26/05/2015

Le DIP a peur

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Quelque chose en toi ne tourne pas rond chantait le groupe Téléphone...

Aujourd'hui c'est au DIP que quelque chose ne tourne pas rond! Car, elle a bon dos la laïcité (serait-ce la plus intransigeante des "religions") et la nouvelle constitution au nom desquelles le Département vient d'interdire le projet d'opéra pour enfant "L'Arche de Noé". «Contraire au principe de neutralité religieuse", telle est la sentence de la Direction générale de l’enseignement obligatoire. Car l’œuvre au thème biblique implique de faire chanter des enfants et le public, accompagnés par un orchestre.

Allons donc! Quelle infamie!

En réalité, le DIP a la "pétoche"! La trouille de heurter la sensibilité de quelques parents imbéciles...

Le député Jean Romain ne s'y trompe pas lorsqu'il déclare: "C’est de la censure préventive qui donne une image trompeuse de la laïcité. La laïcité c'est la discrétion de l'affirmation de sa foi, ce n'est pas le tri des grandes œuvres d'art. Si on pousse l’idée, on ne pourra plus étudier «Notre-Dame de Paris» de Victor Hugo ni même faire visiter la cathédrale Saint Pierre à nos élèves".

A Genève, pratiquement toutes les vacances et congés scolaires sont fixés selon le calendrier des fêtes chrétiennes. Noël, par ailleurs, est, dans de nombreuses écoles, l'occasion d'une célébration. Doit-on désormais interdire toutes manifestations scolaires autour de cette fête au prétexte qu'elle est chrétienne? Doit-on désormais établir un nouveau calendrier des vacances scolaires afin d'éviter toutes connotations religieuses?

L'école genevoise se veut laïque et pourtant on ne peut nier qu'elle est fortement influencée par le christianisme.

Mais, voilà, le DIP aime la tranquillité et est prêt à tout pour l'obtenir, même "baster" face à la soi-disant menace de quelques illuminés.

Quand je pense, qu'à une époque pas si lointaine, j'ai eu le culot de faire chanter à mes élèves "Le déserteur" de Boris Vian et même "Zora sourit" de Céline Dion...

Genève, réveille-toi, ils sont devenus fous!

Suite à cette aberration, le député Jean Romain vient d'adresser une question urgente écrite au Conseil d'Etat, en voici la teneur:

Question urgente écrite

Pourquoi le DIP a-t-il exercé une pression pour que l’OCG renonce à mettre en scène avec des classes « L’Arche de Noé » de Benjamin Britten ?

On apprend avec étonnement et avec une certaine incrédulité que le DIP n’a pas autorisé les élèves à chanter « L’Arche de Noé », un opéra de Benjamin Britten écrit pour les enfants.

La raison ? L’œuvre au thème biblique implique de faire chanter des élèves et le public, accompagnés par un orchestre (l’OCG, dans le cadre de son contrat de prestations), mais le DIP juge cela contraire au principe de neutralité religieuse. Le service juridique du DIP a donc fourni un préavis négatif.

Or, nous sommes ici dans un autre registre que celui du respect de la laïcité. La laïcité demande de la discrétion dans l’affirmation de son appartenance religieuse ou politique, mais elle n’implique pas que nous devions nous couper des chefs-d’œuvre de notre histoire parce qu’ils sont conçus à partir d’une inspiration religieuse. Nous devons ouvrir l’esprit de nos élèves genevois à ce qui marque l’histoire, tant littéraire, religieuse, philosophique, picturale que musicale. Cette décision apparaît comme une surdétermination préventive, qui cache de la peur derrière un principe de laïcité qui n’en demande pas autant.

Il semble en outre que ce ne soit pas la première fois que le DIP fasse ainsi pression sur les organisateurs de ce genre de manifestation artistiques. Il ne s’agit donc pas d’une erreur de jugement ponctuelle mais d’une politique volontariste.

A ce titre, il ne serait ainsi plus possible de visiter des musées, des cathédrales ni même de lire en classe des œuvres à teneur religieuse. Ce sont toutes nos racines judéo-chrétiennes qui sont ainsi mises en cause par ces sortes de décisions incompréhensibles, à l’heure même où on déplore ouvertement le peu de références religieuses de nos élèves.

 

Ma question est donc la suivante :

 

Pourquoi le DIP opère-t-il une censure sur les œuvres d’art religieuses dès lors qu’elles impliquent la participation des élèves du canton ?

 

Que le Conseil d’Etat soit remercié par avance de la réponse qu’il voudra bien m’apporter.

 

 

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17/05/2015

Le vrai visage d'Anne Emery Torracinta ou les députés piégés

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Je me demandais quand, enfin, AET montrerait son vrai visage de politicienne aguerrie...

 

C'est chose faite depuis peu. Elle vient de démontrer qu'elle avait plus d'un tour dans son sac et que les ficelles de la politique n'avaient pas de secret pour elle.

Adieu l'enseignante, bonjour la politicienne.


 

C'est fort habilement que les députés du Grand Conseil, du moins certains, se sont faits avoir. Car ils ont, tout récemment, en commission de l'enseignement, accepté un projet de loi qui, purement et simplement supprime l'article 144 de la loi sur le DIP.

Une démarche anodine?

 

De quoi s'agit-il donc? De cet article qui mentionne que: "Dans chaque établissement scolaire, le département désigne une directrice ou un directeur".

 

Ces députés viennent de se tirer une balle dans le pied...

 

En effet, de cette manière, selon la loi, les directeurs d'établissement n'existent simplement plus et leur fonction ne dépend plus que du règlement... qui est du seul ressort d'AET!

 

La Conseillère d'Etat a réussi ainsi à écarter le pouvoir législatif du débat sur les directeurs d'établissement et à échapper par ailleurs à la menace qui pesait de leur octroyer quelques heures d'enseignement.

 

Le pouvoir exécutif au service du pouvoir législatif, allons donc.

 

AET est désormais seule maître à bord et pourra donc agir à sa guise tout en se passant de l'avis des députés du Grand Conseil.

 

Exclus du débat les députés du GC!

 

Eux qui préparaient un projet de loi à ce sujet, les voilà mouchés tels des gamins et Madame la Présidente peut sourire, elle leur a joué un joli tour.

 

Quelle sera maintenant la réplique des importuns éconduits?

 

Les juristes de leur parti politique respectif sauront-ils trouver une parade à cet habile tour de passe-passe?

 

 

 

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10/05/2015

Au nom du PER

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Il a bon dos le PER (Plan d'études romand). En son nom, tout est permis, même les pires absurdités...

Toute personne sensée sait à quel point les enfants en âge de scolarité primaire ont besoin de cadres pour se sécuriser et donc se sentir à l'aise. Il en va de même pour les enseignants qui ont tout autant besoin de structuration pour prodiguer un bon enseignement.


Seulement voilà, au DIP, c'est la voie inverse qu'on a choisie.

Tout semble être mis en œuvre pour déstructurer notre école primaire. Un malaise général qui atteint nos enseignants et, par effet de cascade, les élèves dont ils ont la charge ainsi que leurs parents. Rien de plus déstabilisant que de ne pas savoir parfaitement où l'on va...

Car, bien malin, celui qui s'y retrouve dans cette usine à gaz que représente le PER. Tous y est exprimé sous forme d'objectifs plus ou moins flous qui demandent à être soigneusement décortiqués. Parents, vous désirez savoir ce que font vos enfants dans les différentes disciplines scolaires pratiquées en classe? En français par exemple et plus précisément en orthographe, en grammaire, en conjugaison, accrochez-vous et bonne chance à vous!

C'était le sens de la question écrite que le député Jean Romain a posée récemment au Conseil d'Etat. La réponse vient de tomber...

On y découvre quelques perles.

Mon Dieu combien le DIP doit manquer de confiance envers le matériel "officiel" qu'il a choisi en son temps, à savoir MMF (Mon manuel de français) pour à peine le citer dans sa réponse. Et de d'empresser plutôt d'argumenter que, par ailleurs, Genève fournit parallèlement à MMF, quantité de documents annexes qui permettraient aux enseignants de s'y retrouver: le cahier de l'élève de la collection "l'île aux mots" (matériel "officiel" par ailleurs choisi par d'autres cantons romands tel le Valais!), ainsi que d'autres ressources telles Lector-Lectrix, Lectorino-Lectorinette, Fluence, PHONO, CATEGO et des ouvrages consacrés à l'enseignement du français et traitant en majorité du français II, écrits par Renée Léon, professeure à l'IUFM de Créteil (Val de Marne, France)...on se réjouit de cette référence...

C'est ainsi que le DIP place les enseignants dans une posture pour le moins déstabilisante. Ceux-ci se retrouvent au centre d'un labyrinthe à l'intérieur duquel ils doivent cheminer parmi une quantité de voies pour choisir les bonnes afin de retrouver la sortie. La réponse du CE est en effet très claire à ce sujet:

Parmi ces ressources multiples, il appartient à l'enseignant, professionnellement formé et connaissant bien les besoins de ses élèves, de terminer les outils pédagogiques les plus adaptés pour mettre en œuvre le PER dans sa classe. Ce choix déterminant en bonne partie le temps consacré aux différentes connaissances et compétences visées, le DIP n'édicte pas de prescription institutionnelle sur le temps consacré aux différentes dimensions de l'enseignement du français.

...Il appartient aux professionnels, c'est-à-dire aux enseignants, de définir le temps consacré à chaque connaissance ou compétence enseignée aux élèves.La multiplicité des moyens d'enseignement et ressources pédagogiques permet de recourir aux outils les plus adaptés pour atteindre l'objectif poursuivi.

Adieu donc programmes clairs et périodes d'enseignement bien précisées, le tout contrôlé par des inspecteurs dont le nom, autrefois, signifiait encore quelque chose!

Au nom du PER! Enseignants, débrouillez-vous pour faire au mieux!

Plutôt que de voir chaque établissement scolaire s'évertuer à clarifier le PER et concocter sa petite "popote" interne, chacun dans son coin, ne serait-il pas plus simple et sensé d'établir des programmes cantonaux, en adéquation avec les objectifs du PER...décortiqués une bonne fois pour toutes.

Pour rappel, quelques billets précédents:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/09/02/adi...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/10/31/dip...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2012/07/04/mem...


 

 

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

 

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

 

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

 

 

 

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03/05/2015

Monsieur Stauffer est très fort

Mais comment fait-il?

A-t-il un don de dédoublement? Il est partout à la fois, sur tous les stands d'Onex et voilà qu'il parvient même à se rendre à Las Vegas pour figurer, en bonne place, sur la photo aux côtés du vainqueur!

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