17/01/2016

La société change, les écoliers ne sont plus les mêmes...

Ce qui est "inquiétant" c'est que certains trouveront à s'en gausser...

Et pourtant! Rien de "ringard et tartignole" dans cette charte , tout au contraire...

 

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Commentaires

Bonjour,

Très intéressant document. Il m'aurait fait hurler à la ringardise, au moralisme et pire il y a un paquet d'années. Aujourd'hui j'y vois les bases d'une éducation saine et positive.

On voit a contrario de ce document que les années 1970-1990 on consacré le pseudo-rebelle, celui qui fait tout "contre" et qui est admiré pour cela. En plus les années 2000 montrent la puissance et la victoire psychologique des terroristes. Pas étonnant qu'une telle charte semble désuette.

Bien sûr certaines notions méritent explication. Faire plaisir à ses parents n'exclut pas d'être en conflit, d'avoir un temps pour l'exprimer, mais ensuite de leur laisser la prééminence qui leur est naturelle et juridique. L'enfant n'est pas qu'un réplicateur des bonnes intentions, il peut aussi en comprendre les raisons et cela leur donne force et légitimité, et à lui cela donne une raison de suivre qui ne soit pas une simple soumission mais aussi une adhésion fondée. Reconnaître une autorité est devenu difficile, peut-être parce que celle-ci doit être réexpliquée face aux multiples concurrences.

Toujours aimable est une bonne intention, mais certains caractères sont difficiles à faire entrer dans cette boîte.

J'aime mon maître et mes camarades: le verbe aimer mériterait aussi quelques précisions, car s'il peut s'agir d'une affection naturelle du petit pour l'adulte protecteur et bienveillant, chez le pré-ado ou l'ado, l'affection cède le pas au respect et "l'amour" prend une forme d'où la critique n'est pas absente.

Un tel document vaut le détour et pourrait être soumis à l'interne du DIP pour réflexion...

Ainsi qu'aux profs, et pourquoi pas devenir l'objet d'un débat avec les élèves.

Écrit par : hommelibre | 17/01/2016

Qu'est-ce que c'est réac comme texte !
Ca m'étonne pas de toi ...
Un apprenant doit être libre de s'exprimer même si c'est par un tag aux WC.

Écrit par : Pat le Géant | 17/01/2016

Une charte pour les parents plutôt: Comment "on aimerait" éduquer nos enfants..... Bien le bonjour! LOL

Écrit par : Patoucha | 17/01/2016

Je trouve intéressant qu'il ait fallu expliciter tout ça dans une charte, déjà ! Ce document n'est pas daté, et il serait intéressant d'en connaître l'époque.
Ca n'allait donc de soi ne ne pas jeter de détritus dans la nature ou d'être ponctuel.
On peut conclure de cette longue liste que les enfants n'étaient pas spontanément tout à fait parfaits et on peut également distinguer le portrait de l'enfant modèle.
L'enfant idéal aime, admire, cherche à plaire, est prévenant et protecteur, pas bruyant, respectueux, bien élevé.
C'est tout un programme et ô combien ambitieux.
Difficile de savoir, si le premier point de la partie "En classe" était respecté, ou le premier de "Dans la nature" ...
Les enseignants et les parents avaient bien du boulot à donner eux-même le bon exemple ! Mais peut-être était-il plus simple, à cette époque-là, de respecter les règles de la circulation et d'être toujours franc, aimable et serviable avec chacun ;-))

Écrit par : Calendula | 17/01/2016

On peut même se demander ce qui va de soi, Calendula. Jeter un détritus il y a 3 siècles était un moindre mal: il n’y en avait pas beaucoup et c’était en général biodégradable. La matière a changé plus vite que nos réflexes. Ceux-ci doivent être éduqués, formatés, dressés.


@ Pat:

moi javai un prof qui nou aprenait rien. Y disai ke sa servait à rien. Alore je sais pas ce ke sait réac. Y disai con pouvai pissé dans les couloir si les chiotes étai bouché par les cayé des petits con y avai jetés. sa le faisai rire. il étai moderne.

Ah, entre réac et con, je crois que je préfère réac. Au moins on réagit. Par contre il est étrange qu’il n’y ait pas un mot en novlangue pour dire ça, puisqu’il y a bien « apprenant » (devenu par miracle un substantif) pour remplacer « élève ». C’est vrai qu’élève c’est pas bien, c’est mal, ça suppose maître, donc hiérarchie, domination, responsabilité de l’adulte, toussa toussa…

J’ai pratiqué longuement une pédagogie interactive avec des adultes. J’ai vu le bon côté: rendre l’élève – ou l’étudiant – actif, lui permettre d’activer ses propres réseaux neuronaux, de réfléchir. Ma devise était une phrase d’Aristophane: « Former, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu ».

Âchement soixantuiard, ça! Yes et j’assume. Je me suis confronté à l’autorité et à la hiérarchie. Au point parfois, et c’est le mauvais côté, de vouloir ne pas assumer mon rôle de formateur et d’évaluateur, de contourner cette prise nécessaire d’autorité. Je suis donc revenu de pas mal de théories, même si j’en garde la bonne écume. Mais non, il n’y a rien de réac dans cette charte, à part que le style et les injonctions sont simplement mal vus aujourd’hui. Mais il n0’y a rien de moderne à laisser un gamin taguer des chiottes.

D’autant plus que si on l’y autorise, il ne transgresse rien, et le paternalisme de l’enseignant laxiste le démet de sa propre révolte. Il vaut mieux lui poser des limites. S’il veut les transgresser il en prend la responsabilité et les conséquences. Aux adultes ensuite d’être intelligent dans la gestion de cela. J’ai trouvé des adultes intelligents sur mon chemin, mais qui prenaient leur place. Je trouve cela bien, très bien même.

La transmission est un processus précieux et important. On peut prendre le temps parfois de faire un forum en classe pour traiter les conflits, plutôt que de fermer les yeux sur qui paiera les réparations quand le gamin aura mis le feu à l’école (car quelle est la différence avec taguer? S’il peut taguer, il commettra une transgression encore plus grande, pour enfin rencontrer la limite. Si vous n’avez pas compris ça…). Il y a une différence entre autorité et autoritarisme.

A l’adulte de trouver l’équilibre entre liberté et autorité.

Mais je dis ça, je parle dans le vide: vous n’avez même pas argumenté le mot que vous avez posté. Je dois parler à un illettré – oups, à un moderniste… un ringard, quoi… Moi je suis un post-moderne.

Écrit par : hommelibre | 18/01/2016

@hommelibre,

J'avais dans l'idée, qu'autrefois, le contrôle social était plus serré. Si on commettait quelque acte malvenu ou dangereux, les voisins en faisaient toute une histoire et allaient rapporter directement le méfait aux parents, car les communautés étaient souvent plus petites et moins anonymes.
Ainsi, j'avais dans l'idée que d'essayer de ne pas se faire attraper en train de jeter des détritus était plutôt un bon plan.
De plus, la norme était plus claire, moins discutée.
De pouvoir écrire dans une charte " j'admire les fleurs et les arbres" serait impossible de nos jours !
Ce document est vraiment intéressant, parce qu'il est si précis. Il y a au bas mot 25 points à respecter, ce qui le rend malgré tout un peu indigeste et redondant. Un cancre pourrait plaider l'oubli de tel ou tel point !
J'aime bien l'idée que l'enfant n'est pas seulement écolier, il a sa vie à la maison, dans la nature ou dans la rue.
Ou alors, l'idée est-elle qu'il est écolier partout et respectueux de cette charte pour ainsi dire partout et tout le temps ?

Écrit par : Calendula | 18/01/2016

Calendula,

Mon sentiment va vers votre conclusion. Mais bien sûr cette charte est lourde de tellement de points. Et un enfant qui la signe fera possiblement des exceptions, des transgressions, ou oubliera. Ce peut être l'objet d'un examen personnel sur ses propres actes.

On peut se dire que tout cela est bien contraignant. Oui ça l'est, mais pour un temps seulement, et quand on a compris le bénéfice de la politesse par exemple, cela devient un plaisir. Le bénéfice personnel est présent dans cette série de règles. Un enfant peut même assimiler cela comme un code de chevalerie et être valorisé. Bien sûr que si l'adulte de fout de sa gueule parce qu'il signe cette charte, ça va être difficile...

On peut craindre, c'était à la mode dans les années 1970 et 80, que trop de règles tuent la règle ou rendent psychologique. Comme trop d'info tue l'info. C'est un peu vrai, le risque existe, et je me suis assez tendu vers ma propre liberté pour ne pas être capable d'entendre cela et de savoir que ce n'est pas sans fondement par rapport en particulier à une société qui avait mis la règle au-dessus de l'exemple personnel.

Mais je pense depuis longtemps, depuis l'adolescence, que même si j'ai eu des règles que je vivais comme des chaînes, il est préférable d'avoir des règles que de ne pas en avoir. Il est préférable d'avoir à lutter contre quelque chose et se construire dans cette lutte que de pédaler dans la semoule.

Poser des cadres et se poser en garant du cadre peut inviter à la confrontation, ce qui est loin d'être négatif, après il faut savoir gérer cette confrontation de manière "situationniste", c'est-à-dire selon chaque situation. En tous cas mon expérience professionnelle m'a bien montré qu'il est préférable d'avoir reçu un cadre, même parfois un peu rigide (cela se discute, bien sûr, je ne valide pas les coups de règle en fer que j'ai reçus sur les doigts ni la baffe que m'avait un jour envoyé un pion débile), plutôt que de ne pas avoir de cadre. Je vois l'errance des gens qui manquent de cadre. Certaines théories modernes sont séduisantes et semblent même fondées, dans un mouvement de refus d'un système autoritaire. Mais l'errance est une souffrance et la transmission une nécessité.

Écrit par : hommelibre | 18/01/2016

Peut-être cette charte souffre-t-elle d'un préjudice formel: le vieux papier jauni, les dessins pas à la mode, la police d'écriture pré-moderne.

Il faudrait voir si en la situant dans Star Wars, avec le drapeau de la Résistance et une police Sans shérif, elle n'aurait pas déjà plus d'attractivité... Et peut-être un logo arc-en-ciel ou un doigt d'honneur pour bien faire, ou la célèbre apostrophe avec le slogan "Nike ta mère"... Les gamins devraient adorer.

Écrit par : hommelibre | 18/01/2016

@hommelibre,
J'ai pu donner l'impression de critiquer cette charte, alors que je suis juste très perplexe.
En tant qu'enseignante, qu'aurais-je aimé avoir des classes composées d'élèves ayant intériorisé tous les points de cette charte ! Je doute fort que les enfants lausannois d'alors aient obéi à tout, car l'être humain est plus rebelle que ça, surtout enfant ou ado.
Dans le monde actuel, où internet est tellement présent, une telle charte est impossible à donner, car justement " la société a changé".
Les illustrations ou l'écriture ne peuvent rien y changer, c'est le contenu qui compte.
En lisant les points, je retrouve assez l'état d'esprit dans lequel j'ai été éduquée, mais à la maison. J'ai souvent pensé, déjà enfant, que l'objectif était de rendre la vie de mes parents la plus simple possible. Les enfants ne devaient pas déranger ou amener le discrédit leur sa famille, ne serait-ce qu'en étant bruyant.
Toutes ces règles étaient plausibles, elles étaient partagées par l'entourage scolaire, vicinal, familial au sens large. (A présent, ces principes communs manquent cruellement.)
Au fond, si on essaye de voir ce qu'il y a de commun entre tous ces points, on s'aperçoit qu'on demande à l'enfant d'être positif et altruiste, de penser à la vie en groupe et en société et de valoriser le travail scolaire.
Franchement, c'est lui rendre service que de lui apprendre cela. Et ça devrait être fait depuis le plus jeune âge, mais ça demande de comprendre et d'admettre que son enfant n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter, qu'il n'est pas interdit de dire non, et que soi-même on doit assumer pas mal de boulot ingrat à la maison.
Quand on est prof et parent, on a l'impression de fixer des limites 24 heures sur 24 , 7 jours sur 7 ! Ca aussi, ça devient une seconde nature , on intègre le fait qu'il faut sans cesse des rituels, des repères, des interdits.
Malgré le côté un peu fastidieux et répétitif, j'ai toujours considéré que de savoir, comment étaient les ados en groupe, c'était un sacré privilège et un gros avantage pour le parent que j'étais. J'étais persuadée du bien-fondé de mes exigences et pas vite effrayée par les manquements de mes enfants.
Je pourrais m'imaginer discuter cette charte avec une classe, donner des tâches de réflexion, pour aider à dégager ce qu'ils aimeraient que leurs camarades fassent ou ne fassent pas ! Car la grande majorité des élèves aimeraient avoir un environnement paisible, sans réellement comprendre que ça exige de l'auto-discipline et qu'on est tous le camarade de tous les autres du groupe. Si un ou deux se mettent à dysfonctionner, ça peut stresser tout le monde.

Écrit par : Calendula | 18/01/2016

Calendula, je ne vous ai pas perçue dans la critique. La perplexité est compréhensible si l'on compare le monde d'alors et le monde actuel. Pour autant, comme vous le dites, c'est rendre service à l'élève. Il a des bénéfices à l'application de ces fondamentaux de civilité.

Cette charte établit que l'enfant n'est pas roi et que la hiérarchie naturelle et juridique adulte/enfant est admise. Enfants et adultes ne sont pas égaux dans les faits, les responsabilités, les prises de décisions, les moyens, les compétences. L'adulte doit assumer sa prééminence, sans en abuser.

C'est exigeant pour l'adulte qui doit en effet naviguer dans pas mal de limites à fixer. Cela peut aussi se faire avec une certaine souplesse, par exemple ne pas rappeler les règles à chaque seconde et parfois fermer les yeux sur une règle non appliquée, parce que le meilleur bénéfice du moment est ailleurs. Le principe domine mais son application se fait en bonne intelligence. Cela suppose que l'adulte ait accepté une forme de sagesse, qui est à mon avis très utile en complément à l'autorité intelligente. Mais les théories modernes n'ont que faire de la sagesse. On ne peut cliver le monde entre réac et modernes, car si le second a permis d'ouvrir de nombreuses portes, le premier a posé des balises intemporelles qu'il ne faut pas jeter avec l'eau du bain d'une époque.

Une discussion en classe me paraîtrait une bonne chose, même à notre époque. Pourvu que le prof ne dise pas à ses élèves (pardon – ses apprenants...) qu'il va leur faire étudier un texte réac...


Hier dans le tram j'écoutais malgré moi – parce que j'étais exactement à côté d'eux – deux ados d'une quinzaine d'années, une fille et un garçon. Ils parlaient sans être d'accord forcément, sur le travail que l'on aime ou celui que l'on fait pour gagner de l'argent et faire autre chose, du pouvoir excessif (elle parlait du cheval qu'elle monte dans son manège) et mal appliqué, tout cela avec beaucoup de clarté, d'ouverture et d'écoute mutuelle. Ils sont très sensibles aux excès de pouvoir, et l'on ne peut ignorer cela ni que l'époque est plus portée à la rébellion que par le passé. C'est une opportunité pour ré-expliquer les raisons positives d'une telle charte ou des règles qu'elle contient. Ces ados m'ont épatés, au point où en descendant je leur ai dit combien j'avais été intéressé par leur discussion (j'étais un peu mal à l'aise de leur dire, je ne voulais pas être intrusif dans leur partage, mais je trouve aussi bien qu'un adulte leur dise spontanément qu'il les apprécie). Ils n'ont pas été choqués que je leur dise cela, au contraire, ils ont apprécié, ouf!
:-)

Écrit par : hommelibre | 19/01/2016

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