29/03/2015

Des enseignants qui ont osé!

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On se souvient d'une directive du DIP qui, pour raison de sécurité, demandait aux enseignants de garder les élèves à l'intérieur des bâtiments lors de la récente éclipse de soleil...

Il se trouve que je viens de recevoir un témoignage que j'aimerais vous faire partager. Car, à ma grande joie, il existe encore des enseignants qui, plein de bon sens, contrairement aux "têtes" du DIP, ont su anticiper l'événement et ont surtout osé braver cette hiérarchie incompétente.

 

"Dans mon école, nous, les enseignants, avons anticipé l'événement de la récente éclipse, en achetant, avec l'accord des parents, une paire de lunettes adéquates par élève.

Tous les enfants ont donc pu profiter de ce spectacle rare, malgré la météo qui a bien failli tout compromettre.

Aucun parent de nos deux cents élèves ne s'est opposé à ce que son enfant observe ce phénomène, même si certains n'ont pas adhéré à l'achat groupé.

Nous avons dû commander ces lunettes une quinzaine de jours avant l'événement pour être sûrs d'en disposer d'une paire pour chacun.

Nous nous sommes bien sûr posés des questions quant à la position du DIP, et nous sommes informés auprès de la Direction...et lorsque la réponse est enfin arrivée (garder les enfants à l'intérieur), 24h seulement avant l'éclipse, nous avons transmis l'information aux parents d'élèves et avons décidé de ne pas priver nos élèves d'un spectacle dont ils s'étaient tellement réjouis. Notre décision, à l'encontre de la volonté du DIP, n'en était même pas une, c'était en fait une évidence, tant il nous a paru absurde de confiner nos élèves.

Personne ne nous en a fait le reproche, au contraire.

Nous avons tous, enseignants et élèves, eu la chance d'avoir un collègue qui s'est senti suffisamment concerné pour prendre cette initiative et nous permettre ainsi d'assister à cet événement en toute sécurité. Lorsqu'il nous a parlé de ce projet, il a facilement convaincu toute l'équipe enseignante en quelques minutes, juste grâce à son enthousiasme. Et pourtant, il ne s'agit pas d'un astronome amateur, juste d'un enseignant qui s'est senti concerné par un phénomène naturel rare, et a eu la motivation de faire partager son enthousiasme à tous les élèves de l'école.

La conclusion que premièrement je tire de tout cela, c'est qu'il est important de garder en nous cette passion et cette envie de faire partager à nos élèves ce qui nous tient à cœur. Qu'importe finalement ce qu'en pense, (ou non, d'ailleurs, dans ce cas précis), le DIP.

Deuxièmement, je relève « l'esprit d'équipe » de mon collègue. En effet, il ne s'est pas contenté de préparer ses seuls élèves à cet événement, il a eu à cœur d'emmener toute l'équipe dans cette extraordinaire aventure.

Si on attend du DIP qu'il anticipe et nous dicte nos actions, à mon avis, cela signifie que nous sommes des enseignants tout juste bons à appliquer des consignes inutiles et à "honorer" (oui, le mot est à la mode), ou faire semblant d'honorer, un plan d'étude auquel tout le monde feint de se référer.

Je fais partie d'une génération d'enseignants qui n'appartient pas à un troupeau de moutons et qui a la chance de ne pas craindre la hiérarchie.

Je n'ai aucun mérite. A une époque pas si lointaine, nos supérieurs ne subissaient pas les mêmes pressions que les directeurs d'aujourd'hui, ceux-ci pouvaient, sans crainte, se permettre de soutenir les enseignants et leurs idées, parfois un peu « loufoques ».

Je remercie donc ce collègue, passionné par son métier, et la direction de notre école qui a soutenu notre initiative. Sans son enthousiasme, nous serions, tous, élèves et enseignants, restés dans l'obscurité, stores baissés".

 

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27/03/2015

Une éclipse qui éclipse la culture scientifique

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A l'heure où le DIP invite des orchestres plutôt louches et préfère emmener les élèves à des expos sur le "zizi", voilà que Jean Romain pose une question pertinente au Conseil d'Etat:


Question urgente écrite

Une éclipse de soleil, même partielle, est un phénomène rare. Ambiance particulière dans la nature, beauté, alignement quasi parfait des astres, voilà de quoi réjouir et intriguer les esprits. Ce phénomène céleste suscite donc des interrogations auprès de la population mais surtout auprès des élèves dont la curiosité est une richesse que l’on se doit d’exploiter.

Par ailleurs, on déplore le recul des études scientifiques, non seulement dans le choix des collégiens mais encore dans celui des étudiants universitaires, notamment en physique.

Or cette éclipse du 20 mars 2015 était prévue et attendue depuis des décennies ; on pouvait aisément la préparer durant les cours, l’expliquer, en montrer le mécanisme, et anticiper la sécurité absolue de son observation en prévoyant soit l’acquisition de matériel d’observation sûr (lunettes agréées) soit en confectionnant un sténopé.

 Alors que penser de ces chefs de service du DIP, ou de ces directeurs d’établissements scolaires qui ont interdit aux enseignants et à leurs élèves de sortir durant l’éclipse, relayant les croyances ancestrales, selon lesquelles il faut se calfeutrer pendant ces événements terrifiants ? Une telle attitude dénote non seulement de carences scientifiques et culturelles graves, mais également d’une conception de la pédagogie et de l’enseignement des plus discutables de la part de professionnels qui sont censés fonder leurs réactions sur la raison.

Il s’agit d’une occasion manquée, d’incompétences révélées au grand jour, et d’une image dommageable – une de plus - du DIP auprès de la population.

 

Mes questions sont les suivantes :

-          Comment se fait-il qu’au DIP il existe encore de pareilles balivernes qui contribuent à réduire l’image de la science à une simple reconnaissance de la « magie » des phénomènes naturels ?

-          D’où venaient les consignes, et pourquoi ne pas avoir sollicité l’avis de gens compétents, par exemple l’Observatoire de Genève ?

 

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19/03/2015

A quel jeu joue donc Madame Anne Emery Torracinta?

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Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour avoir une réponse aux "craintes" que j'exprimais dans mon précédent billet...


Le DIP vient d'annoncer officiellement la suppression de 12 postes de directeurs d'établissement du primaire pour la rentrée 2015.



Et de préciser, bien entendu, que ces personnes devront être "recasées" dans d'autres fonctions d'ici là. Le DIP affirme d'ores et déjà que des solutions ont été trouvées pour chacun d'eux...

Quelle mouche a donc piqué AET?

Il est vrai que ces directeurs d'établissement sont beaucoup trop nombreux et que, dès lors, il n'est pas totalement infondé d'en diminuer le nombre. Mais cela n'empêche pas que ceux qui restent en poste soient pour autant exonérés de ce que demande la motion: qu'ils consacrent une partie de leur temps à l'enseignement.

Madame Anne Emery Torracinta, à juste titre, ne cesse de clamer qu'il est urgemment nécessaire de mettre l'accent sur l'appui à apporter aux élèves en difficulté scolaire. Avec ces directeurs beaucoup trop nombreux, elle dispose d'une quantité de main d'œuvre déjà formée pour répondre à ces besoins primordiaux.

Pourquoi donc refuse-t-elle d'octroyer des heures d'appui à ces directeurs d'établissement. Qu'est-ce qui la pousse dans ce sens? On aimerait comprendre...

D'autant plus qu'il serait plutôt bénéfique pour ces directeurs de garder ainsi un contact direct avec le travail du terrain. La toute nouvelle Secrétaire Générale, N°2 du DIP, ne dit-elle pas clairement que, en tant que Directrice au collège, elle a toujours tenu à garder quelques heures d'enseignement: "Rester en contact avec ces jeunes gens nous oblige à évoluer, à nous remettre constamment en question. C’est un vrai moteur".

Non, la Présidente du DIP, pour des raisons qui restent pour le moment obscures, préfère donc "réaffecter" ces personnes à d'autres postes.

Lesquels? On est en droit de se poser la question...

Va-t-on créer de nouveaux postes pour ces cadres supérieurs? Va-t-on leur inventer de nouveaux placards dorés?

J'ose espérer que le DIP nous fera savoir comment donc il a réaffecté tout ce beau monde. Je me réjouis de l'apprendre...

 

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17/03/2015

Bientôt des heures d'enseignement pour les directeurs d'établissement du primaire...

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La TdG du jour nous apprend la toute récente nomination de Madame Marie-Claude Sawerschel au poste de Secrétaire Générale du DIP. Elle devient ainsi la N°2 du DIP...


A la lecture de son portrait, Madame Sawerschel semble pleine de bon sens, notamment en ce qui concerne sa vision du rôle que devraient jouer les directeurs d'établissement...

Lisez plutôt:

« Bras croisés, sereine dans son bureau de directrice au rez-de-chaussée de ce collège du Petit-Lancy, Marie-Claude Sawerschel prend la mesure du défi qui l’attend. «C’est un changement de cap complet, souffle-t-elle. Pour la première fois de ma carrière, je n’aurai pas de classe à la rentrée prochaine.» Même lorsqu’elle fut nommée directrice, elle a tenu à continuer d’enseigner, ne serait-ce que deux heures par semaine. "Rester en contact avec ces jeunes gens nous oblige à évoluer, à nous remettre constamment en question, fait-elle valoir. C’est un vrai moteur

Et Jean Romain de poster sur son mur facebook:

Un vrai moteur ! Et dire que les dirlos du primaire de Genève disent qu’il leur est impossible d’enseigner, et que porter les deux casquettes (diriger et enseigner) est irréaliste.

Madame Anne Emery Torracinta ferait donc bien de s'inspirer  de l'expérience de sa future Secrétaire Générale car, elle le sait, certains députés le lui ont clairement signifié, il ne sera pas suffisant, à leurs yeux, de simplement diminuer le nombre de directeurs, ce qu'elle a récemment laissé entendre.

Si la Présidente du DIP ne donne pas suite à la Motion qui demande que ces directeurs enseignent partiellement, acceptée par le Grand Conseil, il y a fort à parier qu'elle se retrouvera donc face à un projet de loi qui a, semble-t-il, d'ores et déjà une majorité acquise...

 

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13/03/2015

Bobards

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Madame Anne Emery Torracinta a du pain sur la planche à propos du primaire! Après le dépôt sur son bureau du dossier sur les directeurs d'établissement qui devraient voir des heures d'enseignement apparaître dans leur cahier des charges, voilà qu'elle va devoir également se pencher sur un nouveau sujet...

En effet, les députés du Grand Conseil ont, hier, lors de leur session, accepté à une large majorité de renvoyer sur le bureau de la Présidente du DIP la motion qui demande que la formation des instituteurs genevois soit réduite d'une année. Ce que certains députés de gauche ont eu de la peine à accepter parce qu'ils sont incapables de comprendre que passer de 4 à 3 ans, ce n’est pas juste supprimer une année, mais c’est densifier les autres et les repenser sérieusement afin de mettre en place une formation digne de ce nom.

Ainsi, ces députés ont eu beau s'égosiller, crier au passéisme, la majorité du Grand Conseil ne s'est pas laissée berner par les bobards sur lesquels ils s'appuyaient.

Le député Jean Romain s'est amusé à les démonter.

Le premier qui consiste à dire que bien que partout ailleurs en Suisse, on forme les instituteurs du primaire en 3 ans, à Genève en raison d’un particularisme local auquel personne n’a jamais rien compris de sérieux, il faut qu’on les forme en 4 ans.

Le deuxième bobard est celui qui prétend que lorsqu’on forme des instituteurs en 4 années, ils sont plus généralistes que tous les autres en Suisse. C’est à dire qu’ils peuvent enseigner dans tous les degrés de la 1ère à la 8ème primaire. Les autres, formés en 3 ans seulement, devraient soi-disant choisir entre le premier cycle (les tout petits) et le deuxième cycle (le cycle moyen). C’est faux : le diplôme des HEP, reconnu par la CDIP, donne droit à enseigner à tous les degrés de l’école primaire.

Le troisième bobard est lié à la pratique : à Genève on formerait les candidats à autant de stages pratiques que dans les HEP. C’est faux si par pratique on entend mettre le candidat dans une situation qui ressemble le plus à ce que sera son travail face à une classe. En 3e année dans la HEP-Vaud, les candidats sont 6 mois seuls devant leur classe. A Genève, cela représente 9 jours non consécutifs si, et seulement si, le titulaire est malade ou en formation continue.

Autant de mensonges sur lesquels s'appuyait d'ailleurs la pétition que certains étudiants avaient lancée et qui avait recueilli plus de mille signatures. On comprend mieux ce résultat tant il est en effet facile d'obtenir des voix dans ces conditions mensongères...Une pétition que les députés ont, dans la foulée, refusée.

 

Cela fait des années qu'avec l'Arle et Jean Romain, nous menons ces combats pour l'école primaire. Aujourd'hui, nous avons gagné deux batailles mais devons rester attentifs car rien n'est joué encore. Car, voilà... ce ne sont que des motions qui ont été renvoyées sur le bureau de la Présidente du DIP...

Qu'en fera-t-elle? Saura-t-elle entendre ces signaux très clairs? Aura-t-elle le courage de les suivre?

J'ai bien peur qu'elle tente de ruser...prétendre à une diminution du nombre des directeurs d'établissement et à de menu changements dans la formation des instituteurs.

Des dispositions qui ne nous satisferont pas...et alors, il faudra aller plus loin encore...

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 


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07/03/2015

Sentiers valaisans

En Valais, on sait faire preuve d'humour. Voici les nouvelles étiquettes que l'on trouve à l'heure de l'apéro sur les bouteilles de "Dame de Sion".

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A l'heure de la "guerre" des langues qui fait rage dans nos écoles, celle-ci est particulièrement cocasse...

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Les valaisans sont également incroyablement créatifs, ils viennent d'inventer les urinoirs à ciel ouvert qui fleurissent maintenant sur les pistes de ski. Un petit besoin, plus la peine de s'arrêter au bistrot du coin et de déchausser ses skis. Hop, le tour est joué...

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01/03/2015

In ka oche!

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Je devais avoir 6 ou 7 ans, mes parents avaient loué un chalet à Champéry où nous passions alors les vacances d'été. Une petite ferme avoisinait le chalet et j'avais lié amitié avec le fils du paysan à peine plus âgé que moi. Je me souviens de nos jeux d'enfants, des heures passées à attraper les sauterelles dans les herbes hautes. C'est durant cet été que j'ai découvert, avec effroi, comment une poule peut continuer à courir alors qu'on vient de lui couper la tête à la hache...

Un jour, lors de nos ébats enfantins, je ne sais plus pour quelle raison, voilà que mon camarade me lance dans un immense éclat de rire:

- Le Père Noël, tu y crois encore toi?

Un peu surpris, je lui avais alors immédiatement répondu:

- Ca va pas, bien sûr que non!

Toujours hilare, celui-ci avait alors enchaîné...

-Et au Petit Jésus alors, tu n'y crois plus non plus!

Estomaqué, décontenancé, complètement perdu, de peur de passer pour un imbécile, j'avais tout de suite répliqué:

- Ben non, c'est n'importe quoi, ça fait longtemps que j'y crois plus.

Tout s'écroulait et, pendant tout le reste de cette journée, je suis resté sur cette sale impression de m'être fait avoir, d'avoir été berné toutes mes jeunes années avec cette stupide histoire du gentil petit Jésus.

Lorsque je suis rentré au chalet familial, j'étais fou de rage et j'ai bien entendu reproché vivement à mes parents de m'avoir ainsi mystifié pendant si longtemps. Ceux-ci ont eu toutes les peines du monde à me convaincre que cette histoire n'était pas la même que celle du Père Noël et que Jésus n'était donc pas le fruit d'une immense arnaque...

Ouf, voilà que j'étais rassuré, l'imbécile c'était le fils du paysan voisin et pas moi.

Aujourd'hui, quelques soixante ans plus tard, je me pose la question. Et si c'était tout de même lui qui avait raison et moi qui avait été dupé pendant toutes ces années?

Si, à l'instar du Père Noël, ce Jésus, celui qui marche sur l'eau, était né de l'imaginaire de quelques illuminés?

Au final, c'est cette personne qui m'était proche qui, en bon Valaisan empreint de bon sens, avait la solution. Non pratiquant convaincu, lorsqu'on parlait de religion et de croyances divines, prudent, il disait que, quand même, parfois il s'adressait au Bon Dieu, ajoutant:

In ka oche!

Au cas où...

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