30/04/2016

Témoins des témoins

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Mardi, c'est la journée du souvenir de la Shoah.

Il est de notre devoir de transmettre et de ne jamais oublier...

C'est ce qu'ont bien compris ces deux enseignants d'histoire du Cycle d'orientation du Renard en invitant Monsieur Noah Klieger, l'un des derniers rescapés du camp d'Auschwitz.

Une initiative remarquable qu'il faut saluer.

La lecture de cet article de la TdG démontre fort bien à quel point il reste nécessaire de toujours et encore "raconter".

"Silence, les élèves de 11ème année du CO, réunis hier dans l'aula, ne soufflent plus un mot. Leurs yeux sont rivés sur l'interlocuteur de 90 ans"...

A force de courage, de patience, de récits d'horreur, pendant plus d'une heure, Noah Klieger a transmis le témoin à cette jeune génération. Plus de soixante ans qu'il le fait! A des jeunes captivés, si souvent décriés pourtant. Ils lui ont réservé des applaudissements nourris. Ils se sont précipités vers leur invité pour le féliciter, pour immortaliser l'événement à l'aide d'un selfie.

Pour ma part, j'en ai eu les larmes aux yeux. Depuis ma plus tendre enfance j'ai entendu ma mère me raconter ce qu'elle avait vécu pendant la guerre. Elle était hollandaise et a subi l'occupation allemande.

Juive d'origine, elle a vécu dans la clandestinité et a échappé aux déportations. Du côté maternel, sa famille s'était convertie depuis le milieu du 19è siècle au protestantisme ce qui lui a permis d'être ainsi considérée comme une "mischling", une "sang mêlé". Une sorte de sursis...

Ce n'était pas le cas de mon grand-père qui lui, était contraint de porter l'étoile jaune. Il a été déporté. Fort heureusement, il s'en est sorti. Passionné d'aéronefs, il a été l'un des fondateurs de la compagnie aérienne KLM. Ironie du sort, en 1948, il a péri avec sa femme et sa fille dans un crash aérien de la même compagnie.

C'est son étoile de David que j'ai retrouvée il y a quelque temps en mettant de l'ordre dans de vieilles malles qui dormaient au grenier, un moment d'émotion intense.

Aujourd'hui, ravivé par cet article de la TdG, ce sont quantité de récits de ma mère qui se rappellent à mon souvenir...

Je tiens donc à remercier chaleureusement Birgit Foti et Thierry Bubloz, ces deux enseignants, qui ont organisé la venue à Genève de Noah Kiegler. Fasse que, grâce à lui et à tous les autres rescapés qui n'ont de cesse de témoigner, tous ces jeunes n'oublient jamais ce qui s'est passé, de quoi l'Homme peut être capable.

Qu'ils continuent à transmettre.

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08/04/2016

Ils sont fatigués

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Une récente pétition demande la suppression du mercredi matin d'école pour les élèves du primaire. Deux ans après son instauration cette mesure va faire l'objet d'un bilan de la part du DIP. Selon une grande majorité des enseignants, les élèves se montrent en effet très fatigués en classe ce qui, bien entendu, remet passablement en cause l'utilité de ce mercredi d'école.

Soit.

Premier constat...

N'est-ce pas là une question d'éducation? Aujourd'hui, les parents ne sont-ils pas trop laxistes? Pensent-ils à coucher leurs enfants à une heure convenable afin de leur laisser le temps nécessaire, à leur âge, pour récupérer et repartir d'un bon pied pour une nouvelle journée de travail? Pensent-ils à passer un moment de partage avec leur progéniture plutôt que de céder à la facilité en les laissant passer des heures sur leur tablette pour jouer à des jeux trop souvent inadaptés à leur jeunesse?

Deuxième constat...

Il fut un temps, pas si lointain, où la semaine scolaire des écoliers comprenait une journée complète de congé, le jeudi, alors qu'ils allaient à l'école le samedi matin.

Horreur me direz-vous. Inimaginable!

Je suis bien conscient qu'il semble peu probable de revenir à une telle formule tant la pression de certains milieux est forte. Pensez donc, il deviendrait fort difficile pour ces familles de se rendre en week-end dans leur chalet en Valais.

Pourtant la formule ne manquait pas de points positifs.

D'un point de vue pédagogique, elle répondait au problème de la fatigue que constatent aujourd'hui les enseignants. La journée complète de congé en milieu de semaine permettait aux enfants de se "régénérer" et repartir en pleine forme le lendemain matin. C'était également l'opportunité de passer agréablement, en famille, une soirée un peu prolongée.

Le samedi matin était passablement apprécié. Etrangement tout ce petit monde, les enfants comme les instituteurs, y trouvaient leur compte. L'atmosphère de cette matinée était curieusement calme, sereine et les élèves étaient alors fort réceptifs.

Par ailleurs, ce découpage hebdomadaire permettait également aux parents de profiter pleinement d'un moment qui leur était réservé. Ils pouvaient ainsi se retrouver pour profiter d'un moment de partage. Faire les courses ensemble, passer tranquillement quelques instants intimes, venir en couple chercher son enfant à la sortie de l'école, permettre au père de prendre contact avec l'enseignant.

Sans oublier, et ce n'est pas anodin, que la formule du jour entier de congé en milieu de semaine résolvait tous les problèmes rencontrés en ce qui concerne l'organisation de toutes les activités, artistiques, sportives, manuelles et autres qui, aujourd'hui, ont toutes les peines à trouver des créneaux horaires dans une seule demi-journée.

 

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04/04/2016

Serrons-nous la main

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Chaque matin, j'avais l'habitude de "passer en revue" mes élèves.

Ainsi, j'appréciais de me tenir à l'entrée de la classe et de serrer la main de chacun d'eux avant qu'il ne regagne sa place...

Une prise de contact, au premier sens du terme.

Question de politesse, se dire bonjour, bien commencer la journée.

Cela me permettait également d'estimer l'état de forme, moral comme physique, de celui-ci, de voir à quel point il était réveillé, de rappeler à celui-là de retirer sa casquette ou baisser les jambières de son training, à celle-ci d'éviter ce "top" et cacher son petit ventre trop apparent.

Bref, autant de détails qui permettent d'observer les règles de la bienséance. Enfin, celle qui est la nôtre dans ce pays.

Mais voilà que dorénavant, certains élèves pourront refuser de se plier à cette pratique inadéquate selon leurs vues. Ou plutôt, pour être précis, certains élèves mâles pourront refuser de serrer la main à leur....enseignante!

Et les responsables scolaires comme politiques de déclarer: "C'est difficile lorsque quelqu'un ne veut pas adopter notre mode de vie".

Nous y voilà! Adopter le mode de vie de l'endroit où l'on se trouve.

Le bon sens même...

Car, je serais curieux de voir ce qui se passerait si ce touriste ne se pliait pas aux lois en vigueur lorsqu'il visite la Grande Mosquée en gardant ses chaussures aux pieds. Ou ce qu'il adviendrait de cette femme si elle osait déambuler dans les rues de Téhéran sans couvrir ses cheveux.

Oui, oui, respectons les mœurs, les coutumes religieuses de chacun. Si seulement ça pouvait être de manière réciproque...

 

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