10/05/2015

Au nom du PER

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Il a bon dos le PER (Plan d'études romand). En son nom, tout est permis, même les pires absurdités...

Toute personne sensée sait à quel point les enfants en âge de scolarité primaire ont besoin de cadres pour se sécuriser et donc se sentir à l'aise. Il en va de même pour les enseignants qui ont tout autant besoin de structuration pour prodiguer un bon enseignement.


Seulement voilà, au DIP, c'est la voie inverse qu'on a choisie.

Tout semble être mis en œuvre pour déstructurer notre école primaire. Un malaise général qui atteint nos enseignants et, par effet de cascade, les élèves dont ils ont la charge ainsi que leurs parents. Rien de plus déstabilisant que de ne pas savoir parfaitement où l'on va...

Car, bien malin, celui qui s'y retrouve dans cette usine à gaz que représente le PER. Tous y est exprimé sous forme d'objectifs plus ou moins flous qui demandent à être soigneusement décortiqués. Parents, vous désirez savoir ce que font vos enfants dans les différentes disciplines scolaires pratiquées en classe? En français par exemple et plus précisément en orthographe, en grammaire, en conjugaison, accrochez-vous et bonne chance à vous!

C'était le sens de la question écrite que le député Jean Romain a posée récemment au Conseil d'Etat. La réponse vient de tomber...

On y découvre quelques perles.

Mon Dieu combien le DIP doit manquer de confiance envers le matériel "officiel" qu'il a choisi en son temps, à savoir MMF (Mon manuel de français) pour à peine le citer dans sa réponse. Et de d'empresser plutôt d'argumenter que, par ailleurs, Genève fournit parallèlement à MMF, quantité de documents annexes qui permettraient aux enseignants de s'y retrouver: le cahier de l'élève de la collection "l'île aux mots" (matériel "officiel" par ailleurs choisi par d'autres cantons romands tel le Valais!), ainsi que d'autres ressources telles Lector-Lectrix, Lectorino-Lectorinette, Fluence, PHONO, CATEGO et des ouvrages consacrés à l'enseignement du français et traitant en majorité du français II, écrits par Renée Léon, professeure à l'IUFM de Créteil (Val de Marne, France)...on se réjouit de cette référence...

C'est ainsi que le DIP place les enseignants dans une posture pour le moins déstabilisante. Ceux-ci se retrouvent au centre d'un labyrinthe à l'intérieur duquel ils doivent cheminer parmi une quantité de voies pour choisir les bonnes afin de retrouver la sortie. La réponse du CE est en effet très claire à ce sujet:

Parmi ces ressources multiples, il appartient à l'enseignant, professionnellement formé et connaissant bien les besoins de ses élèves, de terminer les outils pédagogiques les plus adaptés pour mettre en œuvre le PER dans sa classe. Ce choix déterminant en bonne partie le temps consacré aux différentes connaissances et compétences visées, le DIP n'édicte pas de prescription institutionnelle sur le temps consacré aux différentes dimensions de l'enseignement du français.

...Il appartient aux professionnels, c'est-à-dire aux enseignants, de définir le temps consacré à chaque connaissance ou compétence enseignée aux élèves.La multiplicité des moyens d'enseignement et ressources pédagogiques permet de recourir aux outils les plus adaptés pour atteindre l'objectif poursuivi.

Adieu donc programmes clairs et périodes d'enseignement bien précisées, le tout contrôlé par des inspecteurs dont le nom, autrefois, signifiait encore quelque chose!

Au nom du PER! Enseignants, débrouillez-vous pour faire au mieux!

Plutôt que de voir chaque établissement scolaire s'évertuer à clarifier le PER et concocter sa petite "popote" interne, chacun dans son coin, ne serait-il pas plus simple et sensé d'établir des programmes cantonaux, en adéquation avec les objectifs du PER...décortiqués une bonne fois pour toutes.

Pour rappel, quelques billets précédents:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/09/02/adi...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/10/31/dip...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2012/07/04/mem...


 

 

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Commentaires

En effet, de même que les enfants n'apprécient pas de l'adulte une poignée de main molle, ils ont besoin de se sentir à l'aise.

Pour parler par image, bien "chaussés", vous l'écrivez, André Duval,"sécurisés"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/05/2015

Les professeurs s'épuisent, dans les cycles d'orientation, à enseigner ce que les instituteurs ont été empêchés de transmettre

Écrit par : Jean Romain | 10/05/2015

Je connais les usines à gaz, tant romandes que promues par la CDIP, et je crois que nous en pensons la même chose. Mais j'avoue avoir de la peine à comprendre ton message, qui contient trop d ' implicite. Qu'il en soit fait appel au professionnalisme des enseignants ne me paraît pas condamnable. Dans cette controverse de références j'avoue ne pas m'y retrouver. Merci de me (nous) éclairer.

Écrit par : Marco Polli | 12/05/2015

Il me semble inadmissible qu'à Genève, sous prétexte du PER, véritable usine à gaz, chaque école fasse sa popote interne en concoctant chacune son programme scolaire. Il n'est pas normal, par exemple, que ce soit du ressort des enseignants de décider du nombre de périodes octroyées aux différentes disciplines. Un cadre beaucoup plus précis devrait être instauré. Ce qui n'a rien à voir avec le professionnalisme des enseignants.

Écrit par : Duval | 12/05/2015

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