24/06/2015

Un mois de juin bien mal utilisé pour les élèves genevois

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La réaction n'a pas tardé!

Suite à l'annonce faite  hier, via le journal 20 minutes "Aucune solution pour faire bosser les élèves en juin" et dont je vous parlais dans mon précédent billet, une motion a été déposée aujourd'hui au secrétariat du Grand Conseil.

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/le-12h30/6873673-une-motion-demande-que-les-ecoliers-genevois-etudient-jusqu-a-la-fin-de-l-annee-scolaire-24-06-2015.html?f=player%2Fpopup

 

Teneur de la motion:

Secrétariat du Grand Conseil

Projet présenté par les députés : Jean Romain, Pierre Conne, Cyril Aellen, Alexis Barbey, Yvan Zweifel, Murat Julian Alder, Georges Vuillod, Bénédicte Montand, Patrick Saudan, Serge Hiltpold, Simone de Montmollin, Gabriel Barrillier, Lionel Halpérin, Michel Ducret, Daniel Zaugg,……..

 

Date de dépôt : 24 juin 2015

M

Proposition de motion

pour que les élèves de l’école obligatoire genevoise étudient jusqu’à la fin de l’année scolaire

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :

La réponse du Conseil d’Etat à la QUE 222 - A ;

Que les élèves de l’école genevoise bénéficient maintenant du mercredi matin mais perdent ce bénéfice en n’étudiant plus guère durant le mois de juin ;

Qu’il est important, étant donné les résultats des élèves, de ne pas perdre un temps précieux en fin de période scolaire ;

Que l’Etat fixe clairement le nombre de semaines durant lesquelles l’enseignement régulier doit être dispensé,

 

invite le Conseil d’Etat

 

à prendre les mesures urgentes pour que les élèves de l’école obligatoire travaillent jusqu’au terme des années scolaires

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

 

 

Mesdames et
Messieurs les députés,

La problématique est récurrente depuis de nombreuses années. Dans les écoles obligatoires du canton, les classes terminent les années scolaires en roue libre. Par « fin d’années scolaires », il ne faut pas seulement comprendre des 10 derniers jours de l’année, mais le mois entier, lorsqu’il n’est pas déjà question de la fin du mois de mai.

Au Primaire, nous avons introduit à grands frais le mercredi matin parce que le temps scolaire semblait trop court pour honorer les objectifs du PER, notamment l’introduction de l’anglais. Or l’immense majorité des parents déplorent que ce temps scolaire ne soit pas utilisé en classe avec le maximum de rentabilité, particulièrement en fin d’année.

Au Cycle d’orientation, ils ne trouvent pas normal que des semaines entières soient sacrifiées pour libérer les élèves ou leur faire passer ce temps inemployé à des occupations fort peu formatrices. Il suffit de regarder l’horaire d’une classe durant la semaine des EVACOM pour comprendre combien les « libérations » se succèdent. Hors des épreuves, on libère les élèves durant cette semaine d’évaluation commune (qu’il aurait fallu placer d’ailleurs durant l’avant-dernière semaine de juin ou à une période plus heureuse).

Une fois les épreuves passées, les élèves ne perçoivent plus du tout la nécessité de s’abandonner quatre semaines encore au pli d’une heureuse habitude qu’on appelle le travail.

Parents, citoyens et députés ne trouvent pas normal que ces EVACOM se déroulent au mois de mai soit presque 6 semaines avant la fin de l'année scolaire. Ils ne trouvent pas normal que depuis plusieurs années, durant les dernières semaines de l'année scolaire, les élèves ne reçoivent quasiment plus de cours et regardent des films durant les périodes ordinairement consacrées aux diverses disciplines. Et c’est à la direction de l’école de donner l’impulsion nécessaire pour inverser la tendance.

Les résultats de Genève aux tests internationaux devraient plutôt nous inciter à nous retrousser les manches, à valoriser l’effort, et non à habituer nos élèves à cette vacuité.

La QUE 222 avait, il y a un an, suscité des commentaires prometteurs de la part du DIP mais pas d’actes concrets, actes qu’il est aujourd’hui impératif d’initier.

Au vu de ces explications, nous vous remercions, Mesdames et Messieurs les députés, de réserver un bon accueil à la présente proposition de motion.

 

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23/06/2015

Le temps des vacances...

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Rebelote!

Le journal "20 minutes" titre aujourd'hui "Aucune solution pour faire bosser les élèves en juin"...Les écoliers genevois ne travaillent plus depuis des semaines. Le combat pour rentabiliser les fin d'année scolaire continue.

Un problème qui n'a rien de nouveau et dont je vous parlais déjà en avril 2014. Une question urgente avait même été posée sur le bureau du Conseil d'Etat. Visiblement, celui-ci ne semble pas pressé de trouver une solution au problème...

Pour rappel donc.

 

Les écoliers sont-ils déjà en vacances?

 

Je lis aujourd'hui dans le 20 minutes que "les écoliers n'ont pas fini de glander en fin d'année".

"Et ça continue encore et encore

C'est que le début, d'accord, d'accord"...

Je l'ai écrit à plusieurs reprises, notamment dans mon billet du 15 avril "Que de temps perdu à l'école primaire"....

Personne n'est dupe, les élèves en tout premier lieu. Ils savent pertinemment qu'une fois ces épreuves passées, fin mai début juin, la remise des bulletins scolaires est toute proche et que donc l'année scolaire est pratiquement terminée. Le temps restant jusqu'aux vacances d'été ne sera que "remplissage", des journées que l'enseignant aura toutes les peines du monde à "meubler" le plus intelligemment possible.

Aujourd'hui, le député Jean Romain soulève cette problématique en déposant une excellente question au Conseil d'Etat: "Le département va-t-il mettre enfin le holà à ces pratiques qui ne servent ni les élèves, ni leurs parents, ni les contribuables, ni le rayonnement de Genève"?

 

Voilà qui me permet de suggérer une piste à nos responsables du DIP.

Ces épreuves cantonales sont bien évidemment nécessaires. Mais, pourquoi doivent-elles impérativement avoir lieu en fin d'année scolaire impliquant dès lors de soi-disant tâches incontournables qui justifieraient presque un mois de délai?

Pourquoi ne pas se livrer à cet exercice de contrôle à la fin du 2ème trimestre et tester les connaissances des élèves à ce moment. Cela éviterait alors tout ce travail administratif à ce point chronophage.

Ce qui, par ailleurs, permettrait, au nom de l'harmonisation et de l'uniformatisation, d'instaurer une bonne fois pour toutes des programmes trimestriels, identiques pour toutes les classes du canton! Ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Le plan d'étude romand permet en effet aisément à chacun d'y puiser à l'envi et ainsi de traiter des différents sujets au bon vouloir de chaque enseignant. Autrement dit, le programme annuel est couvert différemment selon que votre enfant est dans telle ou telle école... engendrant donc toutes sortes de problèmes.

Cette simple mesure permettrait ainsi de poursuivre le travail scolaire jusqu'à la fin de l'année. La dernière semaine suffirait à effectuer les tâches administratives qui incombent aux enseignants, moyennes et bulletins à rédiger. Aux directeurs d'établissement ensuite, début juillet, d'organiser les classes pour la prochaine rentrée plutôt que de continuer à se la couler douce...

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16/06/2015

Le couac du DIP

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La TdG du jour revient sur l'affaire de l'opéra censuré (L'Arche de Noé) dont je vous ai déjà parlé récemment.

Ainsi donc, la Présidente du DIP reconnaît qu'il y a eu un couac. Voilà qui est courageux et tout à son honneur. Cela mérite d'être souligné. Elle profite de cette occasion pour mettre les points sur les "i" et exposer aujourd'hui sa vision de la laïcité à l'école. On s'en réjouit.

 

 

On aurait pourtant aimé que Madame Anne Emery Torracinta aille un peu plus loin...

Car, enfin, rattraper le pataquès en décidant que l'opéra en question sera mis au programme scolaire de l'an prochain n'est que poudre aux yeux. Cette annonce ne résout en rien le réel problème.

En effet, on comprend que cette décision de censure a été prise par une commission sans consultation de la direction du DIP, sans en référer à la Présidente. Et c'est là que se situe le problème, le fameux couac! Car cela signifie qu'il existe, au sein même du Département, des gens incompétents à la tête de commissions bien mal dirigées.

On aurait donc aimé savoir de quelle commission il s'agit en l'occurrence, de qui elle est composée et surtout par qui elle est présidée.

J'ose espérer que Madame Anne Emery Torracinta aura à cœur de rechercher un peu plus loin ce que cache réellement cette énorme imbécilité qui provient de ses services. Que ce couac lui mette la puce à l'oreille et lui ouvre les yeux sur tous les autres dysfonctionnements qui prétéritent dangereusement l'ensemble du Département. Et qu'elle saura alors y faire le ménage...

Il en va de la crédibilité du DIP.

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15/06/2015

Stan le Grand

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Je ne sais pas vous, mais, moi, une semaine après, j'ai encore ces images extraordinaires dans les yeux et de la peine à m'en remettre. Je crois bien que cette finale de Roland-Garros est l'un des plus beaux matchs de tennis qu'il m'a été donné de voir.

Brillantissime Stan! Je n'étais pas sur le terrain dimanche passé, mais j'ai vécu pleinement ce match et j'en suis ressorti épuisé!

Et dans la foulée, il y a eu toute cette "polémique" autour de son short, qu'il porte pourtant, notons-le, depuis le début de la saison.

Laid, beau, original? Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, l'équipementier de Wawrinka se frotte les mains. Car le coup de marketing est énorme. Au point qu'il est devenu quasi impossible de se procurer le short en question pour raison de rupture de stock.

Oui, le coup de pub est génial. Qui, aujourd'hui, se souvient du short que Federer portait lors de l'une de ses 17 victoires en Grand Chelem? Ou même de celui de la plupart des champions? Personne. Par contre, celui de Stan, tout le monde s'en souviendra désormais.

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Une opération commerciale qui n'est pourtant pas nouvelle mais d'une ampleur qui reste assez rare. En effet, avant lui, il y a eu le short jeans d'André Agassi. Peut-être l'affaire la plus juteuse de Nike. A l'époque, toute une génération de joueurs, dans les clubs du monde entier, se l'était approprié et l'avait porté pendant plusieurs années. Pas certain qu'il en sera de même pour celui de Stan...

 

Un short que, avec humour, notre champion se plaît à définir à usages multiples, de tennis, de plage et en tant que pyjama.

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Sur les traces d'un autre grand champion qui en 1996 déjà, lors notamment de la finale du Master, avait ouvert la voie en arborant un short dont la ressemblance avec celui de Stan est troublante. Et à l'époque, personne n'en avait fait des choux raves.

 

Il fallait le faire en 2015!

Décidément, Stan a plus d'un tour dans son sac et je parie qu'il n'a pas fini de nous étonner. Sûr qu'il nous réserve encore de belles surprises tennistiques et pourquoi pas vestimentaires.

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12/06/2015

Laïcité à l'école, mise au point de Madame Anne Emery Torracinta

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De deux choses l'une.

Soit, la presse locale ne fait pas son travail et diffuse de fausses informations soit, face aux réactions qui ont fusé, le DIP, par la voix de sa Présidente, retourne sa veste et tente de "sauver les meubles"!

Voici donc, ci-dessous, le mail que tous les collaborateurs du Département ont reçu aujourd'hui.

Une réaction bien tardive dont on prend acte...

 

A l'ensemble des collaborateur-trice-s du DIP

 

Laïcité : remettons l'église au milieu du village !

Chères collaboratrices, chers collaborateurs,

Les événements dont la presse s'est fait l'écho autour de L'Arche de Noé de Benjamin Britten ont montré qu'il est aujourd'hui nécessaire de clarifier la manière dont la laïcité doit s'inscrire dans le cadre scolaire.

Avant d'aborder le fond de cette question, permettez quelques rappels factuels et, notamment, le fait que le DIP n'a jamais interdit cet opéra !

En effet, il est dans les attributions de l'Orchestre de Chambre de Genève de proposer des activités pédagogiques aux élèves de nos écoles. Plusieurs fois par an, une commission réunissant des représentants de l'enseignement obligatoire, du service de la culture et de l'OCG est chargée de la programmation de l'année scolaire suivante. Ainsi, en février dernier, parmi plusieurs propositions, figurait L'Arche de Noé du compositeur anglais Benjamin Britten. En raison de ses exigences techniques et de la difficulté de sa mise en scène, monter cet opéra n'était pas sans soulever quelques problèmes pratiques et pédagogiques, raisons qui ont fait hésiter la commission sur la pertinence de ce choix. De plus, l'argument du respect de la laïcité a constitué pour elle un motif supplémentaire pour renoncer à monter cet opéra en 2015-2016.
Ainsi donc, il n'y a pas eu censure de L'Arche de Noé, mais plutôt autocensure d'une commission qui aurait dû en référer à la direction générale et à moi-même à partir du moment où se posait la question d'une éventuelle violation du principe de laïcité.

Sur le fond, il est évident que penser que la laïcité pourrait ne pas être respectée dans une telle situation relève d'une mauvaise compréhension tant du respect de ce principe dans le cadre scolaire que de la mission même de l'école.

Le fait religieux a imprégné notre culture et notre histoire, il a inspiré les artistes : de fait, il touche le champ scolaire et c'est normal. Si on ne peut faire chanter Britten à de jeunes élèves, alors il faut retirer des programmes scolaires le Cé qu'è lainô et le Cantique Suisse, notre hymne national !

Car si l'école se refuse à penser les sujets sensibles de notre société, qui le fera ?
Chanter un opéra n'équivaut pas à réciter une prière, parler du fait religieux à l'école n'est pas assimilable à du prosélytisme, tout comme accepter qu'un élève effectue un travail de maturité sur le négationnisme en histoire -autre sujet sensible- ne signifie pas qu'on soutienne cette posture. L'école ne formera pas ses élèves à la compréhension du monde et à sa complexité si elle évite de s'y confronter. Renoncer à aborder certains sujets susceptibles de fâcher, c'est oublier les missions de l'école, telles que définies dans la loi, qui sont d'éveiller chez l'élève le respect d'autrui et la tolérance. Une laïcité de l'ignorance, une laïcité qui a peur du contact et fuit le débat fait le jeu de l'obscurantisme. Elle crée alors ce qu'elle craint. Ce n'est pas de cette laïcité que nous voulons.

Affirmer que l'école est laïque, c'est rappeler la neutralité de l'Etat à l'égard de toutes les Eglises et de toutes les confessions, ce n'est pas nier ni esquiver la thématisation et la compréhension du fait religieux et de ces différences. Dans le rôle de formation et d'éveil qui leur revient, les enseignants, et c'est là un point capital, se doivent bien sûr de rester neutres et rigoureux, d'adopter une démarche scientifique et non partisane dans leur enseignement. Et c'est précisément parce que l'école est laïque à Genève que les signes religieux ostentatoires sont proscrits pour les enseignants.

Pour les élèves, en revanche, le canton a toujours été plus libéral en acceptant le port de tels signes. Pourtant - et nous devons tous être très fermes à ce propos - les élèves ont à suivre l'ensemble des cours tels qu'ils ont été prévus dans le cadre de l'organisation scolaire. Ainsi, il n'est pas question, pour des motifs religieux, d'accepter par exemple, de déplacer l'horaire d'un cours, de changer d'enseignant, de renoncer au cours de biologie ou d'éducation physique, ou encore de nier la théorie de l'évolution. Sur toutes ces questions, l'institution scolaire doit être très claire.
Enfin, si des congés pour fêtes religieuses sont accordés aux élèves durant les heures de cours, ils ne peuvent l'être durant les temps d'évaluation et d'examens.

Nous vivons aujourd'hui dans une société multiculturelle et des questions qui n'auraient pas posé problème par le passé nous interpellent. Face à ce tissage de complexités, nous ne devons ni nier l'histoire de notre société de tradition judéo-chrétienne (qui se ressent jusque dans le calendrier des vacances scolaires) ni renoncer à convoquer dans nos enseignements, tant artistiquement qu'intellectuellement, la richesse de la diversité humaine et de nos différences. Le respect d'une laïcité bien comprise dans le cadre scolaire est le meilleur garant d'un débat fertile au sein de cette pluralité.

J'espère que ces quelques éléments auront permis de clarifier la situation autour de l'opéra de Benjamin Britten, qui sera monté en 2016-17 et auquel - dans la mesure où il s'agit d'une activité organisée dans le cadre scolaire - tous les élèves des classes impliquées participeront. J'espère également qu'ils auront précisé le rôle central qui est le nôtre dans une société qui doit apprendre à vivre sa multiculturalité sans occulter ses racines.

Je vous souhaite, chères collaboratrices et chers collaborateurs, une belle fin d'année scolaire et vous envoie mes chaleureux messages.

Anne Emery-Torracinta
conseillère d’Etat

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