21/03/2016

Surtout, on ne fait pas de vague, on se la coince!

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En février dernier je vous avais fait part d'une question urgente écrite que le député Jean Romain avait posée au Conseil d'Etat: (Gymnastique à l'école, y a-t-il discrimination entre les filles et les garçons?) :

 

Pourquoi les cours d’endurance de l’Ecole André-Chavanne pour les jeunes filles ne sont-ils pas dispensés à l’extérieur au même titre que ceux réservés aux garçons ?

Les questions étaient les suivantes :

1.    L’affaire de 2009 est-elle réglée une fois pour toutes ?

2.    N’existe-t-il pas une forme d’autocensure préventive de la part des profs ou de l’école, qui craignent de jeter de l’huile sur le feu ?

3.    Faut-il supposer une intervention officieuse du voisinage ?

 

Des questions qui méritaient qu'on y prête toute l'attention qu'elles méritaient...

Aujourd'hui, nous prenons connaissance de la réponse du Conseil d'Etat. Je vous laisse en apprécier la teneur qui se résume à "circulez, il n'y a rien à voir".

Rien de bien étonnant en fait tant on est habitué à voir ce Conseil d'Etat botter en touche lorsqu'il se trouve dans l'embarras.

Car, malgré ce qu'il prétend, problème il y a!

 

RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

 

1.  L’affaire de 2009 est-elle réglée une fois pour toutes ?

L'incident de 2009 doit être considéré comme clos. Le Conseil d'Etat n'a pas eu connaissance de la répétition de tels incidents depuis.

 

2. N’existe-t-il pas une forme d’autocensure préventive de la part des profs ou de l’école, qui craignent de jeter de l’huile sur le feu ?

Selon les informations portées à la connaissance du Conseil d'Etat, il n'y a pas de forme d'autocensure. De surcroît, l'institution scolaire et la direction de l'établissement en particulier ont l'obligation de maintenir les exigences dans le domaine de l'éducation physique et sportive et notamment dans la planification des activités qui doivent être prévues à l'extérieur et qui ne doivent en aucune façon être liées au voisinage.

 

3. Faut-il supposer une intervention officieuse du voisinage ?

Directement à la suite de l'évènement de 2009, des contacts avaient été pris entre les représentants de la mosquée et la direction de l'école. Ces contacts s'étaient prolongés jusqu'à la clôture définitive de l'incident quelques mois après. Depuis cet évènement, et à la connaissance du Conseil d'Etat, aucun contact ni aucune sollicitation ne se sont produits.

 

En conclusion, le Conseil d'Etat profite de cette réponse pour rappeler le principe de laïcité inscrit dans la constitution ainsi que dans la loi sur l'instruction publique et réaffirmer que la neutralité religieuse prévaut dans l'enseignement dispensé dans le cadre de l'enseignement public. Ainsi que l'a rappelé le département de l'instruction publique, de la culture et du sport à tous ses collaborateurs au printemps dernier, les élèves ont à suivre l’ensemble des cours tels qu’ils sont prévus dans le cadre de l’organisation scolaire. Le gouvernement précise par ailleurs que la direction générale de l'enseignement secondaire II devra veiller à ce que la pratique du sport, en intérieur comme en extérieur, respecte une stricte égalité de traitement entre filles et garçons et qu'aucune influence de quelque nature qu'elle soit, ne puisse perturber le déroulement des cours dictés par les ordonnances fédérales.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés, à prendre acte de la présente réponse.

 

 

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18/03/2016

Petites infos amusantes

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1. Pour que les directeurs d'établissement primaire consacrent une partie de leur temps à l'enseignement

J'étais hier au palais de justice afin d'assister à l'audience demandée par les directeurs d'établissement primaire au sujet de leur recours auprès de la Chambre constitutionnelle.

Trente directeurs au Palais de justice

Un grand moment! Pensez, plus de trente directeurs...C'était pourtant à 11h30...et Mme la directrice ose prétendre " «Comme ça, on ne pourra pas dire qu’on est venu se défendre au Palais de justice durant nos heures de travail»!

Ah bon? Pour être à 11h20 devant la salle d'audience...Moi qui croyais d'ailleurs que ces directeurs étaient "overbookés"!

Ce que leurs avocats ont tenté de prouver en s'efforçant de "grossir" leur cahier des charge en énumérant une longue liste de leur soi-disant tâches directoriales...

Les enseignants apprécieront d'ailleurs d'apprendre que, par exemple, ce sont leur directeur qui reçoit les parents, organise les sorties, gère leurs vacances, gère les conflits de leurs élèves, etc.

 

2. Des évacoms "pipées"

J'apprends que les élèves de 11ème (dernière année du CO) viennent de passer leur épreuve cantonale (évacom) de math...

Il se trouve que très exactement la moitié des questions de cette épreuve étaient tirées, au chiffre près, de celle de l'année passée! ce qui représente 27 points sur 54...

Hum! On est en droit de se poser la question du sérieux de telles évaluations...

 

 

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14/03/2016

Une femme qui a des couilles

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Nathalie Kosciusko-Morizet était, samedi soir, l'invitée politique de "On n'est pas couché", l'émission de Laurent Ruquier.

Je m'étais préparé au pire. On allait la donner en pâture, une curée...A quelle sauce les journalistes Léa Salamé et Yann Moix allaient-ils la dévorer? Il s'agit d'un "talk show". Ces deux là sont censés faire le spectacle, trouver les failles, prendre à défaut et mettre en mauvaise posture leur interlocuteur, le piéger d'une manière ou d'une autre.

Eh bien non, rien de tout ça, au contraire. Aucun des deux journalistes, pas plus que Laurent Ruquier d'ailleurs, n'a réussi son coup. Malgré leurs efforts répétés, ils ont fait chou blanc!

Rien n'a déstabilisé la députée de l'Essonne, ce sont plutôt les deux compères journalistes qui se sont emmêlés les pinceaux.

Inversion des rôles, le spectacle n'en était que plus palpitant.

Madame NKM, fort à l'aise, traçait sa route. Elle m'a surpris et épaté, je l'avoue. Je ne m'y attendais pas, me voilà sous le charme!

A l'opposé de bien des politiciens qui squattent l'échiquier politique depuis des lustres, elle m'est apparue sincère. Son franc-parler fait mouche, elle sait tenir un langage simple, compréhensible. Elle se garde bien des effets de manches utilisés par la plupart de ses "collègues" politiciens, le genre, "moins on comprendra ce que je dis, plus je passerai pour intelligent".

J'ai donc apprécié son discours, ses vues sur la politique telle qu'elle la conçoit, "couillue", celle du peuple, pour le peuple, sans faux-semblant.

«Je pense qu'on a trop reculé et que maintenant, faut y aller, faut transformer véritablement le pays, faut pas faire les choses à moitié, faut pas faire semblant».

J'ai aimé sa vision de la femme que, sans féminisme outrancier, elle revendique. Aux compétences égales à celles des hommes. On en est si loin!

J'ai savouré sa conception de l'école à laquelle elle veut restaurer sa crédibilité ainsi que l'image de l'enseignant auquel elle veut rendre le respect qui lui est dû.

J'ai trouvé intéressante sa proposition de financement des mosquées en France. Une taxe sur les produits hallal redistribuée à cette fin. Cesser ainsi l'hypocrisie en vigueur tant il est inacceptable de parler d'un islam de France lorsqu'il est outrageusement financé par des pays étrangers...

Bref, plus le débat avançait, plus je trouvais que cette femme était de bon sens.

Je me réjouis de l'entendre sur d'autres points de la politique française et j'espère donc sincèrement que les coups bas auxquels elle devra certainement faire face ne l'empêcheront pas de poursuivre sa route, d'aller le plus loin possible lors des primaires à droite pour l'élection présidentielle de 2017. Et pourquoi pas jusqu'au bout...Peut-être ce qu'il faut à la France...

 

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07/03/2016

Une école qui nivelle par le bas?

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Pendant les vacances de février, j'ai eu le plaisir d'accueillir au chalet quelques amis. Parmi eux, un jeune couple et leur adorable petite fille, Antoinette.

J'aurais aimé que certains experts, au DIP, voient les yeux pétillants de cette petiote de 6 ans lorsqu'elle s'attablait avec son père pour "faire ses devoirs"! Si, si, vous avez bien lu, ses "devoirs à domicile". Même pendant les vacances!

Il faut dire qu'Antoinette est scolarisée dans le privé, un choix mûrement réfléchi par ses parents et que j'approuve de plus en plus au vu de ce qui se passe dans nos écoles publiques...

Car, voyez-vous, c'est avec une fierté et un plaisir non dissimulés que la fillette s'amusait à démontrer à ses parents tout ce dont elle est capable. Stimulée par ses parents, elle faisait preuve par ailleurs d'un immense désir d'apprendre. Ainsi, elle découvrait de nouveaux textes de lecture, elle s'entrainait à écrire en suivant au mieux les lignes de son cahier d'écriture, elle découvrait de nouveaux mots de vocabulaire (eh oui!) que sa mère glissait astucieusement dans de minis dictées dont Antoinette raffolait, elle tenait de petites conversations en anglais avec l'un ou l'autre, enfin elle résolvait des situations mathématiques pas si simples que ça.

Eh bien, dorénavant, à Vernier, école des Ranches, c'en est fini de tout ça.

Les devoirs à domicile ont beau être inscrits noir sur blanc dans le règlement de l'enseignement primaire, les directions d'établissement semblent pouvoir en faire qu'à leur tête puisque la décision de ne plus en donner dans cette école a été prise à la rentrée scolaire 2015.

"Un projet pilote dicté par un constat d’échec des travaux donnés à faire à domicile. Ce sont les bons élèves qui effectuent leurs devoirs à la maison, ceux qui en auraient le moins besoin» s'exclame une enseignante...

Sous ce prétexte on empêche les "bons" élèves de bénéficier de cet apport. De quel droit?!

Ces devoirs posent problème, pas de souci, au lieu de le résoudre, il y a plus simple, on n'en parle plus. Et tant pis pour ces élèves pour qui cette tâche est bénéfique, valorisante, élévatrice. Tant pis pour les parents attentifs qui désirent s'investir, soucieux de suivre ce que font leur enfant à l'école, des parents raisonnables, conscients et surtout responsables! On s'aligne plutôt sur les autres....bref, on fait simple, on nivelle par le bas.

Vive l'opacité, circulez, il n'y a rien à voir, signez des chèques en blanc et dormez tranquilles, "on" s'occupe de votre progéniture.

A noter par ailleurs que la direction de l’établissement en question a décidé d'intégrer ces devoirs (non plus à domicile) à la grille horaire des enfants!

Voilà qui semble pour le moins bizarre. Car, c'est mathématique... Ce temps accordé aux "devoirs", inséré dans la grille horaire de l'écolier,  ne peut pas tomber du ciel. Il est pris au détriment du temps d'enseignement obligatoire attribué à chaque discipline enseignée. Mais, là encore, pas de problème puisque "le Département de l’instruction publique laisse une certaine marge de manœuvre aux établissements dans la gestion des devoirs à domicile".

Soyons rassurés pourtant, "la stratégie fonctionne, assurent en cœur direction et corps enseignant de l’école, les résultats sont là et un bilan de l’expérience sera réalisé à la fin de l’année".

Par qui s'il vous plaît?

Soyons sérieux, aucun des protagonistes de cette pitrerie ne la désavouera. J'y mets ma main au feu.

Gagnons du temps, voulez-vous que je vous fasse ce bilan tout de suite...?

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04/03/2016

Oskar et les autres

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- Eh Cyprien, alors comment?

- Eh salut le genevois, alors, tu te sens visé?

- Comment ça?

- Ben, t'as pas reçu le "petit livre rouge" d'Oskar...?

- Ah, oui, j'ai lu ça hier. Il charrie un peu, non? Que des banalités, il enfonce des portes ouvertes.

- Tu trouves? Pourtant, s'il a pris la peine de préciser sa vision de l'école, c'est qu'il y a un problème et que c'est pas partout celle-là... D'ailleurs, il l'a dit, c'est pour ne par reproduire les erreurs qui ont été faites dans "certains" cantons...

- Comment, comment, qu'est-ce que tu me racontes. Tiens, par exemple, "la pédagogie est un art de vivre, non une science exacte", c'est n'importe quoi!

- Ouais, t'as raison, il est vrai qu'à Genève, y a longtemps qu'on a compris ça. C'est bien ce qui est enseigné aux futurs instituteurs. D'ailleurs, il le dit aussi, "la qualité de l'école dépend de la qualité des enseignants"!

- Ben oui, y pas de doute. Et à Genève, on l'a aussi compris depuis belle lurette. D'ailleurs, c'est là-bas qu'on fait le mieux. On y étudie quand même plus longtemps que dans ton Valais et surtout, nos enseignants sont des universitaires, eux! Tu penses, on a un "Institut universitaire de formation des enseignants", nous! Alors, l'Oskar, il peut bien dire.

- Ah, oui, c'est vrai, à côté de la plaque Oskar. Bon, il précise quand même qu'il faudrait "un retour aux fondamentaux, la langue maternelle, les maths, etc."

- Insinuerais-tu que ce n'est pas le cas à Genève? Voyons Cyprien, tu n'es pas sérieux, regarde le plan d'étude, il est très clair, tous nos enseignants le suivent à la lettre. L'orthographe, la grammaire, le vocabulaire, les maths, c'est le quotidien de nos écoliers. Comme l'histoire, ils connaissent parfaitement celle du pays.

- Bon, bon, t'énerve pas... Y a pas de souci donc, c'est Oskar qui voit le mal partout. Alors, on peut boire un verre tranquille.

 

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