22/06/2016

Des écoliers fourbus et des directeurs opportunistes...

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Le DIP, dans un récent rapport, dresse un état des lieux, deux ans après l'introduction du mercredi matin d'école pour les écoliers genevois.

On apprend alors que 90% des maîtres sondés constatent que les élèves sont plus fatigués qu'avant. Parallèlement, les directeurs d'établissement primaire estiment que cette nouvelle grille horaire a entraîné pour eux "un surcroît de leur charge de travail ainsi qu'une complexification de leurs tâches".

Voilà deux points de vue qui n'ont rien d'étonnant. L'un prête à rire, l'autre, auquel j'adhère volontiers, beaucoup moins.

1. Les directeurs d'établissement primaire

Rien de plus normal d'entendre les directeurs d'établissement crier au loup et se plaindre d'une charge de travail insupportable. Ils le prétendaient déjà avant l'introduction de ce mercredi matin d'école. C'est là, pour ces cadres supérieurs, une occasion supplémentaire de se prétendre "overbookés" et ainsi justifier leur opposition à la loi qui leur demande de consacrer une partie de leur temps à des heures d'enseignement.

Une position qui ne tient pas la route.

Les heures d'enseignement du mercredi matin, comme toutes les autres d'ailleurs, ne les concernent pas puisque ce ne sont pas eux qui les donnent. Une fois l'organisation de cet horaire mise en place, en début d'année scolaire, je ne vois pas en quoi ces directeurs seraient exagérément mis à contribution par la suite .

Quoi qu'il en soit, les directeurs sont des cadres supérieurs et, que je sache, ils sont soumis à un tout autre horaire de travail que celui de l'écolier... Le mercredi n'est pas un jour de congé pour eux, du moins j'ose l'espérer, et donc, l'instauration du mercredi matin d'école n'a aucune incidence sur leur horaire hebdomadaire qui est de 5 jours. A moins que...

2.Les écoliers

En revanche, il n'en va pas de même pour les écoliers genevois pour qui, contrairement donc aux directeurs, oui, il y a réellement une charge de travail supplémentaire occasionnée par ces quatre périodes du mercredi. Il y a surtout l'abolition d'un jour entier de congé, pourtant fort bénéfique, au milieu de la semaine. Une pause bienvenue qui leur permettait de se ressourcer, de recharger les batteries pour repartir d'un bon pied. Point besoin de faire un dessin. Il est certain que la qualité vaut mieux que la quantité. Un écolier reposé, dispo, assimile mieux qu'un enfant éreinté, au bout du rouleau.

Il y a quelque temps, dans un précédent billet, j'avais osé suggérer une solution qui, à mon sens, tient toujours...

Aie! J'entends déjà les cris d'orfraie de certains...

 

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20/06/2016

Pauvre foot!

maillot.jpg

Triste spectacle... Et pourtant, ça fait partie du jeu m'a-t-on dit!

Il y a longtemps que je pense que le foot masculin, en tout cas tel qu'il est présenté aujourd'hui, est un sport de voyous.

Les matchs de ce championnat d'Europe ne font que me conforter dans cette idée. A quoi assistons-nous?

Des joueurs aux allures de "terreurs" de gang, tatoués jusqu'au bout des doigts, aux coiffures de "skin head" qui se livrent à un pugilat organisé. Des hommes qui crachent à qui mieux mieux et qui n'hésitent pas à tricher honteusement, "dressés" qu'ils sont à tout faire pour obtenir un coup-franc avantageux, voire un pénalty réparateur. Peu importe que la faute soit réelle ou pas. Tous les moyens sont bons pour piéger l'arbitre. Ce ne sont plus des équipes de foot mais des compagnies de comédiens qui sont sur le terrain. On simule la faute de l'adversaire pour chuter spectaculairement, il paraît que dans certaines écoles de foot, très tôt, on y enseignerait aux jeunes cette technique de mystification. On feint alors la douleur extrême dans l'espoir de voir le soi-disant fautif sanctionné d'un avertissement, ou mieux, d'un carton rouge lui signifiant l'expulsion, avantage certain. Peu importe si le joueur laissé quasi mort sur le moment court comme un lapin aussitôt le but escompté atteint. On tire effrontément le maillot pour entraver la course du joueur qui pourrait se présenter favorablement devant le but adverse. Certains n'y résistent pas d'ailleurs et finissent en véritables chiffons. Et de lever les bras au ciel dans un signe d'innocence certaine! "Comment Monsieur l'arbitre? Moi, commettre une faute, jamais, ce n'est pas mon genre...vous vous trompez!"

"Le ballon passe....pas l'homme" telle serait la devise d'entraîneurs peu scrupuleux.

Autant d'attitudes déplorables qui sont reprises dans les cours d'école, singées par nos écoliers en admiration béate devant ces tricheurs professionnels...

Devenues des rencontres pour voyous trop fortunés, ce sport a perdu toute crédibilité, toute beauté.

Alors?

Alors, il serait grand temps que les fédérations réagissent et remettent de l'ordre dans ce bourbier.

Pourquoi ne donne-t-on pas des consignes strictes aux arbitres pour sanctionner fermement de telles attitudes? Pourquoi refuse-t-on de recourir aux images vidéo qui sont sans appel et qui permettraient de punir sévèrement les tricheurs. Il suffirait de quelques mesures d'expulsion exemplaires, bien assénées, pour que, très rapidement, ces sales habitudes disparaissent des terrains de foot.

Pauvre foot! Mais, sans doute, faut-il que ce sport reste à l'image de trop nombreux fans qui y trouvent ainsi leur compte. Pourvu qu'on leur donne du pain, de la bière et des jeux...

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12/06/2016

Pour la laïcité, réflexion de Jean Romain

Réflexion de Jean Romain:


L’affaire serait banale si elle n’impliquait Hani Ramadan et si elle ne tombait à la pointe de nos actuelles discussions sur la laïcité. La période est délicate. En effet, face au retour en force des prétentions religieuses sur le domaine public et de l’islamisme sur le devant de la scène, pas moins de trois projets de loi sont étudiés pour légiférer sur le sujet dans notre République.
La laïcité ! Une loi qui exige que l’Etat reste neutre dans les affaires religieuses afin de garantir à tous, y compris aux athées, la liberté de conscience. Nul besoin de brouiller les cartes ni d’assortir cette laïcité d’un adjectif : ouverte, fermée, permissive, tolérante, positive. Mais à force de demeurer floues sur leur application, les choses élémentaires se sont compliquées à Genève. Même les serviteurs de l’Etat ne savent pas bien de quoi il s’agit ; on invite au débotté des prédicateurs qui n’attendent que ça pour reconquérir un territoire perdu et duquel ils se sont fait chasser. Cette enseignante, peu au fait du monde qui l’entoure, a commis une faute professionnelle, sans doute par ignorance. Mais, malgré elle, c’est un acte hautement politique. Et c’est là que le débat blesse ! Le canton de Genève a une loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais son application approximative (par exemple on permet les signes convictionnels pour les élèves ; la Ville n’est pas claire sur le port du foulard pour ses employées en contact avec le public) donne le sentiment que tout le monde a raison dans son interprétation personnelle ou dans son ignorance de la laïcité. Lorsqu’on enseigne à des élèves, on peut parfois se tromper, mais il est essentiel d’être au fait des aspects structuraux de notre société puisqu’on prétend les enseigner ! Rien n’est jamais acquis.
De l’autre côté, bien des religions et des sectes se pressent à la porte de nos écoles et sont à l’affût de la moindre fissure pour y glisser un coin. Une personnalité musulmane m’affirmait sans rire que nulle autre religion que la sienne n’était plus ouverte à la laïcité. C’est que la loi sur la laïcité est devenue si aléatoire que chacun revendique de recoloniser pour son propre compte le domaine public. Le piège : au nom même de la liberté de conscience, on prétend avoir droit d’occuper la sphère publique pour assurer cette liberté. Ainsi, en utilisant le langage même de ce qu’on veut détruire, on revendique de s’émanciper de l’émancipation. Et puisque ce discours sonne comme celui de l’ouverture, de la tolérance, alors même qu’il est celui du plus crasse obscurantisme, de naïfs amis de la liberté se laissent gruger. C’est peut-être le cas de cette enseignante.
Enfin, la vision de la femme-perle à dérober aux regards concupiscents sinon elle passe de mains en mains comme une pièce de monnaie ne peut qu’offusquer. Cela signifie que puisque les femmes de chez nous ne sont pas voilées elles sont donc disponibles pour tous ! L’ampleur de cette injure faite non seulement aux femmes mais à toute une société a de quoi soulever des haut-le-cœur. Revenons sur terre : en démocratie, la libération de la femme est due à la sécularisation de la société donc à l’avance de la laïcisation. Les prétentions actuelles ne sont pas toutes aussi lisibles que les coups de boutoir des islamistes, elles prennent des formes plus insidieuses : avec l’aide même de ceux qui prônent le multiculturalisme, l’idée s’est répandue dans le milieux branchés et islamo-gauchistes que toutes les affirmations convictionnelles sont légitimes, y compris les plus fondamentalistes. Liberté à chacun ! Mais ce ne sera pas la première fois qu’on tente ainsi de faire passer l’antiféminisme pour du féminisme.

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