12/08/2016

Le syndicat s'inquiète de l'épuisement des profs

profs épuisés.jpg

Rien de tel pour susciter les commentaires haineux... Les enseignants sont épuisés!

"L'épuisement des profs, laissez-moi rire, qu'ils viennent voir dans le privé..." "Dur dur le job avec 12 semaines de vacances...", "Pauvres petits fonctionnaires..." Etc., j'en passe des vertes et des pas mûres.

Mais, jusqu'à quand le Département d'Anne Emery Torracinta tolèrera-t-il cette situation?

De quoi se plaignent-ils ces enseignants?

Essentiellement d'une surcharge de travail administratif, tout est dorénavant contrôlé, analysé et formalisé. Une multitude de tâches qui sont chronophages pour ne pas dire souvent inutiles. Ainsi, les enseignants sont sans cesse discrédités, "installés dans un rôle d'exécutant incompatible avec cette liberté professionnelle" qui est tant nécessaire à ce métier.

Problème il y a en effet. Mais il s'agit de ne pas se tromper de cible.

S'il y a une inflation des tâches administratives, à chacun son boulot et les vaches seront bien gardées.

Parce que, en ce qui concerne au moins l'enseignement primaire, rappelons-nous qu'il existe quand même des directeurs d'établissement qui ont un cahier des charges à remplir... Et l'aspect bureaucratique de la bonne marche d'une école est de leur ressort! Les instituteurs, eux, n'ont pas à y prendre part. Leur devoir à eux est d'enseigner, tenir leur classe, la gérer dans les limites de leur fonction, suivre leurs élèves pour les mener au mieux de leurs capacités. Toutes les autres tâches administratives et autres sont du ressort de leur directeur qui sont censés être payés pour ça!

Ceux-ci ont malheureusement tendance à facilement l'oublier pour déléguer quantité de travail aux enseignants de l'établissement dont ils ont la charge. Et ces braves instits, le plus souvent, n'osent pas refuser... Tels des moutons, ils suivent aveuglément ce qu'on leur dit de faire, ils ne savent pas dire non! Pourquoi, dès lors, ces directeurs se priveraient-ils d'une telle aubaine?

Ah oui, au fait, ces cadres supérieurs vont pouvoir encore accentuer cette pression sur "leurs" enseignants... Dès cette prochaine rentrée scolaire, ils devront consacrer une partie de leur temps à des heures d'enseignement. On se souvient que, déboutés par la Chambre Constitutionnelle, ils ont fait appel au Tribunal Fédéral...qui vient de refuser leur demande d'effet suspensif!

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

13:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

04/08/2016

Où donc passent vos impôts...

tablette.jpg

 

Suite à l'article dans la TdG du jour "Du Bic au clic: le prof à l’heure d’Internet", je me permets de publier à nouveau le billet que j'avais écrit en 2014.

 


Cinq millions pour le DIP

C'est la question à laquelle les députés devront répondre d'ici quelque temps.

On se souvient en effet qu'il était question que le DIP fournisse aux élèves des différentes écoles genevoises, tout ordre d'enseignement confondu, des tablettes numériques. Un précédent billet faisait état de cette aberration et, à sa suite, la question suivante a été posée au Conseil d'Etat par le député PLR Jean Romain:

"Quel est, par ordre d'enseignement, le coût de l'opération expérimentale mise en place, et, s'il était décidé de la généraliser, quels sont les moyens prévus pour l'équipement complet dans chaque ordre d'enseignement sachant par ailleurs que tout ce matériel devra régulièrement être remplacé (tous les 3 ou 4 ans) pour demeurer à jour"?

La réponse du Conseil d'Etat est tombée.

Au delà de sa forme sibylline à souhait, comme d'habitude, il s'agit de la décrypter...

Ainsi, on apprend que "Le Conseil d'Etat relève que l'introduction des tablettes numériques dans l'enseignement s'inscrit dans une réflexion fondée sur la plus-value, démontrée par la littérature scientifique, qu'apportent ces nouveaux moyens par rapport aux ordinateurs classiques".

La littérature scientifique, pas moins! Une affirmation sans faille! Pourtant, on se demande bien de quelle littérature il s'agit? Serait-ce le texte tiré du prospectus de publicité de l'une ou l'autre marque de tablette numérique?

Par ailleurs, on est heureux d'apprendre qu'il est prévu pour nos petits "d'utiliser des contenus d’apprentissage numérique avant même de maîtriser la lecture"

Voilà qui est génial, on salue une telle initiative...

Mais venons-en à l'aspect financier qu'impliquerait la mise en place de ce projet.

En référence aux chiffres cités dans la réponse du CE, le prix de la tablette s'élève à 500 francs. Un montant déjà étonnant lorsqu'on pense au nombre de tablettes qui seraient commandées...

Genève compte environ 1700 classes primaires et enfantines (32500 élèves à la rentrée 2013). A raison de 4 tablettes par classe, on obtient 6800 tablettes...à 500 frs/pièce, total 3.400.000 francs! Ajoutez à cela le coût de la formation qu'exige la mise en place de ce projet ("La technologie peut en effet enrichir l’enseignement et faciliter les apprentissages, pour autant que son utilisation soit encadrée par des enseignant-e-s bien formé-e-s"...) et vous arrivez sans problème à un coût d'au moins 5 millions de francs.

Soit plus de...50 postes qui pourraient servir à l'aide aux élèves en difficulté scolaire!!!

Allô quoi? Anne, allô quoi?

Dès lors, faut-il s'étonner de cette réponse du Conseil d'Etat?

Il faut savoir que, dans ce genre de situation, celui-ci fait bien évidemment appel aux services concernés pour rédiger la réponse à la question posée. En l'occurrence, le SEM (service école et média). Comment pourrait-on attendre de leur part une réponse objective sachant que l'existence de ce service est bien entendu étroitement liée au développement de l'informatique dans nos écoles. Ses responsables ne sont tout de même pas assez stupides pour scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Un peu comme si on demandait à un pilote de chasse ce qu'il pense de l'achat du Gripen...

 

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

14:49 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook