27/02/2016

Les élèves du primaire devront travailler jusqu'à la fin de l'année scolaire.

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Je l'ai écrit à plusieurs reprises, notamment dans mon billet du 15 avril "Que de temps perdu à l'école primaire".

Personne n'est dupe, les élèves en tout premier lieu. Ils savent pertinemment qu'une fois les épreuves cantonales passées, fin mai début juin, la remise des bulletins scolaires est toute proche et que donc l'année scolaire est pratiquement terminée. Le temps restant jusqu'aux vacances d'été ne sera que "remplissage", des journées que l'enseignant aura toutes les peines du monde à "meubler" le plus intelligemment possible.

Voilà que hier, les députés du grand conseil, sous l'instigation de Jean Romain, après un vif débat, ont voté le renvoi au Conseil d'Etat de la motion qui avait été déposée en juin 2015, "pour que les élèves de l’école obligatoire genevoise étudient jusqu’à la fin de l’année scolaire".

Une motion dont je vous parlais dans mon billet du 24 juin 2015 "Un mois de juin bien mal utilisé pour les élèves genevois".

Ce problème des fins d'années scolaires, avec la suppression des "évacoms", avaient déjà trouvé, récemment, une solution partielle pour le Cycle d'orientation. Par contre, en ce qui concerne l'école primaire, Madame Anne Emery Torracinta avait tendance à minimiser ce problème.

Voilà qu'aujourd'hui, suite au vote des députés du GC, le Conseil d'Etat devra s'y atteler malgré tout puisque ceux-ci ont refusé l'amendement présenté par le MCG qui demandait de s'en tenir uniquement au Cycle d'orientation.

La Présidente devra donc trouver des solutions pour remédier à ces fins d'années scolaires "en roue libre"...

Comme je l'écrivais à l'époque dans mon billet "Les écoliers sont-ils déjà en vacances?", voilà qui me permet de suggérer à nouveau une piste à nos responsables du DIP.

Ces épreuves cantonales sont bien évidemment nécessaires. Mais, pourquoi doivent-elles impérativement avoir lieu en fin d'année scolaire impliquant dès lors de soi-disant tâches incontournables qui justifieraient presque un mois de délai?

Pourquoi ne pas se livrer à cet exercice de contrôle à la fin du 2ème trimestre et tester les connaissances des élèves à ce moment. Cela éviterait alors tout ce travail administratif à ce point chronophage.

Ce qui, par ailleurs, permettrait, au nom de l'harmonisation et de l'uniformatisation, d'instaurer une bonne fois pour toutes des programmes trimestriels, identiques pour toutes les classes du canton! Ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Le plan d'étude romand permet en effet aisément à chacun d'y puiser à l'envi et ainsi de traiter des différents sujets au bon vouloir de chaque enseignant. Autrement dit, le programme annuel est couvert différemment selon que votre enfant est dans telle ou telle école... engendrant donc toutes sortes de problèmes.

Cette simple mesure permettrait ainsi de poursuivre le travail scolaire jusqu'à la fin de l'année. La dernière semaine suffirait à effectuer les tâches administratives qui incombent aux enseignants, moyennes et bulletins à rédiger. Aux directeurs d'établissement ensuite, début juillet, d'organiser les classes pour la prochaine rentrée plutôt que de continuer à se la couler douce...

 

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10/02/2016

Gymnastique à l'école, y a-t-il discrimination entre les filles et les garçons?

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Le député Jean Romain vient de présenter une question urgente écrite qui, au vu de l'actualité, laisse songeur. Je vous laisse en prendre connaissance:

Question urgente écrite

Pourquoi les cours d’endurance de l’Ecole André-Chavanne pour les jeunes filles ne sont-ils pas dispensés à l’extérieur au même titre que ceux réservés aux garçons ?

 

On se rappelle l’affaire de 2009 : des collégiennes qui couraient jambes nues sur la piste d’athlétisme de l’Ecole André-Chavanne avaient été prises à partie par un groupe de fidèles musulmans qui sortaient de la mosquée. Ce fut un tollé général.

Aujourd’hui, on apprend que les cours d’endurance pour étudiantes sont plutôt dispensés à l’intérieur. L’endurance à l’intérieur, en ce qui concerne la course, semble mal adaptée, de l’aveu même des profs de sport. On peine à croire, par ailleurs, que les filles aiment moins courir que les garçons. Que l’école se règle sur les desiderata des élèves est une constante de l’école genevoise, mais est-ce une demande des jeunes filles en l’occurrence ?

Les statistiques pour cette école sont parlantes : les garçons se sont rendus sur la piste d’athlétisme 80% du temps, contre seulement 25% pour les filles le vendredi après-midi.

Attaché à la laïcité et à l’égalité, je m’interroge.

 

Mes questions sont les suivantes :

1.       L’affaire de 2009 est-elle réglée une fois pour toutes ?

2.       N’existe-t-il pas une forme d’autocensure préventive de la part des profs ou de l’école, qui craignent de jeter de l’huile sur le feu ?

3.       Faut-il supposer une intervention officieuse du voisinage ?

 

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08/02/2016

Un "civiliste" est plus capable qu'un directeur d'établissement primaire

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Je viens de lire l'article de ce jour dans la TdG "Les écoles servent de nouveau lieu d'affectation pour les civilistes"...

 

On y apprend que le DIP se réjouit d'accueillir six civilistes dans certaines écoles primaires à la grande satisfaction du corps enseignant d'ailleurs.

Leurs tâches ne se substituent pas à celles des maîtres, précise Pascal Cirlini, directeurs des RH, elles sont de l'ordre du soutien à l'encadrement dans certaines activités.

"L’élève de 5 ans est perdu devant la longueur du mot «hélicoptère». Il lève ses grands yeux bruns vers Saïd Abes et lui demande de l’aide du regard. «Entoure chaque lettre. C’est bien, t’es en mode champion là!» sourit Saïd. Le jeune homme de 25 ans n’est pas enseignant. Il est civiliste.

"C'est une aubaine pour nous. Saïd a déjà travaillé avec des enfants, il parle anglais et arabe, ce qui facilite les échanges avec certains enfants allophones et leurs familles, il sert d'intermédiaire au quotidien", nous dit cette directrice.

"Sa mission se poursuit dans une classe d’accueil, qui rassemble onze élèves migrants, dont certains sont arrivés il y a quelques mois. Ici, c’est initiation intensive au français. Saïd supervise le groupe des «dauphins», qui doit écrire des mots commençant par «p», pendant que l’enseignante s’occupe du groupe des «papillons», moins avancé".

 «Saïd m’est d’une grande aide, le niveau des élèves est très hétérogène et j’ai souvent besoin de travailler en deux groupes", confie la maîtresse, Swietlana de Brouhns.

Ces jeunes gens en sont capables et c'est très bien...

Voilà une initiative fort louable qui est à saluer. C'est en effet formidable d'occuper intelligemment ces civilistes qui apportent une grande aide aux enseignants qui en ont bien besoin.

Du coup, j'ai d'autant plus de peine à comprendre pourquoi, lorsqu'on ose suggérer que les directeurs d'établissement mettent un tant soit peu la main à la pâte et qu'ils consacrent donc une partie de leur temps à l'enseignement, cela pose un problème soi-disant insurmontable.

On n'en demande pas plus à ces directeurs... garder un contact avec la réalité du terrain en apportant une aide précieuse aux enseignants en matière d'appui aux élèves en difficulté par exemple... tout comme le font ces civilistes.

Les directeurs sont tous de formation universitaire, auraient-ils moins de compétence qu'un civiliste ou un étudiant en possession d'une simple matu à qui le DIP confie, sans problème, des remplacements, même de longue durée.

 

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05/02/2016

Sarkozy et les autres

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Je suis fan des débats politiques. J'ai l'impression d'être au théâtre et d'assister à un bon spectacle. Non pas que tous les sujets débattus m'intéressent particulièrement mais plutôt afin d'observer de quelle façon les politiciens parviennent presque toujours à mener leur barque là où ils le désirent...

Le débat proposé hier soir lors de l'émission "Des paroles et des actes", invité Nicolas Sarkozy, ne m'a donc pas échappé.

On peut penser ce qu'on veut du personnage mais il faut avouer qu'il fait partie des "grands maîtres" en la matière. A l'instar de bien d'autres personnalités politiques qui sont passées sur ce plateau de télévision.

A chaque fois, le même constat...chacun des intervenants tente de piéger l'invité, de le mettre en position délicate. Les journalistes, les experts en tout genre, les spectateurs soigneusement recrutés, syndicalistes comme patrons de PME se succèdent pour poser LA question, celle qui tue. On se dit que cette fois, le bougre est coincé ! On se délecte déjà... mais non, les bons politiciens s'en sortent facilement, parfois grâce à une pirouette un brin hasardeuse, et retombent sur leurs pieds, sans problème...

Mais, comment font-ils donc!

Je me suis surpris, lors de cette émission, à comparer Nicolas Sarkozy à un joueur d'échecs. Bon, à ce niveau, les politiciens de cette trempe jouent bien sûr dans la catégorie des Grands Maîtres. Ceux-ci sont capables de prouesses étonnantes et hors du commun. Ils ont en mémoire une quantité infinie de parties d'échecs, ils sont capables d'anticiper les coups sur pratiquement l'ensemble d'une partie et donc d'utiliser telle ou telle parade ou attaque en fonction du coup porté par l'adversaire. Des schémas multiples en fonction du jeu qui est proposé.

A l'instar de ces fabuleux joueurs d'échecs, les ténors de la politique ont dans la tête un disque dur comparable à celui du Grand Maître.

Bien sûr, certains politiciens moins habiles ont recours à la solution de facilité et utilisent plutôt la technique du "Là n'est pas la question" ce qui leur permet d'éviter ladite question gênante pour placer plutôt le discours qu'ils avaient soigneusement préparé, quitte à être hors sujet.

Mais les "grands"...

Ils connaissent sur le bout du doigt tout ce qui concerne les thèmes politiques sur lesquels ils seront appelés à s'exprimer. Ils ont anticipé les coups qui seront portés. Pas de surprise pour eux parce qu'ils savent prévoir ce sur quoi ils vont être interpellés. Rien n'est laissé au hasard. Ils ont répété l'exercice à de nombreuses reprises, ils ont été coachés. Ils leur suffit de cliquer sur la bonne fiche virtuelle qu'ils visualisent aussitôt, sans problème, et d'en sortir la substantifique moelle. La réponse fuse instantanément.

De la même manière, ils ont à disposition tous les schémas qui leur permettent de contrer une attaque. Souvent même, ils vont l'utiliser pour mieux rebondir. Au besoin, ils placent à leur tour une astucieuse banderille, histoire de rappeler les erreurs de l'adversaire.

Une vraie partie d'échecs. Comme le joueur d'échecs est capable de faire des parties à l'aveugle, même en simultané avec plusieurs adversaires, le bon politicien, selon les mêmes principes, mène son débat sans craindre d'être pris en défaut...

Du grand art.

 

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