02/02/2017

Dur dur d’être Président de la République

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Est-il possible d’être à la fois « honnête et propre » et Président de la République française ?

L’affaire Fillon, c’est le feuilleton à la mode, personne ne peut y échapper. Chaque jour qui passe amène son lot de nouvelles révélations toutes plus hallucinantes les unes que les autres…

Pourtant, rien de nouveau sous le soleil français.

 

Après le général de Gaulle, tous les présidents de la 5ème République, sans exception, élus ou en campagne, ont eu à faire face à des « affaires » plus ou moins louches qui se sont soldées par des non-lieux…ou pas.

Ainsi, Georges Pompidou s’est vu impliquer dans la sombre affaire du meurtre de Stefan Markovic, le garde du corps d’Alain Delon. Ce personnage organisait des soirées à tendances libertines auxquelles on a, à l’époque, laissé entendre que Claude Pompidou aurait participé…

On raconte que Valéry Giscard d’Estaing, alors premier ministre, aurait reçu pour un million de francs de diamants de Bokassa, président de la République centrafricaine.

On se souvient de l’affaire des écoutes téléphoniques de l’Elysée ordonnées par François Mitterand ainsi que de sa double vie qu’on a soigneusement cachée aux français.

Jacques Chirac, maire de Paris, à l’instar de François Fillon aujourd’hui, est accusé de quantité d’emplois fictifs qui lui ont valu une condamnation pour détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d’intérêts.

Plus près de nous, Nicolas Sarkozy n’est pas en reste, lui qui, à plusieurs reprises, est mis en examen : affaire Bygmalion, affaire Karachi, financements douteux de campagne présidentielle, etc.

 


Rien ne va plus dans cette République aux relents de pourriture. Des marionnettes aux airs angéliques sont capables aujourd’hui de vous prêcher le « plus blanc que blanc », on leur donnerait le bon-dieu sans confession... alors qu’en réalité ils ne sont que des manipulateurs assoiffés de pouvoir et d’argent !

Sont-ils donc tous du même acabit? Peut-on dire qu’en Suisse nous sommes bien mieux lotis ?

Je suis bien incapable de le dire, mais ce que je sais, c’est que, par principe, je me méfie de la politique dont les règles du jeu me semblent de plus en plus aléatoires, trompeuses et donc dangereuses.

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Commentaires

Bravo! Je partage complètement ! Honnêteté et politique, à tous les niveaux, ne sont pas compatibles...

Écrit par : Catherine Stouky | 03/02/2017

Je viens de l'écrire chez Cuénod, mais comme il passe rarement mes commentaires, je le redis ici.

J'ai l'impression que dans cette histoire se sont 2 mondes qui s'affrontent. L'ancien mode, contre le nouveau.
l'ancien; un homme politique avec la même épouse depuis presque 40 ans a qui il a su reconnaitre le mérite pour tout le travail engagé de cette femme. Car se sont des années à renoncer, aider, pallier, soutenir, etc, et maintenir la famille et son union. (donner cet argent à des inconnus alors que vous avez à vos côtés la personne la plus fiable et qui fait un boulot immense 365j. par an et des années durant). Par ailleurs, cela s'est fait sur une certaine durée et pas sur toutes les années de vie commune.

Evidemment cela détonne pour ces adeptes de ce nouveau mode de vie: Sarko divorcé 3 fois, un hollande qui ne s'est jamais engagé formellement envers la mère de ses enfants, et tous les autres dans les nouveaux genres.

On a vu en Suisse le tollé journalistique quand M. Maurer a dit humblement que chez lui, sa femme était toujours là même et que c'était quasi la seule chose qui n'avait pas changé depuis tant d'années. (la campagne des Grippen)

A mon avis c'est cela que l'on ne veut pas voir au pouvoir, car ces nouveaux adeptes on le sentiment que c'est faire un pas, voire plus, en arrière. Cela relève de l'absurde, mais bien évidemment c'est du coup un argument qui peut faire mouche dans ce microcosme élargi.

C'est comme aux Etats-unis, un homme à poigne ça dérange. Poutine en Russie, les pays UE à l'Est, la droite nationaliste qui monte....idem!

Et la presse qui est le principal vecteur de ce nouveau mode et monde mais qui est gentiment et sûrement en train de mourir, donne parfaitement l'image de la bascule! (retour en arrière disent-ils)

Écrit par : Corélande | 03/02/2017

@Corelande
"des années à renoncer, aider, pallier, soutenir, etc, et maintenir la famille et son union." ...je veux bien, mais ce n'est pas là un travail d'attaché parlementaire grassement payé...

Écrit par : Duval | 03/02/2017

Oui peut-être Duval, mais cela y participe d'autant plus, car il semble que la notion soit terriblement vague et parait-il que le montant n'est de loin pas celui mentionné par la presse.

D'autre part, le monde ayant tellement changé notamment dans ces règlements administratifs, et vous ne devez pas ignoré combien chez nous, de nombreuses femmes sont avec des retraites -maigres et affaiblies- même ayant beaucoup travaillé dans un domaine non reconnu.
Je suis dans ce cas, mais comme je connaissais le système, j'ai anticipé. Mais la grande majorité n'a pas pu le faire.

Une étude de l'UNI de Fribourg avait calculé que le salaire d'une femme au foyer, vu l'étendue de ses activités multiples et variées, s'élevait mensuellement à Fr. 5'200 et une fraction que j'ai oubliée. Et cela date d'au moins 20 ans.

Maintenant pour le cas qui nous occupe, je suis d'accord à la base pour ce qui est du parallèle avec le salaire moyen en France, mais pas pour le reste. Et je crois que c'est justement cette poudre aux yeux qui est fomentée de toute pièce pour des raisons bien plus obscures. Et ça marche, on voit que les gens ne réfléchissent pas bien loin, et uniquement au regard de leurs intérêts personnels.

Qui se préoccupe pour macron qui se gave et se gausse dans un monde où les milliards se distribuent entre copains à chaque séance de conseil d'administration. Les femmes là, souvent des "devantures", dépenses grassement à leurs avantages superficiels les deniers prélevés sur le dos des petits épargnants spoliés.

Écrit par : Corélande | 03/02/2017

Monsieur Duval,
Pour répondre à la question-titre de votre billet, je dirais Oui! c'est dur. Il faut se conformer à minima des quelques conditions précises qui doivent, tôt ou tard, entrer dans les mœurs.

Si le candidat défend le programme sur lequel il est élu.
Si le président considère sa charge comme un exécutant des volontés populaires.
Si le président respecte les institutions de son gouvernement.
Si le président veille aux intérêts de son pays.

Il y a dans le titre cette autre question qui se pose d'elle-même: si l'on peut accepter un président présumé corrompu tel que nous suggère le Canard Enchaîné de ces dernières semaines.

Je pense que c'est le candidat François Fillon en pleine tourmente médiatico-judiciaire qui vous a inspiré ce billet.

Je remarque seulement que nous pourrions, chez nous, en Suisse, prévenir ou remédier aux questions d'abus de pouvoir, d'auto-rétributions indues, de corruption active et passive mais aussi, et l'on n'y pense pas, d'abus administratif et politique comme dans certaines entreprises d'état ou entreprises mixtes etc. en réorganisant nos institutions avec des concepts plus proches des réalités et plus éloignés du symbolique qui, malheureusement, amalgame le factuel et la représentation morale.

Je me ré-explique sous votre billet: l'élection et les délits d'élus.
Les délits doivent être détectés en tout temps et le plus tôt serait le mieux. Ils doivent être instruits avec diligence et les comptes doivent être rendus. Le temps de leur traitement doit être propre au travail de la justice et indépendant des échéances politiques.

L'élection doit être un moment complètement indépendant qui doit assurer à tout candidat, la possibilité de défendre son programme. Par là-même, on assure au peuple, un espace dédié aux débats politiques sans greffe d'une autre institution.

Si un ex-élu avait commis un délit pendant son mandat, il eut fallu le condamner même pendant son mandat. Sa démission ou sa destitution aurait été vue comme largement justifiée. Et tout le monde l'aurait acceptée dans un grand naturel parce que cela correspondait aux principes d'une logique pré-établis.

L'immunité parlementaire, aujourd'hui, reste une faveur discutable, un facteur de corruption. on devrait la limiter afin d' ôter des mœurs de l'élite les trop nombreux abus.

Dans le cas présidentiel du candidat Fillon, quelque chose saute aux yeux.

je note d'abord le procédé de la presse qui ne respecte plus ni éthique ni déontologie professionnelle. Ensuite le comportement de l'éditorialiste, tout à fait indigne humainement et professionnellement.

Je note ensuite la faiblesse de la justice, d'habitude si sévère avec ceux qui se prononcent à sa place. Ici, la presse appelle, par ces Unes chaque jour, à la vindicte populaire et à la condamnation du candidat, sans que la justice ne sourcille.

Je note finalement que la justice (cela fait dix jours déjà) par son silence, vient de démissionner de sa fonction de garante de la justice et de l'équité pour tous les citoyens en ne requérant pas les indispensables moyens de son travail à savoir la sérénité de l'instruction.

Il serait intéressant et on attend que la justice puisse nous dire elle-même comment ces documents ont été obtenus, comment ils étaient arrivées dans les mains du journaliste - saurait-on se contenter d'une seule versions? - les questions qu'elle a posés aux prévenus; ce que les prévenus ont répondu; etc.
S'il y a lieu de les condamner, à quelles sanctions par rapport à celles prévues pour cette catégorie et cette nature de délits; ensuite on aimerait connaître la réaction des parlementaires et les dispositions qu'ils seraient prêts à prendre.

Le peuple suisse, souverain, pourrait lui aussi, proposer des remèdes par le biais d'une initiative parlementaire ou/et populaire si ses élus procrastinent.

Écrit par : Beatrix | 03/02/2017

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