13/03/2015

Bobards

GC.png

Madame Anne Emery Torracinta a du pain sur la planche à propos du primaire! Après le dépôt sur son bureau du dossier sur les directeurs d'établissement qui devraient voir des heures d'enseignement apparaître dans leur cahier des charges, voilà qu'elle va devoir également se pencher sur un nouveau sujet...

En effet, les députés du Grand Conseil ont, hier, lors de leur session, accepté à une large majorité de renvoyer sur le bureau de la Présidente du DIP la motion qui demande que la formation des instituteurs genevois soit réduite d'une année. Ce que certains députés de gauche ont eu de la peine à accepter parce qu'ils sont incapables de comprendre que passer de 4 à 3 ans, ce n’est pas juste supprimer une année, mais c’est densifier les autres et les repenser sérieusement afin de mettre en place une formation digne de ce nom.

Ainsi, ces députés ont eu beau s'égosiller, crier au passéisme, la majorité du Grand Conseil ne s'est pas laissée berner par les bobards sur lesquels ils s'appuyaient.

Le député Jean Romain s'est amusé à les démonter.

Le premier qui consiste à dire que bien que partout ailleurs en Suisse, on forme les instituteurs du primaire en 3 ans, à Genève en raison d’un particularisme local auquel personne n’a jamais rien compris de sérieux, il faut qu’on les forme en 4 ans.

Le deuxième bobard est celui qui prétend que lorsqu’on forme des instituteurs en 4 années, ils sont plus généralistes que tous les autres en Suisse. C’est à dire qu’ils peuvent enseigner dans tous les degrés de la 1ère à la 8ème primaire. Les autres, formés en 3 ans seulement, devraient soi-disant choisir entre le premier cycle (les tout petits) et le deuxième cycle (le cycle moyen). C’est faux : le diplôme des HEP, reconnu par la CDIP, donne droit à enseigner à tous les degrés de l’école primaire.

Le troisième bobard est lié à la pratique : à Genève on formerait les candidats à autant de stages pratiques que dans les HEP. C’est faux si par pratique on entend mettre le candidat dans une situation qui ressemble le plus à ce que sera son travail face à une classe. En 3e année dans la HEP-Vaud, les candidats sont 6 mois seuls devant leur classe. A Genève, cela représente 9 jours non consécutifs si, et seulement si, le titulaire est malade ou en formation continue.

Autant de mensonges sur lesquels s'appuyait d'ailleurs la pétition que certains étudiants avaient lancée et qui avait recueilli plus de mille signatures. On comprend mieux ce résultat tant il est en effet facile d'obtenir des voix dans ces conditions mensongères...Une pétition que les députés ont, dans la foulée, refusée.

 

Cela fait des années qu'avec l'Arle et Jean Romain, nous menons ces combats pour l'école primaire. Aujourd'hui, nous avons gagné deux batailles mais devons rester attentifs car rien n'est joué encore. Car, voilà... ce ne sont que des motions qui ont été renvoyées sur le bureau de la Présidente du DIP...

Qu'en fera-t-elle? Saura-t-elle entendre ces signaux très clairs? Aura-t-elle le courage de les suivre?

J'ai bien peur qu'elle tente de ruser...prétendre à une diminution du nombre des directeurs d'établissement et à de menu changements dans la formation des instituteurs.

Des dispositions qui ne nous satisferont pas...et alors, il faudra aller plus loin encore...

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 


20:38 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

C'est assez récent que JR défende une formation des enseignants du primaire en 3 ans....Mieux vaut tard que jamais.
En démocratie, pour gagner un combat, il suffit de rallier à sa cause une majorité, avec patience et persévérance. Pour cela, toutes les voix comptent, même celles du MCG.

Écrit par : jean-François Girardet | 13/03/2015

Non, Jef, ce n'est pas récent, mais je n'avais pas une majorité si j'avais en 2009 lancé ce combat. Il m'a fallu attendre le bon moment. Les anciens Grecs appelaient le choix du juste moment, le kaïros. Mon parti (R) aurait en 2009 suivi mon analyse, mais pas le PDC ni le PL d'alors. Le kaïros, cher Jef, le kaïros.

Écrit par : Jean Romain | 13/03/2015

Les commentaires sont fermés.