalet familial, j'étais fou de rage et j'ai bien entendu reproché vivement à mes parents de m'avoir ainsi mystifié pendant si longtemps. Ceux-ci ont eu toutes les peines du monde à me convaincre que cette histoire n'était pas la même que celle du Père Noël et que Jésus n'était donc pas le fruit d'une immense arnaque...

Ouf, voilà que j'étais rassuré, l'imbécile c'était le fils du paysan voisin et pas moi.

Aujourd'hui, quelques soixante ans plus tard, je me pose la question. Et si c'était tout de même lui qui avait raison et moi qui avait été dupé pendant toutes ces années?

Si, à l'instar du Père Noël, ce Jésus, celui qui marche sur l'eau, était né de l'imaginaire de quelques illuminés?

Au final, c'est cette personne qui m'était proche qui, en bon Valaisan empreint de bon sens, avait la solution. Non pratiquant convaincu, lorsqu'on parlait de religion et de croyances divines, prudent, il disait que, quand même, parfois il s'adressait au Bon Dieu, ajoutant:

In ka oche!

Au cas où...

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Commentaires

Nice. And sweet.
Désolé pour l'anglais, mais je trouve que ça sonne mieux que Joli. Et doux.
ET puis on a plus de souci à se faire. L'UDC a voté pour une deuxième langue nationale au primaire.

Écrit par : Pierre Jenni | 01/03/2015

Monsieur Jenni chez nous l'allemand était obligatoire dès la 4me primaire
Je vous parle d'un temps ou le Père Noel était souvent remplacé par Jésus car cette fête pour beaucoup d'enfants Suisses n'exista jamais en famille et ce jusqu'en 1955
Cette fête d'ailleurs resta dans leur esprit comme la plus grande comédie humaine jamais inventée depuis le départ des cloches Pascales pour Rome

Écrit par : lovejoie | 02/03/2015

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