10/01/2017

Caramba, encore raté !

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Peut-on y voir une tentative d’intimidation, l’espoir de me faire taire ?

Je ne puis croire qu’ils aient été si mal conseillés par leurs avocats.

Faut-il donc qu’ils soient vraiment sots pour en être arrivés là ?

 Bref, toujours est-il que, suite à mon billet du 27 septembre, « Directeurs d’école, la honte », l’association des directeurs du primaire (AGDEP), ainsi que 22 plaignants à titre individuel, ont cru bon de déposer contre moi une plainte pour calomnie, voire diffamation, auprès du Ministère public.

Celui-ci leur a répondu mi-décembre.

Selon les plaignants, affirmer, comme je le fais dans mon billet, qu’ils auraient agi de manière « honteuse », « sans vergogne » par « tous les moyens possibles », avec une mauvaise foi incommensurable » pour « éviter de respecter leur devoir » en ne cessant de « biaiser quitte à enfreindre la loi » et affirmer que leurs démarches dégradent leur image et trahit un manque d’éthique, reviendrait à volontairement faire apparaître les plaignants comme des gens méprisables, à « ruiner » leur réputation.

Mazette !

J’ai donc bien entendu été auditionné par la police pour y faire valoir mes arguments… J’ai alors démontré que mes propos se référaient à des faits avérés. J’ai fait valoir que les directeurs d’école devaient bel et bien respecter la loi en vigueur, votée le 17 septembre 2015, et donc enseigner, puisque le Tribunal fédéral auprès duquel ils avaient fait recours, leur avait tout simplement refusé un quelconque effet suspensif ; ce d’autant plus que le DIP avait d’ores et déjà pris des mesures pour la mise en œuvre de la loi.

Dans mon billet incriminé, j’ai considéré que ce refus d’enseigner, nonobstant l’entrée en vigueur de la loi, était contraire à l’éthique, laquelle comprend le respect des règles démocratiques.

 Le procureur du ministère public a donc tranché…

 «  Rien n’indique, tout d’abord, qu’André Duval ait allégué faussement que les plaignants aient cherché à éviter d’être soumis à la loi précitée et aient agi judiciairement en ce sens, par tous les moyens qui leur étaient ouverts. Ce comportement, licite sous réserve d’un éventuel abus de droit, peut faire l’objet, dans le cadre d’un débat politique et démocratique, d’appréciations diverses…

André Duval estime en bref que les recourants (non cités nommément) devraient avoir « honte » de recourir à la voie judiciaire, et qu’ils auraient dû obtempérer au moins une fois refusée la restitution de l’effet suspensif à leur recours…

 Le Ministère public relève ainsi que les éléments constitutifs de la diffamation ou de la calomnie ne sont manifestement pas réunis. La procédure ne peut être poursuivie.

La présente vaut ainsi notification d’une ordonnance de non-entrée en matière.

 Allons, Mesdames et Messieurs les directeurs d’établissement, il est grand temps de cesser vos enfantillages dignes des préaux d’école et de saisir enfin l’occasion qui vous est offerte de revaloriser votre fonction, de lui conférer le respect qu’elle mérite.

Par deux fois (18 juillet et 30 décembre) le Tribunal fédéral vous a refusé l’effet suspensif que vous réclamez éperdument, alors, on attend avec impatience de voir de quelle manière vous allez honorer la tâche qui désormais fait partie de votre devoir, consacrer une partie de votre temps à l’enseignement. Ce qui devrait être chose faite depuis cette rentrée scolaire de janvier 2017 comme l’a affirmé Madame Anne Emery Torracinta, président du DIP.

 

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Commentaires

BRAVO!!!

Écrit par : job | 10/01/2017

L'attaque est la meilleure défense, c'est bien connu !

Écrit par : Strohheker | 10/01/2017

Le travail c'est la santé....
Excellente année 2017 en pleine santé!
Il n'y a pas de honte à enseigner, j'ai fait ça toute ma vie professionnelle avec passion et un immense plaisir.

Écrit par : Girardet J-F | 10/01/2017

Quand on chatouille les plus-que-nantis à contre-poil et qu'on menace leurs rentes de situation, les princesses-sur-un-pois défendent bec-et-ongles leur fragile citadelle.:-) ! Je ne pensais pas que des enseignants pussent prendre le risque de se ridiculiser en vous traîinant en justice. Les plaignants de cette espèce peuvent donc ajouter un dessert à leur copieux menu en mangeant leur chapeau !

Écrit par : jaw | 11/01/2017

Des directeurs d'école qui gagnent plus qu'un pilote de ligne et qui se comportent comme des gosses, tout cela confirme que certains n'ont pas recu assez de fessées. Et tout en se cachant, de surcroît. On devrait les lourder direct, qu'ils affrontent enfin le vrai monde du travail.

Écrit par : Laurent Lefort | 11/01/2017

Voilà une conclusion qui fait du bien.
Bravo Monsieur Duval!

Ces dits directeurs ont eu une très grosse estime d'eux-même parce qu'on les a hissés beaucoup trop haut sans un quelconque mérite avéré. De toute façon ils auraient chuté de vertige - un peu comme un parapentiste qui s'est fait déposer au sommet de la montagne par un hélicoptère. N'ayant pas fait lui-même le parcours sur le terrain, il ne peut qu'ignorer les risques mortels et céder à l'enivrement d'un vol d'aigle imaginaire. Pour leur bien et par charité on leur a tendu une échelle pour qu'il en redescende sans trop de mal. Tant pis s'ils n'en ont pas profité et qu'ils aient préféré le grand bluff.
L'école a besoin de dialogue et de relations horizontales, pas d'ordres d'une verticalité mutique.

La conclusion du tribunal me paraît objective et équitable.
A titre personnel, je me demande ce qu'ils (ces directeurs) peuvent bien apporter à l'institution et au personnel enseignant s'ils se coupent ainsi de l'enseignement. Une sensibilité essentielle qui a fait défaut!

J'ai le sentiment qu'ils ne vont pas en rester là, ils vont certainement concocter une autre stratégie, recourir et présenter des arguments plus techniques et plus spécifiques au métier de managers. Il faudrait connaître comment sont rédigés leur contrat de travail et leur cahier des charges.
Très bien payé et pas du tout à sa place, ça donne des ardeurs parfois téméraires pour conserver le statut et les privilèges quitte à abattre la carte de l'imposture.

En tout cas, je ne félicite pas celui qui les a fait engager. L'ancien patron du DIP n'avait-il jamais enseigné lui-même pour omettre des critères plus sérieux, c'est-à-dire au moins un peu en adéquation avec la profession?

Écrit par : Beatrix | 15/01/2017

Les plaignants ont de la chance que le ridicule ne tue pas !

Écrit par : ERO | 20/01/2017

Beer, éducateur social à la base, avait étonnamment remplacé pendant 2 ans comme prof de français au cycle de l'aubépine au début de sa "carrière" de grand syndicaliste...puis girouette en chef (roi même, dans ce domaine !)

Écrit par : Job | 21/01/2017

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