05/02/2016

Sarkozy et les autres

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Je suis fan des débats politiques. J'ai l'impression d'être au théâtre et d'assister à un bon spectacle. Non pas que tous les sujets débattus m'intéressent particulièrement mais plutôt afin d'observer de quelle façon les politiciens parviennent presque toujours à mener leur barque là où ils le désirent...

Le débat proposé hier soir lors de l'émission "Des paroles et des actes", invité Nicolas Sarkozy, ne m'a donc pas échappé.

On peut penser ce qu'on veut du personnage mais il faut avouer qu'il fait partie des "grands maîtres" en la matière. A l'instar de bien d'autres personnalités politiques qui sont passées sur ce plateau de télévision.

A chaque fois, le même constat...chacun des intervenants tente de piéger l'invité, de le mettre en position délicate. Les journalistes, les experts en tout genre, les spectateurs soigneusement recrutés, syndicalistes comme patrons de PME se succèdent pour poser LA question, celle qui tue. On se dit que cette fois, le bougre est coincé ! On se délecte déjà... mais non, les bons politiciens s'en sortent facilement, parfois grâce à une pirouette un brin hasardeuse, et retombent sur leurs pieds, sans problème...

Mais, comment font-ils donc!

Je me suis surpris, lors de cette émission, à comparer Nicolas Sarkozy à un joueur d'échecs. Bon, à ce niveau, les politiciens de cette trempe jouent bien sûr dans la catégorie des Grands Maîtres. Ceux-ci sont capables de prouesses étonnantes et hors du commun. Ils ont en mémoire une quantité infinie de parties d'échecs, ils sont capables d'anticiper les coups sur pratiquement l'ensemble d'une partie et donc d'utiliser telle ou telle parade ou attaque en fonction du coup porté par l'adversaire. Des schémas multiples en fonction du jeu qui est proposé.

A l'instar de ces fabuleux joueurs d'échecs, les ténors de la politique ont dans la tête un disque dur comparable à celui du Grand Maître.

Bien sûr, certains politiciens moins habiles ont recours à la solution de facilité et utilisent plutôt la technique du "Là n'est pas la question" ce qui leur permet d'éviter ladite question gênante pour placer plutôt le discours qu'ils avaient soigneusement préparé, quitte à être hors sujet.

Mais les "grands"...

Ils connaissent sur le bout du doigt tout ce qui concerne les thèmes politiques sur lesquels ils seront appelés à s'exprimer. Ils ont anticipé les coups qui seront portés. Pas de surprise pour eux parce qu'ils savent prévoir ce sur quoi ils vont être interpellés. Rien n'est laissé au hasard. Ils ont répété l'exercice à de nombreuses reprises, ils ont été coachés. Ils leur suffit de cliquer sur la bonne fiche virtuelle qu'ils visualisent aussitôt, sans problème, et d'en sortir la substantifique moelle. La réponse fuse instantanément.

De la même manière, ils ont à disposition tous les schémas qui leur permettent de contrer une attaque. Souvent même, ils vont l'utiliser pour mieux rebondir. Au besoin, ils placent à leur tour une astucieuse banderille, histoire de rappeler les erreurs de l'adversaire.

Une vraie partie d'échecs. Comme le joueur d'échecs est capable de faire des parties à l'aveugle, même en simultané avec plusieurs adversaires, le bon politicien, selon les mêmes principes, mène son débat sans craindre d'être pris en défaut...

Du grand art.

 

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Commentaires

"Du grand art" certes mais avec comme objectif l'accession au pouvoir. Alors qu'enseigner c'est permettre à de jeunes hommes d'acquérir leur autonomie. Là est la beauté du geste.

Écrit par : norbert maendly | 05/02/2016

Plus que la gestion du langage, c'est bien le contrôle des émotions qui est étonnant. Pas le moindre stigmate ou tic qu'un morphopsychologue puisse analyser. Et pourtant, intuitivement et aussi en raison du choix des mots, on comprend que Nicolas Sarkosy, comme ceux qui lui ressemblent, n'a qu'une envie c'est de dire, "casse toi pauvre con !"
Il a appris de ses erreurs, c'est déjà bien. Mais au final, j'ai le sentiment qu'il ne fait que mettre la leçon en pratique pour mieux entuber ses opposants.
En fait, si je peux résumer ce débat, ses propositions visent à redonner de la compétitivité à sa chère France d'antan. Et pour ce faire, il va valider les thèses néo-libérales qui vont provoquer exactement l'inverse de ce qu'il promet.
A ce stade, je serais ravi qu'il soit élu car nous aurons enfin la démonstration définitive du mensonge permanent et de la servilité du politique envers l'économie de marché qui prend des dimensions caricaturales avec les sociétés transnationales.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/02/2016

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