23/08/2015

Les enfants sont des crétins

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Régulièrement on redoute le retour d'une épidémie de grippe aviaire, de vache folle ou même de choléra. Cette année, pour la rentrée scolaire, c'est le retour de la "pédagogite" aigue et de sa tambouille illuminée dont on nous gratifie.

 

Ainsi donc, deux pages entières dans la TdG du jour pour nous expliquer que, à l'école, la rentrée sera sans fessée, que le temps des châtiments corporels est révolu... Tiens donc, on découvre!

Et de faire la part belle à nos gourous selon Saint Pédagogo...La crème des crèmes, ceux-là mêmes qui sont en grande partie responsables de la formation des futurs instituteurs.

Et voilà qu'ils se complaisent à enfoncer des portes ouvertes, comme s'il était question pour quiconque de rétablir l'usage de la fessée ou de quelque sévice corporel à l'école. Tout le monde est d'accord là-dessus! Mais de là à passer à l'extrême contraire comme semblent le prôner nos Olivier Maulini (professeur associé à la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation à l'université de Genève , Sandrine Breithaupt (enseignante à la HEP du canton de Vaud et Etiennette Vellas (membre du groupe romand d'éducation nouvelle, GREN), il y a un sacré pas que ce beau monde n'hésite pas à franchir.

Car pour eux, lorsqu'un enfant a un comportement inopportun, il faut, avant de sanctionner, s'assurer que l'enfant l'a bien compris. Et cela "passe par un dialogue soutenu, au travers de conseils de classe ou d'école. Ensemble, les écoliers et les enseignants tentent de poser et résoudre les problèmes".

Tout un programme!

A force de les sous-estimer, ces gens prennent-ils nos enfants pour des crétins?

Comme si un gosse qui fait une bêtise ne s'en rendait pas compte. Lorsque les règles sont claires, les enfants savent très bien lorsqu'ils les transgressent. Point besoin alors de remuer ciel et terre pour lui expliquer "le comment du pourquoi" de long en large. Quelques mots bien placés suffisent. Encore faut-il faire confiance aux adultes qui encadrent ces écoliers, redonner une crédibilité aux enseignants notamment.

Pas aux yeux de nos experts pédagogues en tout cas.

Ceux-ci passent allègrement d'un extrême à l'autre, du châtiment corporel aux "explicitations" sans fin dont ils abreuvent des gamins qui ont pourtant tout à fait conscience de la raison pour laquelle on les sanctionne.

Nos extrémistes de service ne s'en tiennent pas là, pensez donc. Non, ils en profitent bien sûr pour revenir à la charge et utiliser ce tremplin pour nous servir à nouveau leur ratatouille périmée au sujet des notes!

Ainsi, selon Olivier Maulini, "les Jésuites ont mis en place une philosophie d'éducation basée sur la compétition , dont nous sommes les héritiers". Et de suggérer que l'évaluation par des notes s'apparente à des sévices de l'esprit de l'enfant, une substitution aux châtiments corporels!

Rien que ça!

Un discours qu'on nous a ressassé jusqu'à la nausée, il y a dix ans, peu avant la votation sur le sujet, en 2006, qui a, à plus de 76%, plébiscité le maintien des notes à l'école primaire.

Enfin, on se réjouit d'apprendre, via cet article de la TdG, que nos deux éminentes expertes s'apprêtent à publier un livre révolutionnaire, intitulé "Evaluer sans noter, éduquer sans exclure", dont on a aucune peine à imaginer le contenu puisqu'il est connu depuis belle lurette. Un mauvais remake quoi!

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Commentaires

Pas besoin d'expliquer tous les shemas électriques à un enfant qui vient de mettre les doigts dans la prise !

Écrit par : Monique | 23/08/2015

Rien ne surprendra plus quiconque aura pu se rendre compte de la folie qui a gagné tout le système de "formation" mis en place depuis une vingtaine d'années au moins à Genève, que ce soit pour les futures enseignants ou même le personnel de nos crèches.
Rermercions en passant le Canada, qui dans le domaine de la psychologie et des disciplines associées (parfois de force) nous a fourni une impressionnante documentation sur la manière efficace de s'occuper de ceux qui ont besoin de "spécialistes" pour être formés, des étudiants universitaires adultes aux petits nourrissons, sans oublier évidemment les divers types de déviants sociaux, que ce pays ne connaît probablement plus grâce à tous ces programmes.
Pointons du doigt néanmoins tous nos édiles naïfs et assoiffés d'avoir sous leurs ordres des spécialistes relayés par d'autres spécialistes et ainsi de suite, chacun s'occupant à démontrer par la longueur de son CV et celles des bibliographies qu'il présente à ses étudiants esclaves l'importance qui doit lui être accordé.
Je passe sous les coûts en salaires, bâtiments et autres nécessités, sans prendre en compte, évidemment, les frais entraînés par les "burn-out" et les dépressions de ceux qui "ne sont pas à la hauteur" de tous ces apprentissages théoriques, mais voudraient bien réellement exercer une activité utile à la société.

Écrit par : Mère-Grand | 23/08/2015

N'ayons pas peur des mots car ce qui est décrit dans le texte fait penser à une forme d'intégrisme social et comportemental du pseudo nouveau monde qui n'est qu'une réplique de l'Ancien Testament

Écrit par : lovejoie | 24/08/2015

En mettant un peu d'eau dans votre vin, votre combat gagnerait en efficacité.
Le plébiscite pour le retour des notes est principalement motivé par le besoin des parents à évaluer la progression de leurs enfants de manière simple. Ils craignent que leurs petits ne soient pas équipés pour affronter un monde compétitif cruel.
Mais ça n'empêche pas de réfléchir à des alternatives intelligentes qui permettraient de mieux comprendre les divers potentiels et aider ces jeunes à se diriger vers les professions les plus en phase avec leurs facilités et souhaits. Les notes ont aussi des effets dévastateurs et ne font que précipiter la fuite en avant du consumérisme débridé.
La dernière disposition au collège a failli coûter une année à ma fille qui n'avait "que" 15,9 dans les quatre branches principales alors qu'elle étudiait en section sportive.
Je dénonce avec vous les pédagogos, mais pour que votre voix soit entendue sans que l'on vous considère comme un vieux papy rétrograde au discours antédiluvien, il serait certainement opportun de permettre et d'encourager une saine évolution de nos méthodes d'enseignement. Tout particulièrement à l'ère du numérique et des technologies de pointe.

Écrit par : Pierre Jenni | 24/08/2015

En fait, j'adore les dinosaures !

Écrit par : Duval | 24/08/2015

Je vous imagine bien faire une caresse à un Tyrannosaure...

Écrit par : Pierre Jenni | 24/08/2015

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